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Tchad

Les autorités tchadiennes instituent un état d’urgence sanitaire de 21 jours

Vue des officielles, tout protocole confondu, au Tchad, le 19 mars 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Le président tchadien Idriss Deby Itno décrète l’Etat d’urgence sanitaire de 21 jours sur toute l’étendue du territoire national. Pouvoir est donné aux autorités en charge de la sécurité sanitaire de prendre des mesures nécessaires pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus.

Le virus du Covid19 se déplace par le mouvement des populations. Et donc ce décret devrait permettre de restreindre ou d’interdire des libertés individuelles ou collectives en vue de freiner la propagation de la pandémie au Tchad.

Le président tchadien décrète l’état d’urgence sanitaire de 21 jours
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A ce titre, mandat est donné aux autorités sanitaires de prendre des mesures allant de l’interdiction aux personnes de sortir de leur domicile sous réserve de déplacement strictement indispensable à la réquisition de tout bien et service nécessaire à la lutte contre la catastrophe sanitaire. Tout contrevenant sera puni d’un emprisonnement d’un à trois mois.

Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


"Même si les autorités ne le disent pas clairement dans les textes qu’elles édictent, en réalité ces mesures traduisent inévitablement une situation de confinement général", a déclaré Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste. Il précise que ce décret formalise une situation de fait qui existait déjà dans le cadre de la lutte contre cette pandémie.

Même s'il reconnait que face à une situation exceptionnelle il faut toujours des mesures exceptionnelles, il craint toutefois que ces mesures soient considérées comme une carte blanche donnée aux services de sécurité. Le juriste craint donc des exactions à l'encontre de la population civile.

L’ancien ministre de la Justice et porte-parole du parti au pouvoir, Me Jean-Bernard Padaré, rassure qu’il ne peut pas y avoir de débordement.

Le porte-parole du parti au pouvoir rassure la population que tout débordement sera sanctionné. Pour lui, ce décret donne une base aux autorités concernées d’agir en toute légalité.

L'ancien ministre de la Justice précise que ce décret prévoit des hypothèses. Si la situation venait à s’aggraver sur toute l’étendue du territoire tchadien, les autorités provinciales peuvent prendre des actes en s'appuyant sur ce décret pour confiner la population.

Selon les autorités médicales, à ce jour, le Tchad enregistre au total 46 cas de contamination au nouveau coronavirus dont 15 patients guéris et zéro décès.

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Les Tchadiennes inspirées par l'ascension de Kamala Harris

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Tchad: "Je suis professeur certifié depuis 2015 mais toujours stagiaire devant l'État"

Grogne des travailleurs du secteur public au Tchad, le 12 janvier 2021. (VOA/André Kodmajingar)

La plateforme syndicale revendicative relance le mot d’ordre de grève pour exiger le rétablissement des salaires et autres avantages des agents de l’Etat coupés depuis 2016.

Une grève générale des travailleurs du secteur public a fait de N’Djamena, la capitale du Tchad, une ville fantôme. Déjà confinée à cause de la montée fulgurante des cas de Covid-19, les activités ordinaires dans la ville et l’administration tchadienne sont paralysées.

Pour Barka Michel, porte-parole de la plateforme syndicale revendicative, cette grève vise à exiger du gouvernement le respect des engagements pris avec les fonctionnaires tchadiens.

"Depuis des années, des fonctionnaires qui entrent à la fonction publique en tant que stagiaires sont admis à la retraite avec le même statut (stagiaires) et donc il n’y a plus de respect pour leur carrière", déplore Barka Michel. Il ajoute que désormais le gouvernement doit payer "les avantages des travailleurs liés à ce gel des effets financiers" ainsi que les frais de transport "à tous les agents de l’Etat".

Selon Mbairiss Ngartoidé Blaise, secrétaire général du syndicat des enseignants du Tchad, cette grève se justifie par le fait que l’administration tchadienne est aux abonnés absents lorsqu’il s’agit du traitement des dossiers des enseignants.

"Dans le rang des enseignants, il y a encore des retraités stagiaires malgré le temps passé dans l’enseignement, même moi qui vous parle, je suis professeur certifié depuis 2015 et je suis toujours stagiaire", a-t-il martelé.

"C’est la carrière qui donne beaucoup plus de garanties à un travailleur que les autres avantages", a dit Mbairiss Ngartoïdé Blaise.

Un service minimum n'est assuré que dans les établissements sanitaires. Le service d’urgence qui accueille les patients testés positifs au Covid-19 n'est pas concerné par la grève.

"Chaque cellule de chaque centre hospitalier organise le service minimum. Par exemple, au niveau de la radiologie, un technicien est placée là où il y avait plus de 15 personnes en temps normal", explique Younouss Mahadjir, le président du SYNTASS, le Syndicat national des agents des affaires sociales et de la santé. "C’est une situation exceptionnelle", ajoute-t-il.

Le président tchadien Idriss Deby assiste à une séance de travail du sommet du G5 Sahel le 30 juin 2020 à Nouakchott.
Le président tchadien Idriss Deby assiste à une séance de travail du sommet du G5 Sahel le 30 juin 2020 à Nouakchott.

Pour l’instant, aucun commentaire du côté du gouvernement.

Cependant, le ministre de la santé publique, Abdoulaye Sabre Fadoul, se réjouit du fait que cette grève n’a pas affecté les distributeurs de santé malgré le fait qu’elle intervienne dans un contexte sanitaire tendu.

"Je voudrais appeler les syndicats à plus de retenue même s’il est institué un service minimum dans les hôpitaux", a dit le ministre. "Nous espérons qu’un terrain d’entente sera trouvé dans un bref délai entre les services du ministère des finances et la plateforme syndicale revendicative".

Cette grève générale intervient quelques jours après que le président Idriss Déby a déclaré que tous les points du protocole d’accord signé avec les partenaires sociaux en 2020 sont exécutés.

Il invite les deux parties à signer au plus vite un pacte social triennal. Car, dit-il, les grèves à répétition influent négativement sur la performance de l’administration publique.

Pour l'instant, la plateforme syndicale estime que c’est une provocation, et elle entend poursuivre cette grève générale jusqu’à la satisfaction totale de sa revendication.

Une grève générale du secteur public paralyse N'Djamena
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Une grève générale du secteur public paralyse N'Djamena

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Pour les Tchadiens, "La démocratie américaine est menacée"

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Les journalistes tchadiens menacent de cesser leurs activités face aux violences policières

L'une des principales rues de N'Djamena, le 6 janvier 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, la population de N’Djamena vit au rythme du confinement pour contenir la propagation du Covid 19. Les journalistes menacent de cesser toute activité si les autorités ne prennent pas un acte pour les protéger des bavures policières.

Depuis le 1er janvier 2021 à minuit, le décret portant confinement de la ville de N’Djamena et instaurant le couvre-feu de 18 heures à 5 heures du matin est entré en vigueur.

La présence massive des éléments de forces de l’ordre dans les ronds-points et grandes artères suscite un certain nombre d’interrogations.

Ces éléments empêchent, quasiment par tous les moyens dont la violence, les citoyens de sortir, y compris ceux qui veulent exercer des activités informelles pour assurer leur survie. Plusieurs journalistes ont également été brutalisés.

Le président de l’Union des Journalistes tchadiens, Abbas Mahamoud Tahir, appelle au bon sens du gouvernement et invite les autorités à permettre aux journalistes de vaquer à leurs occupations pendant cette période d’exception. Sans quoi, dit-il, il sera "dans l’obligation d’appeler tous les journalistes, les communicateurs et les techniciens à rester chez eux jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée".

Le ministre de la santé publique, Abdoulaye Sabre Fadoul, tente de calmer le jeu. Pour lui, le décret fait mention plutôt de confinement de la ville et non de la population.

"Quand vous dites aux gens de ne pas aller au travail, quand vous dites aux étudiants et aux élèves de ne pas aller à l’école, quand vous dites aux gens de fermer leur boutique, de ne pas voyager, quand vous fermez les frontières terrestres et aérienne etc, ce n’est pas un confinement?", s’interroge Dr Sitack Yombatina Beni, professeur d'université.

Pour lui, la mise en application du décret doit être suspendue.

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