Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Côte d'Ivoire

Le recours de l'opposition ivoirienne rejeté par le Conseil constitutionnel

Des agents de la Commission électorale indépendante (CEI) procèdent au dépouillement des bulletins de vote à Abidjan, le 30 octobre 2016.

Trois groupes parlementaires avaient saisi le Conseil, estimant que la réforme de la commission électorale ne garantissait pas l'indépendance et l'impartialité de cet organe chargé d'organiser notamment la présidentielle d'octobre 2020 en Côte d'Ivoire.

Le Conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire a rejeté lundi le recours formé par trois groupes parlementaires de l'opposition contre la loi réformant la Commission électorale indépendante (CEI), adoptée le 30 juillet par l'Assemblée nationale.

Le Conseil constitutionnel a jugé la requête "irrecevable en la forme" car mal étayée, selon sa décision.

Les trois groupes parlementaires, PDCI-RDA, Vox Populi et Rassemblement, avaient annoncé lundi avoir saisi le Conseil vendredi dernier, estimant que la réforme de la CEI ne garantissait pas l'indépendance et l'impartialité de cet organe chargé d'organiser les élections, notamment la présidentielle d'octobre 2020 qui cristallise le débat politique ivoirien.

Selon Yasmina Ouegnin, députée du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA, dirigé par l'ancien président Henri Konan Bédié), "66 députés" avaient déposé la requête.

"Cette loi ne respecte pas l'arrêt de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples", avait déclaré Alain Lobognon, proche de Guillaume Soro (ex-président de l'Assemblée nationale), estimant que l'adoption du texte était un "passage en force".

La Cour africaine des droits de l'homme avait jugé en 2016 que la CEI n'était pas indépendante, enjoignant au gouvernement ivoirien de la réformer.

M. Lobognon avait annoncé mercredi dernier son intention de saisir également à nouveau la Cour africaine des droits de l'homme.

La loi créant la nouvelle commission avait été adoptée par le Parlement dominé par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition du président Alassane Ouattara.

La nouvelle CEI doit comprendre 15 membres, contre 17 auparavant: un représentant du président de la République, un du ministre de l'Intérieur, six de la société civile, six des partis politiques - équitablement répartis entre le pouvoir et l'opposition - et un représentant du Conseil supérieur de la magistrature.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3.000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo d'admettre sa défaite face à l'actuel chef de l'Etat.

Le ministre ivoirien de l'Intérieur et de la Sécurité, Sidiki Diakité, assure que le texte "apporte un meilleur équilibre dans la composition des organes de la commission centrale, du bureau et des commissions locales".

L'opposition juge cependant que la composition de la nouvelle commission ne présente pas de garanties d'indépendance, estimant qu'un trop grand nombre de ses membres seront nommés par le pouvoir ou des organismes liés au pouvoir en place.

Toutes les actualités

Rencontre Gbagbo-Ouattara: les prisonniers politiques au menu des échanges

Rencontre Gbagbo-Ouattara: les prisonniers politiques au menu des échanges
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Conférence de presse conjointe d'Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo

Conférence de presse conjointe d'Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:58 0:00

Accolade historique à Abidjan entre les anciens rivaux Gbagbo et Ouattara

Le président de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara (au centre) pose avec l'ancien président Laurent Gbagbo (à gauche) au palais présidentiel d'Abidjan, le 27 juillet 2021.

Une accolade et des sourires:le président ivoirien Alassane Ouattara a reçu son prédécesseur Laurent Gbagbo mardi dans une atmosphère de réconciliation, pour leur première rencontre depuis leur duel à l'élection de 2010 qui avait débouché sur une crise meurtrière.

"Comment tu vas Laurent? Content de te voir", a lancé M. Ouattara à M. Gbagbo en l'accueillant sur le perron du palais présidentiel à Abidjan où les deux hommes se sont donné l'accolade et ont avancé main dans la main.

Ils doivent tous deux s'exprimer devant la presse, après un entretien en tête à tête d'une trentaine de minutes.

Après un premier contact téléphonique au début du mois, cette rencontre doit constituer un geste de plus vers l'apaisement de la vie politique ivoirienne, dans la continuité du retour de M. Gbagbo le 17 juin.

"Le simple fait de voir Ouattara et Gbagbo ensemble est perçu comme un acte d'apaisement et un image forte offerte aux Ivoiriens dans leur quête de paix et de réconciliation nationale", notait mardi le journal d'opposition Notre Voie.

"Rendez-vous de l'espoir?" s'interrogeait le quotidien pro-gouvernement Fraternité Matin qui espère que la rencontre "ouvrira de nouvelles perspectives pour une paix durable".

Leur dernier tête-à-tête remonte au 25 novembre 2010, date à laquelle ils s'étaient affrontés dans un débat télévisé quelques jours avant le second tour de la présidentielle.

Cette élection avait débouché sur une grave crise faisant 3.000 morts, née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite.

Ce dernier avait ensuite été arrêté et poursuivi devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité.

- "Décrisper l'atmosphère" -

Mais depuis le retour, grâce au feu vert du président Ouattara, de son ancien rival, définitivement acquitté par la justice internationale, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres.

"Laurent Gbagbo est dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de réconciliation", assure à l'AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), son parti.

"C'est une visite de courtoisie à son aîné (...) si cela peut permettre de décrisper l'atmosphère politique, tant mieux", a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans.

