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Le protectionnisme menace l'embellie du commerce mondial

Le siège de l'Organisation mondiale du commerce Genève, Suisse, le 12 avril 2017.

La montée du protectionnisme risque de compromettre la forte croissance du commerce mondial, attendue à 4,4% cette année et 4% en 2019, a estimé l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

"La forte croissance du commerce que nous observons aujourd'hui sera vitale pour entretenir la croissance et la reprise économique et pour soutenir la création d'emplois", a affirmé le directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo, à l'occasion de la publication des prévisions pour 2018.

"Cependant, ces progrès importants pourraient être rapidement compromis si les gouvernements recourent à des politiques commerciales restrictives, en particulier dans le cadre d'un processus de mesures et de contre-mesures qui pourrait conduire à une escalade ingérable", a-t-il affirmé.

"Un cycle de représailles est la dernière chose dont l'économie mondiale ait besoin", a-t-il insisté.

L'OMC a revu jeudi fortement à la hausse sa prévision de croissance du volume du commerce mondial en 2018, pour afficher un taux de 4,4% (avec une fourchette allant de 3,1% à 5,5%), contre 3,2% escompté précédemment.

Toutefois, cette fourchette de prévisions "n'inclue pas la possibilité d'une escalade dramatique des restrictions commerciales", a relevé M. Azevedo lors d'une conférence de presse. "Les risques sont graves".

"Prémices" d'une guerre commerciale

Les Etats-Unis et la Chine sont engagés depuis un mois dans un conflit commercial déclenché par la décision de l'administration Trump d'imposer des taxes sur les importations d'acier et d'aluminium au nom de la sécurité nationale. Plusieurs pays en ont été exemptés, mais pas la Chine.

En rétorsion, Pékin a annoncé et déclenché une série de mesures punitives.

"Politiquement (...) nous voyons les prémices d'une guerre commerciale" mais "techniquement nous n'en sommes pas encore là", alors qu'"un certain nombre de mesures annoncées" n'ont pas été "mises en place", a déclaré M. Azevedo.

>> Lire aussi : Trump dénonce l'OMC d’être "injuste envers les Etats-Unis"

D'après l'OMC, certains signes indiquent que l'escalade des tensions commerciales pourrait déjà affecter la confiance des entreprises et les décisions d'investissement.

"Une fracture des relations commerciales entre les protagonistes principaux ferait dérailler la récupération importante dont nous avons été les témoins ces dernières années et risquerait aussi de mettre à mal l'emploi", a averti M. Azevedo, relevant que "les effets seraient mondiaux".

En 2017, la croissance du commerce mondial des marchandises s'est établi à 4,7%. Il s'agit du taux le plus fort depuis 2011, une croissance due principalement à des facteurs conjoncturels, en particulier la progression des dépenses d'investissement et de consommation, selon l'OMC.

Pour 2018, "il ressort des chiffres préliminaires que le commerce a pris un bon départ", indique l'OMC.

>> Lire aussi : Washington veut des mesures punitives sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises

"L'indicateur le plus récent de l'OMC sur les perspectives du commerce mondial a mis en évidence une croissance des échanges supérieure à la tendance durant le premier trimestre, et d'autres indicateurs tels que les commandes à l'exportation et le trafic de conteneurs laissent aussi deviner l'amorce d'une reprise", explique le gendarme du commerce mondial.

Selon l'OMC, la bonne santé du commerce est "encouragée par une croissance économique plus forte dans toutes les régions, stimulée par l'accroissement des investissements et une politique budgétaire expansionniste".

L'OMC prévoit une croissance plus forte des économies en développement tant pour les exportations (5,4%) que pour les importations (4,8%).

Les pays développés devraient également connaître une croissance assez forte des exportations (3,8%) et des importations (4,1%).

L'inflation, autre risque majeur

En 2019, la croissance du commerce devrait se stabiliser à 4%, les économies en développement dépassant encore les pays développés.

Toutefois, l'OMC s'attend également à ce que l'activité économique subisse aussi en 2019 le "contrecoup de l'escalade des restrictions commerciales, ce qui pourrait se traduire par la réalisation de scénarios plus négatifs".

Les prévisions sur le commerce établies par l'OMC reposent sur les estimations du PIB (Produit intérieur brut) mondial, qui ont été fortement révisées à la hausse ces derniers mois.

