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Sénégal

Au moins 600 morts sur les routes sénégalaises

Des voitures se croisent de manière anarchique à cause du non-respect du code de la route, 20 janvier 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, chaque année plus de 600 morts sont enregistrés et les facteurs humains sont responsables à 80% d'après les autorités de la sécurité routière. Courses poursuites, excès de vitesse sont entre autres les causes de ces nombreux accidents mortels qui ont fini de créer un sentiment d'insécurité routière chez la population.

Dakar est devenu le théâtre d'accidents particulièrement meurtriers et spectaculaires en zone urbaine. Le dernier en date a fait 3 morts et 7 blessés graves. Des victimes malheureuses d'une course-poursuite entre 2 camions frigorifiques.

Les ravages des accidents de la circulation au Sénégal
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Un cas loin d'être isolé et causé par plusieurs facteurs d'après le Vieux Abdou Bodian qu'il y a d'abord le facteur de l'octroi des permis ensuite "le manque de civisme, le manque de rigueur au niveau de l'État car les fautes ne sont pas réprimées à leur juste titre".

Selon lui, "quand un chauffeur fait une infraction, on l'amène en justice mais deux jours après, on le relâche". Et pour lui, ce sont "des facteurs qui jouent en faveur du banditisme au volant et favorisent le non-respect du code de la route".

La situation interpelle également les usagers des transports en commun. Pape Amadou Diop indexe l'attitude des chauffeurs et remet en question la compétence de certains d'entre eux.

"Il y a des chauffeurs qui sont formés, qui ont des permis mais qui ne respectent pas le code de la route", affirme-t-il d'entrée avant de poursuivre, "on voit des chauffeurs de bus qui font la course pour je ne sais quelle raison mais ils font n'importe quoi alors qu’ils ont leur permis".

Amadou Diop souligne aussi des manquements plus graves et surtout très fréquents, "il y a aussi le cas des gens qui n'ont pas de permis et on les appelle souvent des apprentis. Ils viennent et ont leur donnent des voitures qu'ils conduisent sans avoir de permis, ça aussi c'est une des causes des nombreux accidents". Et pour lui, le fait qu'il y ait des apprentis qui conduisent sans avoir de permis, "ça signifie qu’il n y’a pas de surveillance".

Au-delà du manque de surveillance, c'est la prolifération d'établissements non autorisés qui exacerbe le problème de l'insécurité routière et inquiète les formateurs agréés par l'État.

Les auto-écoles ne sont pas toutes en conformité avec la législation comme l'indique Mamoudou Fall. Moniteur agréé, il affirme que "certaines sont des clandestins".

Le moniteur souligne aussi la présence sur les routes de certains conducteurs qui ne passent même pas dans les auto-écoles pour apprendre à conduire. Mais pour Mamoudou, la situation la plus déplorable concerne les responsables des auto-écoles qui profitent de cette situation pour "vendre le permis à des conducteurs qui n'ont pas le niveau".

Des faits que l'on retrouve selon lui au service des mines où "on donne le permis de conduire à des gens qui ne savent pas conduire et qui n'ont même pas appris le code de la route". Et pour ce moniteur agréé, ce sont "des situations qui ne font que favoriser les accidents".

Pour remédier à la défaillance de certains maillons de la chaîne, responsable de la sécurité routière. L'État du Sénégal a procédé au remplacement total et à la numérisation des permis de conduire pour garantir plus de transparence dans l'octroi des permis pour améliorer la sécurité routière.

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Procès du maire de Dakar: le délibéré renvoyé au 21 septembre

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Ces motos-taxis qui attirent les jeunes sénégalais sans emploi

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Au Sénégal dans la ville de Louga, à 200 km au nord de Dakar, le manque d’emploi est sévère parmi les jeunes. Face à l’absence de perspectives, les motos-taxis sont devenus la profession de choix pour la majorité d’entre eux.

Homophobie: critiqué en France, Gueye est soutenu au Sénégal

Homophobie: critiqué en France, Gueye est soutenu au Sénégal
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Pour avoir refusé de s'associer à une action contre l'homophobie, le joueur du PSG Idrissa Gana Gueye est très critiqué en France, mais est plutôt soutenu au Sénégal. Réactions à Dakar.

La police sénégalaise enquête sur une possible agression homophobe

Un policier fait un geste au parti d'opposition qui manifeste avant l'arrivée de Barack Obama, à Dakar, le 25 juin 2013.

La police sénégalaise enquête sur une vidéo circulant depuis mardi sur les réseaux sociaux et montrant un homme malmené par une foule qui lui lance des insultes homophobes, a indiqué mercredi un responsable policier.

La vidéo a commencé à circuler mardi soir en pleine controverse autour du joueur de football du Paris Saint-Germain et international sénégalais Idrissa Gana Gueye, et du refus qui lui est prêté de s'associer à la lutte contre l'homophobie en arborant un maillot arc-en-ciel lors d'un match en France.

Critiqué en France, Idrissa Gana Gueye a reçu un flot de soutiens au Sénégal, dont celui du président Macky Sall mardi.

Sur plusieurs vidéos diffusées sur Youtube et TikTok, une foule en colère de plusieurs dizaines d'hommes encercle dans une rue en plein jour un jeune homme pieds nus et vêtu simplement d'un caleçon.

La foule hurle "l'homosexualité ne sera pas acceptée au Sénégal". Il est tenu fermement aux poignets, un filet de sang sur ses épaules, et des claques lui sont assénées sur le dos et la tête.

"Sale homosexuel, avec toutes ces femmes qui sont à ta portée, tu décides d'avoir un partenaire. Laissez-nous le tuer avant que la police n'arrive", entend-on en wolof sur l'une des vidéos. "Il ne mérite pas de vivre", lance aussi la foule.

Sur l'une des vidéos, une foule proférant les mêmes insultes est rassemblée devant un commissariat du quartier HLM, dans le centre de la capitale Dakar.

Un policier du commissariat a dit mercredi sous le couvert de l'anonymat à des journalistes de l'AFP sur place que le jeune homme avait été amené là la veille.

Aucune information n'a été donnée sur son sort.

Une investigation numérique montre que les vidéos, visionnées plusieurs milliers de fois, sont récentes, sans pouvoir en établir la source.

Un responsable policier s'exprimant aussi sous le couvert de l'anonymat compte tenu de la sensibilité de l'affaire a indiqué que des investigations étaient en cours.

Dans ce pays musulman à 95% et très pratiquant, l'homosexualité est largement considérée comme une déviance. La loi y réprime d'un emprisonnement d'un à cinq ans les actes dits "contre nature avec un individu de son sexe".

Des homosexuels se plaignent d'une montée des agressions et des propos homophobes ces dernières années. Ils indiquent qu'un certain nombre ont quitté le pays pour échapper aux discriminations.

La justice reporte une décision à risques contre le maire de Dakar

Barthelemy Dias en route vers le palais de justice de Dakar, le 01 décembre 2021.

Un tribunal de Dakar sous forte protection policière a repoussé mercredi de quatre mois sa décision hautement sensible contre le maire de Dakar, jugé en appel pour la mort d'un homme tué par balle en 2011 dans un contexte de violence politique.

La cour d'appel a prorogé au 21 septembre son délibéré contre Barthélémy Dias, maire de la capitale sénégalaise depuis février, a annoncé la présidente du tribunal au cours d'une audience publique où M. Dias était absent.

L'arrêt de la cour est très attendu en raison de ses implications politiques. De nombreux policiers et gendarmes avaient pris position dans et autour du palais. Des véhicules anti-émeutes ont été disposés à différents carrefours de la capitale.

M. Dias, farouche opposant au pouvoir, crie au procès politique. Il est devenu maire de Dakar pour le compte d'une coalition nationale conduite par Ousmane Sonko, prétendant déclaré à la présidentielle de 2024. Le monde politique sénégalais spécule sur les éventuelles ambitions présidentielles de M. Dias.

Son procès en appel a été reporté à de multiples reprises ces dernières années avant de se tenir le 2 mars.

Le parquet général y avait requis cinq ans de prison ferme, une peine qui interromprait la carrière de M. Dias.

M. Dias, 46 ans, jugé avec une douzaine d'autres à l'époque, avait été condamné en 2017 à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour "coup mortel" porté en 2011 à Ndiaga Diouf, un lutteur décrit par l'opposition comme un nervi du régime.

Ndiaga Diouf avait été abattu par balle lors de l'assaut donné à la mairie de Mermoz Sacré-Coeur, une des communes constituant la capitale et dont M. Dias était alors maire, par de supposés sympathisants du Parti démocratique sénégalais, au pouvoir. Les violences s'étaient produites dans un contexte de contestation grandissante contre une candidature du président sortant Abdoulaye Wade à un troisième mandat en 2012.

Avant M. Dias, deux autres adversaires du président Macky Sall, l'ancien maire de Dakar Khalifa Sall (sans lien de parenté) et l'ancien ministre Karim Wade, fils d'ex-président, ont vu leur trajectoire interrompue par les ennuis judiciaires. Ousmane Sonko, quant à lui, est depuis 2021 sous le coup d'une enquête pour viols présumés. Tous crient au complot ourdi par le pouvoir. Le pouvoir se défend de toute instrumentalisation de la justice.

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