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Les Sénégalais au bord de la psychose avec l'annonce de deux nouveaux cas de coronavirus

Contrôle des passagers à l'aéroport international Blaise Diagne de Dakar, le 30 janvier 2020. (Photo: AFP)

Au Sénégal, deux nouveaux cas de Coronavirus ont été confirmés par les autorités sanitaires. L'annonce de cette nouvelle a pris de court beaucoup de Sénégalais qui ont pris peur malgré les assurances des autorités.

La crainte gagne de plus en plus les Sénégalais suite à l'annonce mercredi de deux cas supplémentaires de coronavirus dans le pays.


La nouvelle, qui émane du ministère sénégalais de la santé, porte à quatre le nombre total de personnes confirmées comme porteuses d'un virus qui a déjà fait plus de 3000 morts à travers le monde.

Selon un communiqué du ministère, les deux derniers cas sont des femmes âgées de 68 et 33 ans, respectivement l'épouse du tout premier patient confirmé dans le pays et une Britannique arrivée à Dakar le 24 février.

Pour rappel, le tout premier cas concerne un Français résidant au Sénégal qui a séjourné dans son pays durant le mois de février. Il a été placé en quarantaine et sa famille est en observation. Le second est un Français d’origine sénégalaise, qui est également revenu récemment de la France.

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Une psychose quasi-palpable s'est désormais emparée d'une partie de la population.

Surprise et apeurée par l'annonce des autorités, Anta qui était en voyage à Mbour (90km de Dakar) a précipitamment rejoint son domicile pour prendre des mesures de prévention.

"Ça m'a tellement fait flipper que je ne pouvais pas y croire", affirme la jeune dame. Elle avoue avoir visité des sites internet et passé des appels auprès de ses amis et sa famille pour avoir la "confirmation de la nouvelle". Pour se protéger et protéger les siens, Anta affirme qu'elle ne va plus ouvrir ses portes aux "étrangers". Elle ajoute qu'elle va inciter ses frères et sœurs à veiller à "bien laver leurs mains et de bien veiller à ce que toute la maison soit propre".


La prévention et la sérénité doivent être les maître mots pour éviter la propagation du virus. C'est l'avis de Mouhamed Lamine Mbaye, qui doute cependant de la capacité du Sénégal à contenir efficacement une éventuelle menace à grande échelle.

Pour lui, il faut adopter des "comportements nouveaux". Mouhamed Lamine s'inquiète en voyant "les dégâts que le virus fait dans les pays occidentaux qui ont des moyens" et il s'interroge si "les pays pauvres" auront suffisamment de ressources pour arrêter ce fléau.


Du côté des autorités, on se veut rassurant. Le ministre de la santé, Abdoulaye Diouf Sarr, indique que toutes les mesures nécessaires sont en place pour garantir une bonne prise en charge des malades et éviter toute propagation du virus.

M. Sarr affirme que les patients sont "actuellement mis en quarantaine au centre de traitement du service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital de Fann". Il a par ailleurs annoncé le renforcement du "dispositif de surveillance et de riposte au covid19" ainsi que la mise en œuvre de tous les moyens nécessaires pour "circonscrire la maladie".


Pour rassurer les populations, les autorités ont également mis en place des mesures préventives allant des numéros verts à des équipes d'intervention mobiles chargées de l'évacuation des éventuels cas suspects. Pendant ce temps, l'évolution de l'état des personnes ayant été en contact avec les personnes infectées est suivie de près.

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Déclin de l'industrie sénégalaise du tourisme

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Des repas gratuits pour les agents de santé sénégalais

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Coronavirus: la communication gouvernementale ne convainc pas les Sénégalais

Des jeunes jouent au football malgré les restrictions en vigueur, à Dakar, le 27 mai 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

L'assouplissement des mesures combiné aux diverses polémiques autour de la fiabilité des tests de l'institut Pasteur poussent de plus en plus de Sénégalais à négliger les mesures de prévention, notamment les gestes barrières.

Des familles qui réfutent des tests post-mortem, des médecins qui auraient été testés positifs puis négatifs suite à la contestation des résultats, autant de polémiques qui accentuent les doutes déjà présents chez une partie de la population qui ne croyait que partiellement à l'existence de la maladie Covid-19.

Les populations pas convaincues que le coronavirus existe
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Malgré les éclairages de l'institut Pasteur, certains ne sont toujours pas convaincus. C'est le cas de Fara Ndiaye, diplômé de l'université de Dakar qui ne comprend pas pourquoi les autorités "annoncent des décès et parmi ces décès leurs familles disent qu'ils ne sont pas morts à cause du coronavirus".

Il s'interroge: "Est-ce qu’il y a vraiment cette maladie dans ce pays, est-ce que ce n’est pas un lobby, est-ce que c’est pas un deal entre le gouvernement et les étrangers? Est-ce qu'ils ne se basent pas sur ce virus pour essayer de faire annuler la dette?".

Beaucoup de questions auxquelles il ne peut apporter des réponses.


Pour Boubacar Kouyaté, l'existence du virus ne fait pas de doute car c'est une pandémie qui secoue le monde entier. Cependant, le jeune homme explique que les gens ne sont plus prêts à changer leur mode de vie car il y a une certaine lassitude autour des gestes barrières. "Il y a certaines choses que nous ne pouvons pas arrêter parce que ça fait partie de nos valeurs comme les rassemblements et les salutations", confesse-t-il.

Boubacar confie que les jeunes comme lui n'en peuvent plus de porter les masques, de rester à la maison. "On sait que la maladie existe et ça tue, mais en ce moment-là on en a marre", peste-t-il.

L'État a failli dans sa gestion de la crise en procédant à l'assouplissement des mesures. C'est l'avis du sociologue Momar Fall, qui estime que la réaction de certains Sénégalais est assez logique.

"En vérité, l'État ne devait pas d'un coup venir vers cet assouplissement. Cela a été un reflet ou un signal qui pouvait s'analyser comme si la maladie avait commencé à disparaître et que l'État ne voulait pas le dire", analyse le sociologue.

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Avec cette situation, le Sénégalais lambda se dit qu'il n'y a "plus de problèmes et c'est ce qui est normal, c'est l'analyse qui sied", d'après Momar Fall.

Le sociologue, pour qui la maladie ne fait aucun doute, pense cependant que "pour le commun des Sénégalais, il va se dire que la maladie est entrain de partir". "C'est une mauvaise politique de communication", conclut-il.

Le sociologue estime également que l'État doit davantage marquer la présence d'autres instituts afin de rassurer les Sénégalais sur la véracité des tests effectués.

Il est aussi attendu un réajustement de la communication des autorités sanitaires et gouvernementales pour que les populations soient plus impliquées et conscientes du danger.

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Pour de nombreux Sénégalais, une korité loin des leurs

Les mosquées ont refusé du monde à cause de l’affluence inhabituelle occasionnée par l’interdiction de voyager, à Dakar, le 24 mai 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Cette année, nombreux sont les Sénégalais qui ont célébré la fin du Ramadan dans la solitude, car les autorités ont interdit les voyages d'une ville à l'autre.

Pour les Sénégalais originaires de l'intérieur du pays, la fête de korité célébrée ce week-end a été marquée par l'impossibilité de rentrer au bercail. Le ministre de l'Intérieur avait décidé de maintenir l'interdiction des voyages interurbains pour éviter une nouvelle vague de contaminations du coronavirus.

Résidant à Dakar pour des raisons professionnelles, Bass n'a pas pu parcourir la centaine de kilomètres qui sépare la capitale de son Thiadiaye natal pour fêter l'Eïd en famille. Une situation qui le désole.

"Vivre ça ici est difficile car tu travailles pour économiser", peste-t-il avant d'indiquer qu'il a tout fait pour "rentrer au village"... en vain. Pour lui, c'est "difficile, triste et désolant" parce qu'il a travaillé dur pour satisfaire sa famille sans pouvoir passer la fête avec eux. "Tout ce que j'ai, je l'ai envoyé à ma famille et là je suis seul ici" conclut-il, amer.


Pour d'autres, la solitude n'est pas synonyme de tristesse d'autant plus que cette situation est un cas de force majeure. Pour Ablaye Camara, rester à Dakar pour fêter la korité ne pose pas de souci particulier, vu que c'est à cause de la "pandémie qui gagne le monde actuellement". Pour lui, rester à Dakar pour "ne pas augmenter les cas ne pose pas de problème".

Faire de mauvaise fortune bon cœur, c'est l'attitude adoptée par Ameth Mbaye. Pour lui, ne pas passer l'Eïd en famille est devenu une habitude à cause de son statut de policier. Souvent réquisitionné lors des grands événements, il a fini par s'y habituer.

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"Pour dire vrai ça ne me fait rien parce que mon métier ne me permet pas de célébrer certaines fêtes chez moi", affirme-t-il avant d'ajouter que l'ambiance familiale lui manque. De toutes les façons, ajoute-t-il, "vu les circonstances du moment, mieux vaut rester là avec cette maladie". Il a donc passé la fête loin de la famille avec des amis.

Alors que le Sénégal compte plus de 3.000 cas positifs et une trentaine de décès liés à la maladie covid-19, les autorités ont laissé entrevoir un assouplissement des interdictions sur le transport interurbain avant de se raviser. La hausse constante des cas de transmission communautaire a poussé l'État à maintenir les restrictions pour éviter une flambée des cas positifs dans les régions éloignées.

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