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Le coronavirus menace la baguette dans les épiceries du Sénégal

Le marché chinois à Dakar, Sénégal, le 11 février 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le coronavirus va-t-il priver les Sénégalais de la baguette présente à quasiment tous leurs repas ? Les autorités envisagent en tout cas d'en interdire la vente dans les épiceries de quartier.

Or c'est dans ces échoppes omniprésentes que sont écoulés, avec cigarettes et produits d'entretien, les trois quarts des huit millions de baguettes produites chaque jour dans cette ancienne colonie française d'Afrique de l'Ouest.

"Le ministère du Commerce vient d'interdire la vente de pain dans les boutiques. Une mesure prise pour limiter la propagation de l'épidémie", a indiqué le ministère en question mardi sur Twitter.

Le message a ensuite été nuancé par le ministère, semant le doute.

Interdire la distribution en épicerie toucherait directement nombre de Sénégalais, qui consomment en moyenne une demi-baguette par jour, selon les industriels réunis au sein de la Fédération des boulangeries du Sénégal.

Relativement bon marché - 150 francs CFA (22,5 centimes d'euro)-, la baguette se vend en boulangeries et grandes surfaces, mais aussi, à raison de 75% de la production, dans les petites épiceries, selon la Fédération.

Un coup d'oeil sur le fonctionnement d'un de ces magasins de quelques mètres carrés à Dakar révèle la préoccupation sanitaire. Le commerçant réceptionne bien les baguettes avec des gants. Mais peu après il les vend à un client enveloppées dans du papier journal. Ou, sans plus de gants, il les tartine d'une pâte chocolatée pour un autre acheteur.

Le gouvernement a décidé en décembre d'interdire la vente en épicerie pour des raisons d'hygiène. Cette décision est jusqu'à présent restée lettre morte, malgré les appels des industriels et des associations de consommateurs.

L'apparition du nouveau coronavirus début mars au Sénégal a semble-t-il poussé les autorités à serrer la vis. Une trentaine de cas de coronavirus ont été répertoriés, mais aucun décès rapporté, et le gouvernement a pris une série de mesures fortes.

Mercredi, on pouvait toujours acheter sa baguette chez l'épicier à Dakar, ont constaté des journalistes de l'AFP.

L'interdiction annoncée mardi est en fait une "recommandation" faite par la Fédération des boulangeries, "on travaille sur le dossier", dit le directeur du Commerce intérieur au sein du ministère, Ousmane Mbaye.

L'Etat a "reculé. Nous allons riposter", s'insurge le président de la Fédération des boulangeries, Amadou Gaye. Il invoque le transport du pain dans des sacs insalubres et des pousse-pousse, et sa manipulation à mains nues.

Interdire le pain dans les épiceries "sera compliqué pour nous", s'inquiète Mohamed Diallo, un commerçant guinéen de Dakar. Il craint le manque à gagner, de 10 à 15 francs CFA par baguette (1,5 à 2 centimes d'euro).

Abdoul Aziz Fall, lui, en serait "totalement satisfait". "Tous les moyens sont bons" pour combattre le coronavirus, tranche-t-il.

Les kiosques à pain, autrefois partout au Sénégal, ont depuis longtemps disparu et devraient être "recréés", souligne un autre Dakarois, Ousmane Sarr. "Sinon, ça va créer la bousculade dans les boulangeries et d'autres problèmes d'hygiène et de santé", dit-il.

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Report de l'ultimatum à des commerçants de Dakar pour libérer un marché emblématique

Vue intérieure du célèbre marché de Sandaga à Dakar le 19 octobre 2013.

Le gouvernement sénégalais a annoncé un report d'un mois environ de l'ultimatum aux commerçants d'un marché emblématique de Dakar, qui avaient été sommés de le quitter d'ici à vendredi soir pour une réhabilitation de l'édifice historique menaçant ruine.

Le marché Sandaga, un édifice d'architecture soudano-sahélienne construit en 1933 dans le centre, est un des principaux de Dakar.

Site historique national, le bâtiment central du marché a piètre allure avec sa dalle craquelée et ses fers rouillés, selon des images diffusées par la télévision. La halle de Sandaga, qui tire son nom d'un arbre tropical, n'héberge plus d'échoppes depuis des années. L'activité a lieu autour de la bâtisse, débordant sur la chaussée, dans une ville déjà confrontée aux embouteillages et une occupation anarchique de la voie publique.

"Le président de la République (Macky Sall) a été sensible aux sollicitations des commerçants. Un nouveau délai leur est accordé qui expire deux jours" après la fête musulmane du sacrifice (Aïd al-Adha) prévue vers la fin du mois de juillet, soit dans un mois environ, a déclaré vendredi soir à la presse le ministre de l'Intérieur, Aly Ngouye Ndiaye, en présence de son collègue de l'Urbanisme Abdou Karim Fofana.

Les commerçants "doivent mettre à profit ce nouveau délai pour accomplir les formalités nécessaires pour rejoindre leur site de recasement provisoire", a dit M. Ndiaye, en présence de responsables des commerçants.

Le ministère de l'Urbanisme a aménagé à deux km du marché Sandaga un site pour cette "réinstallation provisoire". La réhabilitation de Sandaga est censée prendre deux ans.

Les responsables des commerçants avaient demandé un délai supplémentaire pour quitter le marché.

Les travaux sur le site de substitution, pour les toilettes par exemple, ne sont pas terminés. "Les conditions sanitaires en cette période de pandémie du coronavirus ne sont pas réunies", a déclaré à l'AFP l'un d'eux, Vieux Touré.

D'autres se disaient prêts à résister. Ils protestent contre l'emplacement du site de substitution, peu propice aux affaires selon eux alors que le quartier de Sandaga draine les foules et constitue une curiosité pour les touristes.

Le marché "Sandaga ne peut plus continuer dans son état actuel fait d'insécurité, d’occupation irrégulière de la voie publique et d’insalubrité. S'il y a des problèmes, les sapeurs pompiers ne peuvent même pas accéder à l'intérieur. Le jour où il y aura une catastrophe, les gens vont demander où étaient les autorités", a justifié le ministre de l'Urbanisme, Abdou Karim Fofana, dans une récente interview avec une télévision locale.

M. Fofana a entrepris depuis plusieurs mois de mettre fin aux occupations anarchiques de l'espace public à Dakar et en province, qu'il s'agisse de marchands ambulants, d'épaves de véhicules, de parkings, parallèlement à un programme d'enlèvement des ordures et de construction d'infrastructures.

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Macky Sall annonce la fin du couvre-feu et de l’état d’urgence

Adresse à la nation du Président Macky Sall, Dakar, 31 décembre 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le président sénégalais Macky Sall a décidé de lever la quasi-totalité des restrictions appliquées pour lutter contre le coronavirus. En plus de l'ouverture des frontières aériennes à partir du 15 juillet, l'état d'urgence et le couvre-feu ont été levées le 30 juin.

Pour beaucoup de Sénégalais, la décision du chef de l'État est paradoxale en cette période où la maladie est plus que jamais présente. Pour Younouss Sarr, la démarche présidentielle est illogique : "peut-être que Monsieur le Président sait quelque chose qu’il ne nous a pas dit. En tout cas il y a un paradoxe et ça inquiète beaucoup la population".

D'après lui, la logique voudrait qu'on durcisse les mesures barrières parce que les gens sont en train de "baisser les bras". Younouss pense même que la décision du gouvernement risque d'encourager les gens à faire fi des mesures élémentaires de prévention.

COVID-19: Macky Sall lève la quasi-totalité des restrictions
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Mouhamed Ndiaye, un étudiant de 21 ans, pense que la décision présidentielle sera "maléfique" parce que chaque jour les cas augmentent de plus en plus et la situation n’est pas encore maîtrisée. "Je ne comprends pas la décision de notre cher Président parce qu’il devait conserver l’état d’urgence et y assortir le couvre-feu, sinon si on continue comme ça nous allons droit vers l’hécatombe", prédit le jeune homme.

Pour lui, la situation sanitaire du pays n’est pas du tout comme les gens le prétendent car le système sanitaire sénégalais risque d'être submergé par la vague croissante des nouvelles contaminations. "Nous sommes un pays sous développé, nous n’avons pas totalement les moyens qu’il faut pour gérer ce genre de pandémie", conclut-il.

D'autres comme Sidy Lô s’inquiètent plus de la santé de l'économie. Pour cet homme d'affaires, la décision du président Sall était certes difficile à prendre mais inévitable. "Du moment que la crise économique ne pouvait pas continuer et au vu de la situation globale du monde on ne pouvait que s’attendre à cette décision à prendre de la part du président", analyse-t-il.

Certaines mesures restent cependant en vigueur malgré la levée de l'État d'urgence et du couvre-feu.

Le port du masque est toujours obligatoire dans les lieux publics et les transports.

Les frontières terrestres et maritimes resteront fermées jusqu'à nouvel ordre tout comme les lieux accueillant des activités de loisirs à huis-clos.

En outre, le président Sall a annoncé le recrutement de 500 médecins et 1000 agents de la santé.

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