Liens d'accessibilité

Le chef de la CIA appelle Donald Trump à "se discipliner"


John Brennan, directeur de la CIA écoute un discours de Barack Obama à McLean, en Virginie, le 24 avril 2015.

Le chef de la CIA a conseillé dimanche à Donald Trump de "se discipliner" au nom de la sécurité des Etats-Unis, le futur président estimant de son côté que les médias et les agences de renseignement lui devaient des excuses.

A cinq jours de son investiture présidentielle qu'il promet "grandiose", dont la répétition s'est déroulée à Washington, le milliardaire peinait donc à dissiper les controverses.

La plus tenace des polémiques était liée à la Russie, mais M. Trump faisait également face à des critiques pour avoir attaqué une figure historique du mouvement des droits civiques, en plein week-end de commémoration de Martin Luther King (leader assassiné de ce mouvement).

Barack Obama participe à la dédicace d’un monument à la mémoire de Martin Luther King, Jr.
Barack Obama participe à la dédicace d’un monument à la mémoire de Martin Luther King, Jr.

"Je ne crois pas qu'il (Donald Trump) possède une appréhension complète des capacités, des intentions et des actions de la Russie", a déclaré sur Fox News le chef sortant de la CIA, John Brennan, appelant le vainqueur de la présidentielle à être "très rigoureux en s'exprimant publiquement".

"Trump doit comprendre que les enjeux dépassent sa personne, il s'agit des Etats-Unis et de la sécurité nationale. Il va avoir l'occasion de passer à l'action, en contraste avec le fait de parler et tweeter", a-t-il ajouté.

M. Brennan a estimé "révoltant" que Donald Trump ait assimilé le travail des agences de renseignement américaines à des comportements en vigueur sous l'Allemagne nazie.

"J'en prends ombrage (car) il n'y a aucune raison pour M. Trump de montrer du doigt les services de renseignement en leur reprochant d'avoir dévoilé des informations déjà disponibles publiquement", a poursuivi le patron de la CIA.

Il faisait allusion à des documents à l'authenticité incertaine, dévoilés cette semaine, qui affirment que les services russes d'espionnage disposeraient d'informations compromettantes sur M. Trump.

Donald Trump, Trump Tower, Manhattan, New York, le 11 janvier 2017.
Donald Trump, Trump Tower, Manhattan, New York, le 11 janvier 2017.

Ces notes, connues notamment de plusieurs organes de presse américains réticents à les publier, allèguent entre autres de liens de longue date entre l'entourage du milliardaire et le Kremlin.

Le président élu américain, qui sera investi vendredi, ne cesse de dénoncer des "informations bidon".

Victoire 'à la loyale'

Dans un tweet dimanche après-midi, Donald Trump a exigé des excuses des médias. "Ces chefs du renseignement ont fait une erreur et, quand on fait une erreur, on doit S'EXCUSER", a écrit le président élu, en reprenant cette déclaration sur Fox News du célèbre journaliste du Washington Post Bob Woodward.

Quelques heures après, M. Trump a publié un nouveau tweet s'en prenant à M. Brennan et semblant laisser entendre que celui-ci serait à l'origine des fuites sur le dossier russe.

"Oh vraiment, ne peut pas être pire - regardez simplement la Syrie (ligne rouge), Crimée, Ukraine et accumulation des armes nucléaires russes. Pas bon! Est-il le fournisseur de fausses informations?", a écrit le président élu.

En milieu de semaine, Donald Trump avait jugé "scandaleux que les agences de renseignement aient permis (la publication) d'une information qui s'est révélée être erronée". "C'est le genre de choses que l'Allemagne nazie faisait", avait-il tweeté.

Il a par ailleurs reconnu mercredi pour la première fois que la Russie était à l'origine des piratages informatiques du parti démocrate.

Questionné dimanche par CBS sur ce rôle du Kremlin, le prochain vice-président Mike Pence a réaffirmé que Donald Trump avait remporté la Maison Blanche "à la loyale".

M. Pence s'est déclaré serein concernant une enquête lancée vendredi par les sénateurs du Congrès à Washington sur les actes d'espionnage russes.

Interrogé également par Fox news, le futur bras droit de Donald Trump a démenti tout contact entre Moscou et l'équipe du candidat républicain durant la campagne - "un roman-fiction qui a pour objectif de saper la légitimité de l'élection", a jugé M. Pence.

John Lewis, sévèrement battu lors d'une marche, Selma, le 7 mars 1965.
John Lewis, sévèrement battu lors d'une marche, Selma, le 7 mars 1965.

Une vingtaine d'élus démocrates du Capitole ont annoncé qu'ils n'assisteraient pas à la cérémonie d'investiture, doutant ouvertement de la légitimité du milliardaire.

Parmi eux, John Lewis, pilier du Congrès depuis trois décennies et icône historique du mouvement des droits civiques, a vivement irrité Donald Trump. Ce dernier lui a conseillé de se consacrer à sa circonscription "dans un état déplorable".

M. Trump s'est vu reprocher, dans cette nouvelle querelle personnelle, de se montrer indigne de la fonction présidentielle. Ses lieutenants luttaient dimanche contre ce nouveau foyer d'incendie.

John Lewis, un sit-in avec d'autres députés, Chambre des représentants, Washington.
John Lewis, un sit-in avec d'autres députés, Chambre des représentants, Washington.

L'attitude de M. Lewis est "décevante", a estimé le porte-parole du républicain, Sean Spicer, plaidant pour "le droit de se défendre" du futur président.

M. Pence a dit, lui, espérer que John Lewis et les autres parlementaires ayant décidé de boycotter l'investiture "reverraient leur position".

Avec AFP

XS
SM
MD
LG