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Le pape François chez les déshérités du Mozambique et de Madagascar

Le pape François, au Vatican, le 21 août 2019.

Le pape François part mercredi pour un voyage dans trois pays d'Afrique et de l'océan Indien - les très pauvres Mozambique et Madagascar, mais aussi l'île touristique de Maurice - où il plaidera pour la paix et la justice sociale.

En se rendant dans l'une des régions les plus déshéritées de la planète, frappée par les catastrophes sanitaires, le changement climatique et l'instabilité, Jorge Bergoglio, qui a côtoyé les bidonvilles d'Argentine, entend aussi tout simplement afficher sa proximité.

Le "pape des pauvres", qui effectuera du 4 au 10 septembre son deuxième voyage pontifical en Afrique subsaharienne, restera dans les capitales des trois pays du sud-est de l'Afrique.

Au risque de décevoir les Mozambicains vivant dans une grande précarité à Beira (centre), la deuxième ville du pays balayée en mars par le cyclone Idai, qui a fait 600 morts et des centaines de milliers de sans-abri. Six mois après, nombre de sinistrés manquent d'un toit et de nourriture.

"J'espérais que le pape viendrait fouler le sol de Beira", a confié à l'AFP Maria da Paz, une habitante catholique de 45 ans, consolée par la présence de certaines victimes auprès du pape à Maputo, la capitale, d'où "le pape nous embrassera tous".

"Même si je ne peux pas aller au-delà de la capitale, mon coeur vous rejoint et vous embrasse tous, avec une place spéciale pour ceux qui vivent dans la difficulté", lui a fait écho en portugais le pape dans un message vidéo aux Mozambicains.

"Note d'espoir"

Pour marquer la venue exceptionnelle du pape dans ce pays majoritairement chrétien, le gouvernement a malgré tout consacré environ 300.000 euros aux préparatifs, selon le ministre des Affaires étrangères, Jose Pacheco. Les réparations de la cathédrale de Maputo et de rues de la capitale vont bon train.

La visite intervient un mois après la signature d'un traité de paix historique entre le gouvernement et la Renamo, l'ex-rébellion devenue le principal parti d'opposition. La guerre civile meurtrière qui les a opposés a pris fin voici vingt-sept ans mais la Renamo n'a jamais totalement désarmé.

Dans son message vidéo, le pape, a appelé à un renforcement de "la réconciliation fraternelle au Mozambique et en Afrique, seule espérance pour une paix solide et durable".

"Le pape doit apporter une note d'espoir aux habitants, qui doivent relever la tête", a souhaité auprès de l'AFP l'évêque de Pemba (nord), Mgr Luiz Fernandes.

"Il s'exprimera sur les conflits, le besoin d'unir tout le monde, forces gouvernementales et société civile", spécule-t-il. "Il parlera certainement de partage des richesses, de justice sociale. Car il n'y a pas de paix sans justice sociale".

François pourrait aussi s'ériger contre le fanatisme. La province de cet évêque est secouée depuis deux ans par des attaques jihadistes qui ont fait plus de 300 morts.

Ferveur malgache

Le pape s'attardera le plus longtemps à Madagascar, un des pays les plus pauvres de la planète dont les trois quarts des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour.

François, qui s'y exprimera notamment devant les ouvriers d'une carrière, est attendu avec impatience sur la Grande Ile, à majorité chrétienne, qui a déjà pavoisé les rues de la capitale.

"On a prévu 800.000 personnes pour assister à la grande messe célébrée par le pape", a précisé à l'AFP le révérend père Gabriel Randrianantenaina, secrétaire coordonnateur de la conférence épiscopale locale.

Un terrain de soixante hectares a été aménagé pour cette messe dans la partie nord de la capitale, où les forces de sécurité seront sur les dents car les bousculades lors de grands rassemblements publics ont déjà fait des morts dans le passé.

Le pape terminera son voyage par une visite-éclair à l'île Maurice, démocratie stable, à l'est de Madagascar. L'évêché entend l'accueillir comme "un pèlerin écologiste" et a commencé à planter en son honneur quelque 200.000 arbres.