Outre la montée d'un "sentiment anticommerce" et "la propension accrue des gouvernements à recourir à des mesures commerciales restrictives", l'OMC met en garde contre "une poussée imprévue de l'inflation dans un ou plusieurs pays".

Cela pourrait amener les autorités monétaires à relever brusquement les taux d'intérêt et entraînerait un ralentissement de la croissance économique, note l'OMC.

Avec AFP

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Au Congo-Brazzaville, l'argent chinois tombe sur un os

Un drapeau chinois à Beijing, le 23 septembre 2018.

La stratégie d'investissements de la Chine dans les pays en développement, en accordant des prêts "à tout-va" ces dernières années, est tombée sur un os au Congo-Brazzavile, pays qui a appelé le Fonds monétaire international (FMI) à la rescousse.

"C'est certainement la première fois que la Chine se retrouve confrontée à ce genre de situation", a assuré à l'AFP un spécialiste des relations entre Pékin et l'Afrique, qui a souhaité garder l'anonymat.

Le Congo "cherche à se mettre sous la protection du FMI pour éviter un éventuel défaut de paiement. La Chine, qui détient plus d'un tiers de sa dette externe, n'est pas vraiment à l'aise avec cette procédure", a-t-il noté.

Julien Marcilly, chef économiste de l'assureur-crédit Coface basé en France, rappelle que la Chine "a prêté à tout-va ces dernières années, souvent à des pays qui produisent et exportent des matières premières, en particulier du pétrole". Or "Pékin commence à se rendre compte que les problèmes peuvent s'accumuler", notamment après le défaut de paiement du Venezuela.

La situation à Brazzaville est d'autant plus inquiétante que le pays avait bénéficié en 2005 d'une importante réduction de sa dette, au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), qui avait fait passer la dette extérieure des pays concernés, en moyenne de 119% du PIB à 33%.

En 2014, ce petit pays d'Afrique centrale riche en pétrole a subi de plein fouet la dégringolade du cours du brut, "une chute non anticipée et très brutale, liée paradoxalement au ralentissement chinois", selon M. Marcilly.

Résultat: un PIB divisé par deux qui a entraîné une explosion de son endettement à 110% du PIB en 2017, dont plus d'un tiers en mains chinoises, soit environ 2 milliards de dollars, selon les sources.

Pour faire face, le gouvernement congolais a appelé au secours le FMI, le prêteur de dernier recours. Un accord a été trouvé il y a un an, soumis à l'approbation du FMI.

Une année plus tard, le programme n'est toujours pas validé. Le FMI impose notamment comme condition que la dette soit soutenable "à l'issue du programme et des réformes mises en place", a expliqué une source française.

Une restructuration de la dette s'impose donc, et un accord avec la Chine est indispensable pour disposer de l'aide du FMI.

Or, Pékin n'a pas cette habitude. Le Sri Lanka, par exemple, incapable d'honorer ses créances, a dû céder à la Chine le contrôle pour 99 ans d'un port en eaux profondes.

Interrogés par l'AFP, ni le FMI ni les autorités chinoises n'ont souhaité s'exprimer.

"Logique de créancier"

Le contexte politique n'est en outre pas favorable à Brazzaville: aux Etats-Unis, premier actionnaire du FMI, une quinzaine d'élus ont écrit en août au secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, pour qu'il exerce son influence afin "d'empêcher des programmes" avec les pays trop endettés avec Pékin.

"Pour les Etats-Unis, il est hors de question que le FMI vienne à la rescousse des pays endettés avec Pékin", a expliqué l'une des sources consultées.

Conséquence: "le Fonds a établi un rapport de force dans une logique de créancier. Il veut être remboursé à la fin du programme et s'assurer donc que la dette soit soutenable", selon une source française.

"Il a fallu attendre la réunion de printemps du Fonds, à mi-avril, pour que la Chine prenne part aux discussions sur le programme avec Brazzaville. Jusque-là, elle ne dialoguait qu'en bilatéral" avec le Congo, selon le spécialiste des relations sino-africaines.

Cette réunion a donné des résultats: "la Chine a fait des efforts, ça avance", a assuré à l'AFP une source congolaise en marge de la récente réunion du Fonds, évoquant "un problème d'interprétation de ce que Pékin avait indiqué depuis des mois".

