Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

États-Unis

Le FBI débloque l'iPhone de San Bernardino sans Apple

Le logo d'Apple et un Iphone pris en photo à Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, le 26 février 2016. (REUTERS/Regis Duvignau)

Les enquêteurs ont réussi à débloquer sans l'aide d'Apple l'iPhone d'un des auteurs de l'attentat de San Bernardino, mettant ainsi fin à un bras de fer judiciaire et médiatique de plusieurs semaines avec la marque à la pomme.

Le gouvernement a "accédé avec succès aux données stockées sur l'iPhone de Farook et n'a donc plus besoin de l'assistance d'Apple", indique un document transmis à la justice lundi par les autorités américaines.

Elles y demandent l'annulation de l'injonction judiciaire du 16 février, avec laquelle elles avaient tenté d'obliger Apple à aider les enquêteurs à pirater le téléphone.

"Notre décision de mettre fin à la procédure est basée seulement sur le fait qu'avec l'assistance récente d'un tiers, nous sommes maintenant capables de débloquer cet iPhone sans compromettre les informations dans le téléphone", a commenté Eileen Decker, procureure fédérale du centre de la Californie, dans un communiqué.

L'identité de ce tiers et la méthode utilisée n'ont pas été divulguées.

Pour des explications, Anthony Nelzin-Santos, journaliste à MacGeneration, a ete joint par VOA Afrique : "Si l'on entre dans l'Iphone d'une personne, on sait entrer dans l'Iphone de toutes les personnes, donc potentiellement revenir sur la liberté de quelqu'un, même d'un terroriste, et donc potentiellement revenir sur la liberté de tous"

Anthony Nelzin-Santos joint par Maylis Haegel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:08 0:00
Télécharger

Le gouvernement avait déjà ouvert la porte à une possible résolution de l'affaire en annonçant la semaine dernière être sur la piste d'une méthode proposée par des tierces parties et susceptible de débloquer l'appareil.

Des tests ont depuis permis d'assurer que le contenu du téléphone resterait intact, a indiqué un responsable du FBI, David Bowdich. "L'exploitation complète du téléphone et les mesures d'investigations qui s'ensuivent se poursuivent."

"Depuis le début, nous nous opposions aux exigences du FBI pour qu'Apple construise une porte dérobée dans l'iPhone, parce que nous pensions que c'était une erreur et que cela créerait un dangereux précédent", a réagi Apple dans un communiqué.

Grâce à la décision prise lundi par le gouvernement "rien de ceci n'a eu lieu", a ajouté Apple, mais "cette affaire n'aurait jamais dû être ouverte".

Le groupe estime par ailleurs que cela "a soulevé des problèmes qui méritent une conversation nationale sur nos libertés civiles, sur notre sécurité collective et sur la protection de la vie privée".

Faille de sécurité dans l'iPhone ?

Si l'annonce de évite que la bataille judiciaire sur l'iPhone de San Bernardino ne s'éternise, avec des recours qui étaient susceptibles de s'étaler sur des années et de remonter jusqu'à la Cour suprême, elle ne résout pas en effet la question de l'équilibre à trouver entre sécurité publique et protection de la vie privée.

L'Electronic Frontier Foundation, une association de défense des droits des internautes, s'est ainsi félicitée "que le département de la Justice batte en retraite dans sa tentative dangereuse et inconstitutionnelle de forcer Apple à pervertir la sécurité de son système d'exploitation iOS".

Elle estime toutefois que cela ne met pas fin au débat sur la nécessité de chiffrer le contenu des smartphones pour protéger leurs utilisateurs.

Par ailleurs, "cette nouvelle méthode pour accéder au téléphone soulève des questions sur l'utilisation apparente par le gouvernement de vulnérabilités en termes de sécurité dans iOS", ajoute l'EFF, qui se demande si Apple en sera bien informée afin de pouvoir réparer ces failles.

L'expert en technologies Robert Enderle doute pour sa part que les bénéfices que le contenu du téléphone est susceptible d'apporter à l'enquête compensent les dommages causés.

Il fait notamment valoir que le FBI a révélé l'existence d'un moyen jusqu'ici secret d'accéder à l'iPhone, qui pouvait potentiellement servir aux services de renseignement, et exposé les utilisateurs à "un risque plus élevé d'être piratés".

Même s'il avait souligné dans le passé que le téléphone de Syed Farook, un iPhone 5c, était beaucoup moins sécurisé que les versions plus récentes de l'appareil, Robert Enderle prévient que cela pourrait également nuire à Apple, car "les dirigeants (d'entreprises), responsables politiques, artistes et autres utilisateurs en vue de l'iPhone sont susceptibles d'envisager de passer à un autre" appareil.

Washington tentait depuis mi-février de forcer Apple à l'aider à débloquer l'iPhone de Syed Farook, auteur avec son épouse Tashfeen Malik de l'attentat de San Bernardino qui a fait 14 morts le 2 décembre 2015, avec l'espoir d'y découvrir des informations sur l'organisation de l'attentat.

Apple, qui refusait, avait reçu l'appui d'experts en sécurité, de défenseurs des droits civiques et d'autres géants du secteur technologique comme Google, Facebook ou Microsoft.

