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Les militaires américains doivent apprendre à se passer du GPS


Des ingénieurs à bord d’un canot gonflable s’approchent du patrouilleur américain, l'USS Thunderbolt, dans la mer Adriatique, 13 juin 2000.

Avec leurs bombes téléguidées, leurs drones armés transmettant des vidéos en temps réel et leurs photos prises de l'espace avec une précision au mètre près, les militaires américains dépendent de plus en plus du GPS.

Mais que se passerait-il si un ennemi détruisait le programme de navigation américain ou brouillait les signaux des satellites? C'est un scenario catastrophe que le Pentagone sait plausible et auquel il se prépare activement.

"La structure de notre armée est basée sur le principe que nous avons le GPS et des télécommunications par satellite. Notre force de frappe est énorme avec ces choses-là", indiquait récemment le colonel Richard Zellmann, commandant de la 1e Brigade de l'Espace, basée dans le Colorado.

"Mais si on nous retirait ces aides au combat, il faudrait revenir à l'armée de l'époque pré-électronique, où pour prévaloir il fallait trois fois plus d'hommes que l'ennemi", a-t-il ajouté au cours d'un point de presse.

Selon le colonel Zellmann, 70% des systèmes de combat de l'armée de Terre américaine dépendent de signaux transmis depuis l'espace par le réseau de satellites du Global positioning system (GPS), ce qui n'a pas échappé aux autres pays. "Les militaires du monde entier ont commencé à réaliser l'énorme avantage dont ont bénéficié les Etats-Unis en ayant un accès incontesté à l'espace".

Les Etats-Unis disposent de satellites qui peuvent se déplacer et inspecter ou surveiller d'autres objets dans l'espace, mais la Russie et la Chine développent des satellites capables eux aussi de se déplacer dans l'espace, ce qui pourrait leur permettre de percuter d'autres objets en orbite.

En fait, selon le colonel Zellmann, un ennemi aurait plutôt intérêt à détruire les satellites américains qu'à placer leurs propres systèmes en orbite, ce qui coûterait plus cher et prendrait plus de temps.

C'est pour répondre à ces vulnérabilités que l'armée de Terre américaine a recommencé à enseigner à ses troupes la lecture des cartes topographiques. Quant à l'US Navy, elle réapprend à ses marins à se diriger grâce aux étoiles, avec l'aide du bon vieux sextant, un instrument inventé au 18e siècle.

Les centres de commandement de l'armée marquent de nouveau le mouvement de troupes au sol sur des cartes accrochées au mur. Si les satellites, censés les suivre à la trace, tombent en panne, "nous saurons quand même où se trouvent nos unités", a-t-il expliqué.

Le laboratoire de recherche et développement du ministère américain de la Défense, le DARPA, cherche à développer de nouveaux instruments de navigation et de mesure capables d'une grande précision sans recourir au GPS. Un de ces systèmes utilise des "pseudolites" (ou pseudo-satellites), des relais terrestres qui émettent des signaux similaires à ceux des satellites et qui sont déjà commercialisés.

Pour l'aviation, le Pentagone cherche à améliorer la précision de "systèmes de navigation inertes" qui déploient une série de sondes et de gyroscopes pour calculer l'emplacement d'un avion, voire d'un missile.

- La fin d'un 'espace neutre' -

Le Pentagone investit aussi dans une nouvelle génération de satellites qui seront plus précis et plus résistants au brouillage.

Pour le général John Thompson, chargé du processus d'acquisition du GPS nouvelle génération, la supériorité militaire des Etats-Unis dans l'espace appartient au passé.

"Notre armement actuel est basé sur le principe d'un espace neutre", a-t-il indiqué récemment à quelques journalistes. Or cet espace est aujourd'hui "contesté et encombré, et nous devons nous y adapter".

Donald Trump lui-même a fait allusion lundi à l'importance stratégique de l'espace pour les Etats-Unis, en publiant sa "stratégie de sécurité nationale".

"Les Etats-Unis considèrent un accès sans entraves à l'espace et la liberté d'y opérer comme un intérêt vital pour le pays", indique ce document publié sur le site de la Maison Blanche. "Toute ingérence ou attaque contre des éléments essentiels de notre architecture spatiale (...) recevrait une réponse au moment, à l'endroit et de la façon que nous choisirons".

Avec AFP

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