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Nigeria

Muhammadu Buhari bientôt en Afrique du Sud après les tensions xénophobes

Muhammadu Buhari à Abuja, Nigeria, le 18 août 2018.

Le président nigérian Muhammadu Buhari effectuera en octobre une visite d'Etat en Afrique du Sud, a annoncé samedi Pretoria quelques jours après une éruption de violences xénophobes sur son sol qui a considérablement tendu ses relations avec Abuja.

Ce voyage vise "à renforcer les liens déjà forts entre les deux pays et à développer leurs réponses aux défis auxquels sont confrontés leurs citoyens et leurs entreprises", a indiqué la présidence sud-africaine dans un communiqué.

Ces derniers jours, l'Afrique du Sud, a connu une vague de violences meurtrières dirigées contre les étrangers, principalement dans sa plus grande ville, Johannesburg, qui s'est soldée par la mort d'au moins 10 personnes et des dégâts considérables, selon le dernier bilan de ses autorités.

Ces émeutes ont causé de vives réactions contre des intérêts sud-africains dans plusieurs pays du continent, notamment au Nigeria.

Pretoria a annoncé jeudi la fermeture "temporaire" de ses missions diplomatiques au Nigeria en faisant état de "menaces" et le géant sud-africain des télécommunications MTN, numéro 1 du secteur sur le continent, celle de ses agences dans le pays.

La visite du chef de l'Etat nigérian a été décidée après des discussions entre son envoyé spécial à Pretoria et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, a précisé le communiqué.

Lors de cette entrevue, le représentant de M. Buhari a répété les "inquiétudes" de son pays sur les récentes émeutes, tandis que M. Ramaphosa a souligné que leurs deux pays étaient "déterminés à construire une Afrique en paix avec elle-même et les autres", a encore ajouté la présidence sud-africaine.

L'Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, est le théâtre régulier de violences xénophobes, nourries par le fort taux de chômage (29%) et la pauvreté qui frappent sa population.

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Le co-fondateur d’une startup nigériane assassiné par un tueur à gages à New York

Fahim Saleh, co-fondateur et PDG de Gokada, explique le fonctionnement de sa société lors d'un entretien avec Reuters à Lagos, au Nigeria, le 3 mai 2019. (Photo REUTERS/Temilade Adelaja)

Le co-fondateur et PDG d’une startup nigériane a été victime d’une mort extrêmement violente à New York, a-t-on appris des autorités.

Selon un rapport de police, Fahim Saleh a été décapité et démembré en début de semaine dans son appartement new-yorkais. Une scie électrique encore en marche a été retrouvée près du corps.

Les autorités pensent que l’auteur de cet acte macabre a été surpris par la visite surprise d’une cousine du défunt et il a pris la fuite sans parachever son crime.

Fahim Saleh, était le co-fondateur de Gokada, une application mobile qui facilite le transport en motos au Nigeria.

Selon la police, les enregistrements de surveillance montrent la victime entrant dans un ascenseur lundi après-midi. Un autre homme s’y glisse aussi, portant un sac à dos. Le suspect attaque la victime une fois que le jeune homme tente d’entrer dans son appartement.

L'auteur présumé est ensuite vu sortant seul du bâtiment.

Selon le quotidien New York Post, les enquêteurs sont persuadés qu’il s’agit de l’œuvre d’un tueur à gages car il n'y avait quasiment pas de sang éparpillé et rien n’a été volé dans l’appartement.

Selon le magazine Quartz, Fahim Saleh était un citoyen américain originaire du Bangladesh. Il avait 33 ans.

Les habitants d’un petit village malien terrorisés par une série de décapitations
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Des médecins nigérians mènent des recherches pour un remède contre la maladie Covid-19

Le professeur Christian Happi, directeur du Centre africain d'excellence pour la génomique des maladies infectieuses (ACEGID), dans son laboratoire à l'Université Redeemer's à Ede, dans le sud-ouest du Nigeria, le 2 juin 2020. (Photo by PIUS UTOMI EKPEI / AFP)

Dans le secteur de la recherche, le professeur Christian Happi a gagné le respect pour sa lutte contre les épidémies. Désormais, il veut hisser une nouvelle génération de chercheurs africains car "tant que l'Afrique manquera de contribution intellectuelle, on lui dira toujours ce qu'elle doit faire".

