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Fin du cessez-le-feu des talibans en Afghanistan

Le président afghan Ashraf Ghani.

Un cessez-le-feu inédit des talibans avec les autorités afghanes prend fin lundi après leur rejet d'un appel du président afghan Ashraf Ghani à le prolonger, décevant les espoirs de paix d'une population épuisée par des décennies de conflit.

L'annonce des talibans a été suivie peu après par un attentat suicide, revendiqué quelques heures plus tard par le groupe état islamique, dans une province de l'est du pays qui a fait au moins 18 morts et une cinquantaine de blessés, selon un responsable local.

"Le cessez-le-feu se termine ce soir et nos opérations reprendront si Dieu le veut. Nous n'avons aucune intention de prolonger le cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole taliban Zabihullah Mujahid dans un message transmis à l'AFP, suggérant ainsi une reprise des combats dès lundi.

Le porte-parole n'a fait aucune allusion directe à l'appel du président Ashraf Ghani, qui avait annoncé samedi une prolongation du cessez-le-feu côté gouvernemental et appelé les talibans à en faire autant. Cette annonce avait reçu l'appui de la communauté internationale.

La mission de l'Otan en Afghanistan et les forces armées américaines ont indiqué qu'elles respecteraient l'annonce de prolongation du président Ghani. L'Union européenne avait pour sa part qualifié la trêve "d'historique".

Dans un tweet dimanche, un porte-parole du président Ghani a indiqué que le cessez-le-feu était prolongé de dix jours mais que les forces de sécurité se défendraient si elles étaient attaquées.

L'attentat suicide, qui s'est produit dimanche à l'extérieur du bureau du gouverneur de la province de Nangarhar dans la ville de Jalalabad, est le deuxième en deux jours dans la province orientale de Nangarhar.

Il a fait au moins 18 morts et 49 blessés, "dont certains dans un état grave", selon le directeur pour la province des services de santé, Najibullah Kamawal.

Selon le porte-parole du gouverneur provincial, Attaullah Khogyani, le kamikaze, à pied, a visé des talibans, des civils et des anciens qui quittaient le complexe abritant le bureau du gouverneur après un événement célébrant la fête de l'Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois de ramadan.

Pas surpris

Annoncé initialement pour huit jours côté gouvernemental et trois jours côté taliban, le cessez-le-feu avait donné lieu ces derniers jours à d'inédites scènes de fraternisation entre combattants talibans, civils et membres des forces de sécurité, qui ont été vus se donnant l'accolade et se prenant en photo ensemble.

Mais il a été terni dès samedi par un attentat suicide qui a fait 36 morts et 65 blessés parmi une foule célébrant la cessation des combats dans le district de Rodat dans la province orientale de Nangarhar, selon un nouveau bilan rendu public dimanche par les autorités locales.

L'attaque a été revendiquée dimanche par le groupe Etat islamique (EI), qui n'est pas inclus dans le cessez-le-feu, qui ne concerne que les talibans.

L'EI, qui est particulièrement actif dans l'Est,a tué des centaines de personnes lors de multiples attaques à travers le pays depuis son apparition dans la région en 2014. Il a également combattu les talibans dans certaines régions.

Dès l'annonce initiale du cessez-le-feu, les analystes s'étaient montrés prudemment optimistes, estimant qu'il pourrait potentiellement renforcer la confiance entre les parties et constituer une base menant à l'ouverture de pourparlers de paix entre les belligérants après quasiment 17 ans de conflit.

Mais l'annonce du refus taliban de prolonger la trêve n'a pas surpris certains diplomates occidentaux en poste à Kaboul.

"S'ils prolongent le cessez-le-feu, ils seront obligés de négocier, ce à quoi je pense qu'ils ne sont pas intéressés. Ils cherchent une véritable victoire", a déclaré à l'AFP l'un d'entre eux sous couvert d'anonymat.

Après l'attentat de samedi, les talibans avaient ordonné à leurs combattants d'éviter de se mêler aux forces de sécurité afghanes et aux civils.

"Afin d'éviter tout tort aux civils (par notre présence), tous les commandants devront empêcher les moudjahidines de participer à de tels rassemblements", a annoncé le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid sur Twitter.

Certains chefs talibans ont pour leur part déclaré à l'AFP qu'ils voyaient d'un mauvais oeil leurs combattants se rendre dans des zones contrôlées par le gouvernement et sympathiser avec les forces de sécurité.

Avec AFP

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Climat: à Davos, Trump fustige les "prophètes de malheur" devant Greta Thunberg

Le président Donald Trump, à l'ouverture du Forum économique mondial, le 21 janvier 2020, à Davos, en Suisse.

Le président américain Donald Trump a fustigé les "prophètes de malheur" et les "prédictions d'apocalypse" lors d'un discours mardi à Davos, auquel assistait la militante du climat Greta Thunberg.

"Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions de l'apocalypse", a-t-il dit lors du Forum économique mondial, peu après que la jeune Suédoise eut regretté que "rien n'ait été fait" pour enrayer le changement climatique.

Après avoir débité sur un ton plutôt monocorde une longue liste de réussites économiques et sociales, ayant valu aux Etats-Unis "un boom comme on n'en a jamais vu auparavant", le président américain a vanté l'abondante production d'hydrocarbures des Etats-Unis, "numéro un mondial du gaz et du pétrole", et leur indépendance énergétique. Sans jamais mentionner les énergies renouvelables.

A terme de ce véritable discours de campagne, le milliardaire, qui brigue sa réélection et qui fait face à un procès pour destitution, a estimé que "la peur et le doute (n'étaient pas) de bons modes de pensée", louant l'innovation technologique plutôt que la régulation.

Difficile de ne pas voir dans son allocution un message aux activistes de l'environnement et en particulier à Greta Thunberg, qui, selon le New York Times, devrait elle répéter dans l'après-midi dans une allocution qu'il est temps de "paniquer" parce que la "maison brûle".

Ces expressions avaient déjà impressionné l'élite économique et politique de Davos lors de la première participation l'an dernier de la jeune Suédoise.

Virus chinois: la Corée du Nord va se fermer aux touristes

La très grande majorité des touristes étrangers en Corée du Nord arrivent de Chine.

La Corée du Nord va fermer ses frontières aux touristes pour se protéger du coronavirus apparu dans la Chine voisine, a annoncé mercredi une agence de voyage.

Plusieurs pays ont renforcé les contrôles aux aéroports en raison de cette épidémie repérée en décembre dans la ville chinoise de Wuhan et qui s'est propagé ailleurs en Asie et jusqu'aux Etats-Unis.

Le bilan du nouveau coronavirus, qui est de la même famille que le syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) qui avait fait 774 morts en 2002-2003, s'est encore alourdi mercredi en Chine, où les autorités ont fait état de neuf morts et averti que le virus pourrait "muter" et se propager plus facilement.

La très grande majorité des touristes étrangers en Corée du Nord arrivent de Chine, et leur nombre a augmenté l'année passée en raison d'un réchauffement des relations entre les deux voisins. Un afflux de visiteurs qui est pour le Nord une précieuse source de devises étrangères.

Mais à compter de mercredi, la Corée du Nord "va temporairement fermer sa frontière à tous les touristes étrangers par mesure de précaution face au coronavirus", a annoncé dans un communiqué l'agence de voyage basée en Chine, Young Pioneer Tours, qui est spécialisée dans les séjours en Corée du Nord.

Elle a ajouté qu'elle ignorait les détails de cette mesure.

Koryo Tours, numéro un des voyages au Nord pour les touristes occidentaux, a dit être "informé de ce que des mesures étaient envisagées", en précisant attendre de plus amples informations mercredi.

Ce ne serait pas la première fois que Pyongyang ferme sa frontière aux touristes du fait d'une épidémie.

En octobre 2014, elle avait fait de même pour se protéger du virus Ebola, alors même qu'aucun cas n'avait été détecté en Asie. Elle avait aussi décidé d'une période de quarantaine de 21 jours pour tous les étrangers entrant sur son sol, y compris les diplomates et les hommes d'affaires.

Le journal officiel nord-coréen Rodong Sinmun ne fait cependant mercredi état d'aucune mesure particulière des autorités face au virus chinois. Mais il mentionne bien l'épidémie en Chine, en indiquant qu'elle s'est "rapidement propagée" et que les autorités chinoises ont pris des "mesures correspondantes".

Le système de santé nord-coréen est peu développé, et le pays souffre de pénuries chroniques de médicaments.

