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Le soutien des Européens au G5 Sahel "va se renforcer"


Le ministre allemande de la Défense, Ursula Von Der Leyen à Berlin, 26 juillet 2017.

Le soutien franco-allemand à la création par les pays du G5 Sahel d'une force anti-jihadiste conjointe va augmenter et bénéficier d'autres contributions européennes, a assuré mardi à Bamako la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen.

"Nous avons échangé sur les projets du G5 Sahel (Tchad, Niger, Mali, Burkina Faso, Mauritanie), surtout sur l'initiative franco-allemande de soutenir la force conjointe du G5 Sahel et d'améliorer la formation des troupes de cette force", a déclaré Mme von der Leyen à l'issue d'un entretien avec le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

"Cette initiative franco-allemande va se renforcer et faire en sorte que d'autres pays européens nous rejoignent dans notre soutien au G5 Sahel", a ajouté la ministre allemande, qui a également rencontré le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif.

Le président malien a aussi reçu la ministre française des Armées, Florence Parly, qui achevait mardi une mini-tournée au Sahel, entamée au Tchad dimanche. Mme von der Leyen avait auparavant effectué une visite conjointe au Niger avec Mme Parly.

Les deux ministres européennes se sont retrouvées à Bamako pour des entretiens avec leur homologue malien Tiéna Coulibaly, à l'issue desquels aucune déclaration n'a été faite.

Dans la matinée, Mme Parly s'était rendue à Gao, pour rencontrer les soldats déployés dans cette ville du nord du Mali au sein de l'opération française Barkhane qui combat les jihadistes au Sahel.

Les dirigeants du G5 Sahel, aiguillonnés par le président français Emmanuel Macron, ont acté le 2 juillet à Bamako la constitution de cette force antijihadiste régionale et débloqué des fonds pour commencer ses opérations en octobre.

L'Union européenne a déjà promis 50 millions d'euros auxquels doivent s'ajouter 50 millions, 10 par Etat membre, mais le G5 a estimé les besoins de fonctionnement de cette force à 423 millions. Une conférence des donateurs est prévue fin septembre à Berlin, a indiqué la ministre française des Armées lundi au Niger.

Face à la dégradation de la situation dans le centre du Mali, limitrophe du Burkina Faso et du Niger, gagnés à leur tour par les violences jihadistes, le G5 a réactivé en février à Bamako ce projet de force conjointe, initialement lancé en novembre 2015.

La visite de Mme von der Leyen intervient six jours après la mort de deux Casques bleus allemands dans un accident d'hélicoptère lors d'une mission d'observation des combats dans le nord du Mali entre groupes armés, pourtant signataires de l'accord de paix de 2015.

Leurs corps ont été rapatriés samedi après une cérémonie à l'aéroport de Bamako au cours de laquelle ils ont été décorés à titre posthume par le président malien et les Nations unies.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré l'accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes mais dont l'application enregistre d'importants retards.

Avec AFP

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