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Tchad

Les tenanciers de bars et d'alimentations tchadiens ferment boutiques

Grève des tenanciers de bars et alimentations, au Tchad, le 7 janvier 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, les tenanciers de bars et alimentations ont fermé boutiques depuis mardi. Ils répondent à l’appel de deux jours de boycott lancé par une organisation tchadienne qui lutte contre la vie chère et proteste contre l’augmentation des produits des brasseries.

Ce mouvement de protestation bien suivi à N’Djamena capitale du Tchad et dans les provinces. C’est une initiative du collectif tchadien contre la vie chère qui dénonce l'augmentation des prix par les Brasseries du Tchad (BDT) sur leurs produits sans en informer au préalable les consommateurs.

Les tenanciers de bars et alimentations ferment boutiques
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Les différentes bières et boissons non alcoolisées qui se vendaient entre 500 et 700 francs CFA, se vendent désormais entre 650 et 850 francs CFA.

L'augmentation fait suite à la hausse de taxes sur les prix des produits des BDT prévu dans la loi des finances 2020 par le gouvernement tchadien. Quelques consommateurs affirment à VOA Afrique que cette augmentation les pénalise en tant que consommateurs parce que ça joue sur leur économie familiale.

"Je sais qu’avec 1500 francs CFA je vais consommer deux bouteilles de bière mais maintenant je ne peux pas. C’est vraiment un manque de respect déplore un consommateur", confie-t-il. D’autres proposent une augmentation progressive légère au lieu d’une augmentation très élevée comme celle-là.

Un autre consommateur explique que "les week-ends ou après une semaine de travail on a besoin de se distraire et quand les bars sont fermés, c’est un peu compliqué".

Les bars et alimentations sur l'axe CSP 7 considerés comme rue de joie sont restés fermés depuis deux jours, au Tchad, le 7 janvier 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Les bars et alimentations sur l'axe CSP 7 considerés comme rue de joie sont restés fermés depuis deux jours, au Tchad, le 7 janvier 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

"Ils peuvent fermer définitivement même moi je ne vois pas le mal. Déjà il y a notre bili-bili (alcool traditionnel) qui est là. Les Tchadiens boivent beaucoup mais cette fois-ci, ils ont réussi quand même à plus de 100%", ironise un autre consommateur.

Cette fermeture n’est pas sans conséquence sur les tenanciers de bars et alimentations qui ne vivent que de cette activité. Pour Toumali Germaine, deux jours sans activité, "ça n’arrange pas". Elle invite le gouvernement à revoir les taxes augmentées en concertation avec les brasseries du Tchad.

Ndingamnayal Nely Versinis, président du collectif tchadien contre la vie chère, au Tchad, le 7 janvier 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Ndingamnayal Nely Versinis, président du collectif tchadien contre la vie chère, au Tchad, le 7 janvier 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


Le président du Collectif tchadien contre la vie chère, Ndigamnayal Nely Versinis, initiateur de ce mouvement de protestation, salut la maturité des Tchadiens qui commencent à revendiquer de façon pacifique leurs droits élémentaires.

Il demande aux BDT d’annuler purement et simplement cette augmentation. Car dit-il, ce n’est pas aux consommateurs de payer les taxes à leur place. s’ils ne reculent pas sur leur décision, il menace d’organiser les actions perlées jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications.

Pour l’heure, silence radio du côté des brasseries du Tchad. Cette protestation qui coïncide avec la grève des travailleurs du secteur public. Ce mardi, les responsables des écoles privées ont libéré les enfants en guise de soutien au mot d’ordre de grève de la plateforme syndicale revendicative.

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Deux départements déclarés "zone de guerre" par N'Djamena après l'attaque au lac Tchad

Des soldats tchadiens sur des chars lors de leur retour du Niger voisin où ils combattaient le mouvement islamiste Boko Haram, à N’Djamena, 11 décembre 2015.

Deux des cinq départements de la province du Lac, au Tchad, ont été déclarés "zone de guerre" par les autorités qui promettent une "riposte foudroyante" après la mort de 98 soldats tchadiens dans une attaque du groupe jihadiste Boko Haram lundi.

