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Le travail des enfants dans les mines du Sud-Kivu


A Kamituga, les adultes et enfants dans le carré minier de Chanda, en RDC, le 23 mars 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Dans la cité aurifère de Kamituga, à 180 kilomètres à l’ouest de Bukavu, un grand chantier minier à ciel ouvert est installé non loin des habitations dans la localité de Kitemba Mero au quartier Chanda.

Selon l’organisation "Justice pour tous", des centaines d'enfants sont privés de leur enfance car ils sont obligés de travailler sur des sites miniers du Sud-Kivu aux cotés des creuseurs artisanaux.

L'organisation intervient depuis cinq ans pour lutter contre les formes modernes d’esclavage dans les zones minières de cette région.

Le président de la nouvelle dynamique de la société civile en territoire, Mwenga Mwati Mwendambali Benoit sort les statistiques : "70% des enfants ici ne vont pas à l'école", regrette-il.

Sur ce site, où se fait l’exploitation artisanale à faible échelle, à première vue, d’innombrables tunnels tels des labyrinthes frappent le regard avec un enchevêtrement de tuyaux qui facilitent la respiration dans le sous-sol et l’évacuation du dioxyde de carbone.

Ce site sablonneux est coiffé des petites constructions sommaires en bâches couleurs bleues où certains creuseurs reprennent des forces ou se nourrissent.

Les enfants et adolescents transportent à longueur des journées des sacs lourds contenant du sable déjà trié pour qu’à leur tour, ils les lavent, tamisent afin d’en tirer des déchets d’or.

David a 16 ans. Il a abandonné ses études en 4ème primaire : "Je suis ici pour chercher de l'eau, ce n'est pas facile, nous arrivons à 6 heures pour partir à 18 heures".

"On me donne 10.000 francs congolais (soit 8 dollars américains), et je redonne 5000 francs congolais", ce qui équivaut à moins de 4 dollars américains par jour.

Chanda n’est qu’un site parmi tant d’autres à Kamituga, où la pauvreté est un élément déterminant dans la ruée des enfants vers les sites miniers.

Pour le coordonnateur de l’ONG locale "Justice pour tous", Raoul Kitungano, il y a des enfants qui vont à la fois l’école et font le travail dans les mines. D’autres ont tourné définitivement le dos aux études en développant le goût d’avoir de l’argent en permanence.

"Nous sommes inquiets pour ses enfants, surtout au niveau de la moralité car ils ne peuvent pas se développer ou s'épanouir", confie Raoul Kitungano, soulignant que les produits utilisés freinent la croissance des enfants.

Kitungano déplore cette forme d’exploitation des enfants comme main-d’œuvre facile car ce travail les détruit à petit feu.

Il confirme qu’autour des carrés miniers, des adolescentes sont aussi utilisées dans le trafic de prostitution pour assouvir les besoins sexuels des creuseurs une fois sortis des tunnels avec les pierres précieuses.

L'organisation espère voir une meilleure organisation entre la police de protection de l’enfance, les services sociaux et les organisations de défense des droits de l’enfant pour arrêter l’hémorragie en proposant des alternatives porteuses.

Ernest Muhero, envoyé spécial à Kamituga

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