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Droits humains

Les albinos du Cameroun demandent plus d'attention et de soins

Un Albinos porte une pancarte "Dites non à la discrimination" lors d'une campagne de sensibilisation à Harare, Zimbabwe, le 18 juin 2016.

La stigmatisation, la violence, la superstition et le meurtre ont considérablement diminué, mais les abus n'ont pas été éliminés, regrettent les Albinos camérounais. Ils demandent  plus de soins et de protection du gouvernement et de la communauté.

Cent soixante albinos et les membres de leur famille se sont réunis au bureau de l'Association mondiale pour le plaidoyer et la solidarité des albinos à Yaoundé, la capitale camerounaise, pour marquer la Journée internationale de sensibilisation à l'albinisme qui a été célébré au le 13 juin.

Le Cameroun compte environ 2 200 albinos selon le gouvernement.

Ces personnes continuent d'être victimes d'abus et de violations à cause de l'albinisme, bien que la stigmatisation, la violence, la superstition et le meurtre ont considérablement diminué.

Parmi elles, Ronald Essi, un albinos de 16 ans, qui voulait devenir officier de police pour défendre son pays le Cameroun et punir les civils qui violent les droits des Albinos.

Mais sa mère l'abandonne alors il n'a que deux ans à cause de cette maladie génétique et héréditaire qui réduit le pigment mélanique dans la peau, les cheveux et les yeux, rapporte le correspondant de VOA English à Yaoundé, Moki Edwin Kindzeka.

L'adolescent soutient que sa grand-mère avait résisté à la pression de la famille pour le tuer. En 2015, quand décède sa bien-aimée grand-mère, Ronald Essi n'a que 10 ans mais est obligé de vivre dans la rue, faute d'avoir quelqu'un capable de prendre soin de lui.

Un prêtre catholique le récupéré de la rue avant de l'envoyer dans une école à Yaoundé.

Amélioration des conditions de vie

Cette année, le Cameroun a signalé que les préjugés et la discrimination contre les albinos dans l'emploi et la vie sociale ont considérablement diminué. Le gouvernement déclare que la chasse aux Albinos pour leurs parties du corps a été éliminée de nombreuses communautés.

Les sorciers, qui prétendent que les Albinos apportent richesse et chance aux personnes qui ont accès à leurs parties du corps, disparaissent. Dans de nombreuses communautés, les bébés albinos ne sont plus considérés comme des signes de malheur et ne sont plus, de ce fait, enterrés vivants ou affamés jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Jean-Jacques Ndoudoumou, président fondateur de l'Association mondiale pour le plaidoyer et la solidarité des Albinos, reconnait que les albinos sont progressivement acceptés par les communautés.

Il a dit que l'association qu'il dirige est satisfaite, car les gens acceptent de plus en plus les albinos comme des êtres humains normaux.

De nombreux albinos sont diplômés des universités et utilisent les connaissances qu'ils acquièrent pour contribuer au développement du Cameroun.

M. Ndoudoumou ajoute aussi que les plaintes de stigmatisation et de violence contre les albinos ont considérablement diminué et qu'il y a maintenant des mariages entre des albinos et des personnes sans condition.

Les membres de son association enseignent aux personnes albinos sont des êtres humains normaux qui ont besoin d'une assistance spéciale.

Grégoire Amindeh, l'un des membres de l'Association pour la promotion des droits des albinos, affirme que bien que le gouvernement de Yaoundé ait fait beaucoup, les albinos ont toujours besoin de toute urgence de lunettes de lecture spéciales et de loupes à main pour arrêter leur taux d'abandon du secondaire à cause de la basse de vision.

Ils ont également besoin de subventions pour être soignés dans les hôpitaux, car leur peau est extrêmement sensible au soleil et peut développer un cancer, comme celui de la peau, qui reste une cause majeure de décès chez les albinos africains.

Soutien des autorités camerounaises

Pauline Irene Nguene, ministre camerounaise des Affaires sociales, déclare de son côté, que les albinos sont placés dans le groupe des personnes ayant des besoins particuliers de protection. Selon elle, le Cameroun assure l'intégration socio-économique et la protection des albinos. Il intervient immédiatement pour protéger les albinos chaque fois que des cas d'abus sont signalés.

Elle avance qu'en 2020, le personnel de son ministère a visité plus d'une centaine de villages où des violations des droits des albinos avaient été indiquées. Par ailleurs, les civils des villages avaient appris dans leurs langues locales à respecter la santé, l'éducation et les droits sociaux des albinos.

Madame Nguene ajoute que le gouvernement continue à faire pression pour que les entreprises privées, les écoles et les organisations extérieures ne rejettent pas les albinos à la recherche de postes dans leurs institutions.