"Nous espérons que le programme sera approuvé d'ici la prochaine réunion du conseil d'administration du FMI en juin", a-t-elle ajouté.

"Nous comprenons que c'est en très bonne voie, mais ce n'est pas encore signé", a constaté une source française. La présidence française du G7 s'est fixé pour priorité la transparence des prêts passés avec les pays en développement, notamment africains, où Paris est garant du franc CFA.

La question de la dette des pays liés à Pékin est l'une des critiques fréquentes à l'encontre du projet des nouvelles routes de la soie lancé par le président chinois Xi Jinping. Ce dernier réunit jusqu'à samedi à Pékin près de 40 dirigeants mondiaux pour un deuxième sommet.

Chine: Xi promet d'abolir les subventions qui faussent la concurrence

Le président chinois Xi Jinping à Beijing, en Chine, le 14 mai 2017.

Le président chinois Xi Jinping a promis vendredi d'abolir les subventions "qui faussent la concurrence", en réponse à une exigence des Etats-Unis qui accusent Pékin de soutenir abusivement ses entreprises publiques.

Lors d'un discours à Pékin à l'occasion du deuxième sommet sur son projet d'infrastructures des Nouvelles routes de la soie, M. Xi a également promis d'accroître les importations chinoises, de ne pas abaisser le taux de change du yuan et d'interdire les transferts de technologie imposés aux entreprises étrangères.

Les subventions massives accordées par Pékin à ses entreprises publiques sont l'une des pommes de discorde entre la Chine et les Etats-Unis, engagés depuis près d'un an dans une guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump.

Outre le déséquilibre commercial entre les deux pays, Washington exige de Pékin des réformes de structures radicales. L'administration Trump voit dans les entreprises d'Etat chinoises des concurrentes qui bénéficient d'une aide déloyale de la part du gouvernement pour envahir les marchés mondiaux.

"Nous remanierons et abolirons les réglementations, les subventions et les pratiques non justifiées qui faussent la concurrence et les marchés", a déclaré M. Xi devant un parterre de dirigeants mondiaux -- parmi lesquels ne figuraient pas de représentants des Etats-Unis.

"Nous traiterons équitablement toutes les entreprises afin de favoriser l'émergence d'un environnement commercial fondé sur le marché et le droit", a-t-il promis, tout en appelant à "dire non au protectionnisme".

Après une rencontre entre MM. Trump et Xi en fin d'année dernière, les deux pays ont entamé une série de négociations afin d'éviter l'imposition d'une nouvelle vague de droits de douane punitifs sur leurs exportations réciproques.

Une délégation américaine est attendue à Pékin le 30 avril. Mais la perspective d'un nouveau sommet Trump-Xi pour ratifier un éventuel accord commercial n'est toujours pas à l'ordre du jour.

Avec AFP

Les Américains ont été "de mauvaise foi" à Hanoï, a dit Kim à Poutine

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) et le leader nord coréen du Nord Kim Jong Un discutent lors de leur rencontre à Vladivostok (Russie) le jeudi 25 avril 2019.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a confié au président russe Vladimir Poutine, jeudi à Vladivostok, que les Etats-Unis avaient été "de mauvaise foi" lors du sommet Kim-Trump de Hanoï en février, rapporte vendredi l'agence nord-coréenne KCNA.

Cette toute première rencontre Poutine-Kim dans l'Extrême-Orient russe était l'occasion pour le leader nord-coréen, en quête de soutien, de pouvoir raviver "les liens historiques" avec Moscou pour arriver à une "relation plus stable et plus solide".

Mais tard dans la nuit, l'agence d'Etat de Pyongyang a publié des commentaires faits par le dirigeant nord-coréen auprès de son homologue russe, affichant une tonalité offensive à l'égard des Etats-Unis, alors que MM. Kim et Trump avaient opéré une spectaculaire détente de leurs relations ces derniers temps, certes quelque peu plombée par le retentissant fiasco de Hanoï.

"La situation dans la péninsule coréenne et dans la région se trouve actuellement dans une impasse et a atteint un point critique", a déclaré le dirigeant nord-coréen, selon KCNA.

M. Kim a dit à M. Poutine que la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne dépendent entièrement de l'attitude des Etats-Unis et que son pays "se préparera à toutes les situations possibles", toujours selon KCNA.

