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Mokoko refuse de parler à l'ouverture de son procès à Brazzaville

Le général Mokoko, ex-candidat à la présidentielle de 2016, à Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

L’opposant congolais Jean-Marie Michel Mokoko, qui est jugé depuis pour "atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et détention illégale d’armes de guerre", est resté de marbre devant les questions du juge, optant ainsi pour le silence. Mais le juge a tout de même décidé d’examiner le fonds du dossier dès mardi.

Malgré sa stratégie de silence au cours du procès qui vient de s’ouvrir ce lundi matin à Brazzaville, le général Mokoko a tout même lâché quelques mots pour rejeter toutes les accusations portées contre lui et plaider non coupable.

Maître Emmanuel Oko, avocat de l'Etat dans le procès Mokoko, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)
Maître Emmanuel Oko, avocat de l'Etat dans le procès Mokoko, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

"Assez suffisant pour que le tribunal aille au fonds du dossier", a plaidé Me Emmanuel Oko, l'un des avocats de la partie civile, également représentant les intérêts de l’Etat dans cette affaire.

Cet avocat a estimé que lé général ratait là l’occasion que lui donne la justice de son pays pour se justifier des charges qui sont retenues contre lui.

Eric Yvon Ibouanga, avocat du général Mokoko, à Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)
Eric Yvon Ibouanga, avocat du général Mokoko, à Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

Mais pour Me Eric Yvon Ibouanga, avocat du général Mokoko, il s’agit là d’une stratégie qui a un sens. L’officier bénéficie en effet d’une immunité et des privilèges de juridiction suite à un décret présidentiel le nommant Dignitaire de la République. Il devrait "simplement être libéré", a plaidé l’avocat.

Le président de la Cour d’appel de Brazzaville, Christian Oba, a décidé d’aller au fonds de l’affaire. Silence ou pas, le procès aura bel et lieu, et dès ce mardi, les premiers scellés seront examinés.

Plusieurs journalistes, notamment des médias internationaux, n’ont pas eu accès au procès, pendant de longues heures.

Le juge Christian Oba de la cour d'appel de Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)
Le juge Christian Oba de la cour d'appel de Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

Par ailleurs, un dispositif policier accompagné d’engins blindés a été installé tant dans l’enceinte du tribunal que dans le périmètre du palais de justice.

Ancien chef d’État-major et ex-conseiller du président Denis Sassou Nguesso, aux arrêts depuis juin 2016, Jean-Marie Michel Mokoko, 71 ans, a comparu en fin de matinée pour ce procès qualifié par sa défense de "règlement de comptes politiques".

>> Lire aussi : Le procès du général Mokoko s’ouvre lundi à Brazzaville

Dans le passé, de grands procès ont été ouverts aux médias à Brazzaville, comme celui des disparus du Beach en 2005 ou celui des explosions de 2012 qui avaient fait près de 300 morts.

Fin de la première audience du procès Mokoko à Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)
Fin de la première audience du procès Mokoko à Brazzaville, le 7 mai 2018. (VOA/Arsène Séverin)

En mars 2016, l'officier, formé à Saint-Cyr, avait terminé troisième de l'élection présidentielle (moins de 14% des voix) marquée par la réélection contestée dès le premier tour du président Sassou Nguesso, qui cumule près de 35 ans de pouvoir au total.

Après ce vote, le général Mokoko et d'autres candidats avaient appelé à la "désobéissance civile".

>> Lire aussi : Congo : une campagne internationale pour la libération du général Mokoko

Son acte d'accusation n'a pas encore été rendu public, ni les faits précis qui lui sont reprochés.

Ses avocats congolais et français ont prévenu qu'ils "ne prendront pas la parole à l’audience".

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La France nomme un "envoyé spécial" dédié à l'épidémie Ebola en RDC

Le personnel médical de l'Unité de traitement Ebola à l'Hôpital général de Bwera, à la frontière avec la RDC.

La France, critiquée pour son absence de réaction, a annoncé mardi la nomination d'un envoyé spécial sur Ebola, le Pr Yves Lévy, chargé "d'orienter" sa réponse face à l'épidémie en République démocratique du Congo qui vient de gagner l'est du pays.

Selon le ministère des Affaires étrangères, le Pr Lévy est un spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui "exercera cette mission à titre bénévole".

"L'épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit actuellement dans l'est de la RDC est la plus grave jamais enregistrée dans le monde, après celle de 2014 en Afrique de l'Ouest" (qui avait fait 11.000 morts), a relevé un porte-parole lors d'un point de presse, s'inquiètant que "la réponse à l'épidémie (soit) aujourd'hui entravée par plusieurs facteurs dont la situation sécuritaire difficile".

"Face à cette situation très préoccupante, la France est déterminée à apporter une contribution renforcée aux efforts internationaux" a poursuivi le porte-parole rappelant que lors de sa visite à Kinshasa le 20 mai dernier, le ministre, Jean-Yves Le Drian, avait annoncé "la relance d'un partenariat bilatéral (...) dans lequel le secteur de la santé, et notamment la lutte contre l'épidémie Ebola, serait une priorité".

La France promet son soutien aux ONG déployées sur le terrain et son appui scientifique et de recherche, sans annoncer de budget dédié.

La confirmation mardi d'un cas d'Ebola à Goma, la grande ville de l'est de la RDC, constitue "un avertissement" a estimé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) réunie lundi à Genève. Le patient, un pasteur, est décédé mardi.

Selon le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan "c'est un avertissement parce que chaque fois que la maladie se déplace, elle peut s'établir ailleurs", a-t-il déclaré à l'AFP.

L'épidémie, qui a fait 1.668 morts depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, était circonscrite jusqu'à présent à la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma) et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

M. Ryan a regretté l'absence de contribution financière française notant que "l'OMS n'a reçu aucune contribution financière de la part du gouvernement".

Le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart, dont le gouvernement a pris la tête de la mobilisation, a également appelé les pays francophones à redoubler d'efforts lors de cette réunion : "Ce serait bien que nous ayions davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a-t-il martelé.

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