Quand l'épidémie de coronavirus Mers (syndrome respiratoire du Moyen-Orient) s'était déclarée en 2015 en Corée du Sud, le Nord avait annoncé des mesures "draconiennes" pour tenir l'épidémie à distance. Des médias avaient rapporté que Pyongyang avait pendant des mois interdit à ses diplomates et travailleurs expatriés de rentrer au pays.

Pyongyang avait également suspendu les voyages organisés étrangers lors de l'épidémie de Sras.

Le virus qui inquiète l'OMS fait un quatrième mort en Chine

Des membres du personnel médical transportent un patient à l'hôpital de Jinyintan, où des patients infectés par un mystérieux virus semblable au SRAS sont traités, à Wuhan dans la province centrale du Hubei en Chine le 18 janvier 2020. (Photo by STR / AFP)

La Chine a annoncé mardi un quatrième mort victime d'un mystérieux virus semblable au Sras et transmissible entre humains, alors que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'apprêtait à tenir une réunion d'urgence.

Les autorités sanitaires ont indiqué qu'un homme de 89 ans avait succombé à des difficultés respiratoires à Wuhan (centre), ville de 11 millions d'habitants où la grande majorité des contaminations ont jusqu'à présent été recensées. Dans toute la Chine, il y en a eu plus de 200.

Le virus, de la famille du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), touche désormais plusieurs grandes villes du pays - dont Pékin et Shanghai - et trois autres pays d'Asie: Japon, Corée du Sud et Thaïlande.

Zhong Nanshan, un scientifique chinois renommé de la Commission nationale de la santé, a déclaré lundi soir à la télévision publique CCTV que la transmission par contagion entre personnes était "avérée". C'est la première fois qu'une telle affirmation est faite publiquement.

L'OMS estime pour sa part qu'un animal semble être "la source primaire la plus vraisemblable", avec "une transmission limitée d'humain à humain par contact étroit".

La souche incriminée est un nouveau type de coronavirus, une famille comptant un grand nombre de virus. Ils peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme (comme un rhume) mais aussi d'autres plus graves comme le Sras.

M. Zhong avait aidé à évaluer l'ampleur de l'épidémie de Sras en 2002-2003 qui avait très durement touchée la Chine.

- "Enrayer la maladie" -

Sur 8.096 cas, ce virus avait fait 774 morts dans le monde, dont 349 en Chine continentale et 299 à Hong Kong, selon l'OMS. L'organisation internationale avait à l'époque vivement critiqué la Chine pour avoir tardé à donner l'alerte et tenté de dissimuler l'ampleur de l'épidémie.

En plein chassé-croisé dans les transports avant le Nouvel an chinois samedi, qui fait craindre une accélération des contaminations, le président Xi Jinping a donné lundi le signal d'une mobilisation du pays.

Il a appelé à enrayer l'épidémie, selon des propos rapportés par la télévision nationale. M. Xi a jugé "absolument crucial de faire un bon travail en matière de prévention et de contrôle épidémiologiques".

Les consignes n'ont pas tardé à être appliquées.

Pékin a annoncé mardi qu'il classait l'épidémie dans la même catégorie que le Sras. L'isolement devient ainsi obligatoire pour les personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée, et des mesures de quarantaine peuvent être décrétées.

La ville de Wuhan a recensé mardi 15 contaminations parmi le personnel médical.

L'Organisation mondiale de la santé tiendra mercredi à Genève une réunion d'urgence consacrée au mystérieux virus.

Un comité ad hoc doit se réunir au siège de l'organisation pour déterminer s'il convient de déclarer une "urgence de santé publique de portée internationale", a annoncé lundi l'organisation.

L'OMS n'a jusqu'ici utilisé ce terme que pour de rares cas d'épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la fièvre Ebola, qui a touché une partie de l'Afrique de l'Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

L'inquiétude est désormais perceptible à l'étranger, où les mesures de prévention se multiplient aux aéroports accueillant des vols en provenance de Wuhan, notamment aux Etats-Unis, en Thaïlande, à Singapour, et en Australie.

Le Parlement russe débat du nouveau Premier ministre voulu par Poutine

Le président russe Vladimir Poutine et le premier ministre désigné Mikhaïl Michoustine

Le Parlement russe examine jeudi la candidature du nouveau Premier ministre, désigné par le président Vladimir Poutine, au lendemain de la démission surprise du gouvernement et de l'annonce de révisions constitutionnelles.