Pour cela, une soixantaine de bureaux gouvernementaux ont été créés dans les unités administratives camerounaises pour recevoir des plaintes des albinos et aider immédiatement ceux qui sont dans le besoin.

La Journée internationale de sensibilisation à l'albinisme est célébrée par les Nations Unies le 13 juin de chaque année. Le thème de cette année, "La force au-delà de toute attente", met en lumière les réalisations des personnes atteintes d'albinisme dans le monde entier, selon l'ONU.

Les albinos persécutés en Afrique

Le Cameroun n'est pas le seul pays africain où les albinos se sentent persécutés, abusés et en insécurité.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, 1 personne sur 17 000 est atteinte d'albinisme dans le monde; tandis qu'entre 1 personne sur 5 000 et 1 sur 15 000 en Afrique subsaharienne.

La discrimination à laquelle sont confrontés les albinos vivant en Afrique subsaharienne est beaucoup plus importante que dans le reste du monde. publie l'Agence Anadolu.

Les albinos sont souvent victimes de crimes rituels en Afrique subsaharienne où sont pratiquées plusieurs formes de sorcellerie et où abondent la magie et les superstitions, exacerbant les préjugés contre les albinos.

Comme le rapporte l'Agence Anadolu, dans certaines traditions africaines, on croit que les organes des albinos sont dotés de pouvoirs magiques et qu'ils apporteront chance et santé à ceux qui en disposent. Les potions produites avec les organes des albinos sont aussi considérées comme médicinales.

"Pour cette raison, les personnes albinos peuvent être victimes de violences de la part de ceux qui, à travers eux, voudraient devenir riches, trouver un bon époux (ou une bonne épouse), ainsi que de ceux qui voudraient retrouver la santé. Les albinos peuvent être kidnappés et subir des amputations, entraînant la mort dans certains cas.", souligne l'agence.

Plus de 700 violences contre les albinos ont été enregistrées en Afrique subsaharienne subsaharienne au cours de la dernière décennie.

La plupart de ces attaques ont eu lieu en Tanzanie et au Malawi.

Selon les Nations Unies, au moins 80 albinos ont été tués en Tanzanie depuis 2000 et il y a eu au moins 18 meurtres au Malawi depuis 2014.

En 2018, Amnesty international a publié un rapport accablant sur la situation au Malawi, avant de demander aux gouvernements de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC d'adopter), en 2019, un plan régional de lutte contre les meurtres d'albinos.

BBC Afrique rapporte que "depuis lors, le meurtrier d'un enfant albinos a été condamné à la peine de mort, une première au Malawi qui témoigne d'une nouvelle forme de fermeté autour des crimes contre les albinos."

La conférence régionale des évêques catholiques a aussi lancé un appel pour le lancement de programmes de sensibilisation contre la traitre rituel des albinos en Afrique australe.

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Plainte à l'ONU de militants sahraouis contre le Maroc pour "détention arbitraire"

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis.

Dix-huit indépendantistes sahraouis, incarcérés au Maroc pour l'assassinat de membres des forces de l'ordre en 2010 dans l'affaire dite de Gdeim Izik, ont déposé une plainte contre le royaume auprès de l'ONU pour "détention arbitraire", a indiqué vendredi un groupe de soutien.

Cette affaire tient son nom du camp où avaient été tués en novembre 2010 onze policiers et gendarmes marocains près de Laâyoune, la capitale du Sahara occidental administré par Rabat depuis la fin de la colonisation espagnole.

"Les prisonniers de Gdeim Izik déposent une plainte contre le Maroc auprès du Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies alléguant des actes de torture et de répression politique", précise un communiqué du groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits humains au Sahara occidental.

Le groupe ajoute que "les Sahraouis qui militent en faveur de l'autodétermination sont soumis à des pratiques discriminatoires et ont été condamnés à de longues peines d'emprisonnement sur la base d'aveux entachés de torture".

Ces activistes indépendantistes font partie d'un groupe de 23 Sahraouis condamnés à des peines allant de deux ans de prison à la perpétuité dans le cadre de l'affaire de Gdeim Izik.

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis, dont trois condamnés dans l'affaire de Gdeim Izik "gravement torturés", avaient annoncé des ONG.

La coordination des familles des victimes du camp de Gdeim Izik a, elle, dénoncé dans un communiqué "une dangereuse tentative de galvauder les faits, transformant les criminels en victimes".

Le conflit du Sahara occidental -vaste territoire désertique riche en phosphates et aux eaux très poissonneuses- oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

Tandis que Rabat prône un statut d'autonomie sous souveraineté marocaine, le Polisario réclame un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU lors de la signature en 1991 d'un cessez-le-feu, mais qui ne s'est jamais concrétisé.

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