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Les rebelles au Yémen menacent et exacerbent les tensions Iran-Arabie


Quelques personnes sur les gravats des maisons détruites lors d’une frappe de l’aviation saoudienne à Sanaa, Yémen, 25 août 2017.

Les rebelles chiites houthis ont menacé mardi de riposter au durcissement du blocus contre le Yémen par des tirs de missiles contre les aéroports et les ports saoudiens et émiratis, exacerbant la tension entre Ryad et Téhéran.

Ces menaces font suite à une déclaration d'une rare violence du prince héritier saoudien accusant l'Iran "d'agression directe" contre son pays après un tir de missile balistique par les rebelles houthis sur Ryad.

"L'implication de l'Iran dans la fourniture de missiles aux (rebelles) Houthis est une agression militaire directe par le régime iranien et pourrait être considéré comme un acte de guerre contre le royaume", a dit Mohammed ben Salmane.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, est allée dans le même sens, déclarant que "le régime iranien confirme une fois encore son complet mépris à l'égard de ses obligations internationales".

"Les Etats-Unis sont engagés à tout faire pour s'opposer aux actions déstabilisatrices de l'Iran et ne fermeront pas les yeux face aux violations graves du droit international par le régime iranien", a-t-elle insisté.

Peu auparavant, Téhéran avait rejeté l'affirmation du prince héritier saoudien, le ministre des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif la jugeant "contraire à la réalité".

Les rebelles chiites houthis ont affirmé quant à eux n'avoir reçu aucun missile iranien. Ils disent avoir développé ces engins par leur propres moyens et ont menacé d'en tirer sur les "ports, les aéroports, les postes frontaliers et les installations vitales" en Arabie saoudite et aux Emirats arabes en cas de maintient du blocus.

- Options 'radicales' -

"Nous ne resterons pas les bras croisés et étudierons des options plus importantes et plus radicales pour empêcher le renforcement du blocus contre le peuple yéménite et (les mesures) visant à l'affamer et à l'humilier", ont souligné les rebelles dans un long communiqué.

Lundi, déjà, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite --les deux grands rivaux du Moyen-Orient-- avaient échangé de violentes accusations sur le Yémen, pays en guerre où ils soutiennent des camps opposés.

La tension est montée après l'interception samedi soir au-dessus de la capitale saoudienne d'un missile balistique tiré par les rebelles houthis soutenus --pour le moins politiquement-- par l'Iran.

Des débris de l'engin sont tombés dans le périmètre de l'aéroport international de Ryad, soulignant les risques pour le trafic civil.

Depuis mars 2015, Ryad est à la tête d'une coalition de pays sunnites aidant les forces gouvernementales yéménites dans leur guerre contre les Houthis et leurs alliés, maîtres de la capitale Sanaa depuis septembre 2014.

Le conflit a fait plus de 8.650 morts et quelque 58.600 blessés, dont de nombreux civils, et provoqué "la pire crise humanitaire au monde", selon l'ONU.

Lundi, la coalition menée par l'Arabie saoudite a souligné qu'elle se réservait le droit de riposter "de manière appropriée et au moment opportun".

L'organisation Human Rights Watch (HRW), souvent critique à l'égard de l'intervention saoudienne au Yémen, n'en a pas moins considéré mardi le tir de missile sur Ryad comme un "crime de guerre apparent" des rebelles.

- 'Aide humanitaire vitale' -

Le renforcement du blocus a, lui, été dénoncé par les Nations unies, qui se sont alarmées de l'impossibilité d'acheminer de l'aide au Yémen.

"Les opérations humanitaires sont bloquées à la suite de la fermeture ordonnée par la coalition dirigée par l'Arabie saoudite", a déploré le porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU à Genève, Jens Laerke.

Pour sa part, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé dans un communiqué à garder ouverts les accès du pays pour permettre l'acheminement de "l'aide humanitaire vitale".

La tension entre Ryad et Téhéran coïncide avec une purge sans précédent menée en Arabie saoudite contre des princes, ministres, anciens responsables et hommes d'affaires accusés de corruption.

Ces tensions ont poussé les prix du pétrole à leur plus haut niveau en deux ans, et les Bourses du Golfe ont accusé le coup mardi.

La purge a été lancée par une commission de lutte contre la corruption dirigée par le prince héritier, âgé de 32 ans.

Avant l'ambassadrice américaine à l'ONU, le président Donald Trump avait apporté un soutien appuyé à l'action du roi Salmane et de son fils.

"J'ai entière confiance dans le roi Salmane et le prince héritier d'Arabie saoudite, ils savent exactement ce qu'ils font", a-t-il écrit lundi sur Twitter. "Certains de ceux qu'ils traitent durement +saignent+ leur pays depuis des années!", a-t-il ajouté.

La purge témoigne d'un profond bouleversement en Arabie saoudite qui rompt avec le consensus généralement respecté au sein de la famille royale pour gérer les affaires du royaume.

Elle vise en même temps à renforcer le pouvoir du prince Mohammed, engagé dans un vaste programme de réformes économiques et poursuivant sa marche vers le trône.

Avec AFP

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