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Le Parlement togolais saisi pour lever l'immunité de l'opposant Kodjo, son domicile encerclé

L'ancien Premier ministre togolais Agbeyomé Kodjo et ex candidat de l'opposition à la présidentielle au Togo, 19 février 2020.

Une commission parlementaire discutait mercredi de la levée de l'immunité parlementaire de l'opposant togolais Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle du 22 février, sur demande du procureur général qui souhaite le poursuivre pour "atteinte à la sécurité de l'Etat".

Agbéyomé Kodjo, candidat malheureux face à Faure Gnassingbé, réélu pour un 4e mandat, devait être auditionné mercredi par la Commission, mais il n'a pas pu se rendre au rendez-vous, son domicile étant encerclé par les forces de l'ordre, a-t-il fait savoir à la presse. Il y est représenté par un membre de son parti.

Dans un courrier adressé à la présidente de l'Assemblée nationale, le procureur Essolissam Poyodi accuse le député de l'opposition de s'être "auto-proclamé président de la République (...) préalablement à la proclamation des résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (Céni)".

Le candidat du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD) s'est également présenté illégalement comme "prétendu chef de l'Etat et chef suprême des armées", appelant la nation et les forces armées togolaises à se mobiliser contre le pouvoir.

"Ces propos et agissements rentrent dans les prévisions des dispositions pénales et reçoivent les qualifications de troubles aggravés à l'ordre public (...) et d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat", affirme le procureur, qui demande ainsi la levée de son immunité parlementaire afin de pouvoir engager des poursuites pénales contre le député.

Une fois que la commission parlementaire aura rendu ses conclusions, l'Assemblée nationale se réunira en séance plénière à une date encore non déterminée.

"Ils ont volé notre victoire et ils prennent des mesures de couardise pour effrayer les Togolais", a déclaré l'ancien archevêque de Lomé, Mgr Kpodzro, principal soutien de l'opposant.

M. Kodjo a obtenu 19,46% des suffrages exprimés, contre 70,78% pour le président sortant Faure Gnassingbé, selon les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle.

Cet ancien Premier ministre et outsider de l'opposition s'était auto-proclamé "président de la République togolaise", quelques heures avant l'annonce des résultats officiels, dénonçant de graves "irrégularités".

Il avait fait un recours en justice, rejeté début mars, par la Cour constitutionnelle qui a validé le scrutin.

M. Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans, a été réélu depuis lors de scrutins tous contestés par l'opposition.

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Des mesures socio-économiques pour limiter la propagation du virus

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Les autorités togolaises décrètent état d'urgence sanitaire et couvre-feu

Devanture du CHR (Centre hospitalier régional) Lomé-Commun, réquisitionné pour le traitement des personnes atteintes de Covid-19, Lomé, 31 mars 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Le président togolais Faure Gnassingbé a décrété mercredi soir, "l’état d’urgence sanitaire" et un couvre-feu pour éviter la propagation du coronavirus, qui a déjà fait deux morts dans le pays pour 36 cas recensés.

"Face à la gravité de la situation et en conformité avec les dispositions constitutionnelles, je décrète l’état d’urgence sanitaire au Togo pour une période de trois mois", a déclaré M.Gnassingbé dans un message télévisé.

"Cette disposition de notre Constitution, jamais mise en œuvre dans l’histoire récente de notre nation, est la preuve de la gravité de la situation à laquelle nous sommes confrontés", a-t-il indiqué.

"Un couvre-feu sera mis en place à compter du 2 avril 2020 et ce, jusqu’à nouvel ordre entre 19h00 et 6h00 du matin", a-t-il souligné.

Par ailleurs, M. Gnassingbé a annoncé la création d’une unité spéciale anti-pandémie composée de 5.000 agents des forces de défense et de sécurité.

Ces derniers seront déployés sur l’ensemble du pays, pour faire respecter les mesures prises par les autorités.

Le gouvernement entend également prendre des mesures de soutien à la consommation, à la production et à la sauvegarde de l’emploi à hauteur de 400 milliards de francs CFA (609,797 millions d'euros).

"Ce fonds sera alimenté par l’apport du gouvernement, les mobilisations auprès des partenaires internationaux, du secteur privé national et international et de toutes les bonnes volontés", a précisé M. Gnassingbé.

Le gouvernement togolais avait déjà annoncé le 16 mars, une série de mesures strictes de protection dont la suspension pour deux semaines depuis le 20 mars, de toutes les liaisons aériennes, en provenance des pays à haut risque, à savoir l'Italie, la France, l'Espagne et l'Allemagne".

Tout rassemblement de plus de 100 personnes est interdit sur l'ensemble du pays pour un mois et un auto-isolement de 14 jours est obligatoire pour toute personne arrivant au Togo et ayant séjourné dans un pays à haut risque.

