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L'érosion menace les villages côtiers au Togo

L'érosion menace les villages côtiers au Togo (vidéo)
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L'érosion menace les villages côtiers au Togo (vidéo)

A l'est du port autonome de Lomé, les villages situés sur le littoral risquent de disparaître. La mer a avalé en quelques mois de 3 à 5 mètres de côtes. Du jamais vu.

Dans le village côtier d'Afidégnigban, à une quinzaine de kilomètres à l'est du centre-ville de la capitale togolaise, l'érosion grignote la côte inexorablement.

La mer avance à un rythme assez rapide de 10 mètres par an en moyenne. sous le regard impuissant de sa population.

Un homme marche à côté des vagues sur la côte du village d'Afidégnigba au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Un homme marche à côté des vagues sur la côte du village d'Afidégnigba au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Effowe Toblie est un sexagénaire qui a passé toute sa vie dans ce village. Il y a deux ans, il a dû abandonner sa maison, chassé par les vagues. Aujourd'hui, ce père de famille vit en location. Il ne reste plus grand-chose de sa maison, quelques chambres sans portes ni fenêtres et le puits en démolition.

Effowe Toblie, un sexagénaire du village d'Afidégnigba au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Effowe Toblie, un sexagénaire du village d'Afidégnigba au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

"Vous venez de voir mon puits en démolition. C'est ma maison. C'était une maison construite sur 4 lots, belle et bien bâtie. La majorité des chambres était rentrée dans la mer. Nous sommes au bord de la mer. L'érosion côtière a débuté depuis les années 1970. Je pourrai confirmer que c'est le port qui nous a détruits. Le premier, le deuxième et le troisième quai nous ont détruits en majorité. La mer était intacte, on peut dire que vraiment le port nous a cassés", regrette M. Toblie.

Afidégnigban rejoint inlassablement la liste des villages qui disparaissent sur la côte togolaise. Ces localités ne seraient pas en voie de disparition s'il n'y avait pas eu de travaux d'aménagement du port autonome de Lomé, estiment les riverains.

Un curieux photographie les vagues sur la côte du village d'Afidégnigba au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Un curieux photographie les vagues sur la côte du village d'Afidégnigba au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Un argument recevable affirme Dodji Kouami Adjaho, géographe, enseignant chercheur à l'université de Lomé, spécialiste en gestion des risques côtiers et de l'environnement littoral.

"Le taux élevé du recul de la côte est dû au fait que les 40 kilomètres de côte entre le port et la frontière Togo-Bénin, constitue ce que nous appelons un segment d'érosion. Les effets des changements climatiques sur nos côtes sont de plus en plus observés. Et puis, le principal ouvrage qui perturbe la dynamique de la dérive littorale sur notre côte, ce sont les ouvrages portuaires de Lomé. En occurrence, la jetée principale et la digue d'arrêt des sables qui vient d'être construite", explique le spécialiste Adjaho.

Dodji Kouami Adjaho, géographe, enseignant chercheur à l'université de Lomé, spécialiste en gestion des risques côtiers et de l'environnement littoral au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Dodji Kouami Adjaho, géographe, enseignant chercheur à l'université de Lomé, spécialiste en gestion des risques côtiers et de l'environnement littoral au Togo, 19 septembre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Obligées de quitter leurs maisons, les populations espèrent des actions de la part du gouvernement togolais pour maintenir la tête hors de l'eau.

"Nous sommes à la merci de la mer. On recule, maintenant là où nous sommes, nous n'avons plus de terrain, si jamais on quitte ici, puisque entre-temps on nous avait demandé de quitter ici et de vivre à 100 mètres de la berge. Mais 100 mètres de la berge, on va aller encore où ? C'est pourquoi on est confiné. Il faut que le gouvernement intervienne. Faire des digues, je ne sais pas. S'il faut nous reloger, nous recaser quelque part. Là, il faut qu'on trouve une solution, mais nous dire de quitter, on va aller où ? ", s’interroge Jacob Adoté Akué, un autre habitant du village d'Afidégnigban.

La côte togolaise, l'un des endroits les plus prisés, il y a encore une dizaine d'années, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Si certains sont en train de mettre leurs terrains en vente, d'autres y poursuivent des travaux de construction.

Afidégnigban, l'Atlantide togolais continue d'être englouti par la mer. Sa plage reste un lieu d'aisance pour les uns et de jouissance pour les autres, à l'abri des regards pour jouer aux amourettes.

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Journée de la femme africaine: appels à l'implication des hommes

La 4ème édition de la foire des droits de la femme se tient au marché de Hédjranawoé à Lomé, du 29 au 31 août 2018. (Twitter/Cacit Togo)

La journée de la femme africaine est célébrée le 31 juillet. 25 ans après la conférence de Beijing, un changement de stratégie s'impose.

Il y a 25 ans se tenait la conférence de Beijing, considérée comme un repère dans la lutte pour l'effectivité des droits des femmes. Un quart de siècle après, Solange Fiaty, directrice exécutive de l’association Alere Yike, se souvient de cette grande rencontre qui a suscité de l’espoir auprès des jeunes filles.

"En 1995, je commençais déjà à militer avec Amnesty Togo. Et voir toutes ces femmes que j’admirais se préparer pour participer à cette grande rencontre des femmes du monde entier, était pour moi ma porte d’entrée dans le monde des défenseurs des droits humains. Cette conférence devrait sortir des solutions pour tous les problèmes auxquels sont confrontés les femmes dans la jouissance de leur droit", souligne-t-elle.

Dans sa déclaration, la conférence de Beijing relève que les droits des femmes sont des droits fondamentaux de la personne.

