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Le Pérou a un nouveau président après la démission de Manuel Merino

Le député Francisco Sagasti s'exprime après avoir été choisi comme président par intérim du Pérou par le Congrès à Lima, le 16 novembre 2020.

Le Parlement péruvien a élu lundi le député centriste Francisco Sagasti président par intérim, après une semaine de chaos politique qui a vu la destitution du président Martin Vizcarra puis la démission de son successeur Manuel Merino.

Francisco Sagasti, un novice en politique âgé de 76 ans, a été élu président du Parlement par les députés et devient automatiquement chef de l'Etat.

Normalement, quand le président du Pérou est destitué, c'est le vice-président qui assure l'intérim. Mais le pays n'a plus de vice-président depuis une précédente crise politique survenue il y a un an, et dans ce cas c'est le président du Parlement qui devient chef de l'Etat par intérim, selon les dispositions de la Constitution.

"Ce qui manque à notre pays en ce moment, c'est la confiance. Faites-nous confiance, nous agirons comme nous le disons", a déclaré devant le Parlement M. Sagasti, qui sera officiellement investi mardi.

Francisco Sagasti a mentionné dans son intervention les deux manifestants morts samedi au cours d'une manifestation réprimée par la police. "Quand un Péruvien meurt, et plus encore s'il est jeune, c'est tout le Pérou qui est en deuil. Et s'il meurt en défendant la démocratie, le deuil est aggravé par l'indignation", a-t-il déclaré.

Elu avec 97 voix sur 123 suffrages exprimés, M. Sagasti était le seul candidat. Son mandat court jusqu'au 28 juillet 2021, date à laquelle devait s'achever celui du président Martin Vizcarra, destitué le 9 novembre.

Une femme exprime ses sentiments devant la police à l'extérieur du Congrès à Lima après que le président intérimaire du Pérou, Manuel Merino, a présenté sa démission le 15 novembre 2020.
Une femme exprime ses sentiments devant la police à l'extérieur du Congrès à Lima après que le président intérimaire du Pérou, Manuel Merino, a présenté sa démission le 15 novembre 2020.

La destitution de ce président populaire, mis en défaut par une procédure expéditive qui témoigne de la fragilité des institutions péruviennes, a plongé le pays de 33 millions d'habitants dans une énième crise politique.

Son remplaçant, l'ex-chef du Parlement Manuel Merino, a annoncé dimanche, cinq jours seulement après son accession au pouvoir, qu'il quittait ses fonctions, au lendemain d'une violente répression des manifestations exigeant son départ, qui a fait, outre les deux morts, une centaine de blessés.

Francisco Sagasti, surnommé Don Quichotte en raison de sa barbe grisonnante et de sa silhouette longiligne, a cofondé en 2016 le parti centriste Morado (Parti violet), le seul qui n'a pas voté pour la destitution de M. Vizcarra.

Cet ingénieur de formation, ex-professeur d'université ayant aussi travaillé pour la Banque mondiale, a été élu député pour la première fois en mars 2020.

Son élection a la tête du pays a été saluée par des centaines de manifestants rassemblés aux abords du Parlement, et par des concerts de klaxons dans les rues de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Principes démocratiques"

"Je félicite Francisco Sagasti pour son élection à la présidence du Parlement. Seule une personne ayant des principes démocratiques pourra affronter la situation difficile que traverse le pays", a réagi M. Vizcarra sur Twitter.

C'est "le scénario idéal" pour surmonter la crise politique car M. Sagasti a été "l'un de ceux qui ont voté contre la destitution de Vizcarra", a estimé auprès de l'AFP l'ex-président de l'ONG Transparency International, José Carlos Ugaz.

Parallèlement, la députée de gauche Mirtha Vasquez a été élue présidente du Parlement. Les prochaines élections générales sont prévues le 11 avril 2021.

Martin Vizcarra, sans parti politique ni majorité au Parlement, était loué par la population pour sa lutte contre la corruption et son intransigeance à l'égard des députés.

Un manifestant, partisan du président péruvien évincé Martin Vizcarra, tient un drapeau péruvien lors des affrontements après une manifestation contre le gouvernement du président intérimaire Manuel Merino à Lima le 14 novembre 2020.
Un manifestant, partisan du président péruvien évincé Martin Vizcarra, tient un drapeau péruvien lors des affrontements après une manifestation contre le gouvernement du président intérimaire Manuel Merino à Lima le 14 novembre 2020.

Il s'était trouvé à la tête du pays après la démission en 2018 de son prédécesseur Pedro Pablo Kuczynski, dont il était le vice-président. Il a été démis à l'issue d'une seconde procédure de destitution, fondée sur des accusations de corruption qu'il a catégoriquement niées.

M. Kuczynski n'avait pas pu, lui non plus, aller au bout de son mandat, obligé de démissionner après avoir été mis en cause dans le scandale Odebrecht, du nom du géant brésilien du bâtiment qui a reconnu avoir versé des pots-de-vin dans plusieurs pays latino-américains.

Pas moins de quatre ex-présidents péruviens, dont un s'est suicidé, ont été impliqués dans ce scandale.

Manuel Merino, député de centre droit de 59 ans, était sorti de l'anonymat en septembre en initiant contre M. Vizcarra une première procédure de destitution qui n'avait pas abouti.

Une enquête préliminaire a été ouverte sur la mort des deux manifestants samedi, apparemment tués par des tirs de la police, mais aussi pour les "blessures graves" de dizaines d'autres.

L'ONU a également annoncé l'envoi d'une mission dans le pays pour enquêter sur de présumées violations des droits humains.

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USA: moins de 40.000 cas de Covid en 24H, une première depuis octobre

Test de dépistage du coronavirus (COVID-19) à Denver, Colorado, États-Unis, le 20 juin 2020.

Pour la première fois en cinq mois, les Etats-Unis ont recensé jeudi moins de 40.000 cas de Covid-19 en 24H, selon les données de l'université Johns Hopkins, qui font référence.

Après un pic de près de 300.000 cas en 24 heures enregistré le 8 janvier, le nombre d'infections quotidiennes a retrouvé son niveau d'avant Halloween, Thanksgiving et les autres fêtes de fin d'années, synonymes de nombreux déplacements à travers le pays et d'une propagation accrue du virus.

Autre signe encourageant dans le pays le plus touché par la pandémie en valeur absolue: les moyennes hebdomadaires des morts et des hospitalisations sont elles aussi nettement en baisse.

La campagne de vaccination lancée en décembre aux Etats-Unis bat désormais son plein, avec trois vaccins autorisés: ceux de l'alliance Pfizer/BioNTech, de Moderna, et depuis quelques jours, de Johnson & Johnson, dont les premières injections ont commencé mardi.

Et le nombre de personnes vaccinées s'apprête à dépasser celui des cas recensés dans le pays depuis le début de la pandémie.

Face à la concurrence de bonnes nouvelles, les Etats américains lèvent les uns après les autres les restrictions mises en place pour freiner la propagation du Covid-19, qui dépendent majoritairement des autorités locales aux Etats-Unis.

Ces annonces ont consterné le président américain Joe Biden, qui les juge trop prématurées. Il s'agit d'une "grande erreur", a-t-il dénoncé, emboîtant le pas des principaux responsables sanitaires fédéraux.

Calme au Capitole sous haute sécurité après une nouvelle menace extrémiste

La Garde nationale veille sur le Capitole, le jeudi 4 mars 2021, au Capitole à Washington.

La journée s'est déroulée sans incident jeudi au Capitole à Washington, placé sous haute sécurité après l'annonce qu'une "milice" cherchait à attaquer le siège du Congrès, barricadé depuis l'assaut meurtrier mené par des extrémistes pro-Trump en janvier.


Certains membres de la nébuleuse QAnon accordent une importance symbolique au 4 mars, date à laquelle les présidents américains prenaient leurs fonctions jusqu'en 1933.

Refusant toujours d'accepter la victoire de Joe Biden à la présidentielle de novembre, certains auraient été ainsi persuadés que Donald Trump pouvait être investi une seconde fois jeudi.

Et la police avait averti que des extrémistes et membres de QAnon avaient évoqué une nouvelle attaque contre le Capitole à cette occasion.

Depuis l'assaut du 6 janvier, des militaires de la Garde nationale patrouillent dans les couloirs de l'imposant bâtiment et sur l'esplanade, protégée par de hautes barrières, par endroit surmontées de barbelés.

Cet imposant dispositif de sécurité rend difficilement imaginable la répétition du coup de force de janvier, quand des milliers de manifestants pro-Trump s'étaient rassemblés au pied du Capitole après un discours du milliardaire républicain.

La Chambre des représentants avait néanmoins avancé à mercredi soir des votes prévus initialement jeudi.

Mais le Sénat a maintenu sa séance et la présidente de la Chambre Nancy Pelosi a minimisé jeudi les craintes sécuritaires derrière la décision de décaler les votes.

Cette décision était "logique" après l'avertissement lancé par la police, a-t-elle déclaré, en soulignant que les parlementaires de la Chambre étaient bien plus nombreux qu'au Sénat (435 contre 100) et qu'il était aisé pour eux d'avancer les seulement quelques heures de séance prévues jeudi matin.

"Personne ne devrait l'interpréter comme si nous avions changé tout notre calendrier parce que quelques fauteurs de troubles risquaient d'arriver", a-t-elle toutefois souligné. "Nous sommes bien mieux préparés que la dernière fois."

Les responsables de la sécurité du Congrès avaient conseillé aux parlementaires d'utiliser les parkings et couloirs souterrains pour accéder au Capitole.

"Forcer l'entrée"

Ces craintes se fondent sur des informations obtenues par les renseignements américains. Fin février, un groupe d'extrémistes "non-identifié a évoqué le projet de prendre le contrôle du Capitole américain", écrivent le FBI et le ministère américain de la Sécurité intérieure dans une note.

Ces extrémistes convaincus -à tort- que l'élection présidentielle de novembre a été marquée par des fraudes massives, nient la légitimité de Joe Biden, arrivé à la Maison Blanche le 20 janvier.

Mercredi, la police du Capitole a précisé que des informations montraient "un possible projet d'une milice identifiée visant à forcer l'entrée du Capitole le 4 mars".

Les lourdes mesures de sécurité font débat aux Etats-Unis, où beaucoup déplorent voir ce bâtiment surnommé "la Maison du Peuple" coupé des Américains.

Citant une augmentation de "93% des menaces pesant sur les élus lors des deux premiers mois de l'année par rapport à l'an dernier", la police du Capitole a toutefois annoncé jeudi soir qu'elle avait demandé au Pentagone de prolonger au-delà du 12 mars le déploiement de la Garde nationale.

La mouvance QAnon est née en 2017 aux Etats-Unis chez des partisans de l'homme d'affaires, qui serait, selon cette théorie du complot, en croisade contre "une élite composée de pédophiles satanistes", et a essaimé jusqu'en Europe. Elle est désormais officiellement bannie des grandes plateformes numériques, ce qui rend plus difficile le suivi par ses membres.

Beaucoup ont été découragés par l'échec du coup de force de janvier.

Cinq personnes, dont un policier du Capitole, sont mortes lors de cet assaut. Plus de 270 personnes sont poursuivies pour leur participation à cette attaque, selon le FBI.

Accusé d'"incitation à l'insurrection" pour avoir appelé ses partisans à marcher sur le Congrès, Donald Trump a été acquitté au Sénat le 13 février.

Il n'a lui-même jamais accepté le résultat de la présidentielle, estimant sans fondement que sa défaite était due à des fraudes massives.

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