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Le renouvellement du parc automobile de transport en commun bat de l'aile au Sénégal


Un car rapide en circulation à Dakar, le 29 août 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le renouvellement du parc automobile de transport en commun initié depuis plus d’une dizaine d’années suit son cours au Sénégal.  Mais les bus de marque Tata sensés remplacer les cars traditionnels communément appelés "cars rapides" et "Ndiaga Ndiaye" semblent de moins en moins convaincre les usagers.

Adulés lors de leur introduction en 2005, ces bus sont aujourd’hui décriés du fait leurs nombreux excès et de l’indiscipline de leurs personnels.

Siège du Centre d'Appui à la Professionnalisation aux métiers du transport à Dakar, 29 août 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Siège du Centre d'Appui à la Professionnalisation aux métiers du transport à Dakar, 29 août 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Pour les Dakarois, le changement tant annoncé et prôné n'est pas encore effectif.

Nous sommes sur l’avenue Bourguiba de Dakar, la dame Aita Mbaye tente en vain de trouver un moyen de transport pour rallier son lieu de travail situé au centre-ville. Malgré son empressement, elle hésite à monter dans le bus bondé de monde qui s’arrête devant elle. Finalement elle reprend place à l’arrêt de bus et fustige la scène qui s’offre à elle.

"Une telle surcharge n’est pas normale. C’est pourquoi je n’ai pas pris le bus. Il est plein à craquer et les gens sont obligés de s’accrocher aux portes pour ne pas tomber. C’est inacceptable car si par malheur un choc se produit, c’est sûr qu’il y aura des pertes en vies humaines. Il faut remédier à cela. Chaque bus a un nombre de places limité et je pense que cette limite doit être respectée tant pour les places assises que pour les places debout", se plaint Mme Mbaye.

La surcharge n’est pas le seul mal dont les usagers des bus de transports en commun se plaignent. Dian Diallo estime que les personnes chargées de l’exploitation des bus sont loin d’être à la hauteur.

"Les bus sont certes plus efficaces que les ‘car rapides’ mais certains problèmes demeurent car ils traînent en route et restent quelques fois plusieurs minutes à l’arrêt à la recherche des clients. Ce qui provoque des retards importants. Je pense que cela manque de professionnalisme car il y a en plus un réel manque de respect de la part des chauffeurs et des receveurs parce qu’ils font les choses comme bon leur semblent. Ils ne prêtent aucune attention aux clients et ne prennent pas en compte leurs observations", déclare M. Diallo.

Les Sénégalais doivent apprendre du passé d’après le vieux Alpha Barry. Pour lui, indiscipline et laxisme ont déjà couté cher au pays.

"Il faut éviter de faire les mêmes erreurs qui ont conduit au naufrage du bateau le Joola et à la mort de plus d’un millier de sénégalais. Il faut très tôt rectifier le tir et mettre fin à cette indiscipline qu’il y a dans l’exploitation des bus Tata. Il faut trouver assez de bus pour éviter les surcharges récurrentes parce que la situation actuelle est vraiment inquiétante", conseille le vieux Barry.

De leur côté, les autorités se veulent rassurantes. Le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar assure que le renouvellement est accompagné d’une mise à niveau progressive des personnels pour une meilleure prise en charge des besoins des usagers.

Ababacar Fall, Chef de la Division suivi exploitation à Dakar, 29 août 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Ababacar Fall, Chef de la Division suivi exploitation à Dakar, 29 août 2018. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Quand on parle de sécurité dans les transports, nous pensons aux accidents. Il faut noter que même si on en enregistre quand même, aujourd’hui la tendance enregistré à Dakar est qu’on en a de moins en moins. Maintenant la perception des usagers peut changer d’un moment à un autre. Au-delà de ce remplacement du ‘’Car rapide’’ par un bus, il y a eu un processus de professionnalisation. Je dis bien un processus parce qu’on n’est pas encore au bout, on travaille pour avoir une meilleure perception du transport public", explique Ababacar Fall, chef division suivi de l’exploitation.

Lancé en 2005, le processus de remplacement des cars traditionnels par des bus transports en commun a permis de mettre en circulation 1607 bus.

D’ici la fin de l’année plusieurs centaines d’autres devraient s’y ajouter pour offrir aux populations un service de transports en commun de qualité.

De leur côté, les Dakarois espèrent que l’accent sera mis sur la professionnalisation des personnels afin de garantir une mobilité urbaine sure et durable.

Avec AFP

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