Et ce biologiste moléculaire, qui a grandi au Cameroun et est passé par Harvard avant de rentrer sur le continent, déteste qu'on lui dise ce qu'il a à faire.

"Je veux développer des solutions simples et peu coûteuses, adaptées à l'Afrique et à notre environnement", martèle-t-il dans son bureau décoré de nombreux diplômes, récompenses scientifiques et photos de famille.

A 52 ans, Christian Happi lutte contre les épidémies qui ravagent l'Afrique et pour transmettre son savoir sur le continent: deux combats essentiels en ces temps de pandémie du nouveau coronavirus, pour lequel il a déjà développé un test à bas coût.

A Ede, modeste ville du sud-ouest du Nigeria, il a fondé en 2016 le Centre d'excellence africain de recherche génomique et des maladies infectieuses (Acegid), grâce à des financements de la Banque mondiale ou de riches philanthropes étrangers et nigérians.

A l'entrée, un écriteau discret donne le ton: "Les gens les plus forts ne sont pas ceux qui écrasent les autres. Ils les élèvent".

Près de 1.000 chercheurs en biochimie et génomique ouest-africains, nigérians pour la plupart, sont passés par ces locaux un peu vieillots, en attendant l'ouverture l'année prochaine du "plus grand centre de recherche génomique en Afrique", bâtiment moderne niché dans la forêt tropicale d'Ede.

"C'est logique d'être ici, au Nigeria. Ce pays est le géant de l'Afrique, s'il flanche, c'est tout le continent qui lui emboitera le pas", dit le chercheur.

De par son climat et sa très dense population, le Nigeria, pays de 200 millions d'habitants, connaît chaque année un nombre incalculable d'épisodes épidémiques: paludisme, typhoïde, méningite, choléra, fièvre jaune et plus récemment, Ebola.

Cette année, les chercheurs et étudiants de l'Acegid se concentrent sur la lutte contre le Covid-19.

Le Nigeria recensait à peine 30.000 cas positifs début juillet et près de 800 morts, mais avec une moyenne de 3.000 tests réalisés par jour "ce n'est pas suffisant", reconnaît à mi-mot un responsable de la santé publique au Nigeria.

A Lagos, Ibadan, Abuja ou Kano, dans les mégalopoles gigantesques de plusieurs millions d'habitants, où il est impossible d'appliquer les bases de la distanciation sociale, le virus se propage de manière quasi-incontrôlable.

L'OMS s'est récemment inquiétée de la forte accélération du nombre de cas sur le continent (plus de 500.000 début juillet) mais tous les spécialistes s'accordent à dire que, sans capacité de dépistage, les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité.

Des tests Covid pour les cliniques rurales

A Ede, l'équipe du professeur Happi a déjà développé un test de dépistage rapide, certifié par la Food and Drug Administration (FDA) américaine et en cours de validation au niveau national et continental pour une mise en circulation imminente.

La fabrication de ce test Covid-19, qui ressemble à un simple test de grossesse, coûte environ 3 dollars contre 100 pour les tests PCR traditionnels. Pas besoin de matériel ultra-perfectionné ou de produits importés pour connaître les résultats.

"Moi, les grosses machines PCR utilisées en Europe ou aux Etats-Unis qu'aucun hôpital public ici ne pourra se payer, ça ne m'intéresse pas", explique le professeur Happi, en ouvrant la marche à travers les laboratoires. "Je veux des tests que la grand-mère du village peut faire dans sa clinique rurale".

Les chercheurs de l'Acegid, eux, travaillent avec peu de matériel mais parmi les plus performants et les plus sophistiqués. C'est d'ailleurs le premier laboratoire à avoir séquencé l'ARN (la lecture génétique de l'ADN) du nouveau coronavirus en Afrique, début mars, quelques jours à peine après l'apparition du premier cas à Lagos.

Un record d'une rapidité "incroyable", souligne Chikwe Ihekweazu, directeur du Centre national des maladies infectieuses qui gère en premier lieu la crise du Covid-19 au Nigeria.

"Avant, nous aurions été obligés d'envoyer les échantillons en Europe ou aux Etats-Unis", explique le Dr Ihekweazu à l'AFP. "Le virus peut évoluer très rapidement et grâce au séquençage nous pouvons suivre cette évolution au plus près".