Avec AFP

Toutes les actualités

L'administration Trump débloque 16 milliards pour indemniser les agriculteurs

L'administration Trump débloque 16 milliards pour indemniser les agriculteurs
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:03 0:00

Washington inculpe Julian Assange pour espionnage

Washington inculpe Julian Assange pour espionnage
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:08 0:00

Tempête entre Trump et les démocrates sur fond de débat autour d'une destitution

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, lors d'une conférence de presse à Capitol Hill, à Washington, le 2 mai 2019.

La chef des démocrates au Congrès américain a repoussé jeudi la perspective d'une procédure de destitution contre Donald Trump, en dépit d'une spectaculaire confrontation personnelle devenue acrimonieuse avec le président républicain.

Lors d'un extraordinaire enchaînement de déclarations publiques, la guerre entre Donald Trump et Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, a franchi un nouveau palier.

Alors que Washington était en alerte en raison d'une tornade imminente, le président des Etats-Unis s'est lancé dans une longue tirade contre sa rivale, l'affublant pour la première fois d'un des surnoms dont il a le secret: "Nancy la folle".

"Elle a perdu la tête", a lancé Donald Trump depuis la Maison Blanche, quelques heures après que la démocrate eut mis en doute son équilibre mental en exhortant la famille du président à "intervenir" pour "le bien du pays".

"Quand je vois Nancy s'agiter, ses mouvements, ses mains, et la folie (...), ça c'est une personne qui a des problèmes", a réagi M. Trump.

Et d'affirmer que les démocrates s'acharnent contre lui avec de multiples enquêtes parlementaires par pur calcul politique, avec les élections présidentielle et législatives de 2020 en tête.

"Ils tentent de dénigrer le parti républicain et de dénigrer le président autant que possible pour" les faire baisser dans les sondages, a-t-il accusé lors de cette séquence insolite, survenue durant l'annonce d'une aide de plusieurs milliards aux agriculteurs américains affectés par la guerre commerciale.

"Je suis un génie extrêmement stable", a aussi réaffirmé le président. Une expression que Nancy Pelosi a saisie à la volée.

"Quand le +génie extrêmement stable+ commencera à se comporter de façon plus présidentielle, je serai heureuse de travailler avec lui sur les infrastructures, le commerce ou d'autres sujets", a-t-elle tweeté.

Tous deux s'accusent mutuellement depuis mercredi de paralyser la vie politique.

- "Enquêtes bidon" -

Au coeur de leur bataille: la multitude d'enquêtes parlementaires visant Donald Trump et le débat sur une procédure de destitution contre le président républicain.

Donald Trump, 72 ans, s'était dit indigné d'avoir entendu que la démocrate, 78 ans, avait organisé une réunion pour discuter de son éventuelle destitution juste avant de venir le voir pour finaliser un grand plan d'infrastructures.

Outré, il avait également relevé que Nancy Pelosi venait de l'accuser d'être "engagé dans une opération de dissimulation" pour bloquer les enquêtes.

Visiblement en colère, selon une source démocrate, il n'avait pas serré la main aux démocrates venus le voir à la Maison Blanche, dont Mme Pelosi, et la réunion avait tourné court.

Puis il a annoncé qu'il refuserait de travailler avec l'opposition sur de grands projets législatifs jusqu'à ce qu'ils mettent fin à leurs "enquêtes bidon".

Pour Nancy Pelosi, le président est en fait inquiet de voir la justice commencer à donner raison aux démocrates contre la Maison Blanche, qui voulait ignorer leurs injonctions concernant des documents sur ses finances.

Depuis, Donald Trump martèle qu'il était extrêmement "calme" pendant la réunion.

Un point qu'il a tenu à souligner jeudi en faisant intervenir, lors d'une séquence saisissante, cinq de ses proches conseillers pour, chacun, le confirmer devant les caméras.

- Vouée à l'échec -

Jeudi matin, Nancy Pelosi avait rappelé qu'elle estimait qu'une procédure de destitution serait "source de grandes divisions" aux Etats-Unis, tout en affirmant que cette option très impopulaire reviendrait en plus à faire un cadeau électoral au président républicain.

"Nous pouvons révéler les faits aux Américains à travers nos enquêtes, et cela peut nous amener vers un moment où une destitution serait inévitable, ou non. Mais nous n'en sommes pas là", avait-elle souligné. "La Maison Blanche réclame une destitution à cor et à cri", a-t-elle ajouté.

L'administration Trump a opposé plusieurs refus de coopérer aux enquêtes parlementaires lancées par les démocrates, qui disposent de vastes pouvoirs d'investigation grâce à leur majorité à la Chambre.

Face à ces refus, les voix en faveur d'une procédure de destitution contre Donald Trump se sont faites plus nombreuses chez les démocrates, au Congrès comme chez les candidats démocrates à la présidentielle.

Beaucoup voient dans le rapport sur l'enquête russe de nombreuses preuves que le président a tenté d'entraver la justice. Mais les partisans de lancer une destitution restent minoritaires à la chambre basse.

Avec un Sénat dominé par les républicains, cette procédure est, en l'état, vouée à l'échec.

"Je ne pense pas que qui que ce soit veuille être destitué", a réagi Donald Trump, avant de souligner: "les Américains n'en veulent pas".

Avec AFP

"Spygate", Trump se dit victime du pire scandale

"Spygate", Trump se dit victime du pire scandale
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:21 0:00

Sécurité alimentaire dans le monde

Sécurité alimentaire dans le monde
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:44 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG