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Le Pentagone ouvre une enquête sur une vidéo controversée en Afghanistan

Un soldat de l'armée américaine est aperçu devant un camion criblé de balles dans la vallée de Pesh, dans la province de Kunar, en Afghanistan, le 4 août 2009.

Le Pentagone a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur une vidéo diffusée en ligne, qui semble montrer un soldat américain tirant sur le chauffeur d'un camion civil en Afghanistan.

L'incident n'est visible que quelques secondes sur cette vidéo de trois minutes à laquelle a été ajouté un fond sonore de musique hip-hop. Le tout est un montage de séquences apparemment filmées par des caméras montées sur des casques et montrant des soldats des forces spéciales à l'oeuvre en Afghanistan.

La très brève séquence montre un véhicule blindé doublant un camion sur une route de campagne. On y voit le bras d'une personne portant des gants et une tenue de camouflage pointer un fusil sur le camion. L'image suivante montre la vitre du conducteur éclatée.

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La vidéo ne montre pas ce qui arrive au chauffeur du camion.

"La vidéo amateur mise en ligne sur un site public nous inquiète beaucoup", a indiqué le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le commandement central (CENTCOM), dans un communiqué.

"La vidéo en question n'est ni officielle, ni autorisée, ni représentative du professionnalisme des soldats du Commandement central", ajoute le communiqué. "Nous ouvrons une enquête sur cette vidéo et nous prendrons les mesures appropriées à l'issue de cette enquête".

Selon le site Politico, la vidéo a été mise en ligne sur YouTube sous le titre: "Happy Few Ordnance Symphony" (Symphonie pour quelques armes). Elle a été rapidement retirée mais reste visible sur d'autres sites.

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Le commandant du CENTCOM, le général Joe Votel, a indiqué avoir visionné la vidéo. "Je suis déçu, et je crains que le peuple américain, nos partenaires de la coalition internationale, le gouvernement afghan et le peuple afghan en tirent la conclusion que les soldats américains sont insensibles et indifférents aux horreurs de la guerre et aux souffrances des innocents piégés par ce conflit", a-t-il indiqué dans un communiqué.

D'autres séquences de la vidéo montrent des soldats tirant à la mitrailleuse sur des immeubles et dans la campagne, et des commandos effectuant des tirs de mortiers ou lançant des roquettes. A aucun moment on ne voit un combattant ennemi.

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Un des soldats a fixé un autocollant "Trump" sur le blindage qui le protège, signe que la vidéo a été tournée récemment.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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