Les autorités ont corsé ces mesures le 21 mars en fermant toutes les frontières terrestres, les églises, les mosquées et tous les établissements scolaires et universitaires.

Les funérailles et les enterrements sont limités à 15 personnes et les activités culturelles et sportives de masse sont suspendues. Le port de masques de protection est obligatoire dans les marchés du pays.

Le secteur de la santé est particulièrement fragile au Togo, qui manque de structures hospitalières et de matériel de santé.

Le respect des mesures sanitaires varie chez les Togolais

Entrée du Centre hospitalier régional de Lomé-Commun, réquisitionné pour le traitement des personnes atteintes de Covid-19, Lomé, 31 mars 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Le Togo fait partie des 46 pays africains touchés par le nouveau coronavirus, Covid-19. Au 1er avril, le pays a enregistré 36 cas positifs dont 24 actifs, 10 totalement guéris et 2 décès. Le respect des mesures dans le pays varie.

Les dispositions prises par le gouvernement togolais sont relativement respectées, constate-t-on sur place dans le pays. Depuis le 5 mars où le premier cas de Covid-19 a été recensé au Togo, le pays ne cesse de multiplier les mesures pour limiter la propagation du virus.

La fermeture des frontières terrestres et des églises, des mosquées, des écoles et universités, et le bouclage de certaines villes où des cas positifs ont été répertoriés. A part la fermeture des écoles et universités, les autres mesures ne sont que partiellement respectées.

Le président du Mouvement Martin Luther King (MMLK), le pasteur Edoh Komi, dénonce ce qu’il qualifie de l’indifférence de la part de la population togolaise.

"Nous avons atteint le sommet de l’indifférence. En ville un peu partout, les gens ne portent pas les masques. Pas de gants. On se moque même des gens qui portent le gant", a-t-il indiqué. Revenant sur la fermeture des lieux de culte, le pasteur Edoh Komi se désole que ses pairs religieux ne respectent pas les consignes.

"Vendredi, il y a eu une descente pour fermer les mosquées. Ce dimanche, il y a eu encore une descente pour fermer les églises", a-t-il laissé entendre, invitant à plus de prise de conscience.

La circulation interurbaine entre les villes infectées se poursuit, pourtant c’est interdit. Sokodé, située à 340 kilomètres du nord de Lomé, une ville infectée, où des mesures de protection devraient être au maximum.

La Ligue togolaise des droits de l’homme (LTDH) dénonce une certaine négligence au niveau de la prison.

"A la prison civile de Sokodé aucune mesure n’est prise, à l’entrée de la prison, pour protéger les détenus contre d’éventuelles infections venues de l’extérieur. Contrairement à ce qui est mis en place au niveau de la prison civile de Lomé, où les visiteurs sont obligés de mettre les gants, les masques et de laver les mains à l’entrée avant de voir les détenus", relate Me Célestin Agbogan, président de la LTDH.

Durant cette période, le pays tourne au ralenti. Les consignes incitent à privilégier l’utilisation des moyens technologiques au détriment des contacts physiques. C’est dans ce contexte que la Ligue des consommateurs du Togo (LCT) fait une doléance à l’attention des opérateurs de téléphonie mobile.

"Nous demandons d’aller vers la gratuité pour le transfert d’argent via le mobile money. Parce que les gens n’ont pas assez d’argent pour qu’on puisse encore continuer à faire des prélèvements de frais de transfert. Certains opérateurs de téléphonie mobile vendent la data, 300 mégas à 500Fcfa. Nous voulons les inviter à peut-être nous les vendre en augmentant le méga. Au lieu de 300 mégas, qu’on puisse aller vers 600 mégas pour le même prix", explique Emmanuel Sogadji, président de la LCT.

L'association demande également la réduction des frais de communication et le report des échéances de paiement des anciennes factures.

Au vu de la virulence de ce nouveau coronavirus et de l’indifférence observée au niveau de la population, le Mouvement Martin Luther King demande à l’Etat de prendre des mesures fortes.

"Il va falloir qu’on aille vers l’état d’urgence et le couvre-feu. On pouvait rapidement arriver au confinement", a proposé le président de ce mouvement, qui se réclame la voix des sans voix.

Par ailleurs, le pasteur Edoh Komi souhaite la fermeture des marchés.

"Dans les marchés, on voit un attroupement ordinaire comme si de rien n'était. Et là c'est la force qui doit primer. Je crois que c'est le moment de faire descendre les forces de sécurité, les militaires même dans l'arène pour faire respecter les consignes, et il faut quand même que ça soit de manière régulière", a-t-il soutenu.

Des journaux suspendus après une plainte de l'ambassade de France

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Les dispositions prises par le gouvernement sont respectées

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