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Nigeria

Le procès du leader chiite une nouvelle fois ajourné

Manifestants du mouvement islamique pro-iranien demandent la libération de Ibrahim Zakzaky, à Kano, Nigeria, le 11 août 2016.

Ibrahim Zakzaky, leader du groupe chiite incarcéré depuis décembre 2015 ne s'est pas présenté au tribunal lundi pour des raisons de santé, et son procès a été une nouvelle fois été ajourné à la semaine prochaine, ont annoncé son avocat et le procureur.

En raison de son état de santé "très mauvais", le chef du Mouvement islamique du Nigeria (IMN) ne s'est pas rendu lundi matin à son procès, tenu dans la grande ville de Kaduna (nord), a déclaré son avocat Femi Falana.

"A sa dernière audience, il ne pouvait même pas monter les marches" de la Cour, a ajouté l'avocat, soulignant que le juge avait été informé de son absence et avait donné son accord à un report du procès.

Les avocats d'Ibrahim Zakzaky demandent sa libération sous caution pour qu'il puisse aller se faire soigner en Inde.

"Nous avons assez de facilités médicales -au Nigeria- pour le soigner", affirme de son côté le procureur Dari Bayero. "C'est ce que nous avons défendu devant la Cour", a-t-il déclaré aux journalistes, à l'issue d'une audience qui n'était pas ouverte aux médias.

"La Cour jugera lundi (5 août, ndlr) s'il peut partir" ou être "soigné dans les hôpitaux de ce pays", a ajouté le procureur.

"Nous sommes mécontents de savoir que le procès a été ajourné, compte tenu de la santé fragile du Cheikh", a confié à l'AFP Ibrahim Musa, porte-parole du MIN. "Mais nous ne pouvons rien y faire, nous devons attendre le verdict (...). Les manifestations vont continuer car nous ne pouvons pas nous croiser les bras, pendant que notre chef est en train de mourir".

La présidence nigériane a annoncé dimanche l'interdiction totale pour "terrorisme et activités illégales" du MIN, un mouvement chiite radical, après une série de manifestations meurtrières dans la capitale Abuja.

Au moins six manifestants, un journaliste et un policier ont été tués le 22 juillet dans des violences qui ont éclaté pendant une marche organisée pour demander la libération d'Ibrahim Zakzaky.

Le MIN, né en tant que mouvement étudiant en 1978 avant de muer en groupe révolutionnaire inspiré par la révolution islamique en Iran, est aujourd'hui encore proche de Téhéran et suscite une grande hostilité au Nigeria, où l'élite musulmane sunnite ne cache pas ses affinités avec l'Arabie saoudite.

Son chef Ibrahim Zakzaky est détenu depuis décembre 2015 après que des violences avaient éclaté pendant une procession religieuse. L'armée avait tiré, faisant plus de 350 morts, pour la plupart des chiites non armés, selon des organisations de défense des droits humains.

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La police nigériane affirme avoir arrêté un "tueur en série" à Port Harcourt

Vue sur une rue de Port Harcourt, une des villes touchées par le couvre-feu, dans l'Etat de Rivers, le 31 mars 2015.

La police nigériane, enquêtant sur les meurtres d'au moins huit femmes dans des hôtels de la ville de Port Harcourt, dans le sud-est, a arrêté jeudi un homme présenté comme un des "tueurs en série" dont les actes enflamment la Toile depuis plusieurs semaines.

"Le tueur en série Gracious David West a été arrêté aujourd'hui par la police à Rivers", a fait savoir la police nationale sur son compte Twitter, publiant une vidéo où un homme "avoue" les meurtres.

L'assassin de 26 ans vient de l'Etat de Rivers (sud-est) et il est aussi un membre du culte Degbam", un groupe pratiquant la magie noire à des fins criminelles, a écrit la Police sur Twitter, ajoutant qu'il a donné "des informations utiles pour la poursuite de l'enquête".

La police avait déjà dit en début de semaine qu'un autre suspect arrêté était passé aux aveux.

Dans une vidéo d'un peu plus d'une minute, visionnée plus de 150.000 fois en moins de 14 heures, l'homme présenté comme le meurtier arrêté jeudi, habillé d'un jean et d'un polo à rayures, explique comment il a attiré ses victimes dans des hôtels de Port Harcourt et les a étranglées.

Il regarde le sol et répond aux questions de l'inspecteur calmement.

Des milliers d'internautes mettaient en doute vendredi la véracité de ce témoignage, tandis que d'autres regrettaient qu'il puisse être considéré comme un vice-de-forme dans l'enquête et annule un potentiel procès contre le suspect.

Une vague de meurtres commis sur au moins huit jeunes femmes retrouvées étranglées et avec un tissu blanc enroulé autour de la taille et du cou, a débuté en juillet, faisant penser à des crimes rituels.

Un commissaire de police local avait suggéré qu'il s'agissait de prostituées et proposait de "rééduquer les femmes et les décourager de se prostituer pour ne pas devenir les prochaines victimes de ces crimes."

Ces propos ont provoqué une très forte indignation sur la Toile et des femmes sont descendues dans les rues de Port Hartcourt cette semaine lors d'une série de manifestations appelant à une meilleure protection de la police.

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