Cette petite république majoritairement hindoue (52%), mais qui compte d'importantes minorités chrétienne (30% - principalement catholiques) et musulmane (18%), souhaite célébrer sa diversité culturelle et religieuse. "Ce ne sera pas une visite du pape catholique, mais au peuple mauricien dans toute sa diversité religieuse", a souligné le cardinal Maurice Piat, évêque de Port-Louis.

Jean Paul II avait visité ces trois pays voici une trentaine d'années.

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Les masques et les remèdes traditionnels explosent sur les marchés de la Grande île

Les masques et les remèdes traditionnels explosent sur les marchés de la Grande île
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Les Malgaches célèbrent l'insurrection contre la France à huis-clos, une première

Des masques sont placés sur des enfants à Antananarivo, Madagascar, le 3 octobre 2017. À l'époque, les autorités sanitaires tentaient de contenir une épidémie de peste. (AP Photo/Alexander JOE)

Du jamais vu dans l'histoire de Madagascar ! Pour la toute première fois, l'anniversaire de l'insurrection du 29 mars 1947 contre le colonisateur français a été célébré dimanche à huis-clos, pour cause de pandémie de coronavirus.

La cérémonie au mausolée national d'Avaratr'Ambohitsaina, dans la capitale Antananarivo, s'est déroulée en présence du seul président Andry Rajoelina et de son gouvernement.

Chaque année, des milliers de Malgaches assistent traditionnellement à ces festivités.

Le chef de l'Etat a posté sur son compte Twitter quelques photos de l'événement, dont le dépôt d'une gerbe portée par des militaires en grand uniforme mais masque sur le nez.

Depuis lundi dernier, les habitants des deux principales villes du pays, la capitale Antananarivo et Toamasina (est), sont contraints de rester chez eux pour endiguer la propagation du Covid-19 sur la Grande île.

Selon le dernier bilan publié dimanche, 43 cas de contaminations ont été jusque-là officiellement recensés sur la Grande île, pour aucun décès.

"Ceux tombés en 1947 nous ont laissé le patriotisme en héritage", a tweeté Andry Rajoelina, "rendons leur hommage en nous montrant solidaire et unis pour la nation".

Le 29 mars 1947, des milliers de paysans en colère contre le travail forcé et les réquisitions s'étaient soulevés contre le colonisateur français. Leur mouvement avait été réprimé dans le sang.

Les consignes de confinement du gouvernement ont du mal à être appliquées dans les deux grandes villes du pays, dont la population en majorité pauvre n'a pas d'autre choix que de les braver pour sortir travailler et assurer sa survie.

"Les sorties doivent être limitées au strict nécessaire", a exhorté à nouveau dimanche le chef de l'Etat.

Sur les marchés malgaches, le fructueux bazar des potions anti-coronavirus

Pulvérisation de désinfectant lors du nettoyage du marché d'Anosibe, l'un des quartiers les plus insalubres d'Antananarivo, à Madagascar, le 10 octobre 2017. (Photo: RIJASOLO/AFP)

Nirina Ravololona vend gingembre et oignons depuis vingt ans sur le marché d'Ambodivona et se pique d'en connaître tous les bienfaits. Alors si elle assure que ses produits sont bons contre le coronavirus, tout le monde acquiesce sans broncher.

"Les Malgaches ont cette habitude de recourir aux remèdes de grand-mère à chaque épidémie, c'est une tradition chez nous", professe "Madame" Nirina, 55 ans.

"Il faut ingurgiter des produit piquants (...) pour se protéger du coronavirus", explique-t-elle de son ton volontiers péremptoire. "Le mélange de gingembre, de citron et d'oignon dans une infusion donnera du fil à retordre au virus".

Dimanche soir, le président Andry Rajoelina a ordonné le confinement des deux principales villes de la Grande île, la capitale Antananarivo et Toamasina (est), afin d'y ralentir la progression de l'épidémie de Covid-19.

A ce jour, 19 cas ont été officiellement confirmés par les autorités.

