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Gabon

Le président Bongo à une cérémonie 10 mois après son AVC

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba au 10ème sommet du BRI, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a assisté vendredi à une cérémonie commémorative à Libreville, sans faire de discours mais en présence des médias internationaux, une rare apparition depuis son AVC il y a dix mois, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il s'agit de sa première apparition publique, hors de son palais et filmée par d'autres organes que ceux de la communication de la présidence ou des médias d'Etat hors de son palais présidentiel, au moment où une partie de l'opposition relance le débat sur sa capacité à exercer ses fonctions.

Les détracteurs du chef de l'Etat appellent d'ailleurs les Gabonais à venir massivement se faire leur avis sur la question samedi, lors du défilé militaire pour le 59e anniversaire de l'indépendance, auquel M. Bongo assiste chaque année.

Le président a également prononcé vendredi soir un discours de quelque 11 minutes, enregistré et diffusé à la télévision gabonaise, comme il l'avait déjà fait début juin.

Assis derrière le bureau présidentiel, M. Bongo a demandé "des efforts" à son gouvernement et à sa population avant d'annoncer des investissements dans les infrastructures, avec notamment le début, en septembre, d'une route de 780 km, la "transgabonaise", qui devra relier deux des plus grandes villes du pays, Libreville à l'ouest et Franceville à l'est.

Dans la matinée, M. Bongo, 60 ans, souriant, a échangé quelques mots avec des officiers des forces de sécurité, avant de déposer une gerbe au mausolée du premier président gabonais, Léon Mba.

Le chef de l'Etat se déplaçait avec une canne et son aide de camp l'a aidé à gravir quelques marches d'un escalier, ont constaté des journalistes de l'AFP assistant à la cérémonie, qui a duré une demi-heure, sur un parcours écourté par rapport aux années précédentes.

Le chef de l'Etat avait été hospitalisé d'urgence le 24 octobre 2018 à Ryad, où il devait assister à un forum économique.

La présidence avait dans un premier temps affirmé qu'il avait eu "un malaise" dû à une "fatigue sévère". Ce n'est que le 9 décembre que Libreville a parlé officiellement d'un AVC.

M. Bongo a séjourné longuement au Maroc pour sa convalescence avant de rentrer définitivement au Gabon fin mars. Depuis l'AVC, ses apparitions publiques sont millimétrées, entre photos prises par les services de la présidence, publiées sur les réseaux sociaux, et discours diffusés en différé.

Dix personnalités de l'opposition ont déposé fin mars un recours devant la justice pour demander un examen médical du président pour déterminer s'il est en capacité de diriger le pays.

Une audience est prévue devant la cour d'Appel de Libreville le 26 août mais, en attendant, le défilé militaire de samedi pour la fête nationale sera déjà "l'occasion pour le citoyen lambda de se faire sa propre opinion", résume Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, un des dix signataires de "Appel à Agir", le collectif qui a déposé la demande d'expertise médicale.

Pour Florence Bernault, historienne à Sciences Po spécialiste du Gabon, ces rumeurs doivent leur survie à "la peur du faux" des Gabonais, qui n'ont toujours pas digéré la victoire - contestée par l'opposition - d'Ali Bongo aux élections de 2016.

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La société civile gabonaise s'active pour préserver les marais

Des mangroves dans la zone du Cap Esterias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020.

Au Gabon, les ONG dénoncent un massacre écologique et environnemental dont les conséquences sont à craindre si rien n’est fait, notamment du fait que les sols de ces marais sont des puits de carbone très efficaces, selon les spécialistes.

"Notre pays adhère pourtant à l’urgence de préserver 30% des terres et 30% des océans à l’horizon 2030", s’indigne Paul Kopedina Itanguino, le président de l’ONG Action citoyenne pour le développement local, est à l’origine de la campagne de dénonciation du massacre des mangroves du Cap Esterias, au nord de Libreville.

"Il y a de cela 15 ans toute cette zone était couverte de mangroves. Aujourd’hui c’est le désert", soutient-il devant l’ampleur des dégâts.

Un véritable désastre "écologique" qui pèse sur toute une économie locale du fait de l’occupation anarchique des terres par les gros bonnets.

