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Côte d'Ivoire

Le président Ouattara maintient le suspense sur sa candidature en 2020

Le président ivoirien, Alassane Ouattara.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a maintenu le suspense sur son éventuelle candidature à l'élection présidentielle d'octobre 2020, lors d'une interview à la télévision d'Etat mardi, à la veille de la fête de l'Indépendance.

"Je ferai savoir (ma décision) en 2020. (...) Je vais prendre ma décision au moment opportun et sur la base de ce que mon parti me dira de faire", a déclaré M. Ouattara, qui achève son deuxième mandat, après avoir été élu en 2010 puis réélu en 2015.

"La Constitution me permet de faire deux autres mandats", a-t-il estimé.

La loi fondamentale adoptée en 2016 autorise deux mandats présidentiels, mais cette disposition est sujette à interprétation.

"J'aurai 78 ans l'année prochaine, mes médecins me disent que je suis en parfaite santé", a ajouté M. Ouattara, notant que son principal rival politique, l'ex-président Henri Konan Bédié, a "10 ans de plus" que lui.

"Nous devrions réfléchir à ce que nous pouvons donner à notre pays au-delà d'un certain âge. (...) Je veux la stabilité de mon pays et la sécurité des Ivoiriens", a souligné le président, insistant sur son bilan économique flatteur.

Le scrutin présidentiel cristallise déjà le débat politique, à 14 mois de l'échéance. En 2010, la contestation des résultats de l'élection avait débouché sur une crise majeure, qui avait fait 3.000 morts.

L'an dernier, M. Bédié, qui dirige le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA), avait rompu l'alliance de gouvernement qui l'unissait au parti présidentiel, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Les deux camps sont désormais à couteaux tirés.

Quant au troisième grand parti, le Front Populaire Ivoirien, il espère le retour de son chef Laurent Gbagbo (président de 2000 à 2010), qui réside à Bruxelles dans l'attente d'un éventuel appel de son procès devant la Cour pénale internationale, après son acquittement en première instance.

Interrogé sur la réforme, adoptée le 30 juillet par le parlement, de la Commission électorale, dont l'indépendance est contestée par l'opposition et des organisations de la société civile, le président Ouattara a jugé que "le dossier est bouclé" et annoncé qu'il allait "promulguer la loi".

Des députés d'opposition ont déposé un premier recours contre cette loi devant le Conseil constitutionnel, qui l'a rejeté.

Avec AFP

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Rencontre Gbagbo-Ouattara: les prisonniers politiques au menu des échanges

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Conférence de presse conjointe d'Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo

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Accolade historique à Abidjan entre les anciens rivaux Gbagbo et Ouattara

Le président de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara (au centre) pose avec l'ancien président Laurent Gbagbo (à gauche) au palais présidentiel d'Abidjan, le 27 juillet 2021.

Une accolade et des sourires:le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu son prédécesseur Laurent Gbagbo mardi dans une atmosphère de réconciliation, pour leur première rencontre depuis leur duel à l'élection de 2010 qui avait débouché sur une crise meurtrière.

"Comment tu vas Laurent? Content de te voir", a lancé M. Ouattara à M. Gbagbo en l'accueillant sur le perron du palais présidentiel à Abidjan où les deux hommes se sont donné l'accolade et ont avancé main dans la main.

Ils doivent tous deux s'exprimer devant la presse, après un entretien en tête à tête d'une trentaine de minutes.

Après un premier contact téléphonique au début du mois, cette rencontre doit constituer un geste de plus vers l'apaisement de la vie politique ivoirienne, dans la continuité du retour de M. Gbagbo le 17 juin.

"Le simple fait de voir Ouattara et Gbagbo ensemble est perçu comme un acte d'apaisement et un image forte offerte aux Ivoiriens dans leur quête de paix et de réconciliation nationale", notait mardi le journal d'opposition Notre Voie.

"Rendez-vous de l'espoir?" s'interrogeait le quotidien pro-gouvernement Fraternité Matin qui espère que la rencontre "ouvrira de nouvelles perspectives pour une paix durable".

Leur dernier tête-à-tête remonte au 25 novembre 2010, date à laquelle ils s'étaient affrontés dans un débat télévisé quelques jours avant le second tour de la présidentielle.

Cette élection avait débouché sur une grave crise faisant 3.000 morts, née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite.

Ce dernier avait ensuite été arrêté et poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.

- "Décrisper l'atmosphère" -

Mais depuis le retour, grâce au feu vert du président Ouattara, de son ancien rival, définitivement acquitté par la justice internationale, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres.

