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Le Japon veut réduire l'empreinte des sceaux personnels sur la société

Des japonais participent au festival Uchimizu dont l'objectif est de préserver les traditions du pays, Tokyo, 28 juillet 2017. (AP Photo/Sherry Zheng)

Le gouvernement japonais a déclaré la guerre aux sceaux personnels traditionnellement apposés dans le pays sur toutes sortes de documents, des récépissés de livraison aux certificats de mariage, mais leur empreinte sur la société devrait être difficile à effacer totalement.

Pour accélérer la transition vers une société numérique, le nouveau Premier ministre Yoshihide Suga a frappé d'infamie ces petits sceaux appelés "hanko" qui ont freiné l'adoption du télétravail face à la pandémie, en forçant de nombreuses personnes à aller au bureau pour tamponner des documents.

Takahiro Makino, qui fabrique des hanko de qualité supérieure, avec leurs minuscules caractères sino-japonais gravés à la main, pense cependant que son métier n'est pas près de disparaître.

"Nous n'avons pas besoin d'utiliser des choses qui ne sont plus nécessaires, mais d'un autre côté un objet de valeur survivra toujours", déclare cet artisan de 44 ans à l'AFP.

Autrefois utilisés par la noblesse à travers l'Asie, les hanko sont présents au Japon depuis près de 2.000 ans.

Dans son atelier de Tokyo, M. Makino commence par peindre à l'encre noire sur un carré de bois le nom de la personne ou de l'entreprise qui figurera sur le tampon, puis il le découpe au burin avec le plus grand soin.

"Même en se basant sur la même police d'écriture, chaque tampon est différent" car l'artisan "ajoute sa patte tout en s'ajustant aux besoins du client", explique-t-il.

- Symbole de l'âge adulte -

Des sceaux ouvragés comme ceux de M. Makino coûtent plusieurs centaines d'euros. Ces attributs de l'adulte responsable japonais, utilisés notamment pour tamponner des documents importants, sont souvent offerts par les parents aux enfants à leur majorité.

Des versions plus abordables, fabriquées en masse, sont disponibles dans toutes les épiceries et peuvent être utilisées au quotidien.

C'est l'ancien ministre de la Défense Taro Kono, chargé depuis septembre de mener la réforme administrative du Japon, qui mène la campagne anti-hanko.

Opposé à leur usage systématique dans les ministères, M. Kono s'est publiquement indigné de l'exemple d'un document qui aurait été tamponné par plus de 40 personnes pour valider une décision.

Les appels du gouvernement contre la paperasserie semblent commencer à porter leurs fruits: l'agence nationale de police a ainsi annoncé récemment qu'elle cesserait d'imposer l'usage du hanko dès l'an prochain.

Le conglomérat industriel Hitachi a aussi fait part de son intention d'abolir l'usage du hanko pour les documents internes d'ici mars 2022.

La bataille culturelle est cependant encore loin d'être gagnée. "Une fois, on m'a demandé de mettre mon sceau sur un papier, de le scanner et de l'envoyer" par e-mail, s'amuse Sayuri Wataya, 55 ans, employée dans l'édition.

- Oser la responsabilité -

La rigidité et la complexité de la hiérarchie, omniprésente dans les entreprises japonaises, risque aussi de freiner la conversion au tout numérique, estime Takayuki Watanabe du Japan Research Institute.

"Souvent vous avez besoin du sceau de votre supérieur, puis de ceux du chef d'équipe, du chef de section et du responsable du département" pour valider un seul document, énumère-t-il.

Par convention, le plus haut placé dans la hiérarchie appose son cachet à gauche, et les tampons de ses subordonnés sont penchés vers le sien, comme s'ils s'inclinaient devant lui.

Cette accumulation d'encre symbolise qu'une décision a été prise de manière collective, "car ils veulent tous être dans le même bateau" en cas de problème, pense Tetsuya Katayama, comptable de profession.

"Au Japon, personne ne veut prendre seul la responsabilité. C'est toujours vague", rappelle-t-il.

Selon M. Watanabe, la campagne anti-hanko du gouvernement n'aura véritablement d'effets que si les mentalités et les manières d'approuver les décisions évoluent dans le pays, vers davantage de responsabilité individuelle.

Sinon, même si des entreprises numérisaient la paperasse, elles pourraient remplacer le hanko "par l'obligation d'appuyer de nombreuses fois sur un bouton", prévient encore M. Watanabe.

Paradoxalement, Keiichi Fukushima, un haut responsable de l'association des fabricants de hanko, ne voit pas d'un mauvais oeil les projets du gouvernement.

Réduire l'usage du hanko pourrait redonner à ces sceaux l'importance qu'ils avaient autrefois, quand ils étaient utilisés pour les grandes occasions uniquement, raisonne M. Fukushima: "Ce serait une bonne occasion de montrer à quel point la coutume du hanko est importante".

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Une fille meurt sous les coups d'une "exorciste" au Sri Lanka

La police a arrêté dimanche au Sri Lanka une femme se disant "exorciste" après la mort d'une fille de neuf ans qu'elle avait rouée de coups dans le cadre d'un rituel.