Barrière naturelle contre l’élévation du niveau de la mer, réservoir immense en matière de biodiversité, “supermarché” naturel pour certaines populations, la mangrove de Libreville est en danger. Aujourd’hui, de nombreuses associations mettent en œuvre des projets pour la protéger.

Paul Kopedina Itenguino, président de l’ONG ACDL Cap Estérias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020. (VOA/Ismaël Obiang Nze)
Paul Kopedina Itenguino, président de l’ONG ACDL Cap Estérias au nord de Libreville, Gabon, le 20 novembre 2020. (VOA/Ismaël Obiang Nze)

C’est le cas de l’ONG Pumerea dont les membres multiplient d’efforts afin de préserver ou replanter les forêts de mangrove, qui couvrent un peu plus de 2000 hectares de surface de terres gabonaises.

Cette zone dite Okala, toujours au nord de Libreville, est une expérience réussie pour Landry Lignabou et ses hommes.

Leur mobilisation pour la sauvegarde de cet écosystème n’a rien du hasard. Elle est la réponse à la disparition de forêts de palétuviers qui s’est accélérée à partir des années quatre-vingt pour des raisons essentiellement économiques.

"Nous mettons l’accent sur le reboisement. Mais le constat est que les mangroves sont polluées par les déchets plastiques et la mauvaise gestion des ordures ménagères", déclare Landry Lignabou, président de l’ONG Pumerea. "Nous ne voulons jeter la pierre sur personne. Ce que nous voulons, c’est une synergie d’action autour de ce projet qui est d’intérêt communautaire", ajoute-t-il.

Avec le développement de la ville, le littoral est devenu victime d’une urbanisation parfois massive, bien souvent au détriment de la mangrove. L’activité humaine empiète donc de plus en plus sur la mer pour la construction de villas.

Nicaise Rabenkogo étudie le phénomène depuis une vingtaine d’années. Le spécialiste sciences marines fait régulièrement la ronde des zones tampons pour une collecte de données devant servir aux analyses scientifiques. Ce qu’il voit ici l’inquiète car, dit il, la survie des espèces aquatiques est menacée par la pollution de l’eau.

"La ville doit mettre en place un système de ramassage de déchets plastiques et d’ordures ménagères de sorte que ces polluants-là ne dégradent pas le travail qui est déjà fait par l’agence des parcs nationaux", selon Nicaise Rabenkogo, chef de département des sciences marines à l’Institut des recherches en sciences humaines de l’Université Omar Bongo.

Le ministère gabonais des eaux et forêts a pris un arrêté en juillet dernier pour donner obligation aux porteurs de projets dans les zones de mangroves de réaliser une étude d’impact sur site.

La mangrove gabonaise disparait au profit de projets immobiliers
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La rentrée scolaire cause d’énormes soucis aux autorités gabonaises

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La seule école et troupe gabonaise de cirque lutte pour sa survie

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La mangrove gabonaise disparait au profit de projets immobiliers

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La seule école gabonaise du cirque risque de disparaître

Les jeunes s'entraînent dans un parc à Libreville, au Gabon, le 2 février 2017.

Wiltrid Mabiala porte bien son pantalon léopard. Souple et agile comme un félin, il se hisse au sommet d'une pyramide humaine, la tête en bas. Six mètres plus bas, le fin tapis de sol n'offre qu'une protection illusoire.

Car la troupe professionnelle du cirque de l'Équateur au Gabon, qui a représenté ce pays d'Afrique centrale dans les plus grands festivals internationaux jusqu'à la fin des années 2000, n'a plus les moyens d'assurer la sécurité de ses artistes.

Les tatamis partent en lambeaux, les longes de sécurité sont rompues et les filets pour les acrobates ont disparu. Faute de financement et de commandes de spectacles, la seule école de cirque du Gabon - et sa seule troupe - lutte pour sa survie.

"Le cirque, c'est du matériel de scène. Des trampolines, du matériel de jonglage, des diabolos. Tout ça nous manque. Alors qu'on a des spécialistes dans tous les domaines", soupire Séraphin Abessolo, 49 ans, l'aîné de la troupe avec près de 30 années passées au cirque.

