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États-Unis

Le Congrès de Floride passe une loi permettant d'armer certains enseignants

Des lycéens manifestent pour réclamer une réglementation plus sévère sur les armes, Plantation, Floride, le 21 fevrier 2018

Cette loi restreint l'accès aux armes à feu tout en ouvrant la voie à la possibilité d'armer certains enseignants et autres membres du personnel scolaire, en réponse à la tuerie récente du lycée de Parkland.

Certains des survivants et des parents de victimes de Parkland étaient justement à Washington ce même jour pour exhorter les élus du Congrès américain à enfin durcir les lois sur les armes, alors que le débat enfiévré provoqué par cette fusillade se heurte aux profondes divisions bloquant depuis des années toute avancée sur la question.

>> Lire aussi : La NRA, lobby ultra-puissant des armes à feu aux Etats-Unis

Après une courte victoire au Sénat de la Floride lundi, la "loi de sécurité publique Marjory Stoneman Douglas" - du nom du lycée attaqué le 14 février - a été approuvée par 67 voix contre 50 à la Chambre des représentants de cet Etat du sud-est américain.

Pour entrer en vigueur, la mesure doit désormais être ratifiée par le gouverneur de Floride, Rick Scott, mais le républicain n'a pas encore déclaré s'il s'opposerait à son parti et y mettrait son veto.

Rick Scott s'est en effet publiquement opposé à la proposition du président Donald Trump d'armer les enseignants en réponse aux fusillades qui endeuillent régulièrement les écoles américaines.

La loi 7026 repousse de 18 à 21 ans l'âge minimum pour acheter tout type d'arme, une mesure contre laquelle s'était élevé le puissant lobby américain des armes à feu, la NRA. Elle interdit également les "bump stocks"--ces dispositifs permettant à un fusil semi-automatique de tirer en rafales quasi-automatiques-- et veut en outre renforcer le financement des soins psychologiques.

Une lycéenne dénonce le silence de Trump sur les armes (vidéo)
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Bien qu'elle adopte ces restrictions susceptibles de hérisser la NRA, la nouvelle loi inclut par ailleurs un nouveau "programme de gardiens" destiné à permettre d'"empêcher ou d'abattre un tireur en action dans un bâtiment scolaire". Après avoir été formé sur l'usage des armes et avoir subi des examens psychologiques, cette loi permettra donc à certains enseignants et à des membres du personnel scolaire d'être armés en Floride.

Le programme est réservé aux professeurs d'éducation physique et au personnel administratif, ainsi qu'aux seuls enseignants ayant une expérience dans l'armée ou les forces de l'ordre.

"Je comprends l'inquiétude que suscite ce programme de gardiens", a reconnu l'élu républicain Chris Latvala, en défendant son vote en faveur de la loi à la Chambre. Mais "si quelqu'un travaillant dans un établissement scolaire veut être formé pour aider à protéger les élèves, il devrait pouvoir le faire".

Des élus démocrates ont eux fait entendre leur désaccord avec cette partie de la loi, qu'ils ont toutefois jugée inévitable afin de faire adopter une réglementation plus stricte sur les ventes d'armes à feu.

"Je prends et j'avale cette pilule amère. Même si je ne préférerais pas, je ne peux pas me regarder dans un miroir et partir d'ici en me disant +je n'ai rien fait pour aider+", a ainsi déclaré le démocrate Joseph Geller.

"Cette loi apportait de bonnes choses mais vous l'avez détruite", a pour sa part regretté un autre élu du même parti, John Cortes.

Washington Forum du 22 février 2018 : Le fléau des armes à feu aux Etats-Unis
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Ce sont les lycéens de Parkland, où 17 personnes ont été tuées et une quinzaine blessées, qui ont poussé, par leur mobilisation d'une vigueur rare et poignante dans les jours ayant suivi le massacre, les élus à débattre de mesures concrètes pour faire face à la violence par armes à feu.

