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Rwanda

Les Rwandais retournent travailler après un long confinement

Des gens se tiennent dans des cercles blancs dessinés sur le sol pour respecter les mesures de distanciation sociale pour freiner la propagation du coronavirus à la gare routière de Nyabugogo à Kigali, Rwanda, le 4 mai 2020. Photo. Simon Wohlfahrt / AFP

Les habitants de Kigali ont repris avec empressement le travail lundi, alors que le Rwanda levait partiellement les mesures strictes de confinement adoptées six semaines plus tôt pour freiner la propagation du coronavirus.

Dans la capitale, les commerces ont rouvert tôt et les clients ont afflué toute la journée, trop heureux de reprendre leurs activités habituelles après presque 45 jours de confinement, et veillant à ne pas être piégés par le couvre-feu, maintenu à partir de 20h00 locales (18h00 GMT).

Le Rwanda avait été l'un des premiers pays africains à imposer le 22 mars un strict confinement, en fermant tous les magasins sauf ceux absolument essentiels, en suspendant les transports publics et en interdisant tous les "déplacements non essentiels" hors du domicile.

Mais ces mesures ont eu un fort impact économique. Nombreuses sont ainsi les personnes qui n'ont pu reprendre le chemin du travail lundi, après avoir été licenciées par leurs employeurs.

"Maintenant, nous ne ne sommes plus que deux serveuses. Le manageur a annoncé aux autres serveurs qu'ils ne pouvaient plus travailler ici", a indiqué à l'AFP Jane Mutoni, employée d'un petit restaurant de Kigali. "C'est vraiment bien de retourner travailler parce que nous n'avions plus aucune source de revenus."

Sur les marchés, seulement la moitié des commerçants ont été autorisés à rouvrir. L'autre moitié, moins chanceuse, devra attendre un allègement supplémentaire des restrictions.

Les salons de coiffure en particulier ont bénéficié de cette reprise, même si des mesures ont été prises pour éviter qu'ils ne soient trop bondés.

"On retourne travailler progressivement. Habituellement, on est huit personnes à travailler ici. Mais aujourd'hui, on travaille en équipe de trois pour respecter la distanciation sociale", a expliqué John Sibomana, un coiffeur de Kigali.

"On ne gagne pas grand-chose, mais c'est toujours mieux que de rester chez soi", a-t-il ajouté, avouant que la vie avait été "très dure" durant le confinement.

Les gens ont aussi repris avec plaisir une activité physique dans les rues, ce qui était jusqu'ici interdit. "Aujourd'hui, je suis content de pouvoir faire à nouveau du sport", a indiqué Bonfils Rukundo, un habitant de Nyamirambo, une banlieue de Kigali.

"Vous savez, ça a fait 40 jours sans s'exercer ni toucher un ballon, alors que la plupart des jeunes font du sport quotidiennement. Alors on est content, même si on n'est pas autorisé à aller dans les lieux publics où on joue au basket. Mais au moins, je peux faire du sport dans ma rue et rentrer chez moi", a-t-il ajouté.

Les stations d'autobus étaient également remplies, les masques étant obligatoires comme dans tous les endroits publics. Les bus ne sont autorisés qu'à transporter la moitié de leur capacité et seulement dans Kigali.

Le pays a enregistré à ce jour officiellement 259 cas de coronavirus et aucun décès.

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Génocide rwandais: la justice ordonne le transfert de Kabuga à La Haye

La salle d'audience après l'audience initiale d'extradition du suspect de génocide rwandais Felicien Kabuga, au palais de justice de Paris, France, 20 mai 2020.

Un juge du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) a ordonné mercredi le transfert à La Haye de Félicien Kabuga, "financier" présumé du génocide au Rwanda en 1994, accusé 'de génocide" et crimes contre l'humanité et actuellement détenu en France.

"Je modifie par la présente le mandat d'arrêt et l'ordre de transfert", a déclaré le juge Iain Bonomy dans un document, ordonnant au MTPI "de modifier les conditions de détention de Kabuga pour permettre sa détention" à La Haye.

Génocide au Rwanda: un deuxième médecin rwandais renvoyé aux assises en France

Le médecin rwandais Eugène Rwamucyo, accusé de génocide et de crime contre l'humanité, vingt-six ans après les massacres perpétrés contre la minorité tutsie et les Hutu modérés au Rwanda.

Condamné par contumace au Rwanda mais résidant en Belgique, le médecin rwandais Eugène Rwamucyo a été renvoyé devant les assises en France par des juges pour génocide et crime contre l'humanité, vingt-six ans après les massacres perpétrés contre la minorité tutsie et les Hutu modérés au Rwanda.

Treize ans après une plainte déposée notamment par le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une association oeuvrant pour la traduction en justice des suspects du génocide, les juges d'instruction du pôle "crimes contre l'humanité" du tribunal de Paris ont ordonné mardi un procès contre cet homme aujourd'hui âgé de 61 ans.

Ils souhaitent qu'il comparaisse pour "génocide", "crime contre l'humanité", "complicité" de ces crimes et "association de malfaiteurs" en vue de la préparation de ces derniers, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Il s'agit du septième homme renvoyé devant la cour d'assises de Paris pour participation au génocide rwandais qui a fait environ 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994.

Trois hommes ont à ce jour été jugés et définitivement condamnés. Un ancien chauffeur d'hôtel, Claude Muhayimana, doit pour sa part comparaître pour complicité de génocide en février, tandis qu'un autre médecin, Sosthène Munyemana, et un ex-préfet, Laurent Bucyibaruta, ont fait appel de leur ordonnance de renvoi et attendent encore l'issue de ces recours.