Journée de la femme africaine: les Togolaises donnent leurs avis
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Mais dans certaines zones du Togo, notamment les milieux ruraux, des poches de résistance subsistent.

"Il existe encore dans la région des savanes, des femmes et des filles qui subissent des stéréotypes, des violences physique, psychologique, économique, des pratiques barbares, rétrograde, sexiste, qui portent atteinte à leurs droit fondamentaux et à la liberté de choix et d’intégrité physique", explique Confort Kabissa-Lamboni, coordinatrice du Réseau des femmes et développement des savanes.

Même si la situation n’est pas encore idéale, la déception n’est pas non plus au rendez-vous.

"25 ans, je ne suis pas déçue. Je ne suis pas déçue parce qu’au Togo par exemple, le cadre juridique de protection de la femme est amélioré. Aujourd’hui, nous avons des jeunes filles, qui se lèvent, qui s’organisent pour protéger et défendre leurs droits", raconte Solange Fiaty.

A l’issue de la conférence de Beijing un programme d’action a été élaboré pour contribuer à une avancée significative dans le respect des droits des femmes.

Le plan d’action de Beijing est un document complet mais qui souffre de quelques lacunes, auxquelles il faut remédier pour relancer la lutte, suggère Confort Kabissa-Lamboni.

"La conférence de Beijing a accouché d’un plan d’action assez complet qui n’a pas simplement énuméré les objectifs à atteindre mais également des mesures pratiques pour y arriver", conclut-elle.

L’Alliance globale pour la protection de l'enfant et de la femme estime qu’il est temps de changer de stratégie de lutte.

Laure Amoussou-Amana, présidente de cette alliance, souligne qu'il faut "impliquer les hommes pour qu’ils puissent comprendre que les droits de la femme, ce sont les droits de la communauté".

Des écologistes togolais déplorent l'absence de stratégie pour la gestion des masques usés

Masque dans une rue à Lomé, 25 juillet 2020. (VOA/Kayi Lawson)

La gestion des masques usés devient de plus en plus délicate au Togo, d’autant plus qu’ils sont considérés par la population comme des déchets ordinaires.

Depuis le 9 juin, le Togo a rendu obligatoire le port systématique du masque dans les espaces publics. Mais pour le moment, aucune stratégie n’est mise en œuvre pour la gestion de ces masques après leur utilisation.

Dans la capitale togolaise, Lomé, pullulent désormais de nouveaux types de déchets: les masques de protection. Accessoires prisés en ces temps de crise due à la pandémie du nouveau coronavirus, ils contribuent à la pollution de l’environnement. Ils jonchent les rues et les caniveaux à ciel ouvert de la ville.

"Nous avons remarqué que beaucoup de Togolais, après avoir utilisé les masques, les jettent dans les rues", constate avec amertume Félix Tagba, Président de l’association de protection de l’environnement, EcoJogging. "Comme les sachets plastiques, ces masques peuvent faire plus de 400 ans dans la nature avant de se dégrader", souligne​ l'écologiste.

Les masques qui ne sont pas jetés dans les rues se retrouvent dans les poubelles et sont acheminés vers les décharges publiques ou les centres de gestion de déchets. Là aussi, en plus d’un déficit de protocole de recyclage, les masques usés deviennent un danger potentiel pour le personnel de ces centres.

"C’est un déchet très dangereux pour nous parce que d’abord nous n’avons pas de possibilités d’analyse de ces masques-là, pour voir s’ils sont infectés ou non", explique Gado Bemah, directeur exécutif de l’ONG STADD, Science et technologie appliquées pour un développement durable, qui dispose d’une unité de gestion et de recyclage des déchets.

Ces masques, faits avec du polypropylène, sont considérés comme du plastique et nécessitent une gestion adéquate, souligne l'expert.

Les centres de gestions des déchets se retrouvent impuissants face à ces déchets hors du commun.

"La précaution, c’est l’utilisation systématique des gants, des masques et des bottes, pour pouvoir protéger nos équipes. Donc quand les déchets arrivent, nos agents sont suffisamment équipés pour pouvoir manipuler les déchets en toute tranquillité. Et après, ils ont des désinfectants pour éviter la contamination", soutient M. Bemah, qui se réjouit que depuis le premier cas de Covid-19 en mars au Togo, aucun de ses agents n’a été contaminé.

Par ailleurs, il a fait savoir que l’ONG STADD accompagne aussi les populations dans la gestion de ces déchets délicats. "Nous essayons de faire des sensibilisations pour inviter les gens à mieux gérer ces déchets particuliers en les détruisant par incinération à la maison", a-t-il ajouté.

Et le mouvement EcoJogging s'est aussi lancé dans la sensibilisation par la mise en oeuvre d'une campagne de gestion des masques après usage sur les réseaux sociaux. La campagne est dénommée #BeatMaskPollution.

Félix Tagba, président de l’Association EcoJogging, Lomé, 02 mars 2019. (VOA/Kayi Lawson)
Félix Tagba, président de l’Association EcoJogging, Lomé, 02 mars 2019. (VOA/Kayi Lawson)

"La campagne consistait à faire une vidéo et à sensibiliser les populations à ne plus jeter les masques dans les rues", a indiqué Félix Tagba, responsable de cette association environnementale, soulignant que cette campagne leur a permis de cerner la perception des populations togolaises par rapport à l’impact environnemental de ces masques.

"Nous avons remarqué en fait, que certaines populations ne savent pas que les masques qu’on jette dans la nature ont des conséquences sur notre environnement", a révélé M. Tagba.

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