"Combien d'enfants vont devoir encore être massacrés?" a lancé à Washington l'un d'eux, David Hogg, à un groupe d'élus démocrates qui recevaient mercredi au Capitole des parents de victimes et des survivants de fusillades, ainsi que des enseignants et policiers. Aucun élu républicain n'était présent.

"On est arrivés à ce point où on dit qu'on va faire des choses... et rien ne se passe", a déploré David Hogg, âgé de 17 ans. "Il est temps d'agir."

Pour Francine Wheeler, qui a perdu son petit garçon, Ben, lors de la fusillade à l'école de Sandy Hook, en 2012, la succession de drames s'abattant sur des familles américaines devrait enfin pousser les élus à agir.

"Mon argument repose sous Terre, à quelques kilomètres de ma porte d'entrée, dans le cimetière de la ville. Il aura six ans pour toujours", a-t-elle témoigné. "Je ne suis qu'une mère, dans une communauté endeuillée de plus en plus vaste."

Avec AFP

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Trump rejette la menace d'une destitution, les démocrates débattent

Le président américain, Donald Trump, à la maison blanche, le lundi 22 avril 2019. REUTERS/Al Drago

Sûr de lui, le président américain Donald Trump affirme que le Congrès n'est "pas en mesure" de le destituer, un débat qui divise les démocrates après la publication du rapport d'enquête sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

Est-il inquiet face à la menace d'une procédure de destitution? "Pas du tout", a répondu lundi le républicain aux journalistes à la Maison Blanche.

"Seuls de graves délits ou infractions peuvent aboutir à une destitution", avait-il affirmé plus tôt sur Twitter. "Je n'ai commis aucun délit (pas de collusion, pas d'obstruction), donc vous n'êtes pas en mesure de me destituer".

Pourtant, l'idée fait son chemin chez les démocrates avec trois candidats à la Maison Blanche désormais favorables à une destitution, même si les chefs du parti et le premier dans les sondages, Bernie Sanders, repoussent encore cette éventualité potentiellement explosive.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu dans son rapport, publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe de campagne du républicain et Moscou.

Mais si M. Trump s'estime depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, M. Mueller ayant montré que le président avait essayé de torpiller son enquête.

Les démocrates affirment qu'avec son rapport long de plus de 440 pages, le discret procureur spécial Robert Mueller leur a en fait laissé une feuille de route afin qu'ils poursuivent l'enquête au Congrès.

Mais si tous sont d'accord sur ce point, les opinions divergent autour de la possibilité de lancer contre Donald Trump une procédure de destitution, appelée "impeachment" aux Etats-Unis.

- Démocrates divisés -

Promettant d'agir face aux actes "sans scrupules" du milliardaire, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs de ceux qui souhaiteraient lancer une telle procédure.

Il est "important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", a-t-elle pris soin de souligner dans une lettre aux élus démocrates de la Chambre.

Sa voix a un énorme poids: c'est à la Chambre, où les démocrates détiennent la majorité, que reviendrait de lancer le mécanisme en vue d'une destitution.

Mais c'est ensuite au Sénat, contrôlé par des républicains qui restent en grande majorité farouchement fidèles au président Trump, que se déroulerait le procès.

En l'état, il y a donc très peu de chances pour qu'une procédure de destitution aboutisse.

Mieux vaut donc que les électeurs se prononcent contre Donald Trump dans les urnes en novembre 2020, après une campagne portant avant tout sur les grands sujets qui les préoccupent, comme la santé, affirment les chefs démocrates.

Se disant "réaliste" sur cette situation, la sénatrice et candidate démocrate à la Maison Blanche Kamala Harris a pourtant annoncé lundi soir qu'elle soutenait la voie de la destitution, sur CNN.

Elle rejoint la sénatrice progressiste Elizabeth Warren qui, la première parmi les candidats, s'y était déclarée favorable dès vendredi.

Le petit candidat et ex-ministre Julian Castro soutient également cette voie.

Mais le sénateur Bernie Sanders, qui arrive en tête des sondages parmi les 19 candidats démocrates déclarés, a lui repoussé cette option lundi soir. "Au final, ce qui m'importe le plus c'est que Donald Trump ne soit pas réélu président", a-t-il expliqué sur CNN.

"Et si pendant toute l'année prochaine la seule chose dont le Congrès parle c'est +Trump Trump Trump et Mueller Mueller Mueller+ et nous ne parlons pas (...) des sujets qui concernent les citoyens ordinaires, j'ai peur que cela ne joue à l'avantage de Trump", a-t-il ajouté.

D'autres candidats démocrates ont esquivé le débat, ou affirmé, comme lui, préférer que la Chambre mène son enquête hors du cadre d'une procédure de destitution.

L'opposition n'a en tout cas pas attendu les conclusions du rapport Mueller pour multiplier les enquêtes parlementaires contre le président républicain.

Le président démocrate de la puissante commission judiciaire de la Chambre, Jerry Nadler, a ainsi annoncé lundi vouloir entendre publiquement Don McGahn, ancien conseiller juridique de la Maison Blanche, "un témoin clé des nombreux cas présumés d'entrave à la justice".

Avec AFP

La chef des démocrates repousse l'idée d'une destitution de Trump

La démocrate Nancy Pelosi donne un discours pour la journée sans femmes à Washington D.C., le 8 mars 2017.

La chef des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi, a tempéré lundi les espoirs des élus favorables à une procédure de destitution à l'encontre de Donald Trump après les conclusions de l'enquête russe, mettant en garde contre toute action qui pourrait apparaître trop partisane.

Après 22 mois d'enquête, le procureur spécial Robert Mueller a conclu, dans son rapport publié jeudi, qu'il n'y avait pas eu d'entente lors de la présidentielle américaine de 2016 entre l'équipe du républicain et Moscou.

Mais, si M. Trump se proclame depuis totalement exonéré, ces conclusions ne l'ont pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice.

M. Mueller a ainsi montré que Donald Trump avait essayé de torpiller son enquête, en voulant notamment le limoger.

Depuis, le débat agite les démocrates : ces conclusions justifient-elles d'ouvrir une procédure de destitution, appelée en anglais "impeachment", contre le président républicain ? Oui, affirment plusieurs parlementaires de l'aile gauche du parti, dont la sénatrice et candidate à l'élection présidentielle Elizabeth Warren.

Pour débattre de la marche à suivre, Nancy Pelosi devait organiser, à 17H00 (21H00 GMT), une conférence téléphonique avec les élus démocrates de la Chambre des représentants, où ils contrôlent la majorité.

C'est la Chambre qui serait chargée de voter une mise en accusation dans le cadre d'une procédure de destitution, puis il reviendrait au Sénat, à majorité républicaine, de faire le procès de Donald Trump.

Présidente de la Chambre, Mme Pelosi dénonce le comportement "sans scrupules" du président, dans une lettre adressée lundi aux parlementaires démocrates.

"Bien que nos opinions varient entre l'opportunité d'enquêter sur les conclusions du rapport Mueller ou de procéder directement à la destitution, nous sommes tous fermement d'accord sur le fait que nous devions avancer pour découvrir la vérité", précise-t-elle.

"Il est également important de savoir que les faits pouvant servir à obliger le président à rendre des comptes peuvent être obtenus hors des auditions organisées dans le cadre d'une destitution", prend-elle soin de souligner.

Elle conclut que "nous devons montrer aux Américains que nous avançons sans passion ou préjugés, en nous basant strictement sur la présentation des faits".

Les chefs démocrates craignent en effet de brouiller leur message électoral à l'horizon des élections présidentielles et parlementaires de 2020 avec une procédure explosive de destitution qui serait vouée à l'échec avec un Sénat républicain.

Donald Trump lui, en est convaincu : les démocrates n'ont aucune raison pour le destituer.

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