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Le Nigeria règle son contentieux avec MTN portant sur 8 milliards de dollars

Des automobilistes traversent un tunnel passant devant une annonce de MTN dans le quartier du Maryland à Lagos, le 8 mars 2016.

Le Nigeria a annoncé avoir résolu un différend avec le premier opérateur de téléphonie mobile d'Afrique, MTN, portant sur un montant de 8,13 milliards de dollars (6,96 milliards d'euros) qu'il accusait le géant sud-africain d'avoir rapatrié illégalement dans son pays.

Plus grand marché des télécommunications du continent, le Nigeria a provoqué un choc pour MTN et les investisseurs étrangers en août en ordonnant de remettre cet argent dans le circuit bancaire nigérian et condamnant quatre banques commerciales impliquées dans le transfert.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) avait affirmé que la société sud-africaine n'avait pas obtenu l'autorisation requise avant de rapatrier les fonds entre 2007 et 2015. Le contentieux avait provoqué un effondrement des actions de MTN.

Mais dans un communiqué publié lundi soir, la CBN a déclaré que le groupe sud-africain avait fourni des informations et des documents supplémentaires clarifiant ses transferts de fonds.

Selon les médias nigérians, MTN a payé 53 millions de dollars au titre de pénalité pour régler l'affaire avec la CBN, tandis que d'autres discussions auront lieu avec les banques pénalisées sur la manière de gérer les sanctions.

À la suite des accords auxquels sont parvenues les deux parties, l'ensemble des dossiers portés devant la justice sur cette affaire seront clos, a ajouté la banque centrale. La direction de MTN n'a pas été immédiatement disponible pour des commentaires.

Cette sanction était la dernière en date à frapper MTN depuis le début de ses activités au Nigeria il y a 17 ans.

La société sud-africaine avait été condamnée à une amende de 5,2 milliards de dollars en 2015 par le régulateur nigérian des télécommunications NCC pour ne pas avoir déconnecté des cartes SIM non enregistrées sur son réseau.

L’amende a ensuite été ramenée à 1,7 milliard de dollars après des négociations avec le gouvernement nigérian.

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Nigeria: "accord de paix" entre quatre principaux candidats à la présidentielle

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Déploiement de policiers dans l'État nigérian d'Anambra après une attaque

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Présidentielle au Nigeria : quatre candidats s'engagent pour la "paix" civile

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (INEC) du Nigéria, Mahmood Yakubu, affiche les résultats du vote le 25 février 2019 à Abuja.

Quatre des principaux candidats à l'élection présidentielle de février 2023 au Nigeria se sont engagés jeudi à ne promouvoir aucune violence au cours des cinq mois de campagne à venir, a constaté un journaliste de l'AFP.

Pays le plus peuplé d'Afrique, le Nigeria a une longue histoire de troubles et de malversations liés aux élections. En 2011, plus de 800 personnes avaient été tuées dans des violences post-électorales dans le pays.

Les quatre candidats ont adhéré à un pacte "de paix", lancé par le Comité national de la paix, une initiative privée rassemblant des responsables religieux, traditionnels et de l'opinion, appelle les candidats à promouvoir une campagne pacifique.

Le président de la commission électorale nationale (Ceni) Mahmood Yakubu, a déclaré dans un communiqué que "l'engagement en faveur d'une campagne électorale pacifique et axée sur les problèmes devrait résonner au-delà des candidats à la présidence".

"Il ne suffit pas de signer l'accord de paix. Ce qui est plus important, c'est de respecter sa lettre et son esprit", a-t-il ajouté.

Le candidat du principal parti d'opposition, le Parti démocratique populaire (PDP), Atiku Abubakar, le candidat du parti travailliste, Peter Obi, et le candidat du New Nigerian Peoples Party, Rabiu Kwankwaso, ont tous les trois signé le document lors d'une cérémonie à Abuja.

