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Les talibans ferment des dizaines de centres de santé en Afghanistan

Consultation à l'hôpital de Kaboul en Afghanistan le 17 juillet 2016.

Les talibans ont contraint des dizaines de centres de santé gérés par une ONG suédoise à fermer, a-t-elle annoncé mercredi, déplorant que des milliers de personnes se retrouvent privées de soins.

Les fermetures, qui concernent la province de Wardak, à l'ouest de Kaboul, concernent 42 des 77 centres de santé gérés par le Comité suédois pour l'Afghanistan (SCA), a précisé le SCA dans un communiqué.

"Ces fermetures affectent un nombre estimé à plus de 5.700 patients de manière quotidienne", a déploré l'ONG.

Empêcher des personnes d'accéder à des soins de cette manière "constitue une violation évidente des droits humains et du droit humanitaire international", souligne le directeur du SCA pour l'Afghanistan, Sonny Mansson.

"Nous exigeons la réouverture immédiate de tous les centres de santé et nous appelons vivement toutes les parties impliquées dans le conflit à s'abstenir d'actions de ce type qui mettent délibérément en danger la vie de civils", poursuit-il.

Les talibans n'ont de leur côté fait aucun commentaire, mais ont dans le passé fermé des centres de santé et bloqué des campagnes de vaccination contre la polio dans les zones sous leur contrôle.

Les hôpitaux et le personnel de santé ont fréquemment été pris pour cible au cours des dizaines d'années de conflit qui ont ravagé l'Afghanistan.

L'année dernière, les talibans avaient averti le Comité international de la Croix Rouge (CICR) qu'ils ne protégeraient plus ses employés, conduisant l'organisation à réduire nettement ses activités sur le sol afghan.

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Au moins 48 morts suite à double attentat pendant la campagne électorale en Afghanistan

Des membres des forces de sécurité afghanes sur le site d'un attentat-suicide près de l'ambassade américaine à Kaboul, en Afghanistan, le 17 septembre 2019.

Au moins 48 personnes ont été tuées mardi en Afghanistan lors de deux attentats-suicide, l'un contre un meeting électoral du président Ashraf Ghani et l'autre à Kaboul, tous deux revendiqués par les talibans qui considèrent le scrutin présidentiel prévu le 28 septembre comme illégitime.

Au moins 48 personnes ont été tuées mardi en Afghanistan lors de deux attentats-suicide, l'un contre un meeting électoral du président Ashraf Ghani et l'autre à Kaboul, tous deux revendiqués par les talibans qui considèrent le scrutin présidentiel prévu le 28 septembre comme illégitime.

La première attaque, menée par un kamikaze à moto, s'est produite en fin de matinée à Charikar, une localité de la province de Parwan à une heure de route au nord de la capitale, a indiqué Nasrat Rahimi, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

L'explosion, qui est survenue près du premier checkpoint donnant accès au meeting électoral, a fait "26 tués et 42 blessés", a-t-il dit. Parmi les victimes figurent "des femmes et des enfants", a précisé à l'AFP le directeur de l'hôpital de Parwan, Abdul Qasim Sangin. Le président Ghani en revanche n'a pas été blessé.

Un autre attentat-suicide est survenu un peu plus d'une heure plus tard dans le centre de Kaboul. Selon des photos de services de sécurité privée, il s'est produit près d'un centre de recrutement de l'armée.

"Vingt-deux personnes, dont six membres des forces de sécurité, sont mortes et 38 ont été blessées dans cet attentat terroriste", oeuvre d'un kamikaze, a dit le ministère de l'Intérieur dans un communiqué. Là encore, "des femmes et des enfants" font partie des victimes.

Les talibans ont revendiqué les deux attaques, rappelant avoir sommé la population de ne pas participer aux réunions électorales en vue de la présidentielle du 28 septembre.

Un "moudjahidine de (la province de) Paktika a mené une attaque suicide contre l'administration du personnel du ministère de la Défense à Kaboul (...) en tuant des dizaines et en blessant des dizaines" de personnes, ont-ils indiqué dans un communiqué.

Ils ont aussi revendiqué l'attentat à Parwan, déclarant que "l'attaque visait une réunion faisant la promotion des élections fantoches."

"Nous avions déjà prévenu les gens de ne pas participer aux réunions électorales, et s'ils y subissent des pertes c'est sous leur responsabilité", ont-ils ajouté.

L'attentat de Parwan est le plus meurtrier à viser directement la campagne électorale depuis son lancement le 28 juillet. Une attaque, ayant fait 20 morts, avait visé ce jour-là les bureaux de l'Afghanistan green trend (AGT), un mouvement politique fondé par Amrullah Saleh, présent sur la liste d'Ashraf Ghani en position de premier vice-président.

- Soldat américain tué -

Sur une photo prise par un journaliste local à Parwan, on voit les restes d'une moto calcinée, sur laquelle se trouve un corps recouvert d'une couverture, contre une voiture de police gravement endommagée. Des pompiers nettoient le sol alentour avec une lance incendie.

Selon une porte-parole du gouverneur de la province, Wahida Shahkar, "l'explosion est survenue pendant que M. Ghani s'adressait à ses partisans. Il est sain et sauf". Elle a ajouté que personne dans son équipe n'avait été atteint.

Les talibans ont annoncé au début de la campagne électorale qu'ils feraient tout pour perturber le scrutin. Ils ne reconnaissent aucune légitimité aux autorités afghanes, avec lesquelles ils ont toujours refusé le dialogue.

De nombreux observateurs s'attendent à un regain de violence de leur part après la récente rupture par le président américain Donald Trump des négociations avec le mouvement taliban sur un retrait progressif des forces américaines.

La décision de Washington est intervenue juste après un attentat le 5 septembre à Kaboul, lui aussi revendiqué par les talibans, qui avait fait douze morts dont un soldat américain.

Un autre soldat américain a été tué "en action" dans le pays, a indiqué tard lundi la mission de l'Otan en Afghanistan, sans donner davantage de détails.

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