De la même génération, le professeur Happi et le Dr Ihekweazu se connaissent bien et travaillent sur le même front, l'un dans le privé, l'autre dans le public. "Prof Happi n'a pas un caractère facile et on a souvent de vifs débats! Mais nous sommes fiers de partager le même objectif, nous sommes engagés pour le Nigeria et pour l'Afrique".

"Petit Africain et grosse valise"

L'Afrique, Christian Happi ne l'a jamais oubliée tout au long de sa carrière de l'autre côté de l'Atlantique. Il n'a d'ailleurs jamais oublié non plus la crise de paludisme qui a failli l'emporter lorsqu'il était enfant.

Originaire du Cameroun, où il a grandi et fait ses études de biochimie, Christian Happi débarque pour la première fois à Londres en 1998 à l'âge de 30 ans.

"Petit Africain avec une grosse valise et un peu perdu dans Heathrow", il doit se rendre à une conférence internationale de lutte contre le paludisme, à une époque où l'Afrique a peu de place dans les débats scientifiques. Même ceux qui la concernent directement.

Le jeune Camerounais est l'un des seuls étudiants africains invités à cette conférence, qui se tient cette année-là à Oxford.

Il se fait rapidement remarquer pour "ses tas d'idées un peu folles" de vouloir utiliser la génétique dans le développement des vaccins et est aussitôt débauché par l'université américaine de Harvard pour poursuivre ses recherches.

Etudiant puis enseignant dans la prestigieuse université, il y restera une douzaine d'années, notamment pour approfondir ses projets dans la lutte contre le paludisme. La maladie fait encore près de 400.000 morts chaque année dans le monde, dont près de 100.000 au Nigeria.

"Tant que la recherche ne se fera pas sur le continent, il n'y aura pas de vaccin", assure-t-il. "Il faut être sur le terrain".

L'appel du continent

Ce n'est pourtant pas le paludisme qui le pousse à rentrer en Afrique mais la fièvre de Lassa. En 2007, le biologiste entend parler pour la première fois de cette fièvre hémorragique, proche d'Ebola, et des 700 morts qu'elle entraîne chaque année au Nigeria.

A sa grande stupéfaction, il découvre que les tests de dépistage sont envoyés en Allemagne. Le temps de recevoir les résultats, 90% des patients ont succombé.

"Il est totalement inacceptable qu'une maladie découverte en 1969 n'ait toujours pas de diagnostic en 2007", se révolte alors le professeur.

Un an plus tard, il lève des fonds, et part à Irrua, dans le sud du Nigeria, pour y construire un laboratoire. Il forme deux jeunes fraîchement sortis du lycée aux bases de la micro-biologie et réalise les premiers tests de dépistage de Lassa en Afrique.

"Il n'y avait rien, ni main d'oeuvre ni matériel", se souvient-il. "Même pas d'électricité. On a dû utiliser une batterie de voiture pour faire tourner la machine PCR!"

Désormais, les malades sont détectés plus rapidement et les pics annuels épidémiques de Lassa, endémique au Nigeria, font entre 100 et 200 morts par an.

Fort de cette expérience, le professeur a fondé l'Acegid et va, depuis, "d'épidémie en épidémie", comme il dit. Il a récemment découvert deux autres virus (Ekpoma 1 et 2), parmi les centaines qui peuplent les forêts tropicales de la région.

"Ici, les médecins ne savent souvent pas de quoi souffrent leurs patients. Ils font les tests malaria, typhoïde... et après, ils ne savent plus" de quelle maladie il s'agit, commente le chercheur.

Approfondir la recherche sur les maladies infectieuses en Afrique est fondamental. Mais le coût est élevé et même si les donateurs sont conscients de l'urgence, d'autant plus au regard de la pandémie actuelle, les obstacles sont nombreux.

Beaucoup de chercheurs, médecins, membres du personnel soignant préfèrent toujours exercer à l'étranger, pour des salaires plus intéressants ou tout simplement parce qu'ils n'ont bien souvent pas les moyens d'exercer leur métier chez eux.

"Les jeunes étudiants africains peuvent être formés dans les meilleures universités du monde mais s'il n'y aucune structure pour les accueillir en Afrique une fois leur diplôme en poche, ça ne sert à rien", dit-il.

-Biologie moléculaire et codage informatique

Idowu Olawoye, lui, a étudié la biologie moléculaire et le codage informatique en Angleterre avant de rentrer en 2016. Vivre dans la petite ville d'Ede, à plus de six heures de route de la capitale économique Lagos ne lui pèse pas, assure-t-il. "J'ai surtout envie de participer au développement de mon pays".