M. Kim a aussi averti dans le même texte que la situation "pourrait retrouver son état initial, les Etats-Unis ayant adopté une attitude unilatérale de mauvaise foi lors du second sommet Corée du Nord-Etats-Unis récemment", tenu dans la capitale vietnamienne en février.

- "Interlocuteur dense" -

A Hanoï, théâtre du deuxième sommet Trump-Kim après celui de juin 2018 à Singapour, la Corée du Nord avait cherché à obtenir un allègement immédiat des sanctions internationales décidées pour la contraindre de renoncer à ses armes atomiques. Mais les discussions avaient été écourtées en raison de désaccords profonds avec Washington, notamment sur les concessions que Pyongyang était prêt à faire.

La semaine dernière, Pyongyang avait haussé le ton en se livrant à une attaque d'une rare violence contre Mike Pompeo, exigeant que le secrétaire d'Etat américain ne participe plus aux discussions sur la dénucléarisation.

"Ça va être mouvementé. Ça va être difficile", avait réagi M. Pompeo sur la chaîne américaine CBS mercredi, se montrant prudent sur la suite du dialogue.

Mais entre MM. Kim et Poutine, c'était plus simple jeudi. "Je suis content du résultat: Kim Jong Un est quelqu'un d'assez ouvert, prêt à parler de tout", s'est félicité M. Poutine devant la presse à la fin de la rencontre, première à ce niveau depuis celle en 2011 entre l'ex-président Dmitri Medvedev et Kim Jong Il. "C'est quelqu'un d'assez intéressant, un interlocuteur dense".

Le leader nord-coréen, qui a qualifiée d'"ouverte et amicale" la rencontre de Vladivostok, a invité M. Poutine à lui rendre visite dans son pays "au moment opportun", et cette offre a été "promptement acceptée", selon KCNA.

Accueilli par une longue poignée de main et avec une ponctualité rare pour Vladimir Poutine, le dirigeant nord-coréen a passé au total cinq heures avec le président russe: deux heures de tête-à-tête suivies de pourparlers entre délégations puis d'un dîner pendant lequel le maître du Kremlin a reçu une épée en cadeau. Les deux hommes ont été servis, selon l'agence TASS, avec du borchtch, une salade de crabe et des raviolis sibériens à la viande de renne.

- "Dénucléarisation totale" -

Malgré ses invitations répétées à M. Kim, la Russie était restée jusqu'à présent à l'écart de la détente observée sur la péninsule coréenne depuis début 2018.

Mais le dirigeant nord-coréen cherche des soutiens dans son bras de fer avec Washington et un certain rééquilibrage de ses relations entre Pékin, son plus proche soutien, et Moscou, son ancien allié de la Guerre froide. C'est l'URSS qui avait placé au pouvoir son grand-père et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il Sung.

En fin de rencontre, le président russe s'est dit favorable comme les Etats-Unis à une "dénucléarisation totale" et jugé un règlement "possible", à condition de faire "des premiers pas" et d'offrir à Pyongyang des "garanties de sécurité et de souveraineté" de la communauté internationale.

"Le plus important est de restaurer (...) la force du droit international et de revenir à une situation où le droit international, et non pas le droit du plus fort, détermine le cours des affaires dans le monde", a-t-il plaidé.

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d'une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les Etats-Unis l'ont accusée d'aider Pyongyang à les contourner.

Après des années de montée des tensions, la péninsule connaît cependant une détente spectaculaire et M. Kim a rencontré depuis mars 2018 quatre fois le président chinois Xi Jinping, trois fois le président sud-coréen Moon Jae-in et deux fois M. Trump.

Avec AFP

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Premier sommet Poutine-Kim pour raviver des liens "historiques

Le président russe Vladimir Poutine, à droite, et le leader de la Corée du Nord, Kim Jong Un, se serrent la main, avant leur entretien à Vladivostok, en Russie, le jeudi 25 avril 2019.

Kim Jong Un et Vladimir Poutine se sont retrouvés pour leur premier sommet jeudi avec l'objectif de renforcer les "liens historiques" entre Moscou et Pyongyang, en pleine impasse diplomatique avec Washington sur le nucléaire.

Malgré ses invitations répétées à M. Kim, la Russie était restée jusqu'à présent à l'écart de la spectaculaire détente observée sur la péninsule coréenne depuis début 2018.

