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Le sport, planche de survie pour des migrants africains en Espagne

Des migrants, dont un portant le drapeau de l'Union européenne, célèbrent leur arrivée dans l'enclave espagnole de Ceuta après avoir franchi une clôture, le 17 février 2017.

D'après les ONG et les migrants eux-mêmes, un quart des nouveaux arrivants déclarent vouloir devenir sportifs professionnels.

Karim et Yves, partis du Cameroun, ont risqué leur vie à travers l'Afrique pour atteindre l'Espagne et réaliser leur rêve: l'un joue au football et l'autre au rugby. Mais leur vie quotidienne reste un parcours d'obstacles.

Yves Kepse Tchonang, 1,73 m et 112 kilos de muscles, est première ligne au Rugby Club de Valence, un club de deuxième division espagnole dans l'est du pays.

Karim Issa Abdou, 27 ans comme lui, joue à 700 km de là, à Jerez de la Frontera, dans le petit club de football Alma de Africa ("Ame d'Afrique"), majoritairement composée d'émigrés africains: Camerounais, Marocains, Nigérians, Sénégalais ou Guinéens.

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Ils ne sont pas les seuls à atteindre les côtes espagnoles avec l'espoir de réussir dans le sport. D'après les ONG et les migrants eux-mêmes, un quart des nouveaux arrivants déclarent vouloir devenir joueurs professionnels.

Mais la plupart ne font que traverser l'Espagne, où le taux de chômage est un des plus élevés d'Europe, pour chercher fortune plus au nord.

Karim et Yves sont sportifs amateurs, non rémunérés pour jouer. Leur vie est faite de petits boulots mais ils bénéficient de la solidarité de leur entourage et sont intégrés grâce au sport.

Odyssée africaine

Karim, un jeune homme mince au rire contagieux né dans une famille de nomades, a quitté Ngaoundéré, dans le nord du Cameroun, à l'âge de 10 ans avec un ami.

Il n'est arrivé que sept ans plus tard, en 2008, à Melilla, une des deux enclaves espagnoles au nord du Maroc qui forment les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique.

Le franchissement de la triple clôture lui a laissé une longue cicatrice à la cuisse gauche, malgré les cinq pantalons passés l'un sur l'autre pour se protéger des barbelés tranchants.

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Avant de l'escalader, il a survécu trois ans dans la montagne du Gourougou au Maroc, qui surplombe Melilla, après un voyage éreintant à travers le Nigeria, le Niger et l'Algérie.

"Quand tu es un gamin, parfois des gens te prennent ton téléphone, ce que tu as, tes sacs, tes habits, ton argent... tu recommences à zéro", raconte-t-il, des écouteurs autour du cou. "Si j'avais su ce que je vivrais jusqu'à maintenant, je ne serais pas venu."

D'autres joueurs d'Alma d'Africa ont surmonté des épreuves similaires. Malick Doumbouya, un Guinéen de 18 ans, raconte avoir été séquestré par des islamistes dans le nord du Mali. "Ils nous ont retenus jusqu'à ce qu'on leur donne tout notre argent."

Son coéquipier Christian Tchikagoua, un Camerounais de 22 ans, a perdu son meilleur ami, qui s'est noyé en tentant de gagner l'enclave de Ceuta à la nage.

Cicatrices et petits boulots

En 2017, plus de 28.000 migrants sont arrivés en Espagne et plus de 220 ont perdu la vie en Méditerranée.

Yves Kepse porte également des cicatrices du franchissement des barbelés de la frontière. Il raconte avoir quitté en 2012 sa ville natale de Bafoussam dans l'ouest du Cameroun, en "priant pour ne pas mourir" en cours de route. "Je n'aurais jamais quitté ma maison si j'avais su ce qui m'attendait", dit-il lui aussi.

Il a financé son voyage en travaillant comme électricien, maçon ou déménageur pour 1,50 euro par jour. L'étape la plus dure a été le Niger, dit-il. "Là-bas, au moment de te payer, on appelle la police."

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Mais "si je retournais (chez moi), c'est comme si je me retrouvais au point de départ. Comme si cette souffrance n'avait servi à rien", dit Yves pour expliquer sa ténacité.

Une fois en Espagne, les migrants ne sont pas au bout de leurs peines: il leur faut trouver du travail, un logement et obtenir un titre de séjour.

Le Rugby Club emploie Yves comme réceptionniste et électricien pour 850 euros par mois et l'a aidé à être régularisé en août dernier.

Karim, lui, n'a toujours pas obtenu ses papiers. Il vit de petits boulots non déclarés, comme jardinier ou laveur de voitures.

Vivre comme des fantômes

"Ce sont des fantômes", témoigne Alejandro Benitez, président d'Alma de Africa. "On ne se rend pas compte de la peur qu'ils ont."

Karim vante la "stabilité" que lui apportent son club et sa compagne espagnole, avec qui il est marié depuis peu, assurant que cela l'a sorti de problèmes de drogue et lui permet de mieux supporter la peur d'une éventuelle expulsion.

