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Washington veut des mesures punitives sur 50 milliards de dollars d'importations chinoises


Des conteneurs dans le port de Tianjin en Chine, le 5 août 2010.

Donald Trump va initier des mesures punitives ciblant pour 50 milliards de dollars d'importations venant de Chine, pays qu'il accuse de "concurrence déloyale" et de vol de propriété intellectuelle, ont annoncé des hauts responsables de la Maison Blanche.

L'un d'entre eux a expliqué que sur la base des dommages estimés, l'objectif sera de "quelque 50 milliards de dollars pour compenser les gains obtenus par les Chinois par le biais de pratiques commerciales déloyales".

"Le président va prendre un certain nombre d'actions aujourd'hui. (...) Il va charger le représentant au commerce (USTR) de publier une liste de produits et des taxes envisagées qu'il compte prendre dans les 15 jours suivant la signature du memorandum", a déclaré de son côté Everett Eissenstat, directeur adjoint du conseil économique national.

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Les nouvelles taxes cibleront les secteurs industriels où "la Chine est supposée avoir tiré un avantage en faisant l'acquisition injuste ou en forçant le transfert de technologies de la part des entreprises américaines", a-t-il ajouté.

Concrètement, Donald Trump va signer jeudi "un memorandum présidentiel ciblant l'agression économique de la Chine", ont indiqué ces responsables de l'administration.

Ils ont en outre précisé que le président allait charger l'USTR, Robert Lighthizer (bien Lighthizer), de recourir au processus de règlement des conflits de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pour s'attaquer aux pratiques discriminatoires dans l'octroi de licences par la Chine".

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Les Etats-Unis avaient ouvert en août 2017 une enquête au titre de l'article 301 de leur législation commerciale sur des violations supposées des droits de propriété intellectuelle.

Washington s'inquiète notamment du système de coentreprises imposé par Pékin aux entreprises américaines: en contrepartie d'un accès au marché chinois, ces firmes sont obligées de partager avec des partenaires locaux une partie de leur savoir-faire technologique.

Cette annonce était mal accueillie jeudi à la Bourse à New York où l'indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait autour de 2%.

Les Etats-Unis et la Chine sont aujourd'hui des partenaires étroitement liés sur le plan économique et financier.

Mais Washington dénonce le creusement de son déficit commercial avec le géant asiatique qu'il attribue à des pratiques commerciales inéquitables.

L'an passé, les Etats-Unis ont enregistré avec le géant asiatique un déficit pour les seuls échanges de marchandises (hors services) de 375,2 milliards de dollars en augmentation de 8,1% sur un an.

Algorithme

Avant même l'annonce américaine, Pékin s'est dit jeudi prêt à des représailles.

"La Chine ne restera pas les bras croisés (...) Nous prendrons immanquablement toutes les mesures nécessaires pour défendre résolument nos droits et intérêts légitimes", a indiqué le ministère chinois du Commerce dans un communiqué, dénonçant "le protectionnisme" et "l'unilatéralisme" de Washington.

Pékin pourrait en rétorsion viser des produits agricoles américains comme le soja, le sorgho et le porc.

>> Lire aussi : La Chine prête à riposter en cas de sanctions américaines

Appelant les Etats-Unis à ne pas agir "sous le coup de l'émotion", le Premier ministre chinois Li Keqiang avait averti lundi qu'une guerre commerciale entre les deux grandes puissances "ne profiterait à personne".

Robert Lighthizer a de son côté expliqué jeudi que les produits chinois visés par ces nouvelles taxes le seraient en fonction d'un algorithme permettant de détecter les marchandises ayant été subventionnés et donc devant faire l'objet de sanctions.

Les Etats-Unis cherchent également à obtenir l'appui de leurs autres partenaires commerciaux dans leur offensive contre la Chine. "C'est un problème qui concerne le monde entier, tout ceux qui commercent avec la Chine le rencontrent", a indiqué Peter Navarro, le conseil en matière commerciale de Donald Trump.

L'administration américaine a, à cet égard confirmé jeudi que plusieurs de ses principaux alliés, dont l'Union européenne et la Corée du sud, seraient dans un premier temps, et tout comme le Canada et le Mexique, exemptés des taxes sur l'acier et l'aluminium annoncée le 8 mars.

Avec AFP

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