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Les fonctionnaires insatisfaits de la hausse des salaires


Les fonctionnaires tchadiens en assemblée générale dans leur quartier général à N’Djamena, le 24 février 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Les agents de l’Etat tchadiens apprécient diversement une hausse de 15 pourcent de leurs salaires, accordée par le gouvernement après avoir décidé de limiter la baisse des primes et indemnités des fonctionnaires.

L'accord entre les autorités tchadiennes et les syndicats de la fonction publique signé fin octobre est entré en vigueur en janvier.

Le 26 octobre 2018, les autorités et les syndicats avaient signé un accord prévoyant de baisser les primes et indemnités des fonctionnaires de 35%, alors que le gouvernement prévoyait initialement de les réduire de 50%.

L'annonce par le gouvernement de son intention de baisser les primes et indemnités de 50%, faite en janvier 2018, avait débouché sur dix mois de conflit social, avec notamment cinq mois de grève de la fonction publique.

Mais les fonctionnaires se disent, une fois de plus, avoir été roulés dans la farine.

Pour eux, les 15% effectués sur les Augmentations générales spécifiques (AGS) et qui sont entrés en vigueur ce mois-ci, ramenant ainsi les AGS à 65% conformément à l’accord, ne change pas grand-chose dans le panier de la ménagère.

Les syndicats réagissent à l'augmentation du salaire des fonctionnaires
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Au micro de VOA Afrique, certains fonctionnaires expriment leur déception.

"Je ne comprends rien dans tout ce qui se passe puisque je ne maîtrise rien depuis qu’on a réduit le salaire. J'ai plus de 200.000 FCFA [volatilisés] et ça m’énerve même. Nous les enseignants, nous avons beaucoup de problèmes. Les AGS, c’est une goutte d’eau dans la mer. Recensement par-ci, abattement par-là, 16 mesures par-ci, mais on ne s’en sort pas. Ce que nous avons constaté sur nos salaires ne répond pas à notre attente."

Pour Younouss Mahadjir, vice-président de l’Union des syndicats du Tchad et membre du comité paritaire gouvernement et syndicats pour l’assainissement des fichiers de la solde, cette augmentation n’était pas l’objectif principal de la lutte qui est d’œuvrer pour l’annulation du décret 687, lequel ampute les primes et indemnités des agents de l’Etat de 50%.

Younouss Mahadjir, vice-président de l'Union des syndicats du Tchad à N'Djamenna, le 4 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Younouss Mahadjir, vice-président de l'Union des syndicats du Tchad à N'Djamenna, le 4 février 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

"C’est tout à fait normal que les fonctionnaires disent que c’est insignifiant. C’est entre 10.000 et 15.000 Francs CFA. Peut-être même moins que ça, pas plus. On a 50% qui sont coupés. Les AGS qui devaient ne pas être coupées parce que ce n’est même pas ciblé dans le décret 687. Les AGS ne sont pas les indemnités. C’est inclus dans le salaire. Ils nous ont imposés cela pour qu’on puisse l'avaler. Nous savons bien que ceci est une concession qui nous empêche effectivement de satisfaire bien les intérêts des travailleurs. Mais nous ne pouvons pas faire autrement parce que nous connaissons bien ce système: si on n’acceptait pas cela, ce sera une impasse totale."

Younouss Mahadjir estime que les 15% des AGS et la mise en place du comité paritaire sont un premier pas gagné par les travailleurs. Toutefois, il est pessimiste quant à l’application des recommandations qui seront déposées par le comité.



"[Le président Idriss] Déby a toujours été réticent. Il a même dit qu’il n’augmenterait pas un seul sou sur le salaire et qu’il allait même réduire le salaire, mais on l’a obligé d’une manière ou d’une autre. C’est plutôt la commission qui va maintenant essayer de fouiner dans les textes des finances, voir les salaires du personnel du service public et également dans les diplômes. Nous allons voir lorsque nous allons déposer nos résolutions et conclusions avec les recommandations. Est-ce qu’il va les faire appliquer?"

Après deux jours de travail, le comité paritaire pour l’assainissement des fichiers de la solde a suspendu ses activités suite à un malentendu entre les membres de l’équipe alors que le comité a 45 jours pour finaliser le travail.

La plate-forme syndicale menace de claquer la porte si le gouvernement ne règle pas la situation dans un délai d’une semaine.

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