Le candidat du parti au pouvoir, le Congrès des progressistes (APC), Bola Ahmed Tinubu, ancien gouverneur de Lagos, n'était pas présent à la cérémonie, mais son colistier candidat à la vice-présidence a signé le pacte en son nom.

Au total, 18 candidats à la présidence sont en lice, dont une femme. Le scrutin doit avoir lieu le 25 février.

La campagne qui s'est ouverte officiellement mercredi durera cinq mois, ce qui, selon des analystes, pourrait accentuer les batailles internes au sein des partis et aggraver les divisions dans ce pays déjà extrêmement polarisé entre un nord musulman et un sud chrétien.

Le prochain président, qui remplacera Muhammadu Buhari après ses deux mandats, prendra les rênes d'un face à d'immenses défis.

Le Nigeria traverse une grave crise économique depuis la pandémie de coronavirus, puis l'offensive russe en Ukraine, qui ont fait exploser les prix des produits alimentaires et du carburant, alors que la production pétrolière du pays ne cesse de décliner

Outre ce marasme économique, l'insécurité y est quasi généralisée. Chaque jour, le pays est meurtri par des violences perpétrées par des groupes criminels et/ou jihadistes, et les autorités, accusées d'être parmi les plus corrompues au monde, sont incapables de les endiguer.

Bama, ex-ville martyre de Boko Haram, au carrefour de l'espoir et de l'horreur

L'un des bâtiments détruits par Boko Haram, le 8 décembre 2016 à Bama, au nord-est du Nigeria.

Vue du ciel, Bama bourdonne de vie et se déploie sur des kilomètres: elle paraît vouloir s'étendre au-delà des profondes tranchées qui l'entourent et la protègent.

La ville, jadis symbole des ravages du groupe jihadiste Boko Haram, est à l'image du reste du nord-est du Nigeria : au carrefour de la reconstruction et de l'horreur, après treize ans de conflit.

D'un côté, les maisons aux toits flambant neuf qui accueillent les habitants qui, en 2014, avaient fui la cité assiégée par les jihadistes et qui y sont revenus ces dernières années, depuis que les autorités assurent qu'une paix durable y a été rétablie.

De l'autre, les rangées infinies de cabanes en tôle, refuge de l'incessant flux de nouveaux arrivants. Des dizaines de milliers de déplacés qui sortent juste du "bush", les campagnes où les jihadistes ont toujours la main et où les combats avec l'armée perdurent.

Dans l'enclave sécurisée par l'armée, des dizaines de maisons aux toits éventrés et murs calcinés rappellent encore la douloureuse histoire de Bama.

Et notamment ce terrible mois de septembre 2014, lorsque les jihadistes avaient réussi à s'emparer de cette cité commerçante de 300.000 habitants, avant d'en être chassés sept mois plus tard par une lourde offensive de l'armée. Bama, détruite à 85%, s'était alors muée en cité fantôme.

Des millions d'euros ont été nécessaires pour la remettre sur pied. Et depuis quatre ans, la vie a doucement repris ses droits. Quelque 120.000 habitants s’y sont progressivement réinstallés.

Comme Halima Tarmi Abba, revenue en 2018. "Les autorités nous ont donné une nouvelle maison, car la nôtre avait été totalement détruite", raconte cette femme de 36 ans, mère de trois enfants.

En tout, le gouvernement a construit et réhabilité plus de 10.000 maisons, une cinquantaine de pompes à eau et 154 classes d’école, selon l’ONU.

Des graffitis sur le mur d'une rue de Bama, dans l'État de Borno au Nigeria décrivent Boko Haram comme d'un "diable", le 31 août 2016.
Des graffitis sur le mur d'une rue de Bama, dans l'État de Borno au Nigeria décrivent Boko Haram comme d'un "diable", le 31 août 2016.