Mais à en juger par la fréquentation des rues de la capitale, ses consignes sont restées largement ignorées d'une population qui n'a guère d'autre choix que d'aller travailler pour survivre. Au contraire même, les étals du marché d'Ambodivona bruissent ces jours-ci d'une rare effervescence.

Le nouveau coronavirus y a semble-t-il dopé l'esprit d'entreprise d'une ribambelle de petits vendeurs, bien décidés à faire de ce péril sanitaire meurtrier une aubaine commerciale.

Prenez Olivier Toky Randrianandrianina, par exemple.

"Samedi, après la déclaration du président sur le premier cas de coranovirus, tout le monde s'est rué vers les citrons et le gingembre", se souvient ce commerçant de 30 ans. "Alors moi aussi, j'ai passé commande de citrons à mes fournisseurs pour approvisionner mon commerce".

- 'Maladie de Vazaha' -

Bingo ! En l'espace de quelques jours, le prix de l'agrume a triplé à 6.000 ariary (1,5 euro) le kilo. Le cours du gingembre a fait mieux encore, multiplié par dix...

"Si tout le monde se précipite pour acheter du citron, à mon avis ça veut dire que ça marche", veut croire Gervais Ramiarinjatovo, qui vient d'en faire le plein, "le citron (...) c'est comme un médicament".

Homme d'affaires avant tout, Toky Randrianandrianina avoue se moquer éperdument de l'efficacité de ses potions.

"Ca ne m'intéresse pas, je ne fais que vendre ces produits", dit-il sans détour. "De toute façon, je ne je ne crois pas trop à ce coronavirus, c'est une maladie de +Vazaha+ (les Occidentaux en malgache) et de Chinois...".

Non loin de son étal, Gino Andosoa Rasolofonianina, 28 ans, s'est lancé avec le même appétit sur un autre créneau prometteur, celui des plantes "désinfectantes".

Il vend donc des feuilles des arbres "ravitsara" (cinnamomum camphora) et "kininina fotsy" (eucalyptus grandis).

"Notre commerce de téléphones ne marche plus depuis le coronavirus, alors on s'est tourné vers les produits qui cartonnent", plaide le jeune homme, "on a vu sur Facebook des posts qui expliquent les vertus de ces plantes, on a pensé que c'était bien d'y investir".

Usant du même bagout avec lequel il détaillait auparavant les performances de ses smartphones dernier cri, le voilà prêt à vous livrer la recette de ses herbes magiques.

- Ordonnance présidentielle -

"On fait bouillir de l'eau, on y ajoute cinq feuilles de +ravitsara+ et autant de +kininina fotsy+, puis on diffuse dans la maison la vapeur qui s'en dégage ou on boit l'eau en tant que thé", détaille Gino Andosoa Rasolofonianina.

"Il ne s'agit pas d'un remède contre le coronavirus", nuance-t-il toutefois à l'intention de ses clients, "mais d'une protection en tant que produit antiseptique".

Dans son dernier discours, le président Rajoelina a lui-même encouragé tout ce petit commerce d'opportunité en s'autorisant une ordonnance toute personnelle.

"On va utiliser tous les moyens pour renforcer les anticorps des personnes porteuses de coranovirus", a-t-il lancé. "On va leur faire une inhalation de vapeurs d'huile essentielle de ravitsara. On va aussi leur donner des aliments à fort taux calorifique (...) tout ça avec des médicaments".

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) s'est montrée très réservée sur ces antidotes locaux.

"Le nouveau coronavirus n'est pas la grippe (...) les bonnes idées de grand-mère du passé doivent être remises en question", tempère sa représentante locale, Charlotte Faty Ndiaye. "Aucune étude scientifique n'a encore démontré l'efficacité d'une quelconque plante médicinale à Madagascar".

Forte de tout son savoir-faire, Madame Nirina n'en a cure.

"Vu qu'il n'y a pas de remède à cette épidémie, les Malgaches pensent qu'ils n'ont rien à perdre en essayant ces remèdes", estime-t-elle. "Au pire ils perdent de l'argent, au mieux ils s'immunisent contre le virus".

