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Gabon

Confinement total de Libreville et ses alentours dès dimanche

Libreville au Gabon, le 12 juin 2013.

Le gouvernement du Gabon a annoncé vendredi le confinement total de Libreville et de trois communes limitrophes de la capitale à partir de dimanche pour une durée de quinze jours.

"Le confinement du Grand Libreville prend effet à partir du dimanche 12 avril à minuit pour une durée de 15 jours, renouvelable si les circonstances nous y obligent", a déclaré à la presse le Premier ministre du Gabon, Julien Nkoghe Bekalé.

"le gouvernement vous demande de rester chez vous", a-t-il ajouté à l'adresse des habitants de Libreville et des trois autres communes, précisant que "seuls les services dont les missions sont jugées essentielles à la vie de la Nation sont autorisés à exercer".

Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, avait annoncé samedi dernier un confinement prochain du Grand Libreville lors d'un discours retransmis à la télévision, sans donner plus de détails. Son porte-parole avait ensuite précisé sur twitter qu'il ne "s'agirait pas d'un confinement total avec interdiction de circuler dans la zone".

"Sans céder à la panique et en dépit des mesures déjà prises, nous devons avoir la lucidité de reconnaître que l’évolution de la pandémie dans notre pays est préoccupante", a déclaré vendredi le Premier ministre, avant d'annoncer le confinement total.

Pays d'Afrique centrale peuplé d'un peu moins de 2 millions d'habitant, le Gabon compte officiellement 44 personnes infectées (dont un mort) par le nouveau coronavirus.

Pour accompagner les ménages et les entreprises durant ce confinement, le président avait annoncé samedi un "effort massif de l'Etat de l'ordre de 250 milliards de francs CFA" (380 millions d'euros).

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"Bien mal acquis": la justice française implique des enfants d'Omar Bongo

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"Biens mal acquis": nouvelles mises en examen en France d'enfants d'Omar Bongo

Une statue de l'ancien président gabonais Omar Bongo.

Il s'agit d'un "anachronisme tant juridique que factuel", dénonce une avocate.

Cinq enfants de plus du défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba, dont sa fille aînée Pascaline, ont été mis en examen à Paris dans le dossier des "biens mal acquis", soupçonnés d'avoir profité du patrimoine immobilier "frauduleusement" acquis en France par leur père.

Cette nouvelle série porte à au moins neuf le nombre d'enfants d'Omar Bongo, demi-frères et demi-sœurs de son fils et successeur à la tête du pays Ali Bongo, poursuivis dans cette information judiciaire menée par un juge financier parisien.

Pascaline Bongo, 66 ans, ex-directrice de cabinet de son père, Omar Denis Jr Bongo, 28 ans, également petit-fils du président congolais Denis Sassou Nguesso, Jeanne Matoua, 38 ans, et Joseph Matoua, 40 ans, ont été mis en examen entre juin et juillet, selon une source judiciaire à l'AFP, confirmant vendredi une information du site Africa Intelligence.

Ils sont poursuivis de recel de détournement de fonds publics, corruption active et passive, blanchiment et abus de biens sociaux. La justice française les soupçonne d'avoir "sciemment" bénéficié d'un important patrimoine immobilier "frauduleusement" assemblé en France par le patriarche, président du Gabon de 1967 jusqu'à sa mort en 2009.

La valeur de ces biens a récemment été évaluée par la justice "à au moins 85 millions d'euros". Pour l'avocate de Pascaline Bongo, Me Corinne Dreyfus-Schmidt, il y a dans cette procédure "un anachronisme tant juridique que factuel".

Selon des éléments obtenus par l'AFP, Pascaline Bongo a déclaré devant les enquêteurs en janvier 2020 posséder, entre autres, plusieurs appartements dans des quartiers chics de Paris, acquis par son père des années 1970 à 1990. Très proche de son père, elle en fut la directrice de cabinet au Palais du bord de mer de Libreville, le siège de la présidence. Avocat d'Omar Denis Jr Bongo, Me Jean-Marie Viala a contesté auprès de l'AFP la mise en examen de son client "sur la base du droit", "non de la morale".

"Clan familial"

Entre mars et avril, le juge financier parisien Dominique Blanc avait déjà mis en examen Grâce, Betty, Arthur puis Hermine Bongo, d'autres enfants du défunt président. Ces quinquagénaires ont tous contesté avoir eu connaissance du caractère frauduleux de cette fortune. D'autres enfants, parmi les 54 de l'ex-partenaire historique de la France en Afrique centrale, pourraient suivre.