Fermeture des camps

Mais depuis un an, Bama ne parvient plus à absorber le flot des retours. "La ville est surpeuplée, car les autorités ont fermé les camps à Maiduguri et un grand nombre reviennent à Bama", témoigne Halima. "Il y a trop d'enfants dans les classes et de patients dans les hôpitaux".

Depuis mai 2021, les autorités ont fermé plus de neuf camps, qui accueillaient quelque 140.000 personnes, afin de pousser les déplacés à se réinstaller en dehors de la capitale régionale Maiduguri, dans les zones qu'elles assurent avoir sécurisées, comme Bama.

Pourtant, à une centaine de mètres du chantier d'une mosquée, le stade décati de Bama rappelle que l’insurrection est loin d’appartenir au passé.

Ses tribunes sont vides de supporteurs, le terrain servant d’héliport aux travailleurs humanitaires qui ne prennent toujours pas la route à cause de possibles embuscades jihadistes.

Les tranchées qui encerclent la ville sont aussi la preuve que si les militaires tiennent désormais les grandes agglomérations du nord-est, devenues des villes-garnisons, les campagnes restent à la merci des insurgés.

La mort en mai 2021 du chef de Boko Haram Abubakar Shekau, tué par les combattants de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), n'a pas sonné la fin du conflit qui a fait plus de 40.000 morts et deux millions de déplacés depuis 2009. Elle a juste consacré ce groupe rival comme la force jihadiste dominante dans la région.

"Je suis heureuse de revivre à Bama, mais on ne peut pas dire que le conflit soit derrière nous", confie Halima.

"Parfois, on entend des coups de feu dans la nuit, ou même des explosions, les jihadistes ne sont pas loin", témoigne la mère de famille.

Et chaque jour, "des centaines de personnes continuent d'arriver des villages toujours contrôlés par les groupes armés, épuisées de fatigue et de faim", témoigne Ousmane Umar, un travailleur humanitaire.

Ceux-là trouvent refuge dans le camp de déplacés de Bama, lui aussi derrière les tranchées qui protègent la ville. Construit initialement pour 25.000 personnes, il en accueille désormais 88.000 selon l'ONU.

Depuis juin 2021, 60.000 personnes y sont arrivées: des villageois qui vivaient sous le joug du groupe Boko Haram et/ou des familles des milliers de jihadistes qui se sont récemment rendus aux autorités.

Destins brisés

À l’entrée du camp, des femmes et des hommes à la mine grave traînent leurs silhouettes vers les milliers de cabanes de tôle, au milieu de centaines d'enfants.

"Ici, tout le monde a une histoire terrible à raconter. Des proches tués par Boko Haram, dans les bombardements de l'armée, ou juste par la faim" témoigne Immaculate Patrick, une jeune travailleuse humanitaire dans le camp.

Des destins brisés par les insurgés, comme Aïsha Abubakar, 20 ans, les traits tirés.

Arrivée il y a 8 mois, elle a retrouvé ses parents après 7 ans d'une épouvantable séparation : kidnappée à l'âge de 13 ans par Boko Haram, elle a été mariée de force à l'un de leurs officiers.

"Il avait cinquante ans", dit-elle le regard fixe à l'horizon.

"J'ai vu tant de personnes se faire tuer, des filles utilisées pour se faire sauter dans les marchés", poursuit Aïsha.

D'autres ont vu leur vie détruite par l'armée. Comme Ibrahim, 33 ans, qui a retrouvé dans ce camp sa femme et ses enfants il y a neuf mois, après avoir passé des années en prison pour avoir, dit-il, été "injustement" soupçonné d'être un combattant jihadiste.

Visiblement traumatisé, il raconte comment il a partagé durant 8 mois une cellule avec des centaines d'hommes, sans pouvoir même s'allonger au sol. "Certains sont morts de faim ou de fièvre", lâche-t-il, tapant frénétiquement sa main contre sa cuisse.