"Laurent Gbagbo est dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de réconciliation", assure à l'AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), son parti.

"C'est une visite de courtoisie à son aîné (...) si cela peut permettre de décrisper l'atmosphère politique, tant mieux", a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans.

"Il n'y a jamais eu d'interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement", a relevé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Le gouvernement avait également laissé entendre qu'il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

Une perspective qui ne plait pas à tout le monde, à l'image d'Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d'Ivoire.

"Nous sommes ici pour dénoncer l'exécution sélective des décisions de justice en Côte d'Ivoire. Nous estimons que la réconciliation ne peut pas se résumer à la rencontre de deux citoyens, il faut la vérité, la justice", a-t-il déclaré mardi à l'occasion d'un hommage aux victimes de la crise, au cimetière de Williamsville, un quartier d'Abidjan.

L'apaisement entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo n'a rien d'évident, tant l'histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011.

"Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n'est pas totalement anodin! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c'est une évolution de cette relation", souligne l'analyste politique Rodrigue Koné à l'AFP.

Difficile en tout cas d'imaginer M. Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s'est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara, 79 ans.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l'opposition et n'avait pas manqué d'égratigner M. Ouattara.

Il l'avait notamment appelé à "respecter les textes", en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d'une présidentielle boycottée par l'opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

Les Ivoiriens dans l'attente d'une poignée de main Gbagbo-Ouattara

Des Ivoiriens regardent un débat présidentiel télévisé entre le président Laurent Gabgbo et son adversaire Alassane Ouattara, le 25 novembre 2010 à Abidjan.

Leur dernière poignée de mains remonte à plus de dix ans: c'était le 25 novembre 2010 à Abidjan, lors de leur débat diffusé en direct sur la RTI, chaîne nationale. Ce mardi, la Côte d'Ivoire dans son ensemble attend de voir si, au nom de la réconciliation nationale prônée par leurs deux camps, les deux hommes parviendront à se serrer à nouveau la main.

En effet, le président ivoirien Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo doivent se rencontrer mardi, une première depuis leur duel qui avait débouché sur une violente crise.

Après un premier contact téléphonique au début du mois de juillet, ce face-à-face prévu au palais présidentiel à Abidjan devrait constituer un geste de plus vers l'apaisement de la vie politique en Côte d'Ivoire, dans la continuité du retour de M. Gbagbo dans le pays le 17 juin.

"Laurent Gbagbo est dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de réconciliation", assure à l'AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de M. Gbagbo.

"Il ne peut pas exclure quelle que rencontre que ce soit avec un acteur majeur de la politique, cela va dans la droite ligne de notre disposition d'esprit que de rencontrer le président Ouattara", 79 ans, ajoute-t-il.

"C'est une visite de courtoisie à son aîné (...) si cela peut permettre de décrisper l'atmosphère politique, tant mieux", a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans, appelant toutefois "à ne pas donner plus de relief à cette rencontre qu'elle n'en a".

"Il n'y a jamais eu d'interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement", a estimé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Depuis le retour de Laurent Gbagbo, acquitté par la justice internationale de crimes contre l'humanité, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres.

Elle n'est pourtant pas évidente, tant l'histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011.

"Pas anodin"

Cette crise, née de la contestation des résultats de la présidentielle, a fait plus de 3.000 morts. Au final, Alassane Ouattara avait prêté serment et M. Gbagbo, au pouvoir depuis 2010, s'était retrouvé à la Cour pénale internationale (CPI).

Définitivement acquitté par la CPI, Laurent Gbagbo a pu rentrer en Côte d'Ivoire grâce au feu vert de son ancien rival, toujours au nom de la "réconciliation nationale".

Le parti de Ouattara dénonce une "alliance de dupes" entre Gbagbo et Bédié
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Le gouvernement avait également laissé entendre qu'il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

"Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n'est pas totalement anodin! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c'est une évolution de cette relation: le face-à-face est une reprise de parole en direct", souligne l'analyste politique Rodrigue Koné à l'AFP.

Selon lui, le camp du président en exercice "interprète cette rencontre comme une reconnaissance de la légitimité et de la légalité d'Alassane Ouattara par Laurent Gbabgo. De façon aussi visible et officielle cela n'avait pas encore été acté. C'est symboliquement très important".

Difficile cependant d'imaginer Laurent Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s'est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l'opposition et il n'avait pas manqué d'égratigner M. Ouattara.

Il l'avait notamment appelé à "respecter les textes", en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d'une présidentielle boycottée par l'opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, chantres de la réconciliation
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