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Le "car rapide" a toujours la cote au Sénégal


Des ''cars rapides'' à la gare de Lat Dior, à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le car rapide sénégalais, ce moyen de transport en commun, bariolé et gribouillé de bout en bout, s'impose sur la carte postale du pays depuis plusieurs décennies.

Il n'est pourtant ni beau, ni un joyau, mais demeure un des moyens de transport les plus prisés à Dakar. Ce véhicule à la limite extravagant est pourtant devenu un symbole de la capitale sénégalaise au point de faire partie de l'exposition permanente du Musée de l'Homme de Paris.

Venu d’Europe, le "car rapide" est à l’origine un véhicule de transports de marchandises. Au Sénégal, il a été transformé en voiture de transport en commun depuis plusieurs décennies. Prisé par les usagers, il est aujourd’hui incontournable.

Socé Ndao, secrétaire Général du garage des "cars rapide"’, vante ce phénomène : "les cars sont arrivés au Sénégal entre 1975 et 1976, ils sont en service depuis 30 à 40 ans. Ce sont des voitures qui, au-delà des concessionnaires, aide de personnes qui y trouvent tous leurs comptes".

" A part les chauffeurs et les apprentis, il y a les rabatteurs éparpillés à travers les artères de Dakar", décrit-il. "Le coût du transport aussi est très bas ce qui le rend accessible à tous. Beaucoup de personnes gravitent autour de ce business. Il y a les laveurs, les tôliers, les mécaniciens, les vendeurs entre autres".

Des ''Car rapide'' à la gare de Lat Dior, à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Des ''Car rapide'' à la gare de Lat Dior, à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Les usagers y sont à l’aise comme l’indique Thioro Séne, technicienne de surface dans les bureaux du centre-ville de Dakar : "le coût du transport n'est pas chère et les apprentis sont assez compréhensifs".

Dans le car rapide, on est assis tout au long du trajet contrairement aux bus modernes qui n'offrent pas ce confort. Le seul inconvénient est sa lenteur, car il traine énormément et s'arrête à chaque coin de rue. Après une journée de travail, tu peux quitter le centre-ville à 16h et arriver en banlieue vers 18h", témoigne-t-elle.

Socé Ndao avec des responsables du Garage des ''Cars rapides'', à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Socé Ndao avec des responsables du Garage des ''Cars rapides'', à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Ce symbole du transport interurbain emploie un chauffeur et son apprenti. Le dernier fait office de receveur et utilise le marchepied du véhicule comme cabine.

"Sincèrement, le car arrange tout le monde, mais il y a certains problèmes auxquels nous sommes confrontés : les chauffeurs manque de couverture sociale. On a de bons revenus et on vit convenablement avec nos familles, mais après 27 ans de carrière, on devrait au moins être propriétaire d'un véhicule", témoigne Idrissa Ngom, chauffeur depuis près de 30 ans.

Un car prend son départ à la gare de Lat Dior à Dakar, à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Un car prend son départ à la gare de Lat Dior à Dakar, à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le jeune apprenti Moussa Ndiaye évoque les difficultés qu’il rencontre avec les clients principalement : "je n'ai pas les mêmes soucis que les plus anciens, car je me débrouille bien avec mes revenus. Les rabatteurs et les clients nous posent parfois du tort avec leurs attitudes. Ils y en a qui refusent de payer, d'autres essayent de nous intimider mais, malgré tout, on essaye de faire avec et quand ça marche pas, on se sent obligés de nous battre".

Souvent décrié pour sa vétusté et son manque de sécurité, des fois même appelé "cercueill roulant", le "car rapide" est pourtant un des moyens de transport les plus utilisés de Dakar.

Malgré le rajeunissement du parc automobile sénégalais avec l’arrivée de bus de transport modernes, le "car rapide" résiste au temps et aux mutations.

Seydina Aba Gueye, correspondant à Dakar

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