Depuis le coronavirus, "plus personne ne nous appelle, ça fait presque neuf mois qu'on n'a pas fait de prestation. C'est très compliqué pour la troupe" et ses 47 artistes, se lamente-t-il.

Mais les difficultés sont bien antérieures à l'épidémie.

Cirque Bouglione 1994-1995, Festival de Shanghaï 1998-2000, Festival de Rome 2000: les pancartes rouges accrochées aux arbres rappellent l'âge d'or de la troupe qui parcourait le monde.

Formation gratuite

"Autrefois, nous avions plus d'une vingtaine de commandes par an. 2005 marque le début des difficultés. On a eu de moins en moins de contrats, les cirques ont demandé de nouveaux numéros, plus difficiles à mettre en œuvre, et nos moyens ont baissé", explique Maïk Mpoungou, le président de l'association.

En 2009, le ministère de la Culture arrête de verser sa modique subvention annuelle de 500.000 FCFA (750 euros). Le cercle vicieux s'enclenche. Sans moyen et sans matériel, le Cirque de l'Équateur ne peut répondre aux nouvelles exigences des grands chapiteaux.

D'autant qu'eux-mêmes souffrent aussi d'une baisse de fréquentation, des polémiques sur le bien-être animal et du coût exorbitant des tournées.

A Libreville, la capitale du Gabon, la troupe continue pourtant de s'entraîner dans un trou de verdure caché au coeur de la ville, un terrain attribué par le défunt président Omar Bongo à l'église catholique Saint-André, où travaillait le missionnaire et fondateur du cirque de l'Équateur, Jean-Yves Thegner, mort du Covid en mars dernier.

Le chant des oiseaux résonne toujours sous les manguiers et bananiers. Des enfants font leur apprentissage. Ils sautent, courent, dansent, font des acrobaties sur des vieux pneus abandonnés. A l'ombre d'un vieux parasol délavé, des anciens jouent aux échecs en jetant des regards distraits sur la nouvelle génération.

L'école du cirque forme gratuitement 19 "élèves-artistes" de 8 à 14 ans, principalement des jeunes du quartier.

"C'est bon ? Première figure !", crie leur formateur, Corneille Mba Edzang. "Tends les pieds ! Il faut contrôler la peur", conseille-t-il à un jeune qui a manqué une réception.

Petits métiers pour survivre

"Ce qui m'a attiré ici, c'est de faire des acrobaties", lance Brice, 12 ans, en "troisième année".

"Nous aussi, on a envie de voyager et d'intégrer la troupe des professionnels", ajoute Emmanuel.

Le lieu continue de vibrer au rythme des acrobaties. Pourtant, aux dires des anciens, le site a perdu de sa superbe. "A l'époque, c'était comme un petit village. Il y avait un petit tunnel en pierre à l'entrée, et quand tu en sortais, tu étais émerveillé", se rappelle Séraphin avec émotion. Depuis, le tunnel s'est effondré.

Dans les habitations de fortune où vivent une dizaine d'artistes professionnels, les murs se fissurent et s'effritent sous les effets de l'âge et de l'humidité. En saison des pluies, l'eau se répand dans les maisons aux toitures percées.

Aujourd'hui, le cirque supplie les sponsors et les autorités de les aider. "On a écrit au ministre et même au président de la République Ali Bongo Ondimba, mais rien n'y fait, on n'a jamais rien eu", regrette Maïk Mpoungou.

"L'objectif de l'école, c'est de récupérer les jeunes désœuvrés et de leur offrir une formation pour qu'ils deviennent des artistes aguerris, qu'ils puissent avoir des contrats, voyager et vivre de leur art", poursuit-il.

Certains se découragent et quittent l'aventure, d'autres gardent l'espoir, comme Mathieu Bikoubilou, un acrobate de 28 ans, dans la troupe depuis cinq ans.

"Aujourd'hui, je suis obligé de faire des petits métiers pour survivre. Mais notre rêve à tous est de représenter le Gabon à l'international. Alors je m'accroche, je travaille et je me dis que derrière toutes ces difficultés, le bonheur nous attend", glisse-t-il, un large sourire aux lèvres.

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