"Si je n'avais pas l'équipe, et si je n'avais pas ma femme, je ne serais pas ici", dit-il.

Ils rêvent de devenir sportifs professionnels, un but difficile à atteindre pour l'instant.

Alma de Africa grimpe depuis 2015 les échelons des championnats régionaux, mais dépend des dons et des sponsors et a du mal à s'en sortir financièrement, explique Alejandro Benitez, qui encourage ses joueurs à se former et à chercher du travail.

Fran Baixauli, président du club où évolue Yves Kepse depuis quatre ans, lui donne le même conseil. "Je lui ai toujours dit: ne perds pas le nord, suis la formation que tu peux. Si c'est comme électricien, et bien deviens électricien", dit-il. "Le sport ne dure pas toute une vie."

Les sportifs ne perdent toutefois pas espoir de percer un jour.

"Si tu travailles dur, tu sais que si une équipe te remarque, tu peux changer de catégorie. Le rêve, c'est de vivre de ça, même si on ne gagne que 1.000 euros par mois", dit Karim. "On ne sait jamais. Un jour ou l'autre, une porte peut s'ouvrir."

Avec AFP

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Tshisekedi promeut son oncle et confirme le chef d'état-major

Mgr Gérard Mulumba, oncle du président Félix Tshisekedi, Kinshasa, le 1er février 2019. (Facebook/Fatshi News)

Le président congolais Félix Tshisekedi a nommé un de ses oncles à l'intendance des services de la présidence en République démocratique du Congo, tout en confirmant dans ses fonctions le chef d'état-major nommé par son prédécesseur Joseph Kabila.

Le président Tshisekedi a nommé son oncle, le cardinal Gérard Mulumba, "chef de la maison civile" du chef de l'État, avec rang de ministre, dans une ordonnance lue mercredi sur la chaîne d'Etat.

Mgr Gérard Mulumba est le frère du père de l'actuel président, l'ex-Premier ministre et opposant Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017.

Sa nomination intervient juste après l'annonce du rapatriement du corps et des funérailles d'Etienne Tshisekedi à Kinshasa du 30 mai au 1er juin. Le corps était en Belgique depuis plus de deux ans faute d'accord sur les funérailles avec l'ancien régime du président Kabila.

Placée sous l'autorité directe du président de la République, la maison civile du chef de l'État est chargée de la gestion du service de l'intendance et de la logistique des résidences et sites présidentiels privés, du secrétariat privé du chef de l'État et du service médical présidentiel.

M. Tshisekedi a reconduit le général Célestin Mbala Musense au poste du chef d'état-major des Forces armées de la RDC, en le promouvant au grade de "général d'armée".

Célestin Mbala avait été installé en 2018 par l'ancien président Joseph Kabila.

Le président a nommé le général major Jean-Claude Yav chef de la maison militaire. Un autre général, François Kabamba, a été nommé conseiller militaire du chef de l'État.

Au moins 20 morts dans une attaque de "bandits" dans le nord

Des membres de la police nigériane poursuivent les manifestants du Mouvement islamique du Nigéria (IMN) à Abuja le 17 avril 2018.

Une vingtaine de personnes au moins ont été tuées mardi dans l'attaque de "bandits" armés contre un village de fermiers, dans l'Etat de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, cible de gangs criminels ces derniers mois, a indiqué la police mercredi.

Les assaillants arrivés en moto ont lancé leur raid contre le village de Yargamji (district de Batsari) en ouvrant le feu sur les habitants et "ont tué 18 personnes", a déclaré le porte-parole de la police de l'Etat de Katsina, Gambo Isah.

Une milice d'auto-défense est arrivée d'un village voisin pour défendre les fermiers attaqués et les combats se sont poursuivis dans la forêt où les cadavres de deux miliciens tués par balle ont ensuite été récupérés, selon la police.

Les habitants affirment que ces combats ont fait davantage de morts et qu'un raid du même type a visé le village proche de Mara Zamfarawa où cinq autres villageois ont été tués, selon l'un d'entre eux Sada Iro.

L'État de Katsina, à quelque 350 km au nord d'Abuja, la capitale fédérale, est le théâtre d'une série d'attaques similaires depuis ces derniers mois.

Les gangs criminels, qui n'ont pas d'idéologie affichée, mènent régulièrement des raids dans les villages, volant du bétail, brûlant des maisons, pillant de la nourriture et procédant à des enlèvements contre des rançons.

Les communautés rurales ont formé des milices d'autodéfense pour pallier le manque de policiers ou de militaires dans ces zones difficiles d'accès.

Mais ces forces d'autodéfense sont-elles mêmes accusées d'exécutions extrajudiciaires de bandits présumés, ce qui exacerbe les violences.

Le vaste Nigeria est confronté à de multiples défis en matière de sécurité, notamment les attaques du groupe islamique Boko Haram et les affrontements intercommunautaires entre éleveurs et agriculteurs qui se disputent les terres dans un pays à la démographie galopante.

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