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Les agriculteurs du nord-est du Nigeria veulent rentrer chez eux

Des enfants jouent avec des vaches près du village de Saulawa, dans l'État de Kaduna, le 15 mai 2013.

Les agriculteurs et pêcheurs déplacés par les attaques de Boko Haram, dans le nord-est du Nigeria, demandent désormais à pouvoir rentrer chez eux et reprendre leur travail, ce qui réduirait les graves pénuries alimentaires de la région.

L'agriculture et la pêche de subsistance ont toujours été les piliers économiques de cette région reculée des contours du lac Tchad, mais huit années de violences et de déplacements massifs de population ont détruit toutes ses ressources.

Aujourd'hui, des millions de personnes souffrent de la faim, et certaines zones de l'Etat du Borno, toujours non-accessibles aux humanitaires, pourraient être en situation de famine.

Sur les 2,6 millions de personnes déplacées, plusieurs centaines de milliers vivent toujours dans des camps, où ils dépendent presque exclusivement de l'aide humanitaire pour survivre, lorsqu'ils n'ont pas de famille sur place pour les héberger.

Toutefois, les organisations humanitaires ont annoncé dernièrement que les réductions des budgets avaient entraîné la révision, voire parfois l'annulation, des programmes alimentaires, malgré les taux très élevés de malnutrition, notamment chez les enfants.

Et pour le directeur du syndicat des pêcheurs, Labbo Tahrir, "aucune quantité de nourriture -distribuée par les ONG- ne sera suffisante pour tous +nous+ nourrir".

"Le seul moyen d'en finir avec cette famine c'est que nous puissions rentrer chez nous, cultiver et reconstruire nos vies" confie-t-il à l'AFP.

Ibrahim Mammadu, ancien agriculteur qui avait des rizières dans les terres fertiles en bordure du lac, travaille désormais dans une grande exploitation agricole de tomates, pour 13 dollars par mois (11,6 euros): une somme insuffisante pour nourrir sa famille.

"Si je pouvais retourner dans ma ferme, en un an, tous mes problèmes seraient finis", dit le jeune père de famille de 35 ans. "Je ne veux plus être pauvre ni dépendant. L'agriculture, c'est tout ce que je sais faire."

Sur les bords du Lac Tchad, la terre est si fertile qu'elle pouvait produire un quart du blé nigérian, soit environ 90.000 tonnes par an, jusqu'en 2014 (chiffres officiels). On pêchait aussi 300.000 tonnes de poissons dans le lac. Mais pêche et agriculture ont décliné, notamment car l'armée nigériane soupçonne agriculteurs et pêcheurs de vendre leur production aux insurgés de Boko Haram, ou bien que ces ressources soient utilisées pour financer le groupe jihadiste.

Kamai Nkike, coordinateur pour l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA), estime que l'activité n'a pas repris depuis environ trois saisons des pluies consécutives. La prochaine, qui commence tout juste, ne donnera rien non plus.

"Cela est devenu quasiment impossible désormais de retourner aux champs dans le nord du Borno", explique-t-il.

'Moitiés de rations'

Selon les Nations unies, près de 2 millions de personnes sont dans une situation de famine imminente, et 5,2 millions auront besoin d'assistance d'ici le mois d'août. En début d'année, l'organisation internationale avait demandé aux donateurs un milliard de dollars, mais elle n'a reçu pour l'instant qu'un quart de cette somme.

Elizabeth Bryant, du Programme Alimentaire Mondial (PAM) en Afrique de l'Ouest, regrette que ce manque de financements survienne "pendant la saison des pluies, le pire moment".

La situation est également aggravée par le retour en masse de 12.000 Nigérians, réfugiés au Cameroun.

Le PAM, qui avait prévu de porter une assistance alimentaire à 1,8 million de personnes, a revu son programme à la baisse, avec seulement 1,3 million.

"On vise désormais les groupes les plus vulnérables: les moins de 2 ans, plutôt que les moins de 5 ans", explique Mme Bryant. "Et on distribue des moitiés de rations."

Le retour des déplacés chez eux dépendra surtout du niveau de sécurité dans la région. Le gouvernement nigérian et l'armée assurent que le calme est revenu, mais le manque d'accès à de nombreux territoires, ainsi que les attaques contre les villages, viennent régulièrement démentir leurs annonces triomphalistes.

Le 20 mai, les jihadistes ont abattu six agriculteurs qui travaillaient dans leurs champs, à proximité de Maiduguri, la capitale du Borno. Mais la plupart des attaques restent, dans leur grande majorité, inconnues: le manque de communication et d'accessibilité rend leur recensement exhaustif impossible.

