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RDC

Onze morts et une cinquantaine de disparus dans un naufrage sur une rivière du centre

Le bateau Akonkwa 1 sur le lac Kivu où un canot a chaviré causant la mort et la disparition de plusieurs personnes un peu plus tôt entre Goma et Buka, dans l’est de la RDC. VOA/Charly Kasereka

Onze personnes sont mortes noyées et une cinquantaine d'autres sont portées disparues dans le naufrage d'une péniche sur une rivière du Kasaï au centre de la République démocratique du Congo, a-t-on appris mardi de source officielle.

"Un naufrage a eu lieu il y a une semaine sur la rivière Lukenye. On a repêché onze corps et une cinquantaine de passagers sont portés disparus", a déclaré à l'AFP Dieudonné Pieme, gouverneur du Kasaï (centre).

"Lamajorité des morts et des disparus venaient du territoire de Kole dans le Sankuru et se rendaient à Kinshasa. La baleinière à bord de laquelle ces personnes avaient pris place était surchargée. Seules seize personnes ont réussi à se sauver à la nage", a témoigné à l'AFP un journaliste d'une radio communautaire locale.

Cet accident s'est produit dans le territoire de Dekese situé dans la forêt équatoriale, dans une zone enclavée de la province du Kasaï, dépourvue d'infrastructures routières, rendant la communication difficile avec Tshikapa, le chef-lieu du Kasaï distant de plus de 600 km.

Ce type de naufrage d'une embarcation vétuste et surchargée est fréquent en RDC, immense pays de 2,3 millions de km2, mais qui ne compte que très peu de routes praticables. Les déplacements se font souvent sur le fleuve Congo, ses affluents et les lacs.

Fin mai, le naufrage d'une péniche avait causé la mort d'au moins 32 personnes sur le lac Mai-Ndombe dans l'ouest de la RDC.

Mi-avril, le naufrage d'une embarcation entre Goma et le territoire de Kalehe sur le lac Kivu (est) avait endeuillé 142 familles, d'après le président congolais Félix Tshisekedi, qui s'était rendu sur place et décrété trois jours de deuil.
Avec AFP

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Une vingtaine de civils tués dans un nouveau massacre en Ituri

Des soldats marocains de la mission de l'ONU en RDC (Monusco) patrouillent dans le territoire de Djugu, province de l'Ituri, à l'est de la RDCongo, le 13 mars 2020. (AFP)

Une vingtaine de civils ont été tués mercredi en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où des centaines de personnes ont été la cible de "crimes contre l'humanité" pouvant relever de la Cour pénale internationale (CPI) d'après les instances internationales.

La tuerie a eu lieu juste avant le lever du jour dans le territoire de Djugu, l'épicentre des violences au nord du chef-lieu de la province Bunia, a indiqué un responsable local à l'AFP.

"Vu l'insécurité qui règne sur la zone, nous attendons le retour de l'équipe qui est sur le terrain pour le détail du bilan exact", détaille-t-il sur le bilan provisoire d'une vingtaine de morts.

La tuerie a été attribuée à des miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), accusés de la plupart des massacres.

La Codeco prétend défendre les intérêts d'une des communautés de l'Ituri (les Lendu, agriculteurs) face notamment aux Hémas (éleveurs et commerçants).

Des milliers de personnes ont fui les violences. "Entre le 1er octobre 2019 et le 31 mai 2020, au moins 530 civils ont été tués par des groupes armés en Ituri, dont 375 depuis le pic des violences en mars", d'après les Nations unies le 5 juin.

Des "crimes contre l'humanité", avait déclaré la Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet fin janvier après une visite à Bunia.

"Et la majorité des victimes proviennent de la communauté Hema", avait-elle ajouté dans un entretien à Radio France internationale (RFI).

Ces tueries "pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la Cour pénale internationale", a prévenu le 4 juin la procureure de la CPI Fatou Bensouda.

Un conflit entre les milices des deux communautés Lendu et Hema, instrumentalisé par l'Ouganda voisin, avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003, jusqu'à l'intervention d'une force européenne Artémis sous commandement français.

Les violences ont repris pour des motifs obscurs fin 2017, sans cette fois que l'Ouganda ne semble y jouer un rôle. Les Hema n'ont pas reconstitué de milices, s'en remettant à l'autorité - parfois défaillante - de l'État.

