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Des corps sans sépulture à Gambo, en Centrafrique

Un enfant se promène dans un camp de réfugiés à Kaga-Bandoro, en Centrafrique, 16 février 2016.

Des corps, des charniers, une odeur atroce...: l'abbé Junior va effectuer un périple au bout de l'horreur en retrouvant sa paroisse à Gambo, dans le sud-est de la Centrafrique, théâtre d'un de ces massacres en zones isolées qui ravagent le pays.

Au petit matin, le prêtre et un photographe de l'AFP quittent Bangassou en moto pour Gambo, 75 km plus à l'ouest dans cette préfecture de la Mbomou où les civils subissent un regain de violences des milices ex-Séléka, qui affirment défendre des musulmans, et les anti-Balaka, majoritairement chrétiens.

Objectif du déplacement: prendre la mesure du massacre que des ex-Séléka auraient commis le 5 août avant de perdre le contrôle de Gambo au profit des anti-Balaka.

Sur la "RN 2", grande piste en latérite rouge qui traverse une forêt verdoyante, le prêtre, 39 ans, conduit d'une seule main, saluant de l'autre ses ouailles qui le reconnaissent.

Au-delà de Bangassou, aucune trace des Casques bleus de la Mission des Nations unies (Minusca). La route et l'entrée de Gambo sont le fief d'anti-Balaka (anti-"machette"), qui tiennent des postes de contrôle improvisés.

Souriantes, trois jeunes femmes, dont l'une porte un bébé et l'autre un parapluie multicolore, viennent à la rencontre du curé à son arrivée à Gambo. "Abbé Junior! Abbé Junior!": coupés du monde sans réseau téléphonique, les habitants sont ravis d'avoir de la visite et des nouvelles de l'extérieur.

L'abbé centrafricain va d'abord à l'église, sa paroisse qu'il n'a pas vue depuis deux mois. Sur le sol, quelques douilles. Pas de corps dans le presbytère, contrairement à une rumeur entendue à Bangassou.

Direction le centre de santé, où les ex-Séléka ont tué le 5 août au moins 32 personnes, dont six bénévoles de la Croix-Rouge, avait déclaré à l'AFP un survivant, Jonas Ngobo.

- 'Celui-là avec la flèche dans le dos...' -

La visite des lieux confirme son récit.

Une odeur pestilentielle se dégage à l'approche du bâtiment en briques de terre rouge et blanche. Par terre, sur le parvis, sous la véranda, du sang séché, des dossiers renversés, des vêtements et des chaussures, du matériel médical et des objets fracassés.

Avant d'entrer, l'abbé, deux anti-Balaka et le journaliste passent un masque imbibé d'huiles essentielles pour supporter l'odeur. Pharmacie, laboratoire, salle de gynécologie: toutes les pièces sont saccagées, les lits à barreaux blancs défoncés.

Le journaliste compte trois corps. Un anti-Balaka en reconnaît deux, un sur un lit, l'autre disloqué au sol: "Celui-là, avec la flèche dans le dos, c'est le chef du village d'Akondo au PK15".

Le chef anti-Balaka Jean Agoua filme la scène avec un vieux téléphone. Il veut interpeller le président Faustin-Archange Touadéra, à Bangui, à environ 450 km à l'ouest, dans un pays où l'Etat est aux abonnés absents en dehors de la capitale.

A l'arrière du dispensaire, une grande cour et une fosse commune. Des corps -au moins sept - dépassent d'un trou d'environ cinq mètres de large, recouvert à la va-vite. Dans un autre trou: des ossements, de la chair, des vêtements.

A la sortie du dispensaire, les anti-Balakas veulent absolument montrer au journaliste une hutte à proximité. A l'intérieur, un autre cadavre, la boîte crânienne séparée du corps.

Un survivant, Léon Bambeteba, laborantin de 61 ans, volontaire de la Croix-Rouge, était de garde ce samedi 5 août.

"Vers 13h00, des véhicules de la Mission des Nations unies (Minusca) arrivent à Gambo. Des Marocains". Ce même contingent qui a perdu trois hommes en juillet à Bangassou dans des assauts attribués par la Minusca à des anti-Balakas.

A une délégation d'habitants, les Marocains racontent qu'ils attendent un convoi en provenance de Bangui, raconte M. Bambeteba.

L'assaut des Sélékas contre le centre de Santé commence peu après. A 200 mètres du dispensaire, les Casques bleus marocains n'ont pas bougé, selon les survivants.

"Aujourd'hui, nous demandons au gouvernement de nous aider. Nous n'acceptons pas de Minusca ici, leur présence nous fait peur", avance le maire, Eugène Frédéric Foulou, 71 ans.

Son secrétaire-comptable, Pierrot Bida, 57 ans, retrace l'histoire de la ville, condensé du conflit qui déchire la Centrafrique depuis 2013. En 2016, une faction de l'ex-Séléka, des Peuls de l'UPC, ont repris Gambo à une autre faction, le FPRC. Le 3 août, les anti-Balaka lancent une offensive. Le 5, contre-offensive et massacre à l'hôpital. Le 9, donc, les anti-Balakas reprennent la ville.

Retour à Bangassou. L'évêque espagnol de la ville, Juan José Aguirre, bombarde l'abbé Junior et le journaliste de questions.

Ils lui racontent: une ville déserte. Des miliciens anti-Balaka armés qui patrouillent. Une population sans aide humanitaire.

Et des corps en attente de sépulture.

