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Le fléau des mariages forcés des enfants continue au Togo

Zali Idy, 12 ans, mariée de force à 11 ans à un homme de 23 ans à Hawkantaki au Niger, le 18 juillet 2012.

Au Togo, le taux de prévalence du mariage forcée des enfants va au-delà de 40% dans certaines régions.

Au Togo, l'un des fléaux qui hypothèque l'avenir des jeunes filles et maintient la femme de demain dans la pauvreté, est sans nul doute le mariage des enfants.

Reportage de Kayi Lawson, correspondante à Lomé pour VOA Afrique
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Adidjatou Pounpouni, à Lomé, au Togo, le 18 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Adidjatou Pounpouni, à Lomé, au Togo, le 18 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Adidjatou Pounpouni, chargée de projet de lutte contre les mariages précoces à la branche togolaise de Women in law and development in Africa (WILDAF Togo), nous explique les différences entre le mariage des enfants, le mariage précoce et le mariage forcé.

"Le mariage des enfants inclut une personne âgée de moins de 18 ans et qui a lieu sans le consentement de l'une ou des deux parties. Un mariage d'enfant est un mariage précoce. Il peut arriver que l'enfant lui-même décide d'aller en union ou en mariage. Mais là encore, il se pose un problème de consentement."

>> Lire aussi : Mariée de force, une Pakistanaise tue 13 personnes avec du lait empoisonné

Cette dame qui a requis l'anonymat a échappé à un mariage forcé pendant son adolescence.

"Ma maman m'a dit voilà le monsieur qu'on a trouvé pour toi. Il faut que tu acceptes. Et si tu n'acceptais pas, c'est mon mariage qui serait en jeu. Elle m'a menacé de quitter son foyer. J'étais en classe de 4ème, je lui ai dit de me laisser passer le BEPC (Brevet d'étude du premier cycle, Ndlr) l'année suivante qui va peut-être me permettre de passer les concours, et après on pourrait faire le mariage. Elle a dit d’accord, mais quand j'ai tourné le dos, ils ont célébré le mariage sans demandé mon avis".

Décidée, elle insiste pour ne pas se marier, et l’homme laisse finalement tomber le mariage.

Atsou Eklou, à Lomé, au Togo, le 18 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Atsou Eklou, à Lomé, au Togo, le 18 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Au Togo, le taux de prévalence du mariage des enfants est de 35%, avec des disparités régionales. Un phénomène qui n'a qu'une seule cause, estime Atsou Eklou, conseiller genre à Plan International Togo.

"Les croyances et les normes sociales constituent la cause fondamentale et la racine du mariage des enfants, et d’autres facteurs comme la pauvreté, la non-scolarisation des enfants, le non enregistrement des naissance et l'ignorance ou la non application de la loi. Le phénomène touche principalement les filles, car la société a des attentes sociales envers elles."

>> Lire aussi : SOS Femmes soutient les Nigériennes victimes de mariages forcés

Berthe Tatey, à Lomé, au Togo, le 18 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)
Berthe Tatey, à Lomé, au Togo, le 18 mars 2018. (VOA/Kayi Lawson)

Le mariage des enfants contribue énormément à la paupérisation de la gent féminine dans le pays. La pratique, loin d'être éradiquée, persiste à cause de certaines réalités, que nous explique Berte Tatey, présidente de l'ONG Alafia.

"Une personne plus âgée, qui veut se remarier parce que sa femme n'arrive plus à le satisfaire, prend sa fille de 14 ou 15 ans, va l'échanger et revient avec une jeune fille âgée de 14 à 17 ans. Les femmes crient vengeance parce qu'elles trouvent que le monsieur n'a pas été responsable par rapport à la survie de la famille, et maintenant la fille grandit et il va l'échanger. Donc le plus tôt, la femme aussi demande à un garçon d'épouser sa fille, prend 20.000 francs CFA, 50.000 voire 150.000, et en allant au marché, la fille est enlevée."

Pour arriver à faire reculer ce drame, le Togo doit mettre en application ses textes juridiques, car il est constaté que le pays dispose de bons textes en la matière mais qu'il a du mal à imposer la rigueur de la loi.

