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Le Gabon envoie en prison un ancien ministre tout puissant


Le ministre gabonais Magloire Ngambia parle avec un gouverneur chinois lors d'une réunion du FMI à Washington DC, le 24 avril 2010.

L'ancien ministre de l'Economie tout puissant du président Ali Bongo Ondimba a été emprisonné pour corruption présumée, une première dans cet Etat pétrolier frappé par une crise économique et politique où le ministre du Pétrole vient aussi d'être destitué.

L'ancien ministre de l'Economie et conseiller du président, Magloire Ngambia, a été placé mardi sous mandat de dépôt dans une prison de Libreville, d'après la presse gabonaise qui a reproduit le document.

L'ex-ministre en poste jusqu'en 2015, 45 ans, est inculpé pour détournement présumé de fonds publics. Il aurait détourné 500 milliards de francs CFA (environ 762 millions d'euros), d'après le site d'information Gabonreview.

"Pour la première fois, un ancien ministre de la République a été envoyé là-bas à +Sans-Famille+ (le nom de la prison) pour une histoire de détournement de deniers publics", avance jeudi dans son éditorial le quotidien l'Union, proche du pouvoir.

Le journal estime qu'après cette arrestation "il n'y a plus d'intouchables dans notre pays".

La nouvelle de l'incarcération de M. Ngambia est intervenue au lendemain de la disgrâce d'Etienne Dieudonné Ngoubou au poste stratégique de ministre du Pétrole et des Hydrocarbures.

Remplacé sur décision présidentielle, M. Ngoubou est sorti mardi sous les huées des agents de son ministère.

Mercredi, il a été entendu à la Direction générale des recherches (DGR) de la gendarmerie dans le cadre d'une enquête sur la gestion de l'argent public destiné aux travaux hydrauliques, selon plusieurs journaux.

La presse a également fait état en début de semaine de l'incarcération de Blaise Wada, ancien responsable de projets hydrauliques sur Libreville.

Enfin, plusieurs ex-haut responsables de la Poste ont été placés en garde à vue dans une enquête sur la gestion de cette entreprise publique en grande difficulté.

Interrogé sur ces affaires, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Alain-Claude Bilie-By-Nzé a invoqué le respect de la présomption d'innocence.

L'opposition soupçonne une mise en scène destinée à préparer les esprits à des mesures d'austérité alors que le Gabon, victime de la chute des cours du pétrole, va bénéficier d'un prêt de 130 milliards de francs CFA (quelque 200 millions d'euros) de la Banque africaine de développement (BAD) pour relancer sa croissance et diversifier son économie de rente pétrolière.

Cette petite opération "Mains propres" intervient alors que le Gabon s'apprête à accueillir samedi la Coupe d'Afrique des Nations de football (CAN-2017) dans un climat tendu.

L'opposant Jean Ping se proclame toujours le "président élu" depuis le scrutin d'août dernier, refusant de reconnaître la victoire d'Ali Bongo. Une partie de la société civile appelle au boycott pacifique de la CAN-2017.

Avec AFP

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