Avec AFP

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Macron ne se rendra pas aux commémorations du génocide rwandais

Le président français, Emmanuel Macron, à gauche, reçoit le président rwandais, Paul Kagame, au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 23 mai 2018..

Emmanuel Macron, qui avait été invité par Kigali à participer à la 25e commémoration du génocide rwandais le 7 avril, ne s’y rendra pas et a chargé le député de la République en Marche (Larem) Hervé Berville, orphelin tutsi, de le représenter, a annoncé jeudi l’Elysée.

“Le président de la République a été sensible à l’invitation mais il ne pourra pas s’y rendre, il a donc désigné le député des Côtes-d’Armor, Hervé Berville, pour le représenter”, a-t-on indiqué. “La France sera aux côtés du Rwanda dans ce moment de deuil et de recueillement”.

Nicolas Sarkozy est le seul président français à s’être rendu au Rwanda, en février 2010.

Les relations entre la France et le Rwanda ont traversé plusieurs zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994.

L’actuel président rwandais Paul Kagamé a notamment accusé en 2014 Paris d’avoir “participé” à ces massacres qui ont fait selon l’Onu 800.000 morts, des accusations rejetées par les autorités françaises.

En mai 2018, à l’occasion de la visite de Paul Kagamé à Paris, Emmanuel Macron avait exprimé le souhait de nouer une relation “pragmatique” avec Kigali mais avait écarté dans l’immédiat un retour d’un ambassadeur français au Rwanda, reconnaissant que la normalisation prendrait du temps.

Avec Reuters

Les Algériens restent mobilisés un mois après le début de la contestation

Manifestation dans les rues d'Alger, contre le gouvernement, le 19 mars 2019.

Un mois après le début de la contestation, les Algériens entendent rester mobilisés, avec de nouvelles manifestations vendredi pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans et dont le camp se fissure.

Les deux précédents vendredis ont vu une mobilisation record. Le 15 mars, des manifestations ont été enregistrés dans 40 des 48 préfectures du pays, selon des sources sécuritaires, et des diplomates ont évoqué "des millions" d'Algériens dans les rues.

Sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation se sont poursuivis cette semaine autour des mots-dièses "Mouvement_du_22_mars", "Partez tous!", ou du slogan "Nous sommes unis, ils sont finis".

La météo annonce de la pluie, pour la première fois depuis le début de la contestation le 22 février, mais il en faut plus pour décourager les manifestants, qui appellent à se munir d'un parapluie et de l'orner du drapeau national -vert et blanc frappé de l'étoile et du croissant rouges-, accessoire désormais indispensable du manifestant algérien.

​"La rue va gronder sous la pluie", assure un twitto.

"Le peuple algérien exige le départ immédiat et sans conditions du président Bouteflika", indique une affichette circulant sur les réseaux sociaux, qui invite également "les responsables des pays qui soutiennent le pouvoir illégitime algérien à cesser (...) leur ingérence".

Les manifestations, sans précédent depuis l'élection de M. Bouteflika en 1999, sont restées jusque-là globalement pacifiques.

Lors d'une tournée à Rome, Moscou -allié historique d'Alger- et Berlin, le nouveau vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra a répété et confirmé que M. Bouteflika remettrait ses fonctions à un successeur élu lors d'une présidentielle dont la date n'a pas encore été fixée.

- Fissures -

En reportant le 11 mars l'élection présidentielle prévue le 18 avril jusqu'à l'issue d'une conférence nationale chargée -à une date non précisée- de réformer le pays et de le doter d'une nouvelle Constitution, le chef de l'Etat a prolongé d'autorité son mandat actuel au-delà de son expiration constitutionnelle le 28 avril.

Agé de 82 ans, M. Bouteflika est affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'empêchent de s'adresser de vive voix aux Algériens et rendent rares ses apparitions publiques.

Aucune sortie de crise ne semble émerger, chaque camp campant sur ses positions. Le président refuse de céder le pouvoir et le "prolongement" du mandat a continué d'être largement rejeté.

Etudiants, professeurs, professionnels de santé, avocats, magistrats ont tour à tour manifesté cette semaine, montrant que la mobilisation ne faiblissait pas.

Côté pouvoir, les efforts du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui pour former un gouvernement rajeuni de "technocrates" semblent toujours stériles, dix jours après sa nomination.

Et le camp présidentiel apparaît plus divisé que jamais face à l'attitude à adopter.

Les fissures apparues depuis le début de la contestation ont semblé s'élargir parmi ceux qui il y a à peine plus d'un mois étaient les plus fervents partisans d'un cinquième mandat du chef de l'Etat, dont la candidature a finalement jeté les Algériens dans la rue.

- Qui décide -

Mercredi, le patron de la propre formation du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN), s'est livré à un exercice de grand écart, en assurant que l'ancien parti unique, au pouvoir depuis 1962, "soutient le mouvement" de contestation, tout en prônant le "dialogue" proposé par le chef de l'Etat.

Du côté du principal allié, le porte-parole du Rassemblement national démocratique (RND), Seddik Chihab, a affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un cinquième mandat.

Plus grave, il a accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika.

Le RND, parti de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, récemment sacrifié à la colère populaire, a eu beau se démarquer des déclarations de son porte-parole, les protestataires voient dans l'apparent délitement du "système" un encouragement à poursuivre de la mobilisation.

La contestation en Algérie, pays membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), a été déclenchée le 22 février après la décision du chef de l'Etat de briguer un cinquième mandat. Et sa promesse ensuite de ne pas se porter candidat à une présidentielle à la date inconnue n'a pas apaisé les Algériens.

Avec AFP

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