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Les Etats-Unis et l'Afrique veulent relancer leurs échanges commerciaux

Le ministre ivoirien du commerce, Souleymane Diarrassouba, à la cérémonie de clôture de la 16eme conférence de l’Agoa à Lomé, Togo, 10 août 2017. (VOA/Kayi Lawson)

Les Etats-Unis et l'Afrique subsaharienne veulent relancer leurs échanges commerciaux, en berne depuis plusieurs années malgré les larges exemptions douanières offertes à 39 pays du continent par les Américains grâce au programme Agoa.

C'est l'objectif du 18e Forum Agoa qui réunit à Abidjan jusqu'à mardi 39 pays africains, les Etats-Unis et des entités régionales: l'Union africaine et la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (Cédéao).

Lancé en 2000 sous la présidence de Bill Clinton, l'Agoa (Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique) "n'a pas changé la donne pour de nombreux pays africains, comme nous l'espérions", a déclaré la représentante adjointe des États-Unis au commerce extérieur pour l'Afrique, Constance Hamilton, lors d'un point de presse.

Malgré une franchise de droits de douanes sur 6.500 produits (produits pétroliers, agricoles, textiles, artisanat...), les échanges commerciaux patinent. Après avoir quadruplé de 2002 à 2008, où ils avaient atteint 100 milliards de dollars (90 milliards d'euros), ils ont replongé jusqu'à 39 milliards de dollars en 2017, selon les chiffres de l'agence de développement américaine USAID.

Même si le solde a toujours été largement bénéficiaire pour l'Afrique, ces montants restent "faibles", juge Mme Hamilton.

De plus, les produits pétroliers représentent les deux tiers de ces exportations, alors que l'ambition du programme Agoa était de diversifier les échanges pour aider à l'industrialisation de l'Afrique subsaharienne, a-t-elle souligné.

Dans le secteur textile, l'Afrique n'exporte que pour 1 milliard de dollars par an vers les Etats-Unis, soit à peine plus de 1% du total des importations américaines de ce secteur.

- "En dessous du potentiel" -

"L'évolution des échanges commerciaux entre l'Afrique et les Etats-Unis reste largement en dessous du potentiel", a également jugé lundi le ministre ivoirien du Commerce et de l'Industrie, Souleymane Diarrassouba dans son discours d'ouverture du Forum. Et il a souhaité "un bond quantitatif et qualitatif".

Les Etats-Unis sont le troisième partenaire commercial de l'Afrique, après l'Union européenne et la Chine.

"Il faut identifier les moyens de renforcer les opportunités commerciales offertes par l'Agoa" pour "tirer pleinement profit de l'accès au marché américain", a renchéri le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui souhaite tripler les exportations de son pays vers les Etats-Unis (de 1 à 3,5 milliards de dollars) d'ici 2025, date où ce programme prendra fin.

Ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international dans les années 1990, M. Ouattara a aussi invité les Américains à investir davantage en Afrique subsaharienne. Cette zone n'attire qu'a peine 1% des investissements américains dans le monde, a-t-il souligné.

Selon les conclusions de la réunion ministérielle préparatoire à la réunion, seulement 18 pays africains sur 39 ont mis en place une "stratégie nationale d'intervention" pour profiter de l'accord Agoa. Beaucoup d'entreprises africaines ignorent les possibilités offertes, ou ne savent pas comment en profiter.

Les 21 pays sans stratégie sont donc invités à en élaborer une "sans délai".

Le Représentant adjoint au Commerce américain, Curtis Joseph Mahoney, a souligné la nécessité pour les Etats-Unis et l'Union africaine de "travailler ensemble" à un "partenariat commercial plus étroit", alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec) a été officiellement lancée début juillet, avec un démarrage effectif prévu dans un an.

"Nous espérons, en temps voulu, un accord de libre-échange réciproque", a plaidé M. Mahoney.

Avec AFP

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Soro porte plainte à Paris contre le procureur ivoirien

L'ex-président de l'Assemblée National Guillaume Soro

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne et ex-Premier ministre Guillaume Soro, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt sous l'accusation d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire", a déposé plainte à Paris contre le procureur d'Abidjan, ont fait savoir jeudi ses avocats.

"Les avocats de M. Guillaume Soro (...) ont déposé, une plainte auprès du Procureur de la République de Paris (...) pour des faits de captation illicite de la vie privée, diffusion illégale, de montage illicite et de tentative d'escroquerie au jugement", selon son cabinet de communication qui a également transmis le certificat de plainte déposée mercredi.

Ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, M. Soro, qui a annoncé sa candidature à la présidentielle d'octobre 2020, avait tenté le 23 décembre de revenir en Côte d'Ivoire, après six mois à l'étranger. Mais, après avoir appris qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt, Soro était reparti en avion vers l'Europe. Plusieurs de ses proches dont des députés ont été ensuite arrêtés.

"Cette plainte fait suite à la diffusion d'un enregistrement par le procureur de la République, Richard Adou, lors d'une conférence de presse au tribunal de première instance d'Abidjan, le 26 décembre et qui a motivé par ce dernier l'émission d'un mandat d'arrêt international contre M. Guillaume Soro", dit le communiqué.

Selon le certificat daté du 22 janvier, M. Soro a porté plainte "contre X" et contre le procureur Richard Adou mais aussi contre trois autres personnes qu'il soupçonne d'avoir participé à l'enregistrement de ses conversations.

Longtemps allié au président Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

M. Soro, figure de la vie politique ivoirienne et populaire parmi la jeunesse, ambitionnait de bousculer l'échiquier politique ivoirien pour la présidentielle de 2020.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts, le scrutin s'annonce tendu. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

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Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Le parlement ivoirien à Abidjan, le 9 janvier 2017.