Le Covid-19 met en quarantaine les 2 principales villes malgaches

Entrée des services d'urgence à l'hôpital universitaire d'Antananarivo, le 26 juin 2016. (Photo: RIJASOLO/AFP)

Le président malgache Andry Rajoelina a annoncé dimanche le confinement, à compter de lundi, de la population des deux principales villes du pays, la capitale Antananarivo et Toamasina (est), pour tenter d'endiguer la pandémie du nouveau coronavirus.

A ce jour, 12 cas de Covid-19 ont été confirmés à Madagascar, l'un des pays les plus pauvres au monde, a annoncé le président lors d'une intervention à la télévision.

En trois jours, le bilan est passé de 2 à 12 patients contaminés, tous venant de France. Aucun décès n'a été enregistré à ce jour, a précisé le chef de l'Etat.

"À partir de demain, lundi 23 mars 2020, tout le monde reste chez soi", a-t-il déclaré, précisant cependant que le confinement ne s'appliquait qu'à la capitale Antanarivo et sa région Analamanga, ainsi qu'à la zone de Toamasina.

Dans ces deux régions, poumons économiques du pays, tout transport, sauf celui de marchandises, est interdit, a poursuivi le président. "Seuls les points de vente des produits de première nécessité peuvent encore ouvrir leurs portes. Seule une personne par famille peut faire les courses (...). Les banques reste ouvertes. (...) Il y a couvre-feu la nuit", a-t-il dit.

"Toutes ces mesures s'appliquent à Antananarivo et dans la région d'Analamanga et à Toamasina pour l'instant. Les mesures pour les autres villes seront prises au fur et à mesure en fonction des porteurs de virus s'ils arrivent en province", a précisé Andry Rajoelina.

"Ceux qui ne respectent pas ces mesures vont subir des sanctions sévères", a-t-il prévenu.

Dans le monde, plus de 324.000 cas d'infection au Covid-19 ont été détectés dans 171 pays et territoires depuis le début de l'épidémie qui a fait au moins 14.396 morts, selon un bilan établi par l'AFP dimanche à 19h00 GMT.

A l'échelle de la planète, près d'un milliard de personnes sont appelées à rester chez elles.

La France cesse les forages au large d'îles revendiquées par Madagascar

Situation géographique de Madagascar.

Le gouvernement français a mis définitivement un terme aux forages pétroliers maritimes en France, avec le refus de prolonger un permis de recherches au large des îles Eparses, archipel français revendiqué par Madagascar, et que la France souhaite classer réserve naturelle.

Le gouvernement a "refusé de prolonger le permis exclusif de recherches en mer de +Juan de Nova Maritime Profond+, situé au large des Îles Eparses", ont indiqué dans un communiqué commun Elisabeth Borne et Bruno Le Maire, ministres de la Transition écologique et de l'Economie.

Avec cette décision, qui intervient un an après l'abandon du permis d'exploration offshore "Guyane Maritime", au large de la Guyane, "il n'y aura donc plus en France de forage d'hydrocarbures en mer", ajoutent les ministres.

L'exécutif avait fait voter en 2017 une loi interdisant la délivrance de tout nouveau permis de recherche d'hydrocarbures en France. Le texte n'étant pas rétroactif, cette interdiction ne s'appliquait pas aux permis d'ores et déjà déposés et à l'étude par le gouvernement.

Les îles Eparses, dont les terres émergées représentent environ 7 km2, sont situées entre Madagascar et le continent africain. Présumées riches en hydrocarbures, elles font l'objet d'une vive querelle territoriale entre Paris et Antananarivo.

Une commission réunissant des représentants des deux pays s'est réuni pour la première fois en novembre pour parler de l'avenir de cet archipel, haut lieu de biodiversité marine, que le président Emmanuel Macron entend classer réserve naturelle nationale en 2020.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est à Madagascar et dans d'autres pays de la région entre jeudi et samedi.

Concernant les Eparses, la France "ne transige pas sur la souveraineté" mais se dit "ouverte à des solutions communes sur les autres sujets comme la pêche, la protection de la biodiversité par exemple", selon une source française.

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