"Mon client conteste formellement les accusations", a réagi auprès de l'AFP son avocat, Me Philippe Meilhac, qui a annoncé vouloir faire appel de l'ordonnance. "Si toutefois un procès devait se tenir, Eugène Rwamucyo l'affrontera avec sérénité", a-t-il ajouté.

"Malgré les lenteurs de la justice que nous ne cessons de dénoncer, ces décisions ne peuvent que nous conforter dans notre détermination à ce que tous ceux qui auraient participé au génocide des Tutsi et qui croyaient pouvoir se faire oublier en France puissent enfin comparaître devant la justice des hommes", a réagi dans un communiqué le CPCR.

"Nous sommes très satisfaits de cette décision", a commenté auprès de l'AFP Alain Gauthier, cofondateur du CPCR. "Cela faisait des années que nous avions déposé plainte".

C'est à la suite de cette dernière qu'une instruction avait été ouverte en 2007 à Lille (nord), puis dépaysée à Paris l'année suivante.

Extradition refusée

M. Rwamucyo est notamment accusé par Kigali d'avoir participé à des réunions de responsables génocidaires à Butare (sud du Rwanda) en 1994, dont l'une sous l'égide du Premier ministre de l'époque, Jean Kambanda, condamné à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

Il est aussi soupçonné d'avoir dirigé les opérations d'enfouissement en masse de corps de civils tutsi lors des massacres commis entre avril et juillet 1994, et ordonné l'achèvement et l'enterrement de survivants, selon des éléments de l'ordonnance des juges dont l'AFP a eu connaissance.

"Mon client était médecin hygiéniste dans la région de Butare et à ce titre, il était chargé de l'ensevelissement des corps", a expliqué Me Meilhac. "Maintenant on lui reproche d'avoir profité de cette mission indispensable pour s'en prendre à des survivants", a-t-il regretté.

M. Rwamucyo a été condamné par contumace en 2007 au Rwanda à perpétuité.

Médecin à l'hôpital de Maubeuge (nord de la France), il avait été suspendu en octobre 2009 lorsque la direction de l'établissement avait appris qu'il était visé par un mandat d'arrêt international émis par Kigali. Il avait ensuite été licencié.

En application de ce mandat, M. Rwamucyo avait finalement été interpellé en mai 2010 à Sannois en région parisienne alors qu'il venait d'assister aux obsèques d'un autre Rwandais, Jean-Bosco Barayagwiza, cofondateur de la tristement célèbre Radio-télévision libre des mille collines (RTLM) qui propageait l'idéologie hutu extrémiste et des discours d'incitation à la haine contre les Tutsi.

La cour d'appel de Versailles (région parisienne) s'était cependant opposée en septembre 2010 à son extradition, ordonnant sa remise en liberté.

Il avait été mis en examen une première fois en 2013 pour "participation à une entente en vue de commettre le crime de génocide", puis en 2018 pour "génocide" et "crimes contre l'humanité", et placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de sortir de l'espace Schengen.

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Mini-sommet des Grands Lacs: Washington d'accord, Ndayishimiye absent

Paul Kagame, président ya Rwanda (D) na Yoweri Museveni ya Ouganda (2e D) na bakokani ba bango ya Angola, Joa Lourenco (3e G) na ya ekolo Congo démocratique Félix Tshisekedi (G) na Luanda, Angola, 3 fevrier 2020. (Twitter/Présidence RDC)

C’est ce mercredi que se tient par visioconférence le mini-sommet entre Paul Kagame, Yoweri Museveni, Joao Lourenço et Félix Tshisekedi, à l'initiative de ce dernier.

Le président Félix Tshisekedi est à Goma depuis lundi. La principale ville de l’est de la RDC devait accueillir depuis mi-septembre cinq Chefs d’Etat de la région mais la réunion a été reportée plus d’une fois.

Et c’est finalement ce mercredi qu’elle se tient mais par visioconférence, confirme la présidence congolaise.

Le nouveau président burundais, Evariste Ndayishimiye n'y sera pas. Il a évoqué des raisons de calendrier. Mais son ministère des affaires étrangères a clairement révélé que Bujumbura préférait des échanges bilatéraux entre ministres plutôt qu’un mini-sommet entre les Chefs d’Etat.

La ministre des Affaires étrangères de la RDC vient d'achever une mission des trois jours à Bujumbura pour coopération bilatérale et en a rapporté les résultats au président Tshisekedi.

Le mini-sommet entre Paul Kagame, Yoweri Museveni, Joao Lourenço et Félix Tshisekedi se tient aujourd’hui
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Bujumba est en froid avec Kigali, et Goma est plutôt frontalier avec le Rwanda.

Paul Kagame, le président rwandais, par contre, participera bien au mini-sommet. C’est même lui qui avait suggéré qu’il se tienne par visioconférence à cause du coronavirus.

Yoweri Museveni de l’Ouganda et Joao Lourenço de l'Angola y participeront aussi. Depuis son arrivée au pouvoir, M. Tshisekedi joue aux bons offices entre MM. Museveni et Kagame. Il a même facilité cette année un accord de paix entre les deux.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Kinshasa, Mike Hammer, qui est actuellement à Goma dans le cadre d'une tournée dans l'est du pays, a affirmé que Washington soutient l'initiative du président Tshisekedi.

"Nous savons tous que si les pays voisins ne s'y impliquent pas il n'y aura pas de paix en RDC. C'est pour cela que les Etats-Unis soutiennent cette initiative diplomatique du président Tshisekedi qui veut la paix dans la région des Grands lacs", a dit l'ambassadeur Hammer au micro du correspondant de VOA Afrique à Goma.

Le bon voisinage, la sécurité et la coopération sous-régionales y seront discutés, selon la présidence congolaise.

Affaire Paul Rusesabagina: l'accusé a-t-il été arrêté frauduleusement?

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