"Les départements de Fouli et de Kaya, dans la province du Lac sont déclarés +Zone de guerre+", selon un décret signé jeudi par le président Idriss Déby Itno, consulté par l'AFP.

Le Conseil des ministres a adopté vendredi l'état d'urgence dans ces deux départements, situés à la frontière avec le Niger et le Nigeria. Cette disposition accorde notamment aux autorités militaires et administratives le droit d'interdire la circulation ou d'ordonner des perquisitions à domicile de jour comme de nuit.

L'armée tchadienne, considérée comme l'une des plus efficaces en Afrique, a subi un rude coup avec la perte en une journée de 98 soldats, lors d'une attaque de Boko Haram à Bohoma, dans le département de Fouli.

Le président Déby s'est immédiatement rendu sur les lieux, où il a promis à la télévision nationale une "riposte foudroyante".

L'insurrection de Boko Haram est née en 2009 au Nigeria, avant de se propager au Cameroun, au Niger et plus tard, en 2015, au Tchad.

Depuis cette date, ces pays luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

Après un affaiblissement du groupe jihadiste, aujourd'hui divisé en plusieurs factions, les attaques se sont intensifiées en 2019.

Cette détérioration a conduit le Tchad, en janvier 2020, à redéployer 1.200 de ses soldats au sein de la FMM, du Nigeria au côté tchadien du Lac, où plusieurs attaques meurtrières avaient été rapportées.

Pour expliquer la défaite de Bohoma, un officier supérieur a affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que la garnison avait été affaiblie par l'envoi d'un bataillon sur un terrain extérieur.

Le Tchad a promis ces derniers mois d'envoyer 480 soldats dans la "zone des trois frontières", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, pour y lutter contre les groupes jihadistes.

L'envoi par le Tchad de troupes hors de ses frontières, en échange de financements, commence à agacer une partie de la société civile qui s'inquiète de la multiplication des attaques dans le Lac.

Les autorités tchadiennes ferment les marchés pour éviter la propagation du coronavirus

Ecoles et universités hermétiquement fermés, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, après la fermeture des établissements d’enseignements, des bars et alimentations, les lieux de culte, le regroupement de plus de 50 personnes, les marchés sont fermés. Certains commerçants profitent pour faire la spéculation des prix des produits de première nécessité.

Le président Idriss Deby a mis en garde les commerçants qui augmentent de façon vertigineuse les prix des denrées alimentaires. "Cette pratique est inadmissible", dit-il.

"J’instruis fermement les services compétents à l’effet de traquer et traduire en justice tous les commerçants qui s’adonnent à ce jeu. Les opération de surveillance de prix doivent s’intensifier sur toute l’étendue du territoire national pour mettre fin à cette pratique qui n’honore pas le secteur privé", avertit le président Déby.

Face à la gravité de la situation, certains consommateurs affirment à VOA Afrique que "ça va être trop compliqué mais on est obligé d’admettre ces mesures de précaution pour notre santé". Ils lancent un appel à toute la population de respecter ces mesures usuelles d’hygiène.

"C’est pour notre santé donc moi j’accepte, et quand ça va passer on va toujours ouvrir nos salons, les bars, les marchés et consorts", a indiqué une tenancière de salon de coiffure.

Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Dr Sitack Yombatina Béni, enseignant chercheur à l'ENA, au Tchad, le 26 mars 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour l’universitaire Sitack Yombatinan Béni, le gouvernement doit penser aux mesures d’accompagnement avant de s’en prendre aux commerçants qui font de la spéculation.

"Le gouvernement devrait plutôt mettre en place un plan de sauvetage", déclare-t-il.

La lutte contre le covid-19 pénalise également les détenus préventifs qui attendent d’être jugés. Toutes les audiences publiques sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, sauf les audiences des flagrants délits.

Selon les dernières données de l'Organisation mondiale de la santé, le Tchad comptabilise trois cas de coronavirus. Aucun décès n'a été enregistré dans le pays à ce jour.

Deuil national de trois jours pour les 92 soldats tchadiens tués par Boko Haram

L'armée tchadienne lors d'un défilé, au Tchad, le 12 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, l'attaque de Bohoma, une localité située dans le département de Fouli, province du Lac, lundi par les éléments de Boko Haram a fait une centaine de morts et plusieurs blessés. Selon les autorités, les forces tchadiennes ont tué plus de 100 éléments de Boko Haram.