La "fortune immense" de la famille Bongo, selon un arrêt de février de la cour d'appel de Paris, provient "de l'argent issu de détournements de fonds publics et des sommes considérables provenant du délit de corruption des sociétés pétrolières", notamment Elf Aquitaine aujourd'hui TotalEnergies. Ce que "les investigations menées dans la présente procédure ont confirmé", selon le magistrat instructeur.

"C'est tout un clan familial qui va devoir rendre des comptes", a réagi auprès de l'AFP Me William Bourdon, avocat de Transparency International France, partie civile dans le dossier. "Les bénéficiaires, y compris français, ont été épinglés, ce qui permettra un panorama judiciaire complet", a-t-il ajouté, "chacun doit mesurer les montants colossaux qui sont en cause".

Dans cette enquête déclenchée après une plainte d'ONG en 2007, outre des enfants Bongo et la BNP Paribas, au moins quatorze autres personnes physiques sont poursuivies, dont des membres de la famille du président Sassou Nguesso, et plusieurs Français parmi lesquels un avocat, un notaire ou une gérante de société civile immobilière (SCI).

"Cela ne concerne ni le président de la République, ni aucun membre de présidence de la République gabonaise, donc il n'y a pas à commenter", a déclaré Jessye Ella Ekogha, porte-parole de la présidence gabonaise, sollicité par l'AFP. "Cependant, il apparaît que les médias ont adopté comme stratégie marketing d’associer systématiquement le chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba à une affaire pour laquelle il n'a jamais été inquiété, ni entendu. Cela doit cesser", a-t-il ajouté.

Chef de l'Etat en exercice, Ali Bongo bénéficie d'une immunité et ne risque donc pas de poursuites dans l'immédiat.

L'ancien porte-parole de la présidence gabonaise condamné à 8 ans de prison pour "détournement de fonds publics"

ARCHIVES - Ike Ngouoni, ancien porte-parole de la Présidence de la République gabonaise sous Ali Bongo à Libreville, le 7 mars 2019.

L'ancien porte-parole de la présidence du Gabon, Ike Ngouoni, a été condamné à huit ans de prison ferme par la Cour criminelle spéciale de Libreville pour "détournement de fonds publics" et "blanchiment de capitaux", ont annoncé à l'AFP ses avocats.

M. Ngouoni écope également d'une amende de 50 millions de francs CFA (65.000 euros) et de 5 milliards (7,5 millions d'euros) à titre de dommages et intérêts à verser à l’État gabonais.

"C'est une décision injuste, un acharnement", a déclaré à l'AFP son avocate, Me Carole Moussavou, réaffirmant que les fonds gérés par M. Ngouoni n'étaient "pas publics car ils ne provenaient pas du Trésor mais d'un compte privé".

"Ce n'est pas une affaire judiciaire, c'est une affaire politique", a poursuivi à l'AFP son autre conseil, Me Anges-Kevin Nzigou qui a annoncé qu'un pourvoi en cassation serait déposé "dans les prochains jours".

L'ancien conseiller spécial du président Ali Bongo Ondimba a été reconnu coupable de "détournements de fonds publics" entre 2017 et 2019 alors qu'il était en poste comme responsable de la communication présidentielle.

M. Ngouoni a été innocenté sur les volets "concussion" et "complicité de détournement de fonds publics".

Le parquet avait requis lundi quinze ans de prison.

M. Ngouoni avait été arrêté en 2019 dans le cadre d'une vaste opération anti-corruption baptisée "Scorpion", qui avait également entraîné la chute de l'ex-directeur de cabinet du président, le franco-gabonais Brice Laccruche Alihanga, ainsi que plusieurs autres hauts-fonctionnaires gabonais.

M. Laccruche a été condamné en octobre 2021 à cinq ans de prison ferme pour "délivrance indue de documents administratifs".

La semaine dernière, Patrichi Tanasa, l'ancien administrateur-directeur général de la Gabon Oil Company (GOC), une entreprise publique dont la gestion se trouve être au cœur de cette opération, a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour "détournement de fonds publics".

Cet ancien bras droit de Brice Laccruche a également écopé d'une amende de 70 millions de francs CFA, environ, 105.000 euros, et 20 milliards (30 millions d'euros) à rembourser à l’État gabonnais, selon le parquet gabonais.

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