Et pour M. Nkike de l'IITA, les efforts pour relancer l'agriculture devraient aujourd'hui se concentrer dans le sud du Borno, plus calme, "en attendant que la paix revienne dans la région du lac Tchad".

Avec AFP

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Guinée équatoriale : l'arrestation d'un opposant au Tchad est un "enlèvement"

Affiche électorale du Parti démocratique du Guinée équatoriale (PDGE), dans une rue déserte de Malabo, le 25 avril 2016.

L'arrestation le 11 avril au Tchad du secrétaire général d'un parti d'opposition équato-guinéen qui se rendait à un congrès politique constitue en fait "un enlèvement par les autorités tchadiennes", affirme lundi son parti dans un communiqué.

Convergence pour la démocratie sociale (CPDS) estime que l'arrestation d'Andres Esono Ondo relève d'un "enlèvement sans motif par les autorités tchadiennes", une "pratique terroriste impropre d'un état normal", selon le texte reçu par l'AFP.

Le 11 avril, M. Esono Ondo avait été arrêté au Tchad alors qu'il se rendait au congrès du principal parti d'opposition tchadien, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR), dans la province de Guera (centre du pays).

Peu après, Malabo l'a accusé d'avoir eu pour "unique objectif l'acquisition d'armes et de munitions ainsi que le recrutement de terroristes pour commettre un coup d'Etat en Guinée équatoriale avec un financement étranger".

Mi-avril, le ministre de la Sécurité extérieure a détaillé l’accusation : selon lui, la province dans laquelle M. Esono Ondo devait se rendre pour assister au congrès de l'UNDR est "connue pour (être un territoire de) terroristes et rebelles, mais aussi pour la facilité avec laquelle on peut y acheter des armes".

Sur Twitter jeudi, le ministère des Affaires étrangères tchadien a réagi : "Guera n'est pas une province connue comme +un territoire+ pour les rebelles et les terroristes".

M. Esono Ondo a été transféré du Guera, où devait se tenir le congrès finalement annulé, aux locaux de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, renseignements tchadiens) à N'Djamena.

Selon une source policière, il s'y trouvait toujours lundi.

En 2015, Andres Esono Ondo avait été accusé d'avoir recruté une personne malade d'Ebola en vue d'introduire le virus en Guinée équatoriale au moment de la Coupe d'Afrique des nations de football (CAF).

Il avait finalement été relaxé, après que ces accusations se soient révélées montées de toute pièce par des proches du régime.

La Guinée équatoriale a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d'Etat depuis son indépendance de l'Espagne en 1968.

Le régime de M. Obiang, 76 ans dont 39 au pouvoir, est régulièrement accusé d'atteintes aux droits de l'homme par ses opposants et des organisations internationales.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye en déplacement lundi à Tunis

Ghassan Salame, Représentant spécial de l'ONU et Chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), lors du sommet des ministres des Affaires étrangères des pays méditerranéens Forum MED 2017, à Rome, le 2 décembre 2017.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, est lundi à Tunis où il a rencontré le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemaïes Jhinaoui, a annoncé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, sans pouvoir dire si un retour à Tripoli était prévu et quand.

"Le représentant spécial Ghassan Salamé poursuit ses efforts pour obtenir une désescalade en Libye", a expliqué le porte-parole lors de son point-presse quotidien.

A l'occasion de l'entretien avec le chef de la diplomatie tunisienne, les deux responsables n’ont estimé que le “processus politique de facilitation de l’ONU était le seul moyen de résoudre la crise en Libye”, A-t-il ajouté.

Ghassan Salamé "est extrêmement engagé et occupé à travailler sur le processus politique mais aussi en étant présent à Tripoli", a précisé son adjointe, Maria do Valle Ribeiro, lors d'une liaison vidéo avec des journalistes à New York, en refusant de parler du détail de ses déplacements.

Interrogé pour savoir si Ghassan Salamé assisterait au sommet africain convoqué en urgence au Caire mardi pour discuter notamment de la crise en Libye et quand il pourrait revenir à Tripoli, Stéphane Dujarric a indiqué ne pas pouvoir répondre à ce stade.

Vendredi, la Maison Blanche a révélé que le président américain Donald Trump avait parlé le 15 avril avec le maréchal Khalifa Haftar, qui mène depuis le 4 avril une offensive militaire sur Tripoli pour s'emparer du pouvoir détenu par le Premier ministre Fayez al-Sarraj. Le gouvernement d'union nationale (GNA) de ce dernier est la seule autorité légitime reconnue par l'ONU en Libye.