Ces annonces chocs, qui ont pris de court l'ensemble de la classe politique et des médias russes, sont perçues comme visant à baliser le terrain avant 2024, date de la fin du mandat actuel de Vladimir Poutine qui, en l'état actuel de la législation, n'a pas le droit de se représenter.

M. Poutine a choisi comme remplaçant à son fidèle Premier ministre sortant, Dmitri Medvedev, un personnage de l'ombre: Mikhaïl Michoustine, le patron du fisc russe.

Inconnu du grand public, ce Moscovite de 53 ans est un ingénieur de formation qui a suivi une longue carrière de haut fonctionnaire dans plusieurs agences gouvernementales avant de prendre la tête d'un fonds d'investissement puis en 2010 du service des impôts, qu'il a transformé en profondeur.

Apprécié de Vladimir Poutine, fan comme lui de hockey sur glace et chantre d'une modernisation de l'économie russe, sa candidature doit désormais être approuvée par les députés.

Une formalité, puisque la Douma est totalement contrôlée par des forces pro-Poutine.

Homme chauve au visage épais qui s'est forgé la réputation d'être un haut fonctionnaire efficace, Mikhaïl Michoustine n'a fait aucune déclaration mercredi, le Kremlin ne diffusant que des photos de l'intéressé en costume sombre, en tête-à-tête avec Vladimir Poutine.

Sa désignation est intervenue après la démission surprise du gouvernement, dans la foulée d'un discours de Vladimir Poutine annonçant une réforme de la Constitution qui doit accorder plus de pouvoirs au Parlement, tout en préservant le caractère présidentiel du système qu'il pilote depuis 20 ans.

- Après 2024 -

Lors de ses mandats de 2000 à 2008, le président russe avait déjà nommé à la tête du gouvernement des responsables guère connus, à l'instar de Mikhaïl Fradkov en 2004, qui était alors ambassadeur auprès de l'Union européenne.

Les annonces de mercredi sont néanmoins interprétées par les analystes comme par les opposants comme la preuve que le président organise l'après 2024, date de la fin de son mandat actuel.

M. Poutine est jusqu'à présent resté très évasif sur ses intentions et n'a jamais évoqué de successeur.

Les propositions de réformes exposées par M. Poutine visent aussi à renforcer les gouverneurs régionaux, à interdire aux membres du gouvernement et aux juges de disposer d'un permis de séjour à l'étranger et à obliger tout candidat à l'élection présidentielle à avoir vécu les 25 dernières années en Russie.

Le chef de l'Etat conservera le droit de limoger tout membre du gouvernement et nommera les chefs de toutes les structures sécuritaires.

Le départ de Dmitri Medvedev, proche parmi les proches du chef de l'Etat, intervient alors que l'ex-Premier ministre stagnait à moins de 30% de popularité - contre près de 70% pour M. Poutine - sur fond d'anémie économique et de niveau de vie en baisse.

Le Kremlin a fait aussi face cet été au plus grand mouvement de contestation, vivement réprimé, depuis le retour en 2012 de Vladimir Poutine à la présidence. Les candidats du pouvoir ont essuyé dans la foulée un camouflet aux élections locales à Moscou.

Trump signe un accord commercial "historique" avec la Chine

Poignée de main entre le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, États-Unis, le 15 janvier 2020. REUTERS

Donald Trump a signé mercredi un accord commercial préliminaire avec le vice-Premier ministre chinois Liu He, "un pas de géant" pour rééquilibrer le commerce entre les deux grandes puissances économiques, qui suscite cependant des réserves aux Etats-Unis.

"Aujourd'hui marque une étape historique qui n'avait jamais été franchie (...) vers un accord commercial juste et réciproque entre les Etats-Unis et la Chine", a déclaré le président américain lors d'une longue cérémonie à la Maison Blanche.

Dans une lettre adressée à Donald Trump, son homologue chinois Xi Jinping a salué un accord bon "pour le monde entier".

Face à l'enthousiasme du républicain, la Fédération nationale des détaillants (NRF) et le principal syndicat agricole américain, l'American Farm Bureau Federation, se sont montrés plus mesurés, insistant sur "le travail restant à faire".