L'Assemblée nationale ivoirienne, où le pouvoir dispose d'une majorité absolue, a annoncé mardi avoir voté la levée de l'immunité parlementaire de cinq députés pro-Soro arrêtés après le retour avorté le 23 décembre de l'ex-chef rebelle Guillaume Soro, dont l'immunité a également été levée.

"L'immunité parlementaire des députés est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l'Assemblée nationale", selon le texte daté de lundi.

La levée d'immunité de Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Alain Lobognon, Mamadou Soro, Soumaila Yao ainsi que de Guillaume Soro, a été votée après "une requête du groupe RHDP" (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), coalition soutenant le président Alassane Ouattara, précise le communiqué.

La justice ivoirienne accuse l'ex-Premier ministre et ex-président de l'Assemblée nationale d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" pour s'emparer du pouvoir. M. Soro avait appris le 23 décembre qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à son encontre alors qu'il était dans un vol le ramenant en Côte d'Ivoire après six mois d'absence à l'étranger. Il avait alors fait demi-tour tandis que les forces de l'ordre avaient arrêté certains de ses proches dont les cinq députés.

"C'est une situation totalement ubuesque. On baigne dans le non-droit, dans les vices de procédure. Un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l'immunité de députés et encore plus le bureau de l'Asssemblée ne peut pas statuer sur la levée de l'immunité", a réagi Louis Ouattara, un proche de M. Soro.

Longtemps allié d'Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Jusqu'à cette affaire, M. Soro était considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Les évêques ivoiriens "préoccupés" avant la présidentielle

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Après la mort d'un enfant dans un train d'aterrissage, un quartier d'Abidjan sur le point d'être rasé

Un avion de la compagnie nationale ivoirienne Air Cote d'Ivoire, un Airbus A320 de nouvelle génération, a atterri à l'aéroport Felix Houphouet-Boigny d'Abidjan, le 18 juillet 2017.

Les habitants du quartier populaire d'Adjouffou vidaient lundi leurs maisons avant qu'elles ne soient rasées pour instaurer un périmètre de sécurité autour de l'aéroport d'Abidjan, conséquence de la découverte le 8 janvier du corps d'un enfant dans le train d'atterrissage à Roissy.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'enfant âgé de 14 ans a sans doute escaladé un mur de l'aéroport puis s'est accroché aux roues de l'avion juste avant le décollage d'un vol Abidjan-Paris.

La semaine dernière, les autorités ont annoncé "la création d'un périmètre de sécurité, une bande de 200 mètres" tout autour de la clôture de l'aéroport. Le quartier d'Adjouffou, qui compte environ 25.000 habitants, va donc être partiellement détruit et le début des opérations devaient débuter lundi.

Ce n’’est pas bon! On n’a rien. On fait quoi maintenant? Je ne vais plus à l'école. Regardez mon papa!", s'insurge Aicha Sawadogo 14 ans. Son père ramasse les dernières affaires de sa maison, un taudis aux murs en carton et bois. La jeune fille éclate en sanglots: Ce n’’est pas bon, pas bon..."

L'eau a été coupée depuis trois jours. Sur certains murs, on voit l'inscription en rouge "AD" (à détruire). Lundi, les habitants qui avaient déjà commencé le déménagement les jours précédents, emportaient tout ce qu'ils pouvaient de leurs maisons, arrachant portes, fenêtres et toits. Le quartier semble avoir été dévasté par une tempête ou une explosion.

Francs Kablan, chauffeur routier, neuf bouches à nourrir, est désemparé. Il donne un coup de main à un voisin pour l'aider à enlever son toit. "Je suis là parce que je ne sais pas où aller. On a mis les affaires chez la famille de ma femme. Je suis né ici, 40 ans que j'habite ici. Avant, il n'y avait pas de mur, on voyait les avions. Il n'y a jamais eu de problème. L'enfant n'est pas passé par ici", estime-t-il.

- "Que le gouvernement ait pitié" -

"Tout le monde paie le prix pour une seule personne", crie une femme en écoutant M. Kablan.

"Que le gouvernement ait pité de nous. Nous, on est pauvre. On souffre déjà assez. On n'a pas d'argent pour louer. Mes affaires sont dispersées. Je ne suis pas allée à l'école ce matin", se lamente Epiphanie Djossou, 19 ans, élève de terminale. Amélie Djossou, sa grand-mère, habite le quartier depuis 50 ans. "Au début il y avait une maison par ci, par là. Maintenant c'est une ville. On ne sait pas où aller", dit-elle.

La mort du jeune Laurent Barthélémy Ani Guibahi, retrouvé le 8 janvier dans le train d'atterrissage d'un avion Roissy, a ému tout le pays, mais certains se sont aussi inquiétés des mesures de sécurité autour de l'aéroport dans un pays sous la menace djihadiste. La Côte d'Ivoire a été touchée par un attentat en mars 2016 (19 morts) dans la station balnéaire de Bassam proche de l'aéroport.

"Même un poulet quand tu le déplaces, tu prévois un autre endroit pour lui. Rien n'est prévu pour nous. Il faut des mesures d'accompagnement", affirme Abdul Ouattara, 41 ans, qui a toujours habité le quartier. "Quand on était jeune, on traversait la piste pour cultiver du manioc ou cueillir des mangues... On a toujours été ici. Il y a des écoles, des boutiques, des églises, des mosquées..."

Des sites pour reloger les expulsés sont à l'étude, avait assuré Hamed Diomandé, directeur de cabinet du ministre des Transports, la semaine dernière.

Le quartier d'Adjouffou se situe sur l'emprise de l'aéroport et donc des terrains appartenant à l'Etat même s'il se trouve à l'extérieur de la clôture.

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