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Les Nations unies se penchent sur une impasse politique explosive en RDC

  • VOA Afrique

Le président de la RDC Joseph Kabila, lors de son discours à la nation, à Kinshasa, le 5 avril 2017.

Les Nations unies se penchent mardi sur l'impasse politique en République démocratique du Congo, où la tension monte à l'approche de la date-butoir chaque jour plus illusoire du 31 décembre 2017 pour organiser la succession du président Joseph Kabila.

Tenue en marge de l'Assemblée générale, la réunion au siège de l'ONU se tient sans le président congolais qui inaugure un "forum pour la paix" au Kasaï. Les deux leaders de l'opposition Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi se trouvent à New York "pour des rencontres informelles", a indiqué l'entourage du premier.

La réunion onusienne doit se tenir à huis-clos sous la présidence du secrétaire général adjoint Jean-Pierre Lacroix, "afin d'ouvrir la voie à des élections crédibles", a indiqué à l'AFP un responsable de l'ONU sous couvert d'anonymat.

L'initiative entend favoriser "une meilleure coordination des efforts internationaux, régionaux et sous-régionaux" pour "la mise en oeuvre de l'accord du 31 décembre 2016", ajoute la source onusienne.

L'ONU et sa mission en RDC (la Monusco) misent sur une application "complète et de bonne foi" de cet accord, pour éviter de nouvelles violences liées au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le second mandat de cinq ans a pris fin le 20 décembre 2016. La Constitution lui interdit de se représenter.

Conclu sous l'égide de l'Eglise catholique, après des dizaines de morts à Kinshasa les 19 septembre et 19-20 décembre 2016, cet accord de la St-Sylvestre prévoit des élections présidentielle, législatives et provinciales "au plus tard en décembre 2017".

Alors que le Premier ministre Bruno Tshibala a promis lundi "un calendrier (électoral) réaliste dans quelques jours", cette échéance de décembre apparaît chaque jour plus irréaliste.

Le recensement des derniers électeurs doit durer au moins jusqu'à mi-décembre dans la région du Kasaï théâtre de violences depuis un an.

Le Parlement doit encore voter des lois électorales. Le président de l'Assemblée, Aubin Minaku, un cadre de la Majorité présidentielle (MP) pro-Kabila, parle d'élections "dans un délai accepté, sans précipitation inconsidérée, ni lenteur excessive".

Implosion

Comme en 2016 à l'approche de la fin du mandat de M. Kabila, la tension monte donc de nouveau à l'approche de l'échéance de décembre 2017. Un report des élections courant 2018 pourrait être accepté par les anti-Kabila, mais pas au-delà, envisage une source diplomatique à Kinshasa.

Les deux leaders de l'opposition, Félix Tshisekedi et Moïse Katumbi, ont exigé depuis New York "une transition sans Kabila", conduite par des "personnalités consensuelles", pour "préparer des élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles".

Des regards se tournent vers le gynécologue Denis Mukwege. "L'homme qui répare les femmes" violées dans l'est de la RDC a été reçu début septembre par le président français Emmanuel Macron à l'Elysée, et se trouve également à New York mardi, selon ses proches.

La majorité pro-Kabila rejette cette idée d'une "transition sans Kabila", accusant ses partisans de vouloir "remettre en cause la Constitution et l'accord de la Saint-Sylvestre pour déstabiliser tout le processus électoral", selon son porte-parole André-Alain Atundu Liongo.

Plusieurs éléments aggravent la crise politique en RDC, pivot instable de l'Afrique centrale aux neuf frontières, 2,3 millions de km2, quelque 70 millions d'habitants, avec 3,8 millions de déplacés internes et 500.000 réfugiés du Rwanda, du Burundi, du Soudan du Sud, et de Centrafrique.

Un mois après la signature de l'accord, la mort à Bruxelles le 1er février de l'opposant historique Etienne Tshisekedi a compliqué son application. Les tractations sur le rapatriement de sa dépouille, toujours conservée en Belgique, ont envenimer la crise entre le pouvoir et l'opposition, emmenée par le fils du défunt.

A la crise politique, s'ajoute une forte inflation causée par la dépréciation du franc congolais par rapport au dollar, dans ce pays parmi les plus pauvres du monde.

Des observateurs redoutent une reprise de la violence voire "l'implosion" de la RDC, où des groupes armés sont encore actifs dans l'est frontalier du Sud-Soudan, de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi.

En août, la Monusco a enregistré "une augmentation importante" des violations des droits de l'homme, avec 441 cas documentés, dont 64% commis par les agents étatiques et 36% par les groupes armés tous confondus.

Avec FP

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