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Le général Mokoko refuse de "plier" pendant son procès au Congo-Brazzaville

Le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko à Brazzaville, 19 mars 2016.

"Ce n'est pas à la justice que j'ai affaire, mais à l'arbitraire", a lancé le général congolais Jean-Marie Michel Mokoko, actuellement jugé à Brazzaville pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", en prévenant qu'il ne "plierait pas".

L'ex-chef d'état-major et ex-conseiller du président Denis Sassou Nguesso, qu'il avait défié à la présidentielle de 2016, accuse "la dictature" de vouloir l'"achever par un simulacre de procès inique", dans une lettre datée du 8 mai dont l'AFP a obtenu une copie.

"Quoi qu'il advienne en ce qui me concerne, je ne céderai sur rien, je ne plierai pas", conclut-il alors que les réquisitions sont attendues vendredi dans son procès commencé lundi devant la cour criminelle.

>> Lire aussi : Mokoko refuse de parler à l'ouverture de son procès à Brazzaville

Avec ses avocats, le général Mokoko a choisi de ne pas s'exprimer aux audiences, estimant qu'il bénéficie d'une immunité juridique en vertu d'un décret de 2001 qui lui confère le statut de "dignitaire de la République".

La Cour suprême a rejeté cette immunité, selon un avocat qui défend l'Etat congolais dans ce procès.

Il est aussi poursuivi pour détention d'armes et troubles à l'ordre public.

Mardi, la cour a diffusé une vidéo datant de 2007 dans laquelle le général semble comploter avec d'autres interlocuteurs pour la préparation d'un coup d'Etat contre le président Sassou Nguesso.

>> Lire aussi : Le procès du général Mokoko s’ouvre lundi à Brazzaville

Cette vidéo avait été rendue publique en 2016 quand le général Mokoko avait lancé sa candidature à la présidentielle.

L'officier avait terminé troisième de la présidentielle (moins de 14% des voix) marquée par la réélection contestée dès le premier tour du président Sassou Nguesso, qui cumule près de 35 ans de pouvoir.

Après ce vote, il n'avait pas reconnu la victoire du président sortant et appelé avec d'autres candidats à la "désobéissance civile". Ses avocats démentent toute tentative de coup d'Etat.

>> Lire aussi : Congo : une campagne internationale pour la libération du général Mokoko

A Brazzaville mercredi soir, deux militants du mouvement citoyen Ras-le-bol ont été arrêtés, d'après le coordonnateur adjoint Charlin Kinouani.

Le coordonnateur Franck Nzila Malembe et l'activiste Luce Ngangoue ont été emmenés à bord de voitures banalisées alors qu'ils placardaient des affiches "Libérez les prisonniers politiques" devant la cathédrale de Poto-Poto, selon cette même source.

Avec AFP

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Le Soudan célèbre l'accord historique, la désignation du Conseil souverain retardée

Le lieutenant-général Abdel Fattah Al-Burhan, président du Conseil militaire, et le chef de la coalition de l'opposition soudanaise Ahmad al-Rabiah célèbrent la signature de l'accord de partage du pouvoir qui ouvre la voie à un gouvernement de transition

Le Soudan a célébré dimanche l'accord historique signé la veille par les dirigeants militaires et la contestation en vue de la transition vers un pouvoir civil, mais la désignation attendue du Conseil souverain censé piloter cette transition a été reportée à lundi.

Comme la veille, de nouvelles scènes de liesse ont eu lieu dimanche dans les rues de Khartoum pour fêter la signature samedi par les généraux au pouvoir et les meneurs de la contestation d'un accord prévoyant une transition de 39 mois, qui doit être menée par le "Conseil souverain" composé de 11 membres -six civils et cinq militaires.

Attendue dimanche, l'annonce de la composition de ce Conseil souverain n'avait cependant toujours pas eu lieu en fin de soirée. Selon des sources de l'opposition, seuls cinq des onze membres ont été choisis pour le moment, et la composition complète devrait être connue lundi.

La cérémonie de signature, qui avait s'était déroulée samedi dans la capitale en présence de nombreux dignitaires étrangers, a constitué le plus grand événement du genre à être organisé depuis des années, tranchant avec les années d'isolement du Soudan.

De nombreux pays ont salué la signature de l'accord, considéré comme le point de départ d'un "nouveau Soudan", après les 30 ans de pouvoir d'Omar el-Béchir, détenu depuis sa destitution en avril par l'armée sous la pression de manifestations massives.

"Cet accord répond aux demandes du peuple soudanais, qui a appelé sans relâche au changement et à un avenir meilleur", a écrit le secrétaire d'Etat britannique pour l'Afrique, Andrew Stephenson.

Sur Twitter, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a promis que Washington soutiendrait l'établissement "d'un gouvernement qui protège les droits de tous les Soudanais et mène vers des élections libres et équitables".

- Nouvelles institutions -

D'après les documents signés samedi, plusieurs étapes précèderont les élections prévues en 2022.

La première est la formation du Conseil souverain. Remplacant le Conseil militaire, qui avait pris les rênes du pays après la destitution de Omar el-Béchir, ce Conseil souverain sera d'abord dirigé pendant 21 mois par un général, puis par un civil pendant les 18 mois restants.

Abdallah Hamdok, un ex-économiste de l'ONU choisi jeudi par la contestation comme Premier ministre, devrait ensuite être officiellement désigné mardi par ce Conseil.

Le gouvernement doit lui être formé le 28 août, avec 20 membres au maximum, pour permettre aux nouvelles institutions d'affronter les principaux défis du pays, en priorité la relance d'une économie en crise.

Les huit mois de manifestations ont fait plus de 250 morts, selon un comité de médecins proche de la contestation

- Euphorie de courte durée? -

Quelques membres de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, craignent toutefois que l'euphorie ne soit de courte durée, et des tensions persistent.

Alors que l'accord de transition conclu début juillet a été salué comme le meilleur que le Soudan puisse espérer, certains contestataires estiment qu'il a nui à leur révolution.

Ils pointent notamment l'omniprésence dans le processus de transition du général Mohammed Hamdan Daglo, à la tête d'une force paramilitaire et numéro deux du Conseil militaire. Celui-ci a d'ailleurs cosigné l'accord samedi.

Les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) qu'il dirige sont accusés d'avoir réprimé plusieurs manifestations. Beaucoup craignent que le général Daglo, dit "Hemeidti", ne tente de s'accaparer ensuite le pouvoir et de tuer dans l'oeuf le processus démocratique.

Mais pour l'analyste soudanais Abdel Latif al-Buni, le plus grand risque dans l'immédiat pour la transition est la volonté de se venger de certains.

"Un esprit de revanche contre l'ancien régime est dangereux", estime-t-il. "Cela mènera vers un affrontement entre l'ancien régime et les nouveaux dirigeants".

Omar el-Béchir, qui fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" au Darfour (ouest), doit être jugé au Soudan pour corruption. Mais la date de son procès est indéterminée.

Avec AFP

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