Aujourd'hui, Ibrahim partage avec dix membres de sa famille une hutte de fortune dans le camp de Bama. "Ce n'est pas vivable, mais où voulez-vous qu'on aille ?", demande-il.

Les 50.000 enfants du camp se partagent une seule école primaire. Les installations sanitaires y sont trop rares.

"Les déplacés vivent littéralement les uns sur les autres. C'est une situation dramatique (...) avec un risque que des épidémies se déclarent", alerte le chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) au Nigeria, Trond Jensen.

L'ONU et les autorités disent travailler à étendre au plus vite le camp de Bama, pour éviter que ces hommes et ces femmes ne soient contraints de passer de l'autre côté des tranchées. Là où les jihadistes du groupe État islamique continuent de lancer leurs attaques, et l'armée ses bombardements.

Le Nigeria s’associe à Ethiopian Airlines pour relancer sa compagnie aérienne

La nouvelle compagnie va dans un premier temps relier les deux principales villes du Nigeria, Abuja et Lagos grâce une flotte de trois Boeing 737-800.

Le transporteur éthiopien devient le principal actionnaire de Nigeria Air, la nouvelle compagnie aérienne nationale nigériane attendue prochainement. Abuja souhaite à cette dernière un meilleur sort que la précédente, plombée notamment par la mauvaise gestion.

Ethiopian Airlines a remporté l’appel d’offres international lancé par les autorités nigérianes dans le cadre de la création de Nigeria Air, la nouvelle compagnie aérienne nationale du pays. Selon le ministre nigérian de l’Aviation, Sikira Hadi, le transporteur éthiopien a été préféré à plus d’une centaine d’autres soumissionnaires au terme d’un "processus minutieux", débuté en mars 2022.

Ethiopian Airlines devrait ainsi participer à 49% au capital de la future compagnie aérienne nationale nigériane. Les autres actionnaires comprennent un groupe d’investisseurs privés en collaboration avec le Fonds souverain nigérian à hauteur de 46%. L’État quant à lui acquiert 5% des parts.

Sur les ruines de la défunte

Cette structure actionnariale répond au vœu maintes fois répété par le gouvernement de rester en retrait de la gestion de Nigeria Air. Le président Muhammadu Buhari et son équipe espèrent ainsi épargner à la nouvelle compagnie aérienne nationale le sort de Nigeria Airways. Propriété de l’État à 100%, cette dernière a vu sa gestion péricliter avant de cesser ses activités en 2003.

C’est l’une des raisons pour lesquelles l’idée de création de Nigeria Air lancée pour la première fois par Buhari en 2015 suscite encore bien des craintes au sein de la population. Mais le gouvernement parie sur la réussite du projet, fort de l’accompagnement d’Ethiopian Airlines.

Cette dernière est, en effet, considérée comme la meilleure compagnie aérienne en Afrique depuis 2017, selon les classements annuels successifs de l’organisme londonien spécialisé Skytrax. Une telle réussite détonne dans le secteur aérien africain marqué par des compagnies nationales très souvent en difficulté et sous perfusion financière étatique.

Rapprocher le Nigeria du monde

Selon Sikira Hadi, les débuts de Nigeria Air sont attendus après l’approbation du contrat de création par le Conseil exécutif fédéral. Un processus qui devrait s’achever d’ici 6 à 8 semaines, à en croire le ministre cité par la presse locale suite à sa sortie du 23 septembre 2022 sur le sujet.

La nouvelle compagnie va dans un premier temps relier les deux principales villes du Nigeria, Abuja et Lagos grâce une flotte de trois Boeing 737-800. Elle compte acquérir à terme une trentaine d’appareils dans le cadre de son ambition de "rapprocher le Nigeria du monde", comme l’indique son slogan.

C’est un défi de taille au regard des nombreuses compagnies à la fois africaines et internationales desservant la principale économie de l’Afrique de l’Ouest. Mais cette situation concurrentielle ne semble pas émousser l’ardeur des autorités nigérianes.

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