Des anciens chefs de guerre du conflit 1999-2003 ont été envoyés il y a quelques jours en mission de paix en Ituri par le président de la République.

Le vice-ministre congolais de la santé dénonce la "mafia" au sein de son ministère

Albert Mpeti Biyombo, vice-ministre de la Santé , à Kinshasa, 11 octobre 2019. (Facebook/Wolf Mugos)

En République démocratique du Congo, le vice-ministre de la Santé a dénoncé des "réseaux mafieux" au sein même de son ministère pour "détourner" des sommes allouées à la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

"Au ministère de la Santé il existe des solides réseaux mafieux créés à dessein pour détourner ces fonds", écrit le vice-ministre de la Santé Albert M'Peti Biyombo dans un "Mémorandum" de trois pages adressé au Premier ministre Sylvestre Ilunga.

"Ces réseaux mafieux exigent des rétro-commissions jusqu'à hauteur de 35% auprès des structures bénéficiaires de ces fonds", ajoute le texte.

Ce document est authentique, ont indiqué une source dans l'entourage du Premier ministre et une source parlementaire. Classé "très confidentiel", il a fuité sur les réseaux sociaux sur fond de crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

Le vice-ministre de la Santé et le Premier ministre sont des membres du Front commun pour le Congo (FCC) de l'ex-président Joseph Kabila.

Le ministre de la Santé Eteni Longondo est membre de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti de l'actuel président Félix Tshisekedi.

"Le ministre de la Santé signe seul le décaissement de gros montant et ne m'a jamais associé dans la gestion de ces fonds sauf des petites sommes", avance le vice-ministre de la Santé, affirmant qu'il devrait "contresigner".

Le vice-ministre affirme avoir refusé de signer deux "documents financiers non prioritaires et complaisants".

Dans une question écrite datée du 3 juillet, un député FCC, François Nzekuye, a également dénoncé "la gestion financière catastrophique au sein du ministère de la Santé" où des "sommes importantes seraient décaissées en dehors de toute orthodoxie financière".

Cet élu demande par ailleurs au ministre d'éclaircir l'Assemblée nationale sur des soupçons de demandes des "rétrocommission qui iraient jusqu'à 35%" et "d'enrichissement illicite" au ministère.

Le ministre de la Santé n'a pas répondu immédiatement aux sollicitations de l'AFP.

A Kinshasa, les agents de santé en charge de la lutte contre l'épidémie de Covid-19 ont lancé lundi une "grève illimitée", accusant le ministère de la Santé de ne pas les payer depuis trois mois.

Le 20 juin, le chef de la lutte contre le coronavirus, le Dr Jean-Jacques Muyembe, a affirmé n'avoir reçu que 1,4 million de dollars depuis l'apparition des premiers cas le 10 mars.

Le Premier ministre Ilunga Ilunkamba avait indiqué le 21 mai aux sénateurs congolais avoir décaissé 10,7 millions de dollars pour lutter contre la Covid-19 dans le pays.

La RDC enregistre 7.737 contaminations de la Covid-19 dont 184 décès. La capitale Kinshasa (au moins 10 millions d'habitants) a concentré la majorité des cas (6.631).

Grève des médecins congolais: entretien avec le docteur Miguel Milambo

Grève des médecins congolais: entretien avec le docteur Miguel Milambo
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Les fonds destinés à la lutte contre le coronavirus en RDC ont été détournés, selon un ministre

Des agents du ministère congolais de la santé partent après avoir effectué un test COVID-19 dans une résidence privée à Goma, au nord-est de la République démocratique du Congo, le 31 mars 2020. (Photo by ALEXIS HUGUET / AFP)

Confronté à une grève des professionnels de la santé impayés depuis des mois, le vice-ministre de la santé de la République démocratique du Congo a accusé mercredi d'autres membres du gouvernement de toucher des pots-de-vin dans le cadre de contrats publics liés à la lutte contre le coronavirus.

Le vice-ministre Albert M'peti Biyombo a confirmé mercredi à l’agence Reuters l’authenticité d’un mémorandum marqué "très confidentiel" qu’il avait adressé au Premier ministre sur cette affaire et dont une copie circule sur les réseaux sociaux.

