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Le gouvernement tunisien appuie le vote d'une loi "en urgence" contre le racisme


Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed lors d'une conférence de presse au palais présidentiel à Tunis le 3 août 2016.

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a appelé à l'examen "en urgence" par le Parlement d'un projet de loi pénalisant le racisme, au lendemain d'une manifestation d'étudiants africains dénonçant de "multiples cas d'agressions".

"Il faut une stratégie nationale afin de changer les mentalités, (et) une loi qui criminalise la discrimination", a déclaré M. Chahed dans un discours prononcé à l'occasion d'une "Journée nationale contre la discrimination raciale".

"L'initiative législative présentée il y a presque deux ans au Parlement est une étape vers (...) la poursuite des auteurs de ces crimes: je demande à ce que les députés en débattent en urgence. Il faut aussi lancer des campagnes de sensibilisation", a-t-il ajouté.

Selon M. Chahed, "il est de notre devoir d'entamer la discussion (...) sur ces sujets tabous", car "la discrimination raciale constitue une atteinte aux droits de l'Homme". Il a indiqué vouloir faire de cette "Journée nationale" du 26 décembre un "rendez-vous annuel".

Le ministre chargé des droits de l'Homme, Medhi Ben Gharbia, a également appelé à "briser le silence". "Un grand travail nous attend afin de changer les mentalités", a-t-il jugé.

Ces prises de position interviennent au lendemain d'une manifestation dans le centre de Tunis à l'appel d'associations d'étudiants africains. Une centaine de personnes y a participé pour dénoncer de "multiples cas d'agressions", dont celle subie samedi dans la capitale par trois Congolais.

"Deux ont eu la gorge tranchée et le troisième a été poignardé. (...) Nous réclamons justice", a déclaré à l'AFP Rachid Ahmad Souleimane, président de l'Association des étudiants et stagiaires africains en Tunisie (Aesat).

L'agresseur a été interpellé et devait être présenté lundi à la justice, a indiqué son père sur la radio Mosaïque FM. Il a affirmé que son fils souffrait de "troubles psychologiques".

Les ministres de la Santé et des Droits de l'Homme ont rendu visite aux victimes hospitalisées.

En juin, des organisations de la société civile avaient présenté leur propre proposition de loi criminalisant toute forme de discrimination, et obtenu le soutien de députés de la majorité, dans le cadre notamment de la lutte antiraciste.

Selon des juristes, la Tunisie ne compte à ce jour aucune loi spécifique à la lutte contre les discriminations, une seule, dédiée à la liberté de la presse, en faisant mention.

Avec AFP

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