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Le Niger craint de nouvelles attaques de Boko Haram début 2019


L'enterrement d'un des agriculteurs tués par les militants de Boko Haram à Kalle, un village reculé situé à 17 km de la capitale Maiduguri, le 20 octobre 2018.

Le ministre de la Défense du Niger Kalla Moutari a déclaré samedi craindre des attaques du groupe jihadiste Boko Haram contre les forces nigériennes début 2019 et souhaité former des forces spéciales contre les jihadistes.

Lors d'une intervention devant le Parlement, le ministre a rappelé "la situation préoccupante au Nigeria" voisin, où "des bases militaires ont été défaites" récemment par Boko Haram.

Les combattants de "Boko Haram ont pu se ravitailler en matériel, ils ont pu se revigorer", a souligné M. Moutari, qui "craint" des attaques des jihadistes contre les forces nigériennes "à partir de janvier 2019, (période) qui correspond au début du retrait des eaux de la Komadougou", une rivière formant une frontière naturelle entre le Niger et le Nigeria et qui entrave les incursions des insurgés nigérians sur le sol nigérien.

"On estime que ce groupe dispose de la capacité nécessaire pour mener des actions de grande envergure contre nos positions à tout moment" et "nous nous préparons en conséquence", a-t-il ajouté.

Le ministre a également estimé qu'une "armée classique ne pourra peut-être pas venir à bout de Boko Haram" et annoncé que le Niger "a décidé de (faire) former sur place ses forces spéciales" par les armées de "France, d'Italie et des Etats-Unis".

Le ministre exposait au parlementaires la situation sécuritaire dans la région de Diffa (sud-est du Niger) victime depuis 2015 d'attaques meurtrières du groupe jihadiste basé dans le nord-est du Nigeria.

M. Moutari a par ailleurs donné un bilan d'une opération menée par "la Force mixte multinationale" contre Boko Haram au premier semestre 2018.

"Au cours de la dernière campagne que la Force mixte multinationale (composée de soldats du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigeria) a mené dans le lit du lac Tchad, 370 combattants de Boko Haram ont été tués, une centaine ont été arrêtés vivants", a-t-il affirmé, ajoutant que l'armée avait saisi "des armes, des véhicules, y compris des blindés".

Le ministre n'a pas précisé la date à laquelle cette opération a été menée. Mais, fin avril, M. Moutari avait annoncé qu'une opération militaire régionale d'envergure était "en cours" dans le bassin du lac Tchad pour débarrasser la zone "des résidus de Boko Haram".

La région de Diffa, qui compte 600.000 habitants, abrite plus de 300.000 réfugiés et déplacés en raison des attaques de Boko Haram, selon des ONG.

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