La chambre de Commerce, patronat américain, a abondé dans ce sens en exhortant Washington et Pékin à résoudre les problèmes de fond restés en suspens, citant les subventions chinoises aux entreprises publiques.

"Ces problèmes complexes et de longue date (...) ont un impact significatif sur la capacité des entreprises américaines à rivaliser", a commenté Thomas Donohue, son président.

Pour l'heure, le traité profitera essentiellement aux agriculteurs et industriels, victimes collatérales du conflit.

La Chine s'est engagée à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains supplémentaires au cours des deux prochaines années, afin de réduire le déséquilibre commercial, grande revendication de la Maison Blanche.

L'accord contient également des dispositions relatives à la protection de la propriété intellectuelle et aux conditions de transfert de technologies, autres grandes exigences des Etats-Unis.

Déclenché au printemps 2018 pour mettre fin aux pratiques commerciales chinoises jugées "déloyales", le conflit s'est matérialisé par des droits de douane punitifs réciproques sur des centaines de milliards de dollars de marchandises échangées chaque année.

- Tarifs douaniers pour négocier -

Donald Trump a indiqué que les droits frappant actuellement plus de 370 milliards de dollars de produits chinois seraient maintenus tant que la phase 2 de l'accord ne serait pas signée.

Et c'est là que le bât blesse pour nombre d'acteurs économiques. "La guerre commerciale ne sera terminée que lorsque tous les tarifs douaniers auront disparu", estime Mathew Shay, président de la NRF.

Si l'administration soutient mordicus que c'est la Chine qui paie, une grande majorité d'économistes soulignent que ce sont les importateurs américains et peut-être bientôt les consommateurs qui font les frais de ces surtaxes.

L'accord "est bienvenu", a toutefois réagi la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva, dans un tweet, alors que l'économie mondiale a fortement ralenti en 2018 et 2019 sous l'effet de la guerre commerciale.

L'administration Trump prédit, elle, que cet accord dopera la croissance des Etats-Unis en 2020 d'un demi-point de pourcentage.

Ce conflit a durement affecté le monde agricole et l'industrie manufacturière, ceux-là mêmes qui avaient porté le président républicain au pouvoir en 2016.

Donald Trump a parié sur leur patriotisme, leur demandant de la patience avant des lendemains meilleurs.

Clamant que les guerres commerciales étaient faciles à gagner, il a aussi constamment répété que l'économie américaine n'était pas affectée par les droits de douane, alors que la croissance chinoise ralentissait.

Pourtant, le conflit, inédit par son intensité et sa durée, a installé un climat d'incertitude qui a freiné l'appétit des investisseurs et ralenti la croissance chinoise, américaine et mondiale.

Qui plus est, l'essentiel du coût des tarifs douaniers a été supporté par les importateurs américains.

- 'Nouveau chapitre' -

L'accord "est un pas de géant", a toutefois estimé le sénateur républicain Lindsay Graham, très proche du locataire de la Maison Blanche.

"La Chine reconnaît l'importance d'établir et de mettre en oeuvre un système juridique complet de protection (...) de la propriété intellectuelle", est-il stipulé dans le texte.

En outre, tout transfert ou licence de technologie doit être fondé sur la base du volontariat et refléter "un accord mutuel", est-il dit, alors que la Chine impose couramment aux entreprises étrangères des transferts de savoir-faire pour travailler sur son sol.

Un chapitre entier est consacré à l'ouverture du marché chinois aux services financiers.

Liu He a assuré lors d'une conférence de presse que son pays poursuivrait ses réformes et s'ouvrirait davantage au reste du monde, a rapporté l'agence Chine nouvelle.

Donald Trump a justement annoncé qu'il se rendrait bientôt à Pékin alors que les négociations pour une seconde phase de l'accord doivent commencer "immédiatement" pour aborder des sujets plus sensibles tels que la cybersécurité.

Si Wall Street a terminé en hausse mercredi, soutenu par la signature de l'accord, celle-ci a provoqué un effet contrastée sur les Bourses chinoises, Shanghai étant stable (-0,05%) et Hong Kong en hausse (+0,66%) en milieu de matinée.

Par ailleurs, la monnaie chinoise poursuivait sa hausse face au billet vert (à 6,8807 yuans contre un dollar), encouragée par la décision des Etats-Unis cette semaine de retirer la Chine de leur liste de pays manipulant leur devise.

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