A 27 ans à peine, il traite actuellement les données des séquençages génétiques du Covid-19 pour le Nigeria: "Vous voyez, grâce à la lecture de l'ADN du virus, on peut voir par où il est passé. C'est comme si je lisais son passeport", vulgarise autant qu'il le peut, le jeune doctorant en montrant des schémas sur un iMac dernier cri.

Sa collègue Jessica Uwamibe aussi voulait à tout prix "se sentir utile". Chercheuse en biologie moléculaire de 29 ans, elle commençait tout juste ses études à l'Université de Redeemer's à Ede lorsque l'épidémie d'Ebola a éclaté en Afrique de l'Ouest en 2014.

Six ans plus tard, elle finalise les derniers détails pour la mise en circulation des tests rapides Covid-19, élaborés sur le même modèle que ceux imaginés pour Lassa et Ebola et travaille déjà à la recherche d'un vaccin à partir des données génomiques découvertes sur les patients au Nigeria.

"Pourquoi aller ailleurs?", demande la jeune femme. "Ici nous avons les maladies et maintenant, on a les connaissances et les équipements".

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Le chef de la police anticorruption nigériane arrêté pour corruption présumée

Ibrahim Magu, ex-president de la Commission des crimes économiques et financiers, à Abuja, le 13 juillet 2020. (VOA/Gilbert Tamba)

Le président de l'agence nationale de lutte contre les crimes financiers (EFCC) du Nigeria, Ibrahim Magu, est emprisonné depuis une semaine. Suspendu de ses fonctions, il fait l’objet d’une enquête pour corruption.

Ibrahim Magu était considéré comme un cadre intransigeant. Il a été une figure clé de la campagne anticorruption menée par le président Muhammadu Buhari depuis son arrivée au pouvoir en 2015, un objectif majeur de sa campagne et l'une des promesses pour lesquelles il a été élu.

Le chef de la police anticorruption nigériane suspendu pour corruption présumée
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Durant les cinq dernières années qu’il a passées à la tête de l'agence anti-corruption, plusieurs hauts responsables politiques, dont plusieurs anciens gouverneurs des Etat puissants, des ministres ont été emprisonnés et d’autres sont encore devant la justice.

Hamza Lawal, le fondateur de l’ONG "Follow the money", explique que "les Nigérians veulent en savoir plus". "Pourquoi le président ne veut pas s’adresser aux Nigérians pour nous donner des informations? Quels sont les détails de cette enquête? Nous voulons savoir s’il est lui aussi impliqué dans un scandale financier et ce qu’il a fait", se demande-t-il.

"Il est lui aussi tombé dans un piège politique", tranche pour sa part Faith Nwadishi, directrice-exécutive du Centre de l’initiative pour la transparence​.

Le gouvernement nigérian n'a pas donné plus de détails sur les allégations contre Ibrahim Magu, suspendu de ses fonctions de chef de l'EFCC, par le président Buhari.

Selon des informations, le responsable de la lutte contre la corruption est soupçonné de s’être octroyé des biens saisis lors des perquisitions visant des biens mal acquis par des anciens hauts cadres et ministres d’Etat.

Le détournement serait évalué a plus de 100 millions de dollars US, selon des sources citant une pétition adressée au président Muhammadu Buhari

Certaines organisations de la société civile avaient exprimé des doutes sur la manière avec laquelle la commission de lutte contre des crimes économiques et financiers gérait les fonds récupérés des fonctionnaires d’Etat corrompus.

Pour Djibrin Ibrahim, du Centre pour la démocratie et le développement et professeur de sciences politiques, "ça fait cinq ans que cette question perdure".

L’EFCC est depuis dirigée par un officier de police ayant au moins le rang de commissaire ou commissaire de police assistant. Des appels commencent à se faire entendre pour un changement de personnalités à la tète de la puissante institution ou à revoir l’acte qui a donné naissance à son établissement.

L’incertitude règne toujours sur le sort de l'ancien directeur de l’agence anti-corruption du Nigeria. Le principal parti d’opposition (PDP) de l’ancien vice-président, Atiku Abubakar, qui accuse l’EFCC de chasse aux sorcières contre les opposants, souhaite qu'il soit traduit devant la justice.

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