Mais deux mois après le fiasco de sa deuxième rencontre avec le président américain à Hanoi, le dirigeant nord-coréen cherche des soutiens dans son bras de fer avec Washington et un certain rééquilibrage de ses relations entre Pékin, son plus proche soutien, et Moscou, son ancien allié de la Guerre froide. C'est l'URSS qui avait placé au pouvoir son grand-père et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il Sung.

Vladimir Poutine a accueilli d'une longue poignée de main Kim Jong Un sur l'île Rousski, en face du port de Vladivostok (Extrême-Orient) où le dirigeant nord-coréeen était arrivé mercredi après un voyage d'une dizaine d'heures dans son train blindé vert olive.

"Je suis sûr que votre visite aujourd'hui en Russie nous aidera à mieux comprendre par quels moyens nous pouvons résoudre la situation sur la péninsule coréenne, et ce que la Russie peut faire pour soutenir les tendances positives qui ont lieu actuellement", a déclaré le président russe. "Sur le plan bilatéral, nous avons beaucoup à faire pour développer nos relations économiques".

"Je pense que cette rencontre sera très utile pour développer les liens historiques entre les deux pays, qui ont une longue amitié, en une relation plus stable et plus solide", a déclaré M. Kim lors de l'entretien, ajoutant s'attendre à "un dialogue significatif" à propos de la situation sur la péninsule coréenne, et félicitant le président russe de "construire une Russie forte".

Ce dernier avait alors affirmé qu'il était prêt à renoncer aux essais nucléaires. Kim Jong Un a depuis présidé à quatre essais nucléaires dont, potentiellement, celui d'une bombe à hydrogène en 2017, et au lancement de missiles intercontinentaux capables d'atteindre l'ensemble du territoire continental américain.

"Mouvementé" et "difficile"

Après des années de montée des tensions en raison des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, M. Kim a rencontré depuis mars 2018 quatre fois le président chinois Xi Jinping, trois fois le président sud-coréen Moon Jae-in et deux fois M. Trump.

A Hanoï, la Corée du Nord avait cherché à obtenir un allègement immédiat des sanctions internationales décidées pour la contraindre de renoncer à ses armes atomiques. Mais les discussions avaient été écourtées en raison de désaccords profonds avec Washington, notamment sur les concessions que Pyongyang était prêt à faire.

Signe de la dégradation observée depuis, Pyongyang s'est fendu la semaine dernière d'une attaque d'une rare violence contre Mike Pompeo, en demandant que le secrétaire d'Etat américain ne participe plus aux discussions sur la dénucléarisation.

Le secrétaire d'Etat, dans une interview accordée à la chaîne CBS mercredi, s'est montré prudent sur la suite du dialogue: "Ça va être mouvementé. Ça va être difficile".

Moscou prône un dialogue avec Pyongyang sur la base d'une feuille de route définie par la Chine et la Russie. Cette dernière a déjà demandé la levée des sanctions internationales, tandis que les Etats-Unis l'ont accusée d'aider Pyongyang à les contourner.

Outre le dossier nucléaire, les deux dirigeants devraient évoquer le renforcement de leur coopération économique et plus particulière la question de la main-d'oeuvre nord-coréenne. Environ 10.000 travailleurs son employés en Russie, représentant une source précieuse de devises pour Pyongyang.

La résolution 2397 du Conseil de sécurité de l'ONU de décembre 2017 demande à tous les pays employant des Nord-Coréens de les renvoyer chez eux sous deux ans.

Les relations entre Pyongyang et Moscou remontent à l'ère soviétique: l'URSS a placé le grand-père de Kim Jong Un et fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il Sung, au pouvoir et lui a apporté un soutien crucial durant la Guerre froide.

Les relations furent cependant en dents de scie au cours de cette période, notamment parce que Kim Il Sung excellait dans l'art de jouer sur la rivalité sino-soviétique pour obtenir des concessions de ses deux puissants voisins.

Peu après sa première élection à la présidence russe, Vladimir Poutine chercha à normaliser ces relations et rencontra trois fois Kim Jong Il, père et prédécesseur de l'actuel leader, la première fois à Pyongyang en 2000. Il fut alors le premier dirigeant russe à se rendre en Corée du Nord.

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