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Plus de 2 milliards d'euros promis au G5 Sahel


La ministre française des Armées, Florence Parly, et le ministre nigérien de la Défense, Kalla Moutari, lors d'une visite pour soutenir les troupes du G5 Sahel à Ouallam, ville de garnison au Niger, le 20 juillet 2018.
La ministre française des Armées, Florence Parly, et le ministre nigérien de la Défense, Kalla Moutari, lors d'une visite pour soutenir les troupes du G5 Sahel à Ouallam, ville de garnison au Niger, le 20 juillet 2018.

Cette aide servira à la mise en œuvre d'une quarantaine de projets de développement destinés à endiguer les violences jihadistes dans cette vaste zone au sud du Sahara.

Objectif atteint et même dépassé: réunis à Nouakchott, les partenaires du G5 Sahel ont porté à 2,4 milliards d'euros leur aide pour la mise en œuvre d'une quarantaine de projets de développement destinés à endiguer les violences jihadistes dans cette vaste zone au sud du Sahara.

"Les partenaires du G5 Sahel ont fait des annonces de financement pour un montant total de 2,4 milliards d'euros, correspondant à 127 % de l'objectif de mobilisation initial", précise l'organisation régionale dans un communiqué publié à l'issue d'une conférence des donateurs dans la capitale mauritanienne, après avoir évoqué dans un premier temps un montant d'aide de "près de 2 milliards d'euros".

"Ces engagements de nos partenaires couvrent largement les besoins globaux du programme d'investissement prioritaire", s'est réjoui le Nigérien Mahamadou Issoufou, président en exercice du G5 Sahel, qui réunit la Mauritanie, le Mali, le Tchad, Burkina Faso et le Niger.

Avant cette conférence, le G5 avait estimé à 1,9 milliard d'euros les fonds nécessaires pour financer son Programme d'Investissements prioritaires (PIP) pour la période 2019-2021, qui vise en particulier les régions frontalières où les jihadistes tirent parti des carences des Etats pour s'implanter.

En construisant des écoles, des centres de soins ou en offrant un accès à l'eau, les gouvernements espèrent fidéliser des populations déshéritées susceptibles sinon de céder aux sirènes jihadistes.

La plate-forme de coopération Alliance Sahel, lancée en juillet 2017 par l'Allemagne et la France, qui regroupe aussi l'Union européenne, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le PNUD et six autres pays européens, mettra le plus la main au portefeuille avec un apport total de l'ordre de 1,3 milliard d'euros, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

La France contribuera à ce total à hauteur de 220 millions d'euros et l'UE de 122 millions, ont indiqué le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian et le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement Neven Mimica.

L'Arabie saoudite a annoncé de son côté une aide de 100 millions d'euros, dont 50 pour le développement et 50 pour la force conjointe du G5 Sahel, qui viendront s'ajouter aux 100 millions d'euros de matériels militaires déjà promis par Ryad, a précisé une source diplomatique.

Les cinq pays membres de l'organisation, parmi les plus pauvres du monde, avaient déjà annoncé qu'ils prendraient 13% des besoins initiaux à leur propre charge.

"La sécurité avait pris le dessus sur le développement au sein du G5 Sahel", relevait récemment une source diplomatique française, en référence à la force conjointe, réactivée en 2017.

"Notre souhait, c'est d'asseoir vigoureusement le second pilier stratégique et décisif de notre action commune, le développement économique et social du G5 Sahel", a souligné jeudi M. Issoufou.

Dans un rapport publié mercredi, Action contre la faim (ACF), Oxfam et Save The Children ont toutefois alerté sur les risques du "lien entre sécurité et développement".

Selon ces trois ONG, "il est inquiétant de voir que la réponse se focalise sur le développement économique, sans prendre autant en compte les griefs légitimes de la population autour des problèmes de gouvernance, d'inégalités, de distribution des richesses et de justice de genre".

Les groupes jihadistes, en grande partie chassés du nord du Mali par l'intervention militaire lancée par la France en 2013, ont depuis regagné du terrain, en particulier dans le centre du pays, et le phénomène s'étend au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Trois priorités

Cette dégradation de la situation a conduit le G5 Sahel à réactiver son projet de force conjointe. En plus d'un an et demi, cette force a mené une dizaine d'opérations avec l'appui direct de l'opération française Barkhane, sans réel impact sur le terrain où elle n'a pas encore croisé le fer avec les jihadistes.

La pauvreté et les changements climatiques qui réduisent l'accès aux ressources naturelles alimentent aussi les tensions intercommunautaires. Les forces armées sont par ailleurs régulièrement accusées d'exactions.

Dans ce contexte, le G5 Sahel a défini un "programme de développement d'urgence" axé sur trois priorités: l'hydraulique, la gestion des conflits intercommunautaires et la sécurité intérieure.

L'accent est mis sur le nord du Burkina Faso, le centre du Mali, la région des Hodh en Mauritanie ainsi que celles de Tillabéri au Niger et Kanem au Tchad.

Dans l'après-midi, M. Le Drian s'est rendu à 600 km au sud-est de Nouakchott pour visiter deux projets financés par l'Agence française de développement (AFD) qui s'inscrivent dans cette logique du G5 Sahel: une centrale solaire et thermique, inaugurée en avril, et un centre de santé maternelle.

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