La femme, dont l'identité n'a pas été communiquée, est accusée d'avoir battu à plusieurs reprises la petite fille à coups de bâton en affirmant vouloir "faire sortir un démon qui avait pris possession de l'enfant", a expliqué le porte-parole de la police Ajith Rohana.

La petite fille avait été conduite par ses parents chez cette femme dans le village de Meegahawatte, tout près de la capitale Colombo. Des voisins, alertés par les appels au secours de l'enfant, sont arrivés trop tard pour la sauver.

"L'enfant s'était écroulée après les violents coups reçus. Elle a été déclarée morte à l'hôpital", selon M. Rohana.

La région a connu ces dernières années plusieurs cas de soi-disant tentatives d'exorcismes dont plusieurs ont provoqué des blessures voire le décès de ceux qui y étaient soumis, a-t-il ajouté.

Parmi les 21 millions d'habitants du Sri Lanka, nombreux sont ceux qui ont recours à des guérisseurs, sorciers ou exorcistes auto-proclamés.

Une militante libérée de prison en Inde après des accusations de torture

Manifestation de fermiers dans l'Haryana, le 27 décembre 2020. Les femmes ont joué un rôle croissant dans les contestations d'agriculteurs et d'ouvriers en Inde.

Nodeep Kaur, militante pour les droits du travail, arrêtée le mois dernier dans une manifestation ouvrière, a été libérée sous caution vendredi, quelques jours après que ses proches ont affirmé qu'elle avait été torturée et agressée sexuellement en détention.

Nodeep Kaur, âgée de 25 ans et appartenant à la communauté marginalisée des dalits (anciennement appelés "les intouchables"), avait été arrêtée dans une manifestation d'ouvriers devant une usine à la périphérie de la capitale indienne New Delhi.

Sa soeur Rajvir Kaur a confirmé vendredi qu'elle avait obtenu une libération sous caution de la Haute Cour du Pendjab et de l'Haryana (Nord). "Nous devons également lui faire passer un examen médical", a-t-elle précisé.

La police l'a arrêtée pour rassemblement illégal, tentative de meurtre et extorsion, selon des informations des médias locaux.

Son arrestation a déclenché une vague d'indignations et sa famille et ses partisans ont affirmé qu'elle avait été agressée sexuellement et torturée en détention. La police nie ces allégations.

Meena Harris, nièce de la vice-présidente américaine Kamala Harris, avait appelé à sa libération au début du mois, en tweetant qu'elle avait été "arrêtée, torturée et agressée sexuellement" en détention.

Le député travailliste britannique Tanmanjeet Singh Dhesi a évoqué l'arrestation de Nodeep Kaur au Parlement britannique, se disant alarmé par les accusations de torture.

La jeune femme a également participé au mouvement de protestations d'agriculteurs contre les réformes du gouvernement indien libéralisant les marchés agricoles.

Ces manifestations ont été abondamment commentées sur Twitter notamment par la pop star Rihanna et la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, suscitant la colère du gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi.

Des questions sur l’efficacité et la sûreté des vaccins anti-covid

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Japon: des robots offrent du réconfort aux confinés

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Une jeune domestique à Singapour ne pesait plus que 24 kilos à sa mort

Singapour

Une Singapourienne a reconnu avoir affamé, battu et tué sa domestique birmane qui ne pesait plus que 24 kilos au terme d'une année de sévices, selon les procureurs, qui y ont vu l'une des pires affaires de maltraitance de l'histoire de la cité-Etat.

Singapour compte environ 250.000 domestiques qui viennent généralement de pays asiatiques pauvres. Et les cas de mauvais traitement sont légions.

Mais les sévices endurés par Piang Ngaih Don jusqu'à son décès en 2016 avaient rarement été vus dans la ville, la jeune femme ayant reçu des coups de pied, de balai, été victime d'étouffement et de brûlures au fer à repasser, selon des documents judiciaires.

Gaiyathiri Murugayan, 40 ans, a plaidé mardi coupable de 28 chefs d'accusation, dont celui d'homicide volontaire. Passible de la prison à perpétuité, elle connaîtra sa peine ultérieurement.

"Le tribunal ressent une légitime colère à l'idée qu'un être humain en traite un autre d'une façon aussi inhumaine, et la loi doit s'appliquer dans toute sa force", ont affirmé les procureurs.

Piang Ngaih Don avait été embauchée en 2015 par Mme Gaiyathiri et son époux, un policier, pour s'occuper de leur fille de quatre ans et de leur garçon d'un an.

Mme Gaiyathiri infligea presque quotidiennement des sévices à son employée, et parfois plusieurs fois par jour, selon ces documents qui précisent que la mère de l'accusée, âgée de 61 ans, se livrait parfois aussi à des violences.

La domestique ne recevait que très peu à manger et perdit près de 40% de son poids pour ne peser finalement que 24 kilos au moment de son décès en juillet 2016. Elle n'était autorisée à dormir que cinq heures par nuit.

L'accusation n'a pas retenu la qualification la plus lourde qui aurait été passible de la peine capitale en prenant en compte le fait que l'accusée souffrait de plusieurs maladies, dont la dépression.

Son mari est également poursuivi.

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