Kayi Lawson, correspondante à Lomé

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Le bois précieux à l'origine d'un scandale va être vendu aux enchères

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Cent-vingt-cinq conteneurs de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie, dont la saisie fin février au Gabon avait créé un scandale politique, vont être vendus aux enchères, a annoncé le ministre de l'Environnement.

Les autorités gabonaises ont transféré dimanche vers un parc à bois 125 des 353 conteneurs de kevazingo qui avait été saisis au port d'Owendo à Libreville, selon un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.

Sous l'autorité du ministre de la forêt et de l'environnement, Lee White, ces 1.500 m3 de bois vont être "revalorisé puis vendus au bénéfice de l'Etat", ce qui pourrait rapporter 45 milliards de francs CFA (environ 40,6 millions d'euros) à l'Etat gabonais, selon le ministère.

En transférant le kevazingo du port au parc à bois, les autorités ont "pour objectif de convertir ce bois illégal en bois légal autorisé à la vente", a expliqué le ministre dans un communiqué.

La coupe de kevazingo est en effet interdite. La découverte de ces conteneurs de bois illégaux fin février, puis leur disparition quelques semaines plus tard, avaient mis à jour la complicité de plusieurs hauts responsables politiques et mené aux limogeages du vice-président du pays et du ministre des Eaux et forêts.

Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant notamment M. White, un Britannique naturalisé gabonais réputé pour être un écologiste intransigeant, à la tête du ministère des Forêts.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale, considéré comme sacré par certaines communautés locales et très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de parquets, escaliers, meubles de luxe.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

L'OMS appelle à la solidarité régionale dans la lutte contre Ebola

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS, lors de la 72ème Assemblée mondiale de la santé à Genève, en Suisse, le 20 mai 2019.

L'appel concerne les neuf pays voisins de la République démocratique du Congo et a été lancé lundi à Brazzaville par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS, lors de la 69e Session du comité régional de l'organisation onusienne pour l'Afrique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé lundi à Brazzaville les partenaires des Nations unies, principalement les neuf pays frontaliers de la République démocratique du Congo (RDC) à faire "preuve de solidarité" dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola qui a déjà tué plus de 1.930 personnes dans ce pays.

"Le moment est venu pour que tous les partenaires, notamment les neuf pays voisins de la RDC, fassent preuve de solidarité pour barrer la route à la propagation d'Ebola", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyessus, directeur général de l'OMS.

"La stratégie régionale de surveillance et de riposte de la maladie est si importante. Elle (...) peut combler toutes les lacunes constatées", a-t-il estimé.

"Ebola est une urgence de santé qui est complexe", en RDC où les agents de santé font parfois face à l'insécurité dans les zones touchées puis au manque de confiance de certaines communautés, a-t-il souligné.

Le Dr Ghebreyessus prenait part lundi à Brazzaville à la 69e Session du comité régional de l'OMS pour l'Afrique, qui sera marquée par l'élection du nouveau directeur de l'OMS/Afrique, qui a son siège dans la capitale congolaise.

Au moins 400 participants, dont 47 ministres de la Santé du continent, prennent part à cette session, dont les assises ont été inaugurées par le président congolais Denis Sassou Nguesso.

"Ebola est une maladie évitable et traitable. Nous avons un vaccin qui est à plus de 97% efficace et des médicaments qui le sont à plus de 90%", a affirmé le directeur général de l'OMS.

Par ailleurs, une équipe japonaise spécialisée dans la réponse aux urgences concernant les maladies infectieuses sera déployée à partir de vendredi.

Elle doit permettre le renforcement de la quarantaine et la participations à d'autres activités pertinentes en vue de prévenir la propagation de l'épidémie, a annoncé l'ambassade du Japon en RDC.

En juillet, le comité d'urgence de l'OMS avait élevé la dixième épidémie d'Ebola en RDC au rang d'une urgence de santé publique de portée internationale.

Cette épidémie a déjà tué plus de 1.934 personnes en RDC où elle sévit dans la partie orientale, frontalière de l'Ouganda, du Rwanda ou encore du Burundi.

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