Le soutien américain au maréchal met à mal la situation de l'ONU en Libye et de son émissaire, qui a eu la semaine dernière des mots très durs à l'égard de l'homme fort de l'est libyen, jugeant que son offensive militaire s'apparentait à un "coup d'Etat".

"Le gouvernement à Tripoli continue d'être reconnu par les Nations unies", a fait valoir Stéphane Dujarric, en réponse à une question sur le soutien affiché par les Etats-Unis au maréchal Haftar.

Un policier fonce sur une procession de Pâques

Des policiers nigérians montent la garde devant le bureau de la Commission électorale nationale indépendante à Kaduna (Nigéria), le 16 février 2019.

Dix personnes ont été tuées, et trente blessées, lorsqu'un policier a foncé en voiture sur des enfants pendant une procession de Pâques, dans le nord-est du Nigeria, avant d'être à son tour tué par des fidèles en colère, selon des témoins et la police.

Le policier, qui n'était pas de permanence, a fauché une foule d'enfants qui défilaient pour la fête de Pâques dimanche soir, à Gombe, a rapporté lundi la porte-parole de la police locale, Mary Mallum.

En tout, "dix personnes ont été tuées, dont l'agent de police qui n'était pas en uniforme, et un paramilitaire qui l'accompagnait".

Les deux hommes ont été "attaqués et tués par la foule en colère", a-t-elle expliqué.

"30 enfants sont blessés et sont actuellement à l'hôpital", a ajouté Mme Mallum.

Selon des témoins contactés par l'AFP, la voiture a foncé délibérément sur la foule, à la suite d'une altercation, car la procession bloquait la route.

"La chauffeur s'est disputé avec les enfants, qui l'ont finalement laissé passer, mais de rage et de colère, il a fait demi-tour et leur a foncé dessus", a rapporté Isaac Kwadang, responsable d'un groupe de catéchisme.

"Il l'a fait en connaissance de cause", a affirmé M. Kwadang qui a assisté à la scène.

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Une réunion avec le pouvoir sur l'élection largement boycottée

Le chef de l'Etat algérien par intérim Abdelkader Bensalah

La majorité des partis politiques et l'ensemble des syndicats ont boycotté lundi une réunion convoquée par le chef de l'Etat algérien par intérim Abdelkader Bensalah pour préparer l'élection présidentielle du 4 juillet, a constaté un journaliste de l'AFP.

M. Bensalah, qui assure l'intérim à la présidence depuis que le chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika a été poussé à la sortie début avril par un vaste mouvement de contestation populaire, avait convié tous les partis politiques, syndicats, organisations de la société civile et des experts en droit constitutionnel à cette rencontre.

Le but : discuter des "mécanismes de la mise en place d'une instance nationale indépendante chargée de la préparation et de l'organisation" de la présidentielle.

Mais les Algériens, qui continuent de manifester chaque semaine, estiment que les personnalités issues du "système" mis en place par M. Bouteflika, ne permettent pas de garantir un scrutin libre et équitable. Ils réclament notamment le départ de M. Bensalah et du Premier ministre Noureddine Bedoui.

Lundi, les syndicats et les organisations de la société civiles proche de la contestation ont refusé de se rendre à la réunion convoquée par M. Bensalah, de même que la plupart des formations politiques.

"L'heure n'est pas aux consultations sur l'instance de préparation et d'organisation des élections", a déclaré Ali Benflis, chef du parti Talai El Houriyet et qui avait été candidat malheureux à la présidence en 2014 face à M. Bouteflika. Jugeant ces discussions "inopportunes", il a estimé qu'il fallait d'abord "un règlement global de la crise".

De son côté, le Parti des travailleurs a indiqué ne pas pouvoir "s'inscrire dans une opération de sauvetage du système et du régime".

Trois partis politiques qui avaient apporté leur soutien à un cinquième mandat de M. Bouteflika étaient présents.

M. Bensalah lui-même n'a pas assisté, comme il était prévu, à cette rencontre à laquelle il a été représenté par le secrétaire général de la présidence, Habba El Okbi.

Malgré la défection de la majorité des formations politiques, ce dernier a répété que "la présidentielle se tiendra à la date annoncée par le chef de l'Etat".

La nouvelle instance de préparation des élections proposée par la présidence par intérim, sera chargée de la "révision des listes électorales et du contrôle des conditions de déroulement de la campagne électorale jusqu'à l'annonce des résultats du scrutin", selon le document transmis aux invités vu par l'AFP.

Depuis l'instauration du multipartisme en 1989 en Algérie, l'opposition dénonce régulièrement des fraudes électorales.

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