Pour la première fois, Boko Haram a infligé une lourde perte à l’armée tchadienne. Au moins 92 soldats ont péri dans l’attaque de lundi et 47 sont blessés.

Du côté de Boko Haram, on parle d’une centaine de morts, alors que sur cette île, une unité de force de défense et de sécurité a été installée pour sécuriser les populations. Le président Idriss Déby Itno en personne s’est rendu sur le terrain pour mobiliser les troupes.

Pour le chef de l’Etat tchadien, cette unité a été dégarnie un peu pour des besoins opérationnels ailleurs. Et c’est sur cette île que 92 soldats ont perdu la vie aux rangs desquels, les sous-officiers et officiers.

"Je suis venu m’incliner devant leur mémoire ici. Et je dirais que c’est pour la première fois, j’ai mené beaucoup d’opérations mais en un seul coup perdre autant d’hommes, c’est dans l’histoire et je suis écoeuré. Nous allons revoir tous nos dispositifs pour éviter ce qu’on a connu", a insisté le président tchadien.

Le Tchad face à Boko Haram

Pour le politologue Evariste Ngarlem Toldé, cette attaque coïncide malheureusement avec l’annonce d’entrée en guerre du Tchad dans la zone de trois frontières.

"Ce sont des gens qui ont fait allégeance à l’État islamique donc ils vivent en réseau et pour peu que vous touchez le cheveu d’un, vous touchez à tous les combattants", a-t-il déclaré.

Pour le politologue, "dans toute guerre il faut savoir négocier, et non toujours privilégier le combat, surtout que nos chefs d’Etat du Niger, du Nigéria et du Tchad ont promis la fin de Boko Haram depuis des années".

Laldjim Narcisse Mbainadji, journaliste et analyste politique, demande au gouvernement de diligenter une enquête "pour situer les responsabilité et informer le peuple de ce qui s’est passé".

"Cette défaite est due également par le fait que certaines garnisons du Lac sont dégarnies: le Tchad vient d’envoyer les contingents au niveau des trois frontières dans le cadre du G5 Sahel", analyse-t-il.

Le bilan est toujours provisoire car le décompte se poursuit sur le terrain. Un deuil national de trois jours est décrété à partir de ce mercredi.

Boko Haram inflige une lourde perte à l'armée tchadienne

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Les Tchadiens perdent 92 militaires tués par Boko Haram dans la province du Lac

Le village de Ngouboua, sur le lac Tchad, attaqué par Boko Haram en février 2015. (REUTERS/Madjiasra Nako)

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram a tué 92 militaires, a affirmé mardi le président tchadien Idriss Déby Itno, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, à Boma, dans la province du Lac.

Une attaque du groupe jihadiste Boko Haram a tué 92 militaires, a affirmé mardi le président tchadien Idriss Déby Itno, qui s'est rendu sur les lieux de l'attaque, à Boma, dans la province du Lac.

"Nous avons perdu 92 de nos soldats, sous-officiers et officiers" dans l'attaque qui a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi, "c'est la première fois que nous perdons autant d'hommes", a déclaré le président dans une intervention retransmise sur une chaîne d'Etat.

"L'ennemi a porté un coup dur à notre système de défense dans cette zone", a reconnu un officier supérieur qui a réclamé l'anonymat.

L'attaque qui visait les militaires de la presqu'île de Boma a duré au moins sept heures et les renforts envoyés ont eux-mêmes été pris pour cible, a affirmé un autre militaire à l'AFP.

Selon lui, 24 véhicules de l'armée ont été détruits dont des blindés, tandis que du matériel militaire a été récupéré et emporté sur cinq hors-bords par des éléments de Boko Haram.

Boko Haram multiplie ces derniers mois les attaques dans les îles marécageuses du bassin du lac Tchad, à la frontière du Nigeria, du Tchad, du Niger et du Cameroun.

L'insurrection de Boko Haram a fait 36.000 morts et près de 2 millions de déplacés dans le Nord-Est du Nigeria depuis son début en 2009, selon l'ONU. Le groupe jihadiste a étendu son action au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

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