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Nouvelle estocade de Washington contre Pékin

Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 22 mars 2018.

Washington a porté une nouvelle estocade contre Pékin en publiant une liste provisoire de produits importés susceptibles d'être soumis à de nouvelles taxes douanières, une mesure aussitôt condamnée par la Chine, prête à répliquer "dans les prochains jours".

Cette liste, qui vise des importations représentant "approximativement 50 milliards de dollars", cible des produits de différents secteurs dont l'aéronautique, les technologies de l'information et de la communication ou encore la robotique et les machines", a expliqué le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer dans un communiqué.

"La liste proposée de produits est basée sur des analyses économiques fouillées et devrait viser les produits qui profitent aux projets industriels de la Chine tout en minimisant l'impact sur l'économie américaine", a-t-il ajouté.

La liste provisoire identifie quelque 1.300 biens mais elle reste soumise à un processus d'examen d'au moins 30 jours avant la publication d'une liste définitive.

En réponse, le ministère chinois du Commerce a brocardé dans un communiqué "un comportement totalement infondé, typiquement unilatéraliste et protectionniste, auquel la Chine s'oppose en le condamnant fermement".

>> Lire aussi : La Chine réplique et impose des taxes sur 128 produits américains

Cette déclaration du ministère fait écho à un communiqué de l'ambassade de Chine à Washington, qui avait condamné un peu plus tôt ces "mesures unilatérales et protectionnistes (qui) violent les principes fondamentaux et les valeurs de l'OMC".

Pour l'ambassade, ces mesures "ne servent ni les intérêts de la Chine, ni ceux des Etats-Unis et encore moins (ceux) de l'économie mondiale".

Selon elle, Pékin utilisera la procédure des règlements des conflits de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour y répondre et "prendra des mesures correspondantes de même ampleur et importance contre des produits américains".

Concurrence "déloyale"

Le président Donald Trump a signé le 22 mars "un memorandum ciblant l'agression économique de la Chine". Il avait alors évoqué des mesures punitives contre des importations chinoises d'un montant pouvant atteindre "60 milliards de dollars" pour mettre un terme à ce qu'il affirme être la concurrence "déloyale" de Pékin et le "vol" de propriété intellectuelle.

Il avait chargé l'USTR de lui soumettre une liste provisoire sous quinze jours, soit avant jeudi.

Les Etats-Unis, dont la compétitivité dépend de leur capacité à innover, ont ouvert en août 2017 une enquête au titre de l'article 301 de leur législation commerciale sur des violations supposées des droits de propriété intellectuelle.

Washington s'inquiète en particulier du système de coentreprises imposé par Pékin aux entreprises américaines: en contrepartie d'un accès au marché chinois, ces firmes sont obligées de partager avec des partenaires locaux une partie de leur savoir-faire technologique.

L'annonce de mardi intervient alors que l'offensive commerciale entre Washington et Pékin était déjà montée d'un cran cette semaine.

Le géant asiatique a en effet annoncé lundi avoir pris des mesures de rétorsion contre 128 produits américains dont des fruits et la viande de porc représentant quelque trois milliards de dollars.

Il répondait à l'imposition le 8 mars de taxes américaines de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium.

M. Trump fait régulièrement du colossal déficit commercial américain (375,2 milliards de dollars en 2017) avec Pékin un cheval de bataille. Il a exhorté les responsables chinois "de réduire, immédiatement, ce déficit de 100 milliards de dollars".

De son côté, Pékin a estimé par la voix de son ministre du Commerce que "la coopération entre la Chine et les Etats-Unis, les deux plus grandes économies mondiales, est la seule option possible."

Le géant asiatique a parallèlement demandé aux Etats-Unis d'abandonner "au plus vite" leurs mesures enfreignant les règles de l'OMC et à cesser ce qu'il a qualifié "d'intimidation économique".

Jusqu'à présent, Pékin a pris soin de ne pas s'attaquer à des produits agricoles majeurs, comme le soja américain, pour qui la Chine est le principal débouché, ou à des compagnies industrielles stratégiques telles que le constructeur aéronautique Boeing.

"Les Chinois pourraient sortir l'artillerie lourde: le soja et Boeing", a réagi Monica De Bolle, spécialiste du commerce international au Peterson Institute for International Economics. "Cependant, ils pourraient aussi attendre la fin de la période de consultations", a-t-elle ajouté.

Edward Alden, expert en commerce international au Council on Foreign Relations, avait souligné lundi que les premières mesures de rétorsions annoncées par la Chine lundi étaient d'autant plus "significatives" que c'est le premier pays à rétorquer concrètement à Washington.

"Cela montre que les Chinois vont frapper en retour" face à d'autres représailles américaines, avait-il également estimé.

Le conseil économique sino-américain, qui regroupe des entreprises américaines commerçant avec la Chine, a mis en garde mardi contre des actions qui pourraient se traduire par des recours à l'OMC donnant ensuite raison à Pékin.

Avec AFP

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Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

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