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Le parti présidentiel en proie à de fortes dissensions internes

Moustapha Diakhaté, ex-chef de cabinet du PR Macky Sall, à Dakar, le 26 janvier 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, le parti présidentiel est en proie à de fortes dissensions. Il vient d'exclure Moustapha Diakhaté, l'un de ses membres fondateurs et aussi ex-chef de cabinet du Président Macky Sall. 

Moustapha Diakhaté est aussi ancien député et Président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle. Il a été exclu du parti pour avoir créé un courant parallèle afin, dit-il, de redresser la pente descente sur laquelle est le président Macky Sall.

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Prise de position contre le chef de l'État, déclarations et soutien aux manifestations contre le gouvernement, Moustapha Diakhaté s'est progressivement démarqué de la mouvance présidentielle jusqu'à la création d'un courant au sein de la majorité. C'est d'ailleurs cet acte qui a précipité son exclusion du parti créé par le président Macky Sall.

Pour Sokhna Maguette Ndiaye, responsable de l'APR, cette sanction contre ce membre-fondateur est tout à fait justifiée. "Quand on est dans un parti, on doit incarner tout ce qui doit rendre le parti viable, mais rester dans son coin et dénigrer le parti en dévoilant ses secrets, c'est comme si on était plus membre du parti".

Sokhna Maguette Ndiaye ajoute que cela signifie s'investir à moitié, et même se mettre à l'écart tout seul. Pour elle, ceux qui sont au sein du parti doivent croire aux valeurs du parti même si certaines décisions ne plaisent pas à tous, c'est ensemble qu'il faut les régler "en interne, mais pas le manifester à l'externe".



Du côté de l'opposition, on estime que l'ex chef de cabinet du Président a eu une attitude républicaine en prenant position. Pour Yoro Seck du Parti Rewmi, cette exclusion montre les limites du système démocratique des partis politiques sénégalaises: "ça pose la problématique d’abord de la démocratie dans nos partis, mais aussi la liberté d'expression. Maintenant d’aucun me diront avait-il le droit en tant que militant discipliné de faire ce qu’il a fait".

Yoro Seck affirme cependant que si les instances du parti marchent un militant n'a pas le droit d'exposer ses problèmes dans la presse. "Si les instances du parti marchent, j'insiste là-dessus, Monsieur Moustapha Diakhaté devait aller dans ces instances là et donner son point de vue par rapport à un certain nombre de choses", conclut ce responsable politique d'opposition.

Le cas Moustapha Diakhaté n'est qu'un maillon d'une chaîne de révolte au sein du parti présidentiel. C'est du moins l'avis de l'analyste politique Sidiki Daff qui estime que si ses dissensions continuent, l'APR ne va pas résister après le départ de Macky Sall du pouvoir, "c'est vraiment un parti à problème et e crois que Moustapha Diakhaté est juste le plus médiatisé".

L'analyste politique estime cependant que ses divisions n'annoncent pas forcément un déclin immédiat du parti au pouvoir "l’APR tel qu’elle est structurée, je ne vois pas un autre dirigeant y émerger à part Macky Sall".

C'est cette raison qui pousse Sidiki Daff à douter de la capacité de cette formation politique à survivre après le départ de Macky à moins qu’entre-temps elle ne change.

L'analyste politique justifie sa position par la manière dont les choses fonctionnent, "c’est un parti qui est très compliqué quand on le regarde de loin, c'est des querelles internes des croques en jambes en à plus finir". Moustapha ne s'est plus vu dans cette pagaille politique généralisée, "car on ne sait pas qui est chef et qui ne l'est pas".

Si le Parti du Président Macky Sall est secoué par des querelles internes depuis plusieurs mois et se dirige inéluctablement vers les mêmes problèmes qui ont conduit le PDS d'Abdoulaye Wade à sa chute. Cependant certains observateurs estiment que l'APR devrait tenir le temps tant que le président Sall en assure le leadership.

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Exclue de la présidentielle, la diaspora guinéenne manifeste à Dakar

Des ressortissants guinéens protestent contre le scrutin, à Dakar, le 22 octobre 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Des centaines de ressortissants guinéens au Sénégal ont marché sur l’ambassade de Guinée à Dakar pour le deuxième jour d’affilée afin de protester contre la tournure de la présidentielle dans leur pays.

Dispersés à coup de grenades lacrymogènes par le groupement d’intervention de la police sénégalaise, les citoyens guinéens résidant dans la capitale sénégalaise n’ont pas dit leur dernier mot.

Privés de vote par leur gouvernement qui a décidé de ne pas organiser le scrutin sur le territoire sénégalais, ces Guinéens ne sont pas pour autant désintéressés de ce qui se passe dans leur pays.

"Cette marche n’a jamais été planifiée, c’est venu naturellement", assure Mouhamed Diallo, ex-président de l’Amicale des élèves, étudiants et stagiaires guinéens au Sénégal.​ "Les gens se sont appelés après la proclamation des premiers résultats en Guinée", précise-t-il, avant d'ajouter: "les gens expriment leur ras-le-bol suite à l’injustice que nos frères subissent aussi en Guinée".

Pour le journaliste guinéen Mamadou Yaya Baldé, la Guinée semble courir droit vers le mur.

"Nous n’avons pas un État de droit, nous avons un état policier, un état violent qui a toujours brillé dans la répression", dénonce-t-il.

"L’histoire politique de notre pays et surtout sa sociologie électorale est caractérisée par la fraude, la violence et les contestations. Je pense que tout est réuni pour qu’il y ait une explosion en Guinée", tranche-t-il.

Les manifestants appellent également la Cédéao, l’Union africaine et la communauté internationale à agir, précisant que si la Guinée sombre, les pays limitrophes subiront de plein fouet l'impact.

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