"Il n'y a jamais eu d'interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement", a relevé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Le gouvernement avait également laissé entendre qu'il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

Une perspective qui ne plait pas à tout le monde, à l'image d'Issiaka Diaby, président du Collectif des victimes de Côte d'Ivoire.

"Nous sommes ici pour dénoncer l'exécution sélective des décisions de justice en Côte d'Ivoire. Nous estimons que la réconciliation ne peut pas se résumer à la rencontre de deux citoyens, il faut la vérité, la justice", a-t-il déclaré mardi à l'occasion d'un hommage aux victimes de la crise, au cimetière de Williamsville, un quartier d'Abidjan.

L'apaisement entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo n'a rien d'évident, tant l'histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011.

"Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n'est pas totalement anodin! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c'est une évolution de cette relation", souligne l'analyste politique Rodrigue Koné à l'AFP.

Difficile en tout cas d'imaginer M. Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s'est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara, 79 ans.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l'opposition et n'avait pas manqué d'égratigner M. Ouattara.

Il l'avait notamment appelé à "respecter les textes", en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d'une présidentielle boycottée par l'opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

Les Ivoiriens dans l'attente d'une poignée de main Gbagbo-Ouattara

Des Ivoiriens regardent un débat présidentiel télévisé entre le président Laurent Gabgbo et son adversaire Alassane Ouattara, le 25 novembre 2010 à Abidjan.

Leur dernière poignée de mains remonte à plus de dix ans: c'était le 25 novembre 2010 à Abidjan, lors de leur débat diffusé en direct sur la RTI, chaîne nationale. Ce mardi, la Côte d'Ivoire dans son ensemble attend de voir si, au nom de la réconciliation nationale prônée par leurs deux camps, les deux hommes parviendront à se serrer à nouveau la main.

En effet, le président ivoirien Alassane Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo doivent se rencontrer mardi, une première depuis leur duel qui avait débouché sur une violente crise.

Après un premier contact téléphonique au début du mois de juillet, ce face-à-face prévu au palais présidentiel à Abidjan devrait constituer un geste de plus vers l'apaisement de la vie politique en Côte d'Ivoire, dans la continuité du retour de M. Gbagbo dans le pays le 17 juin.

"Laurent Gbagbo est dans un esprit d'ouverture, de dialogue et de réconciliation", assure à l'AFP Franck Anderson Kouassi, porte-parole du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de M. Gbagbo.

"Il ne peut pas exclure quelle que rencontre que ce soit avec un acteur majeur de la politique, cela va dans la droite ligne de notre disposition d'esprit que de rencontrer le président Ouattara", 79 ans, ajoute-t-il.

"C'est une visite de courtoisie à son aîné (...) si cela peut permettre de décrisper l'atmosphère politique, tant mieux", a commenté de son côté Justin Katinan Koné, porte-parole de M. Gbagbo, 76 ans, appelant toutefois "à ne pas donner plus de relief à cette rencontre qu'elle n'en a".

"Il n'y a jamais eu d'interruption du dialogue dans notre pays et il se poursuivra parce que telle est la volonté du gouvernement", a estimé le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly.

Depuis le retour de Laurent Gbagbo, acquitté par la justice internationale de crimes contre l'humanité, le mot réconciliation est sur toutes les lèvres.

Elle n'est pourtant pas évidente, tant l'histoire entre les deux hommes reste intimement marquée par les violences post-électorales de 2010-2011.

"Pas anodin"

Cette crise, née de la contestation des résultats de la présidentielle, a fait plus de 3.000 morts. Au final, Alassane Ouattara avait prêté serment et M. Gbagbo, au pouvoir depuis 2010, s'était retrouvé à la Cour pénale internationale (CPI).

Définitivement acquitté par la CPI, Laurent Gbagbo a pu rentrer en Côte d'Ivoire grâce au feu vert de son ancien rival, toujours au nom de la "réconciliation nationale".

Le parti de Ouattara dénonce une "alliance de dupes" entre Gbagbo et Bédié
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:55 0:00


Le gouvernement avait également laissé entendre qu'il ne ferait pas appliquer la condamnation de M. Gbagbo à vingt ans de prison pour le "braquage" de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO) pendant les événements de 2010-2011.

"Les deux protagonistes de la crise vont se rencontrer, ce n'est pas totalement anodin! La rencontre ne va pas effacer les divergences abyssales entre eux, mais c'est une évolution de cette relation: le face-à-face est une reprise de parole en direct", souligne l'analyste politique Rodrigue Koné à l'AFP.

Selon lui, le camp du président en exercice "interprète cette rencontre comme une reconnaissance de la légitimité et de la légalité d'Alassane Ouattara par Laurent Gbabgo. De façon aussi visible et officielle cela n'avait pas encore été acté. C'est symboliquement très important".

Difficile cependant d'imaginer Laurent Gbagbo rester discret dans le jeu politique ivoirien. Depuis son retour, il s'est déjà affirmé comme un opposant politique de premier plan à Alassane Ouattara.

Très vite, il était allé rencontrer Henri Konan Bédié, un autre ancien président, désormais poids lourd de l'opposition et il n'avait pas manqué d'égratigner M. Ouattara.

Il l'avait notamment appelé à "respecter les textes", en référence à sa réélection en 2020 pour un troisième mandat controversé, au cours d'une présidentielle boycottée par l'opposition qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, chantres de la réconciliation
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:15 0:00

Tabaski: après la fête, les prix du mouton chutent

Tabaski: après la fête, les prix du mouton chutent
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:18 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG