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Le confinement contre le coronavirus a débuté dans la capitale du Gabon

Des gendarmes en patrouille dans le quartier des Cocotiers près du siège de la Radiodiffusion Télévision Gabonaise (RTG) à Libreville le 7 janvier 2019. (Photo Steve JORDAN / AFP)

Le confinement de Libreville et de trois communes limitrophes a débuté lundi dans la capitale gabonaise sous la surveillance des forces de l'ordre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Boutiques et marchés quasiment vides, barrages policiers à de nombreux carrefours: la plus grande ville du Gabon a tourné au ralenti lundi.

Les commerces sont restés fermés, comme l'avait annoncé vendredi le Premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé, lors d'une conférence de presse.

"Le gouvernement vous demande de rester chez vous", a-t-il demandé aux habitants de Libreville et des trois autres communes.

Pour le chef du gouvernement, "l'évolution de la pandémie dans notre pays est préoccupante", avec 57 personnes infectées, dont un mort, dans ce pays d'un peu moins de 2 millions d'habitants.

Des barrages, tenus par des policiers mais également par des militaires, ont été mis en place à de nombreux carrefours de Libreville.

Impossible pour les automobilistes de quitter leurs quartiers sans pouvoir prouver qu'ils exercent une profession jugée essentielle par le gouvernement.

Alors que les commerces alimentaires ont l'autorisation d'opérer, nombre d'entre eux n'avaient pas ouvert lundi, pour le malheur des habitants n'ayant pas fait de réserves.

"Les voir fermer c'est difficile. Il y a des mamans qui n'arrivent pas à s'en sortir, c'est compliqué", expliquait Lévy, un étudiant de 22 ans.

Sa famille avait ainsi effectué des réserves à l'annonce des premières mesures pour contrer l'épidémie, il y a plusieurs semaines: "on essaye de faire durer, mais c'est dur", raconte-t-il.

Les commerçants du plus grand marché de la ville, Mont-Bouët, affirment avoir du mal à s'approvisionner, alors que le Gabon dépend des importations de nourriture, notamment venues du Cameroun.

"Le camion qui apportait les légumes a été bloqué par la police, ils ont demandé un pot-de-vin et tout s'est abîmé au soleil", constate, morose, un commerçant qui réclame l'anonymat en contemplant une pile de choux fanés.

"On a rien pu vendre aujourd'hui", affirme pour sa part Jacques-Joël, un vendeur de fruits qui demande au gouvernement de faciliter la vente de produits frais. "Comment est-ce qu'on peut faire face au virus sans se nourrir?".

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Les arcanes du Gabon et de la Françafrique dévoilés par une ancienne ministre d'Omar Bongo

L'ancienne ministre Laure Olga Gondjout à Libreville, le 10 avril 2008. (Photo by WILS YANICK MANIENGUI / AFP)

L'ex-ministre gabonaise des affaires étrangères Laure Olga Gondjout, longtemps secrétaire particulière du président Omar Bongo, dévoile les arcanes du pouvoir gabonais et de la Françafrique dans son livre, "Instants de vie", publié en Côte d'Ivoire.

Elle revient notamment sur le soutien de M. Bongo à Alassane Ouattara et la tentative américaine d'évincer la France du Gabon.

"M. Bongo avait fait le serment au président (ivoirien) Félix Houphouët Boigny de protéger Alassane Ouattara quoiqu'il advienne car il avait une grande ambition pour lui et pour la Côte d'Ivoire", affirme à l'AFP Mme Gondjout, qui était très proche d'Omar Bongo.

Le président "Bongo a accordé un soutien indéfectible à Alassane Ouattara. Mon regret c'est que le président Bongo (décédé en 2009) n'ait pas vu Alassane installé au pouvoir en 2011. Quand je vois tout ce parterre de chefs d'Etat et que le président Bongo est absent, j'ai un pincement au coeur", raconte-elle.

Elle rappelle l'épisode de 2002 quand Alassane Ouattara, qui s'était réfugié à la résidence de France d'Abidjan, a été exfiltré. "Le président [français Jacques] Chirac, compte tenu des relations exacerbées qu'il y avait entre Paris et Abidjan, n'avait pas souhaité recevoir Ouattara en France. Bongo a dit: "Je le reçois à Libreville mais je n'ai pas les moyens de l'exfiltrer", raconte Mme Gondjout.

"Le plus malin"

"Ils ont concocté un plan qui consistait à détourner l'attention du président Laurent Gbagbo en organisant une conférence avec (Dominique) de Villepin et simultanément le corps d'élite de l'armée français a réussi à exfiltrer Ouattara et lui permettre de prendre un avion" pour aller au Gabon.

Après avoir logé quelques semaines chez un particulier, M. Ouattara, "pied de nez du destin", avait "la suite Chirac au Méridien" de Libreville, alors que "M. Chirac l'appréciait peu".

Ancienne médiatrice de la République du Gabon, Mme Gondjout, 66 ans, est désormais installée à Abidjan et a lancé en même temps que son livre l'Académie Omar Bongo de la paix et de la médiation en Afrique, qui doit à la fois "effectuer des missions de médiation" et dispenser des cours.

Mme Gondjout raconte aussi la réconciliation sous forme d'accolade à Syrte en Libye de Bongo et Gbagbo, alors que les diplomates des deux pays étaient à couteaux tirés après les déclarations de l'Ivoirien traitant le Gabonais de "rigolo" en 2005.

Extrait: "'Nous sommes en Afrique, je suis le grand frère, il est le petit...' Le patron (Bongo) me confia: Laurent se croit plus malin. Comme il ne veut plus que je me mêle d'histoires ivoiriennes, il a trouvé ce stratagème. Alors il pense qu'il pourra écarter Alassane Ouattara. C'est mal me connaitre'".

Autre anecdote: Mme Gondjout raconte comment en 1993, les Etats-Unis ont tenté de prendre pied au Gabon en jouant l'opposition contre Omar Bongo, un des symboles de la Françafrique et qui a dirigé le Gabon de 1967 à 2009.

"Plier bagages"

"C'était pour le pétrole. L'ambassadeur américain Joseph Wilson qui était en Irak lors de l'invasion du Koweit (par l'Irak suivi de l'opération tempête du désert en 1991), voulait planter le drapeau américain", dit-elle, alors que le Gabon vit ses "années de braise" avec l'émergence dans la douleur du multipartisme, des troubles et des émeutes.

"Wilson était actif sur le terrain. Il aidait l'opposition à s'organiser sur le plan stratégique, tactique (...). Il était aussi conscient des relations délicates entre la France et le Gabon à ce moment-là. En France, on est sous (François) Mitterrand. Les socialistes sont au pouvoir", rappelle-t-elle.

"Ce qui va nous surprendre, ce sont les instructions données (par Paris) à l'ambassadeur de France Louis Dominici. Il m'a dit 'Si j'obéis, ca veut dire que là, je vais plier bagage et la France avec'. Il ne les a pas suivies et ça lui a couté son poste".

Finalement en 1993, Omar Bongo réussit à renverser la situation en sa faveur. "Il est allé déjeuner chez l'ambassadeur américain à Rio (quartier populaire) pour sceller la réconciliation et pour montrer que c'était l'homme fort du Gabon".

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