"Je ne sais pas comment ce mémo a été divulgué", a déploré le ministre.

Daté au 29 juin, soit la veille de la commémoration de la fête de l’indépendance de la RDC, le mémorandum pointe du doigt des membres du gouvernement sans toutefois les nommer. Ils auraient détourné les fonds alloués par l’État congolais et ses partenaires pendant que les hôpitaux publics manquent de médicaments et d'équipements de base.

La semaine dernière, les agents de la santé de la capitale Kinshasa ont entamé une grève partielle pour protester contre le non-paiement de leurs primes pendant des mois.

Ce mercredi, le personnel médical a manifesté dans plusieurs villes, dont Bukavu, Kisangani, Bandundu, Beni et Kinshasa, selon des témoignages diffusés sur Twitter.

Dans son mémorandum, le vice-ministre de la santé dénonce l'existence de "réseaux mafieux" qui exigent des pots-de-vin "jusqu'à hauteur de 35%" pour l'attribution de contrats.

M. Biyombo demande l’ouverture d’un audit financier de la riposte au coronavirus.

Il semble indexer aussi son ministre de tutelle, le Dr Eteni Longondo.

Selon le vice-ministre, Dr Longondo avait signé le décaissement de sommes importantes pour des ambulances, des lits et d'autres équipements médicaux sans demander la contre-signature de son adjoint, ce qui est contraire aux règles de passation des marchés publics.

Le ministre Longondo n'a pas réagi immédiatement à une demande de commentaires. La veille, il s'était défendu selon nos confrères de Top Congo, affirmant que "la paie des agents de la riposte n'est pas gérée par le ministère, mais la Primature".

En mars, le prédécesseur du Dr Longondo, l’ancien ministre de la santé Oly Ilunga, a été condamné à cinq ans de travaux forcés pour avoir détourné plus de 400 000 dollars destinés à la riposte contre la maladie à virus Ebola. Ce dernier dénonce un vice de procédure.

Une centaine de morts dans les violences oubliées du Tanganyika

Des réfugiés qui ont fui la violence et les tensions politiques au Burundi attendent de monter à bord d'un navire de l'ONU, à Kagunga sur le lac Tanganyika, le samedi 23 mai 2015. (AP Photo / Jerome Delay, File)

Une centaine de personnes sont mortes depuis le début de l'année dans les violences oubliées du Tanganyika dans le sud-est de la République démocratique du Congo, dont 18 ces derniers jours dans une zone minière, selon des sources locales et les Nations unies.

Ce mardi, le ministre de l'Intérieur de la province du Tanganyika a indiqué que 12 civils avaient été tués lors de l'attaque du groupe armé "Apa na pale" dans la région minière de Mugunga au centre de la province.

"Six assaillants ont été également tués" par les forces de sécurité, a détaillé à l'AFP le ministre provincial, Dieudonné Kamona, selon qui les violences ont eu lieu samedi et dimanche.

Les miliciens "Apa na Pale" "ont utilisé des Twa (Pygmées) lors de leurs attaques qui ciblaient essentiellement des sites d'exploitation artisanale de l'or", a-t-il ajouté.

Dans cette même province du Tanganyika, les affrontements entre les milices de la minorité pygmée (les Twa) et celles des Bantous majoritaires "ont déjà fait une centaine de morts parmi les civils depuis le début de l’année", écrit dans un rapport le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

La présence du groupe armé Apa Na Pale dans la région "a également contribué à l’insécurité, étant donné la présence limitée des forces de sécurité dans la province", ajoute M. Guterres dans ce rapport en date du 18 juin.

En avril, l'armée congolaise a lancé "une série d’opérations contre les milices Twa (Pygmées) qui ont permis de les déloger des zones les plus peuplées".

Le conflit porte sur "le contrôle des ressources, notamment les ressources foncières et l’exploitation minière artisanale", ajoute M. Guterres dans son rapport trimestriel sur la RDC.

En 2016-2017, des dizaines de milliers de civils avaient fui les violences entre Pygmées et Bantoues dans la région. Des organisations humanitaires ont avancé le chiffre de 500.000 à 650.000 déplacés.

Des tentatives de réconciliation avaient eu lieu entre Bantous et Pygmées, qui s'estiment méprisés par la communauté majoritaire.

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